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08/04/2011

Les 50 interprètes des années 63 à 74 selon SLC : FRANCE GALL II

(réactualisée suite au livre France Gall, Muse et Musicienne, d'Alain Wodrascka paru voici quelques mois)

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En ce printemps 1974, France Gall était sur le déclin. Ils étaient loin ses tubes, il fallait remonter à 7 ans pour voir une de des chansons dans les 3 premières, et pas moins de 10 pour son seul numéro 1, Sacré Charlemagne.
Sentimentalement, elle est avec Julien Clerc depuis 8 ans, et elle vit de plus en plus dans l'ombre de son compagnon. Mais ce n'est pas un couple fusionnel. Un couple fusionnel, c'est un couple dont les deux moitiés n'ont de cesse de s'admirer l'un l'autre. Et cela arrive d'autant plus souvent quand l'un et l'autre font le même métier (je sais de quoi je parle...).

C'est en entendant à la radio, l'année d'avant, la chanson Attends-moi interprétée par Michel Berger que France Gall est subjuguée par sa musique. À l'occasion d'une émission de radio, elle lui demande s'il pourrait lui donner son avis à propos des chansons que son producteur voudrait lui faire enregistrer. Bien qu'il ait été déconcerté par la pauvreté des chansons proposées à France à l'époque, il n'est pas question d'une collaboration entre eux. Pour Michel, France Gall n'est qu'une "yéyé" has been.

En plus Berger subit une crise sentimentale: sa compagne Véronique Sanson, avec qui il était en totale osmose musicale depuis leur adolescence (on en revient au couple fusionnel), le quitte pour un certain Stephen Stills.

Ce n'est que six mois plus tard, en mai 1974 qu'il acceptera d'écrire pour elle.
C'est ainsi que va naître La Déclaration d'amour, premier succès d'une longue liste. Et façon pudique de faire la cour à France, dont il devient amoureux.

France, qui est de plus en plus humiliée par Julien Clerc (en public il l'appellera un jour "la vieille chanteuse"), lui étant une étoile montante, et elle, plutôt dans la mauvaise pente. Le couple vole donc en éclats, ce qui vaudra à Julien une belle chanson Souffrir par toi n'est pas souffrir.

Une septième place consacre cette déclaration, cette nouvelle France Gall, qui entame - sans le savoir - sa deuxième carrière. Celle de star internationale, celle de plus grande chanteuse française depuis Edith Piaf.

En novembre, elle sort le titre Mais aime-la qui ne fait pas une grande carrière, mais arrive quand même à la septième place en janvier.

Pour cette période 1963/1974, France Gall pointe néanmoins à la 13ème place, 4ème interprète féminine derrière les trois "inaccessibles", Sylvie, Sheila et Françoise Hardy.

Mais ça ne veut strictement rien dire, car sur les années 63/66 elle était incontournable, un peu moins prisée sur les années 67/69, et complètement à la ramasse sur les années 70/73.

Et ensuite ? Ensuite presque vingt ans de tubes ininterrompus, jusqu'à la mort de Michel Berger en 1992. Michel Berger qu'elle épousera en 1976.

En 1975, Elle est aux States pour enregistrer une comédie musicale qui sera l'ébauche de l'opéra-rock Starmania.

En 1976, Elle renoue avec les doublés. Comment lui dire est 15ème en février, Samba Mambo est 11ème en avril.
Petit bide pour Ce soir je ne dors pas, non classé, elle se rattrape avec Ca balance pas mal à Paris, 14 semaines dans le hit.

Pour 1977 Musique et Si maman si ont un gros succès de radio, un peu moins pour le meilleur de soi-même. L'album est disque d'or, France a pris sa revanche.

Puis c'est l'aventure Starmania. Berger et Luc Plamondon, les co-auteurs passeront un an pour l'écrire durant l'année.

