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06/09/2013

le travail c'est la "Santé"

En référence à la prison du même nom....

Il n'y a pas si longtemps, le travail était perçu comme une valeur noble. Beaucoup commençaient à travailler très jeunes, parfois même 14 ans, et attendaient 65 ans pour prendre une retraite "bien méritée".

S'il y avait une hiérarchie obligatoire dans ce monde-là, il en existait aussi une, tacite, qui puisait ses racines dans l'ancienneté.

J'ai connu un temps pas si lointain où le minot de 25 ans, voire de 35, avait une certaine admiration, voire déférence, envers ses collègues qui avaient 30 ans de "boîte". L'expérience était alors une vraie valeur.
Mais le problème, toujours resté tabou, c'est que les "anciens" avaient un salaire plus élevé que les "débutants", même plus gradés.

J'ai moi-même fait cette triste expérience, en 1994.

J'étais directeur départemental dans ma profession, et j'avoue que ce n'était pas 39 mais plutôt 70 heures que j'abattais par semaine. Je ne ménageais pas alors ma peine, menant de front pas mal de disciplines à la fois. J'étais respecté, et par mes collègues, et par le monde du travail.

Survint un triste individu que j'avais moi-même appelé pour que mon travail ainsi que celui de mes collègues puisse être allégé. J'avoue qu'elles n"étaient pas très chaudes, l'une d'elles demandant d'ailleurs immédiatement sa mutation en lisant le nom de celui qui allait chapeauter le centre.

C'était non pas un petit con, mais un grand, d'une trentaine d'années, qui avait réussi un examen professionnel et qui "officiellement" était donc plus gradé que moi.

Je dis "petit con" car c'est ce qu'il me dira souvent, quand il me verra mal à l'aise....
Dès qu'il arriva, il nous dit ces deux phrases :

1) jusqu'à présent, votre devise c'était "pour vivre heureux vivons cachés", maintenant vous allez en ch...

2) Ici le boulot a été fait n'importe comment jusqu'à présent (merci !) je peux vous garantir que ça va changer.

Et effectivement, ça allait changer....
Non pas qu'il y aura plus de boulot, mais que ce triste sire allait faire régner la terreur sur le centre.
Lui-même s'adaptera très vite aux quelques 18 heures de service effectif qu'il abattra dans son bureau en lisant "voiles et voiliers"....

Je passe sur les méthodes employées, mais ce sinistre individu va me persécuter jusqu'à ce que je demande grâce.

La raison ?
C'est la phrase qu'il m'assènera 3 ans durant :
"Au fait, Patrick, tu gagnes combien ???"

Certes, je gagnais plus que lui. Beaucoup plus ! Et ça, il l'avait en travers de la gorge....



2013.

Mon copain Jean-François était jusqu'à présent un prof bien intégré dans son collège Parisien.

56 ans, dont 30 de carrière, tous ses élèves étaient contents du savoir qu'il leur avait dispensé, il continuait à accomplir un travail propre et bien fait, à quelques années de la retraite.

Et un beau jour, la veille de la rentrée (donc lundi dernier), on lui annonça que pour des raisons "techniques", il devrait changer d'affectation et professer dans un établissement d'Aubervilliers. Bien sûr à quelques kilomètres seulement de là où il enseignait depuis à présent 15 ans, mais dans une collège réputé très "difficile" où la durée de séjour n'excédait pas les trois années en moyenne, pour les jeunes frais émoulus qui héritaient de ce poste.

La mort dans l'âme, mon copain Jean-François préféra donner sa démission. Il ne se voyait pas affronter quelques petits marlous qui se feraient une réputation de "kékous" sur son dos. A 56 ans il avait passé l'âge...

Lui qui croyait que 30 ans de bons et loyaux services étaient une référence, il s'aperçut qu'en fait il n'était qu'un pion que l'inspection d'académie pouvait déplacer à sa guise...

Vous avez dit "morale" ?

Je vous embrasse.

