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12/11/2012

"les compagnons de la Loue"

Samedi dernier, alors que je faisais ma permanence mensuelle à la bibilothèque du village, je vis, dans le rayon des ados, un bouquin qui me rappelait quelque chose :

compagnons de la loue.jpg

On est en octobre 1962. Je viens d'intégrer les Scouts de France, et nous forgeons le projet de "camp" pour l'été suivant.
Le chef de troupe avait été en vacances à Ornans, et l'endroit lui avait énormément plu. Il avait  remonté la rivière Loue qui la traverse jusqu'à Mouthier, jusqu'au moment où on ne peut plus la suivre de la route, et où elle entre dans des gorges de plus en plus profondes.
J'ignore s'il avait cherché à voir la source - donc s'il était passé dans mon village - mais le peu qu'il en avait vu l'avait emballé.

Le but du camp 1963 était trouvé : descendre en radeau de notre fabrication la Loue, de Mouthier à Ornans.
C'était moi, en tant que topographe de la Troupe qui devait décrire les endroits infranchissables, où nous devions prendre nos radeaux, les ramener à terre jusqu'à ce que la rivière soit devenue calme.

A priori, ce n'était pas trop dur. Nous partions de 370 m d'altitude pour arriver à 320, en quelques 30 km, soit du quasiment plat.

Pour nous mettre dans l'ambiance, nous devions lire ce fameux bouquin, écrit 8 ans plus tôt, dans le plus pur style du "club des cinq" que je dévorais à l'époque. Style "boy-scout", l'histoire se passant dans un monde complètement asexué (pas d'interférence amoureuse éventuelle dans l'histoire des héros du récit !!) les quelques femmes ou jeunes filles étant là pour faire de la décoration.
L'histoire se passe surtout à Ornans, appelé "St Vernier", le bourg où j'ai été hospitalisé cet été.

Je le dévorais en une après-midi, celle du jeudi où tous les 15 jours je faisais la queue 5 heures de rang pour faire régler mon appareil dentaire.

Bref, après l'avoir lu j'étais emballé, et je comptais les jours qui me séparaient de cette descente mémorable.

A la sortie des classes, je piaffais d'impatience.

Et c'est là que va se produire un de ces aiguillages dont la Vie a de ces secrets. Et qui me font affirmer "haut et fort" qu'on peut prévoir tout ce qu'on veut des mois et des mois à l'avance, si ça ne doit pas se faire ça ne se fera pas.

Je vais choper une grippe carabinée, laquelle m'empêchera de partir avec la troupe.

La suite, qui aurait pu être triste (mes parents étaient fauchés comme les blés et ma mère avait trouvé une place de concierge près de l'opéra) sera très belle, encore plus belle qu'on puisse ne l'imaginer.

Elle est ici : http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2010/08/19/marite...

Je vous embrasse.

26/10/2012

SOSA

En généalogie, le "Sosa" permet de déterminer le degré de parenté avec ses ascendants.

• Partant du principe qu'on est toujours le "sosa 1"

• Le père est n°2 et la mère n°3.

• Les grands-parents paternels seront respectivement 4 et 5. Les maternels 6 et 7.

La règle est simple : Les parents d'un individu à Sosa X seront toujours 2 X pour le père et 2 X +1 pour la mère. Les Sosa masculins seront toujours de valeur paire (sauf soi-même, qui porte le n°1) et les féminins de valeur impaire.

• Les arrière-grand-parents (au nombre de 8) auront comme Sosa 8 à 15.

• la 4ème génération au-dessus (qui seront 16) auront comme Sosa 16 à 31.

Et ainsi de suite.

A quoi ça sert ?

Pour les généalogistes (même amateurs) de retrouver facilement des ancêtres sur des documents.
Ainsi, si j'arrive disons à un sosa (et non pas une) je sais pas, moi, disons 525, je saurai que ses parents figureront sur le dit document en 1050 et 1051.

Pour les autres, ça leur permet de savoir combien il y a d'ascendants possibles au niveau d'une génération.
Ainsi si je reprends mon arbre, Antoine Coste (1640/1689), de ma branche Languedoc, est le sosa 800.

Je sais donc que sous le règne de Louis XIV j'ai potentiellement 800 ancêtres ! je dis "potentiellement" car je sais que pas mal de cousins se marient entre eux. Mais je peux tabler sur au moins 700.

