21.11.2011
Mon épouse en plein déni
Hier soir, elle a regardé "je l'aimais", inspiré du roman d'Anna Gavalda.
http://www.evene.fr/livres/livre/anna-gavalda-je-l-aimais...
Je me souviens, en 2005 j'avais acheté le bouquin pour lire dans le train, et j'avais dû quitter le compartiment où j'étais confortablement installé (coin fenêtre-sens de la marche) pour regagner une place en solo, afin de pouvoir chialer tout ce que je savais. Quand je suis arrivé à destination, j'avais les yeux rouges...
Les yeux rouges, c'est aussi ce qu'avait mon épouse quand, sur le coup de 22h45, elle a fait irruption dans ma cave. J'étais tranquillou en train de jouer à la belote-internet, je me souviens même que j'avais 4 atouts servis, que j'allais faire un malheur.
"Jure-moi que tu n'as jamais aimé Nathalie !"
?????
Moi j'étais dans ma partie, et j'ai été complètement interloqué devant cette question.
Nathalie, il me semble qu'on avait mis les choses au point...
1) le 23 février 2003, où j'avais essayé de me faire sauter le caisson, et où dans un semi-coma j'avais "avoué"...
Surtout 2), à Biarritz. C'était le 1er novembre 2003, un an que je l'avais vue pour la dernière fois. En plus je venais de découvrir miraculeusement "la" disquette, celle où nous nous étions écrit, pendant un an et demie, des poèmes d'amour.
Mon épouse avait - qu'elle disait - une crève carabinée, était alitée, et moi, entendant le grondement de la mer, j'avais eu l'envie d'aller voir son spectacle vers le Rocher de la Vierge.
Avec mon numérique de l'époque (une pitié !) j'avais pris des photos dont celle-là :
Puis j'étais rentré, et à ma grande surprise, j'ai vu mon épouse penchée sur l'écran de mon PC, sur lequel défilaient les fameux poèmes...
Comme un andouille, j'avais laissé le PC sur cette page, persuadé que mon épouse resterait dans la chambre.
Les yeux injectés de sang, elle me demanda "As-tu aimé cette fille ???"
Et moi j'avais répondu "Non, je ne l'ai pas aimée, je l'aime toujours". Je ne voulais pas la renier. Ni renier ces 5 années magiques, même si elles ont été vers la fin ponctuées de douleur.
Mon épouse avait encaissé, et depuis nous n'avons plus parlé de cet épisode.
Le temps a donc passé, je "cicatrise" lentement, très lentement, mais enfin je pense pouvoir dire que je suis dans la bonne voie. Pas celle de l'oubli, mais celle de la résignation.
Sa sortie d'hier m'a tiré de cette espèce de torpeur.
Qu'allais-je lui dire ?
Je me souvenais de la chanson de Claude François :
On est menteur
Quand lui cache
On est cruel
Quand on lui dit
J'avais été cruel en 2003 mais à l'époque, elle pouvait me quitter, si vraiment elle estimait que c'était nécessaire. Comme moi aussi je pouvais le faire (au printemps 2004 ça a été très chaud...)
Depuis il y a eu Bordeaux. la terrible opération, la "trépanation" comme on dit.
Mon épouse a des séquelles, est désormais infirme à vie, même si elle peut faire illusion pendant une petite heure (coucou, Teb...;)
J'ai donc choisi d'être menteur.
Et d'éluder la question. Oui, effectivement il y avait une forte attirance, mais nous avons su nous maîtriser.
Tu parles !
Mais qu'allais-je dire à une femme qui désormais ne peut compter que sur moi ? Nathalie m'a râbaché - a tort - que j'avais "choisi", alors que c'était faux
http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2010/10/12/l-arra...
Là en revanche j'ai vraiment choisi.
J'ai choisi d'essayer de regarder la Vie plutôt que tendre vers la mort, cette mort qui m'avait tant attiré pendant 3 ans et qui avait été à 2 doigts de me prendre.