Commentaires

Dans l'Education Nationale, il y a assez peu (voire pas) de respect pour les personnels. Ce respect est réservé aux élèves et aux parents. Les fonctionnaires doivent fonctionner coûte que coûte. Et comme aux yeux des gens les profs sont des privilégiés, ils ne peuvent pas se faire entendre. Je comprends bien que ton ami ne veuille pas finir sa carrière dans un établissement difficile. Les jeunes aussi ont du mal. Il faudrait agir sur ses établissements et sur les jeunes (je ne sais pas comment mais certainement pas en les laissant faire la loi) au lieu de sacrifier des profs sur cet autel sans fondations.

Écrit par : Béatrice | 06/09/2013

Je pense, depuis très longtemps, que le manque de respect des élèves envers les enseignants vient de leurs parents ! C'est donc essentiellement un problème d'éducation.
Si les parents étaient sanctionnés quand leurs gamins font des âneries, ça leur mettrait peut-être du plomb dans la tête ?? Un gamin de primaire qui se conduit mal envers un enseignant, un autre élève ou d'autres adultes, n'a pas appris à respecter les autres. Et cela devient un ado rebelle, récalcitrant, mal élevé, etc... Le respect et l'obéissance s'apprennent d'abord à la maison dès la toute petite enfance : les parents qui cèdent tout à leur bout d'chou se prépare à des lendemains difficiles pour eux et... pour les autres ! Et ce sont souvent les mêmes qui ensuite cassent du bois sur le dos des enseignants ; pas étonnant ensuite que les mômes se comportent mal ! Les mauvaises comportements par l'exemple... parental !
Bon, j'aurais bien envie de continuer sur le sujet (il me tient à coeur) mais je finirais par vous casser les pieds !

Écrit par : Odile | 07/09/2013

Dans ma jeunesse, on assistait au phénomène inverse : des professeurs tout-puissants, qui faisaient leur loi, pas toujours très juste, et devant laquelle les parents faisaient totale allégeance. Mai 68 a changé tout (je l'ai vu entre ma seconde de 1968 et ma première de 1969) et pendant quelques années (je dirais les 70/80) les rapports se sont normalisés.

Mais ces dernières années, on assiste à une véritable dictature des parents d'élèves (je suis bien placé pour le savoir, vice-président de la FCPE Morbihan entre 2000 et 2003) et surtout à une "ghettoïsation" de certains établissements, qui comportent des communautés - religieuses pour la plupart - en immense majorité qui veulent faire la loi aux minorités, dont celles d'où sont issus les enseignants ! Qui évidemment ne peuvent plus faire face à toutes les humiliations et provocations dont ils sont l'objet... Je comprends Jean-François !!!
Bises.

Écrit par : Cica pour Béatrice | 09/09/2013

Je suis d'accord avec toi, c'est aussi la faute à "l'enfant-roi" tout ça, la plupart du temps issu de familles décomposées (heu scuse je voulais dire "recomposées") où souvent le repère paternel n'existe pas. De mon temps (lol je deviens gâteux moi aussi) on était dans un certain excès : coucher à 19h30 après "bonne nuit les petits". C'était trop strict. Pour ma part, ma fille a toujours été couchée vers les 21h, et sans problème. A présent, il n'est pas rare de voir des gamins encore bien éveillés sur les coups de
minuit ! J'en connais pas mal dans ma famille.. Un peu comme si l'on essayait de compenser les divorces par un laisser-aller qui, évidemment, se retrouvera à l'école !
Bises.

Écrit par : Cica pour Odile | 09/09/2013

Il faudrait quand même plus de respect pour les enseignants.Les enfants et leurs parents ont perdu le sens des valeurs et de la mesure.Quand je vois le respect pour les profs en Thaïlande,il y a une belle différence.
Parfaitement injuste aussi ton expérience à ton travail dans le passé.

Écrit par : thierry | 10/09/2013

Tout est dit :))

Écrit par : Cica pour Thierry | 11/09/2013

Les commentaires sont fermés.