Si je remonte encore, cette fois dans ma branche Franche-Comté, j'apprends que Alix Chisseret, née pile 200 ans avant Antoine, est le sosa 479.859.  Le nombre potentiel de mes ancêtres pendant la guerre de 100 ans.

Je remonte encore de 200 ans, toujours dans la même branche, et là je trouve Etienne de Coligny (1251/1318).  Sosa 122.843.824.

Cent vingt-deux millions d'ancêtres potentiels au milieu du XIIème siècle !!

 

Le seul petit ennui, c'est qu'en Europe nous n'étions (si j'ose dire) que 65 millions à cette époque-là !

Donc, forcément, nous sommes tous cousins et cousines, à des degrés différents, et bien entendu (y compris les personnes n'ayant pas forcément des racines françaises...) nous avons TOUS du sang royal ou impérial dans les veines.

Ma seule chance, c'est d'avoir pu détailler chaque génération. Mais essayez la généalogie, vous verrez c'est passionnant et ça vous fera découvrir des tas de choses insoupçonnées.

Je vous embrasse.

02/10/2012

Beau boulot en perspective !

Ma chaîne HIFI a lâché :(((

Achetée en 2000, elle ne voulait plus entendre parler de Cd à partir de 2007/2008.

Puis, juste avant mes vacances, la platine tourne-disque ne fonctionnait plus.

J'ai dû alors en acheter une nouvelle.

 

C'est la même que l'autre, à quelques différences près :
- Elle est trois fois plus petite
- L'ampli est moins fort.
Mais...
- Je peux transformer tous mes disques en fichiers MP3 !!! Mon rêve depuis près de 10 ans.


Alors c'est ce que je vais faire.

Pour vous préciser la chose, je possède environ 20.000 chansons sur vinyle.

J'ai déjà "récupéré" (la plupart du temps sur You tube) 6.300 chansons.

En restent donc 13.700.

A raison de 5 minutes en moyenne par chanson, cela me fera bosser 5 X 13.700 mn soit 68.500 mn soit 1142 heures.
A raison de disons 2 heures par jour où je serai là , cela fera donc au moins deux ans...

Mais vraiment cela vaudra le coup car mes disques représentent quand même une vingtaine de cartons, que je n'aurai pas à déballer d'ici quelques années quand je serai en Bretagne.

Et l'équivalent de ces cartons pourra aisément se loger dans une petite clé USB de 64 Go !!!

Au boulot !!!

Je vous embrasse

30/09/2012

Mes vacances d'automne 2012

Globalement : réussies.

• Dimanche 16, nous prenons le TGV pour la Bretagne. Accueillis par notre fille et son (pour l'instant) copain. Pour l'instant car je vois que ma fille est sans cesse plongée dans un bouquin "le mariage de A à Z".
C'est là que j'apprends.... qu'elle se marie l'an prochain !

Lundi 17 : la future mariée sachant que nous finirons nos jours à Morlaix (29), elle s'empresse de nous y amener. Mon épouse s'affole quelque peu lorsqu'elle voit les panneaux LANNION 46, puis LANNION 32 et enfin LANNION 18 mais je la rassure en lui disant qu'il n'y a strictement rien à voir avec le choix de Morlaix et la présence de Nathalie à coté. D'ailleurs sera-t'elle encore là d'ici 5 ans ???
Il faut savoir tourner la page, même si ladite page a quand même duré 20 ans...
Le soir, notre fille souffle ses dernières bougies (28) de demoiselle...

• Mardi 18 : Tour des plages des côtes d'Armor, déjà désertes à cette époque de l'année. Nous découvrons même un site gallo-romain ! Corseul.

DSCN1570.JPG

• Mercredi 19. C'est devenu une habitude : mon futur gendre se fait rouler dans la farine, et désormais ne rentre chez lui que le week-end, son patron l'expédiant à St Nazaire du mardi au vendredi sans compensation financière ! Du coup notre fille nous accompagne à Lorient.

• Jeudi 20. Lorient, où je retrouve mes repères. Nous déjeunons avec ma cousine germaine (82 ans bon pied bon oeil, elle sait se servir de la Toile aussi bien que moi !) mon frère-cousin Jean-Yves et son épouse. Ma tension (il faut que je vous en parle un peu quand même) qui se maintenait vers 16/11 baisse à 12/8 !