J'ai choisi de faire comme dans la merveilleuse chanson de Garou :
J'ai besoin d'oublier
Tout ce qui me rappelle
Qu'un jour elle a été
Ne me parlez plus d'elle
On se rend malheureux
A prendre une étincelle
Pour le plus beau des feux
Ne me parlez plus d'elle
Je préfère son absence
A sa beauté cruelle
Accordez-moi silence
Loin de son existence
Ne me parlez plus d'elle
Je ne veux pas savoir
Près de qui chaque soir
Elle ouvre grand ses ailles
Ne me parlez plus d'elle
Je voudrais m'endormir
Comme une sentinelle
Qui ne voit rien venir
Ne me parlez plus d'elle
Je préfère l'ignorance
Aux mauvaises nouvelles
Accordez-moi silence
Loin de son existence
Je lui donne ses étrennes, tout en m'excusant de la réaction de mon épouse.
21:21 Publié dans ELLE, moi, psy | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://cicatrice.hautetfort.com/trackback/3877746
Commentaires
Bonsoir Cica, il fallait s'en douter me revoilà lorsque tu parles de Nat ;-) ;-( ...Je suis bien contente pour toi que la distance à calmé tous ces ressentis. Dans la chanson pour ton cas C'est bien dit; on le dis: c'est cruel, on le cache: on ment.......un labyrinthe quoi.
Tout comme ta femme j'ai regardé le film hier soir pour la 2ème fois, LOL. gros pètage de plomb. Car je n'en suis pas à ta "+ d'1 décénnie de sevrage" j'en suis loin. Actuellement je suis peu présente, puisque je traverse une période "cruelle" de vie professionelle ainsi que "privée" et mon être entier est au bout du bout de ce qui est supportable, je suis sur le fil à 2 doigts de risquer mon poste chaque jour- vu mon état énergétique à "-60".
Je me fais aider, mais je sais bien que la grosse part du boulot doit venir de moi. Voilà pour les news, souvent je pense à toi, et à une phrase qui me restera gravée et qui m'a certainement aidée à tenir, je continue, m'y accroche, Merci. Bises
Écrit par : Chris R | 21.11.2011
Sevrage.... J'ignorais, en 1997, que "j'en prendrais pour 15 ans"...
Oui ça va mieux, nettement mieux même si j'ai encore des séquelles (par exemple inutile pour moi d'essayer de voir un film, à moins qu'il n'y ait pas une once de scène d'amour dedans. J'en suis réduit à "y a t'il un pilote dans l'avion ? ou a "La Cité de la Peur". Même "la guerre des boutons" m'a transformé en fontaine...!). Le temps fait son oeuvre, et c'est grâce à lui - et un peu à moi - que j'ai pu totalement éliminer ma dose d'anxyolitiques. La retraite aussi, car au fond de moi ça me minait de faire les même gestes qu'avec Elle. Même si c'était inconscient.
Pour toi, je te dirai ce que 1000 amis du Net m'avaient dit voici 8 ans : "tiens bon, ne lâche pas". c'est grâce à eux que je suis là, et j'espère que pour toi aussi le Net sera une aide aussi efficace que la psychothérapie. De toutes façons tu as mon mail, et si mon épouse n'était pas si jalouse, je t'aurais aussi donné mon numéro de téléphone. Tiens bon ma belle :)
Je t'embrasse.
Écrit par : Cica pour Chris R | 21.11.2011
je vais souvent sur ton blog (ta dernière note m'a fait peur et je suis content d'avoir de tes nouvelles) mais je ne peux pas te commenter because j'ai perdu mes indentifiants :(
Re-bisous
Écrit par : Cica pour Chris R (2) | 21.11.2011
En parlant de films, effectivement le genre de "rencontre" que nous avons faite décuple la sensibilité, maintenant que tu en parles c'est vrai qu'avant la rencontre elle n'est pas aussi "à fleur de peau".
Car tant que le lacher prise n'a pas été fait, on vit à travers ce lien, et lorsque l'autre va mal= on le vit, =on le sent, donc quand les 2 vont mal===no comment.