France Gall y tient un des rôles principaux en désespoir de cause car personne n'a été trouvé pour le personnage de Cristal. Qu'elle jouera à merveille.
Et bien sûr certaines chansons vont se classer dans les meilleures ventes. 7 mois de présence (de janvier à septembre 79) pour Besoin d'amour, qui se paiera le luxe d'être numéro un pendant 9 semaines en avril et en mai. Du coup elle occultera Viens je t'emmène !

Le spectacle sera joué en avril/mai 1979 au Palais des Congrès, tandis que France attend, à 32 ans, un heureux évèment : sa fille Pauline.

80, c'est l'année de la groupie du pianiste (4ème en octobre), et surtout de il jouait du piano debout  record de durée avec 28 semaines de présence dans le hit, tube de l'été 80, numéro un en juin/juillet.
Du coup 
Bébé comme la vie   passera relativement inaperçue.
1980 c'est surtout l'année de son retour en scène, au Zénith.

Salle bien nommée car elle au zénith de sa carrière, et refusera de chanter quoi que ce soit de son répertoire "sixties".

En 1981 elle fait un disque-duo avec Elton John, les aveux sortent en janvier, et arrivent à la première place en mars. Dans son dernier 30 cm se trouve une perle, ma chanson préférée d'elle, qui passera pourtant inaperçue, et sera mise en lumière par Johnny 10 ans plus tard : Diego.

1982, nouveau numéro un avec tout pour la musique, en janvier.
Un peu moins de succès pour Amor Tanbien, et hop, encore une année sabbatique, s'occupant de sa famille.

Elle reprend en 1984, avec un nouveau numéro 1, Débranche, et Hong Kong Star qui sera numéro 3 dans le tout nouveau top 50 naissant en novembre.

1985, c'est Cézanne peint, bien classé aussi.

1987, 7ème place en avril 87 pour Babacar. Et encore un  numéro 1 en novembre pour Elle l'a Ella.
Les numéros 1, elle commence à présent à les collectionner... Quelle belle revanche !

1988, une belle 3ème place le 23 mai pour Evidemment, un bel hommage à Daniel Balavoine avec qui elle avait chanté dans Starmania, Papillon de nuit est 8ème le 31 octobre.

1989 voit la chanson d'Azima numéro 12.

Puis nouvelle coupure de plus de deux ans, elle revient avec Laissez passer les rêves en mai 1992.

Son mari Michel Berger meurt en août, et elle classe un duo avec lui à l'automne, superficiel et léger.

Dès lors, elle ne chantera essentiellement que des chansons de Feu son mari, dont l'une d'elle est encore numéro un en 1994 : Les princes des villes.

Mais entretemps, en 1993, elle a eu un cancer du sein. Rien ne lui sera épargné...

En 1996, après quand même 33 ans de carrière, elle est - enfin - à l'Olympia
. Mieux vaut tard...

Mais nouveaux coups du sort pour France Gall, qui en 1997 perd sa fille Pauline.

Côté disques, En août 2004, elle ressortira une chanson de 1987, la seule chose qui compte, qui sera également classée.

Egalement sa version de Mademoiselle Chang, encore un numéro un. Près de 40 ans se sont écoulés depuis le premier hit, sacré Charlemagne.

Au final, plus qu'une chanteuse : un monument si l'on ne regarde que sa carrière, jonchée de tubes, y compris dans sa période ante-Berger, période qu'elle reniera jusqu'à ses adieux à la scène, en 1997. Une hyperbattante si l'on songe à ses périodes de creux où jamais elle n'a craqué.

A la semaine prochaine pour traiter de Daniel Guichard. Courte carrière mais qui restera dans les annales.

Je vous embrasse.

Commentaires

Merci pour ce portrait, j'aime beaucoup France Gall. Je l'ai écoutée en boucle pendant des années. Je suis attristée par tous ces malheurs.
bisous

Écrit par : Béa de grapho 17 | 09/04/2011

Moi je suis admiratif devant sa force.
C'est vraiment quelqu'un hors du commun, qui mérite sa place au panthéon des artistes.
Bises.

Écrit par : Cica pour Béa | 09/04/2011

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