• Vendredi 21. Lorient again, invités le midi chez les parents de mon filleul. Lequel, lorque je lui parle du cadeau "royal" (j'avais mis le paquet) que je lui avais fait pour son anniversaire en avril me dit "je ne m'en suis servi qu'une semaine, après ça m'a gavé". Bien compris, ça me fera des économies dans l'avenir ! Le soir chez - encore - des cousins, férus de généalogie, ravis d'apprendre qu'eux aussi descendaient en ligne directe de Charlemagne, Charles Martel, Hugues Capet et Clovis ! Il fait un temps de chien, pas plus de 10 degrés sous la pluie en plein après-midi...
Ma cousine insiste que le fait qu'il faut tout de suite déménager à Morlaix !!! Pas question, j'ai vraiment encore l'intention de profiter d'ici... Et surtout je ne veux pas voir l'air de fuir à cause de trois voisins, comme cela ne manquerait pas de se dire !

• Samedi 22. Vannes le matin, où nous pensons assister à une exposition sur l'arrivée du train dans le Morbihan, mais où nous apprenons que cette exposition.... ne concerne pas les week-ends !
DSCN1582.JPG Bien pour une exposition...
Sans doute réservée aux non-actifs, aux retraités et aux enfants ! Pour moi, c'est plutôt le week-end qu'une expo doit avoir lieu...

C'est l'occasion d'arpenter les rues de la ville où j'ai le plus souffert de mon existence, et de reprendre le train, le coeur joyeux, vers Lorient !

Où Jean-Yves me parle de mon blog. J'évoque son déclin, et là, il va dans le "code-source" de la page, remplace quelques mots HTML par par d'autres, et me dit "tu vas voir à présent le nombre de tes visiteurs...! "

Effectivement, mon blog n'est plus en danger, il est à présent lu par deux à trois mille visiteurs quotidiens, et classé dans les 50 plus lus de Hautetfort !
La notoriété d'un blog dépendrait donc plus des connaissances informatiques de son auteur que de son contenu ??? Pas très moral ça...

• Dimanche 23. Direction Quimper pour voir mon ami Bernard, et son épouse qui ne m'aime pas.
Pincement au coeur lorsque je débarque, pensée pour un ami qui s'est donné la mort en juin dernier.
Encore plus quand l'après-midi sous la pluie battante (ici il a fait 26 degrés...) nous longeons la côte jusqu'à Pont-Aven, en passant par l'endroit où il est inhumé. L'épouse qui ne m'aime pas (elle le fera savoir le lendemain soir) tient quand même elle aussi à nous pousser vers Morlaix dans les mois qui viennent. Non et non ! J'expliquerai alors à Bernard que je ne changerai pas d'endroit tant que mon épouse fera ses crises, sachant bien que nos déboires "Ouhanesques" viennent plus de son état que de certaines notes de mon blog...!

• Lundi 24 : la pluie continue à être battante, mon ami Bernard nous mène à Brest, où circule désormais le tram. Que de choses ont changé depuis que, voici 47 ans, nous arpentions tous les deux les rues de Recouvrance et de St Marc.

• Mardi 25 : La pluie s'est estompée et nous en profitons pour aller à Morlaix. Quimper-Morlaix, 90 km avec des paysages presque de montagne ! Sublime... A faire pour ceux qui ne connaissent pas. Notamment le Roc Trévezel, d'où la vue porte sur 50 km de côtes.
Pour Morlaix aussi :

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• Mercredi 26 : Direction Paris, chez Nathalie. Non ! Pas celle à qui vous pensez, mais notre logeuse du moment, dans la rue la plus authentique de Montmartre, pourtant très belle mais sans touriste ou presque. Logement très exigü, qui me rappelle ma douce enfance. Mais la vue du haut des 5 étages (sans ascenseur) est superbe.
Montmartre toujours aussi photogénique :

DSCN1605.JPG

(photo : Cicatrice - vous pouvez la prendre)

• Jeudi 27 : Direction Montreuil. Pour avoir des nouvelles de Gaelle, la jeune femme si gentille qui nous avait hébergés l'an passé et en avril dernier pour une bouchée de pain symbolique, de qui nous étions presque devenus des amis, et qui n'avait plus donné signe de vie depuis le mois de mai.
Elle est très contente de nous voir, et nous explique que cette période avait été noire pour elle : D'abord des locataires indélicats - du coup elle avait arrêté ses hébergements - puis la mort de sa meilleure amie et le piratage de sa boîte mail !
Ella récupéré son "appartement-location" mais nous assure que nous, et nous seuls, y serons à nouveau les bienvenus.
Mieux : Elle a trouvé du travail avec une dame du Jura je crois, attendez je regarde, non, du Doubs, de Montarlier, ou plutôt Pontarlier !
Ah ces "coïncidences" !!!!