Ca me fait plaisir que tu passes lire mon blog, mais tu sais il est rempli de contradictions, d'un jour noir, d'un jour blanc, de questionnements sans réponses, ghost Pn ou pas pn, il est rempli d'amour et de colère, de pardon et de rancune, c'est un vrai bougi boulga, un miroir réel de mon état intérieur, mon blog est le reflet de mes espoirs, de mes illusions, de mes désillusions, de mes prises de conciences , de mes décisions radicales qui n'en sont jamais vraiment au bout de quelques jours, de mes décisions de rupture définitive, hélas jamais longtemps, pourtant à chaque fois je me conditionne a mort et plouf. Un Labyrinthe sans sortie. C'est très très douloureux.
Du temps du temps et du temps, serrer les dents les poings et les fesses et respirer de joie et de bonheur entre 2 crises orageuses. On appréhende chaque fois, on se dit combien de temps vais je tenir jusqu'a la prochaine tempête, chez moi lorsqu'elle arrive elle est présente 4 à 5 jours.
Ce n'est pas grave si tu n'y laisse pas de commentaires, je suis heureuse d'être lue, et surtout comprise, c'est énorme pour moi d'une grande valeur.
Le mieux ça serait que Ghost tombe sur mon blog, (mais je me vois mal lui envoyer le lien lol).
Car il a sa part de responsabilité dans ma souffrance et c'est à lui que je m'adressais au départ. Nous n'aurons pas le moyen de crever l'abcès et sa part à lui me ronge, moi, non pas lui, mais moi, en fait je porte TOuT. Mais que veux tu, j'ai à faire à une "carpe" introvertie-)) qui refuse toute communication lorsqu'il s'agit de se regarder en face, c'est un de ses traits de caractère qui m'affectione particulièrement et qui m'a énormémént déçu et blessé. Même si un jour je le recroise un tête à tête d'1 heure ne suffirait jamais pour dire tout ce qui me tue(ais) a petit feu.
C est dans mon blog que tout est dit, que tout lui revient.
En tout cas celà m'a fait enormement de bien de lire tes mots, et tes attentions, et je tâche de tenir bon la barre, en pensant à toi et à ceux qui m'ont tendu leur mains. Grosse Bise
Écrit par : Chris R | 22.11.2011
Merci de ton com. Pour moi c'est le dernier avant départ (en vacances !!!).
Contrairement à toi, vu à quel point j'étais populaire (d'abord sur le forum, puis sur les blogs) du site Psychologies.com, ma plus grande hantise était que Nathalie tombe sur mes écrits. Un jour, le mag m'a proposé une interwiew dans le journal; je savais qu'"Elle" le lisait, et j'ai poliment décliné l'invitation. Elle m'avait assuré (et redit en 2002) que jamais elle n'irait sur la Toile, c'est pour ça que j'ai pu commencer ma "NettoThérapie". Mais pas question qu'elle tombe sur un article décrivant les exploits de Pompon, là elle aurait peut-être sauté le pas, par curiosité.
Je t'embrasse
Écrit par : Cica pour Chris R | 22.11.2011
Merci. Bonne vacances ;-)
Écrit par : Chris R | 22.11.2011
"Là en revanche j'ai vraiment choisi.
J'ai choisi d'essayer de regarder la Vie plutôt que tendre vers la mort, cette mort qui m'avait tant attiré pendant 3 ans et qui avait été à 2 doigts de me prendre."
Et je ne peux qu'être extrèmement soulagée en lisant ces phrases. Je t'ai connu il y a presque dix ans (!!!), j'ai connu tes hauts et tes bas, ton désir d'en finir... et je suis heureuse que tu sois toujours là.
Bises,
Carla
Écrit par : cmvg1971 | 27.11.2011
Oui, mais tu vas voir que la Vie me reserve encore quelques clins d'oeil !
Bises.
Écrit par : cica pour Carla | 27.11.2011
Écrire un commentaire