• Vendredi 28 : Il ne pleut plus sur Paris aussi nous baladons-nous avec notre ticket à touristes "mobilis", contribuant ainsi à financer l'abonnement presque gratuit des autochtones !
Le soir, dîner spectacle de l'autre côté de paris, avec un groupe dont l'une des chanteuses est également la plus talentueuse des blogueuses du site Psychologies !

DSCN1642.JPG

• Samedi 29 : après une autre balade dans le Paris Historique, la même que, dix ans pile auparavant, j'avais faite avec ma fille et Nathalie (pas la logeuse), afin de me "tester", direction notre TGV qui nous ramène chez nous.
Car je considère toujours là où j'habite comme "chez nous", même si je sais que cela ne sera pas - en principe - celui où nous poserons nos paquets pour la dernière fois.

Enfin, des nouvelles de ma tension :
- chez ma fille, entre 14 et 17.
- à Lorient, entre 12 et 13.
- chez Bernard, entre 15 et 17.
- à Paris, entre 13 et 15.

Pas de doute, c'est bien lié au stress !

Je vous embrasse.




 

 


19/07/2012

De sommet en sommet....

De retour hier soir, mais trop fatigué (je continue à faire le yo-yo avec ma tension) pour écrire. J'ai fait un commentaire à Renaud, car ce com m'est venu sans souci, mais incapable de faire une note, ni même de regarder mes photos et vidéos.

Bref, entre deux "journées-voiture" (la première étant relativement courte, notre hôtel se situant à 145 km de là, dont 100 par autoroute) une journée d'exception.

145 km qui furent effectués en 3 bonnes heures compte tenu des bouchons et de la vitesse réduite que je pratiquais lorqu'il y en avait pas.

Mais là-bas, décor de rêve :

les crozets.jpeg

Dans un hôtel de rêve.
Un trois étoiles facturé ... 101 francs suisses les deux nuits,  pour deux personnes, petits-déj inclus !
Soit par nuit 50.40 FS, petit déj inclus, soit par personne 25.25 FS petit déj inclus, et au vu du petit-déj (un must) celui-ci valant facilement dans les 10 FS, et encore, la chambre nous est finalement revenue à 15 FS par nuit et par personne, soit dans les 12 euros...

Côté repas, hélas, pas de réduction, et bien évidemment pas question de manger au resto, le seul du village ouvert le soir. Mais nous avons prévu de pique-niquer, ce que nous faisons dans la chambre même le soir, vu la température qui règne à l'extérieur (moins de 10 degrés).

Par contre, le village se trouvant dans le domaine des "portes du soleil", moyennant 2 francs Suisses (9 si on ne loge pas dans le domaine - mais c'est vraiment dérisoire) on a droit à un forfait qui nous permet d'accéder à la piscine, aux musées, aux petits trains, aux téléphériques et télésièges du domaine.

Si bien que dès le matin, nous prenons place à bord d'un téléphérique, bondé de VTTistes. Il nous monte jusqu'à 2000m. Puis de là-haut, je vois une quantité énormes de départs de télésièges. Une immense gare de correspondance, le Châtelet-Les Halles de la remontée mécanique !

J'avise une pancarte "AVORIAZ" au milieu de tas d'autres directions, et nous montons (comme nous pouvons !) sur la banquette, en refermant bien la barre de sécurité sur nous. Banquette qui descend.

Double impression : D'abord un peu de trouille, vu la vitesse où l'on est propulsés au départ. Puis une sensation de calme, de plénitude. Nous sommes assis sur une chaise où devant nous, de chaque côté de nous, au-dessus de nous (et surtout au-dessous) c'est la Montagne, dans toute sa splendeur...

Ca ne dure que trois minutes, on y prend goût, et comme dans un parc d'attractions, cherchons la direction AVORIAZ dans la gare de correspondance située dans la vallée.

Nous trouvons, et hop ! on embarque sur un siège plus petit et moins rapide. La montée est plus longue qu'a été la descente précédente, et, à mesure que l'on se commence à se cailler les miches, le panorama devient de plus en plus splendide.

POINTE DES MOSSETTES, 2277 m.
Je resterais bien à contempler le panorama, mais il fait vraiment froid.... 8 degrés m'indique un panneau.

Grande "gare" à nouveau car ça descend de tous les côtés...

Mais je repère bien vite notre "quai", où est affiché "EXPRESS FRANCE - 8 minutes".

Allons-y pour l'express ! Quand on est au bal c'est pour danser...

Mais là, l'embarquement se fait très mal, et mon épouse manque de tomber. Du coup, c'est.... toute seule qu'elle fera la descente...

Et quelle descente !!! 700 m de dénivelé....

Au début, j'avoue que je suis grisé par le panorama. Je crois même apercevoir le Léman au loin...
Et, bravant le froid, je sors mon appareil et prend un cliché. Histoire d'immortaliser l'instant.

DSCN1421.JPG

Mine de rien, je commence à paniquer....L'enthousiasme des premières montées/descentes a fait place à de l'inquiétude. Et si mon épouse paniquait ? Si d'un geste insensé comme elle avait le secret elle levait la barre de protection ? Sans parler d'une éventuelle crise d'épilepsie !

Dieu comme ces 8 minutes sont longues... je compte les poteaux : 23, 22, 21....
A chaque fois je crois deviner l'arrivée, mais ce n'est qu'une crête de plus, et la "ligne" continue de s'enfoncer vers le bas...

Finalement je vois la gare d'arrivée. J'entends mon épouse qui hurle au préposé "aidez-moi à descendre", et le système s'arrête net.
Du coup, mon siège devient une balançoire et je commence à avoir le mal de mer !

Puis c'est à mon tour d'arriver, c'est pas terrible non plus mais au moins je ne freine pas trop le système !

On est au "Refuge de l'abricotine".
En France !!

On décide de marcher un peu pour nous remettre de nos émotions, et c'est comme ça qu'on arrive au hameau des Lindarets, où plusieurs restos nous attendent.

Et là je cogite de plus en plus....
Car finalement, nous sommes arrivés ici par la voie des airs, et si d'aventure nous devions retourner par la route à notre hôtel, cela nécessiterait une boucle de.... 87 km !!!

Je me revois 41 ans plus tôt, à Courmayeur avec mon père, tenant à la main nos solex et nous apercevant que si la descente depuis le col du Petit St Bernard avait pu se faire facilement, nos engins ne voulaient plus accomplir la montée de 18% !!! Et il n'y avait que trois solutions :
- Soit passer par Aoste - Turin - Briançon - Grenoble, c'est à dire dans les 400 km.
- Soit faire à pied en traînant nos engins les 6km de montée.
- Soit passer par le Tunnel du Mont-Blanc !

La première solution étant d'emblée écartée, j'optai bien évidemment pour la seconde, mais mon père, ne se sentant pas la force de monter les 12 épingles à cheveux nous fit faire la 3ème !

Je lui en ai longtemps voulu de m'avoir fait traverser ce tunnel de 11km500 en deux-roues. D'autant que lui avait 59 ans, ce n'était plus trop de son âge.
J'ai tellement été traumatisé par cette traversée que je n'en parle qu'occasionnellement. Je n'en ai jamais fait de note.


41 ans plus tard, l'histoire se répète. Si nous devons regagner notre hôtel, pas d'autre solution que d'aller de cime en cime à travers la frontière !

Je demande quand même à mon épouse si ça va. Sachant que dans la vallée du milieu nous pouvons regagner notre hôtel par des bus. Cela ferait deux "tronçons" de moins...

Mais non, elle est partante ! Et se régale même de pouvoir se payer ça, elle qui n'a pas le droit de conduire sa voiture pour aller chercher le pain ! Là elle se balade à 200 m au-dessus des rochers et ça lui plaît !

Donc, retour par l' "EXPRESS -FRANCE".
Je remarque au passage qu'on ne nous demande pas une seule fois nos papiers d'identité, et que par conséquent, si nos gabelous font les marioles aux grandes douanes en occasionnant des bouchons de 5 km (ce qui fut le cas à l'aller et sera le cas au retour), là n'importe qui peut passer d'un pays à l'autre, pourvu qu'il ait un forfait.... lequel n'est pas nominatif !!!!

Donc, en avant pour la longue montée, qui me paraît interminable. Là mon épouse est à mes côtés, et semble ravie du paysage, vraiment lunaire. Des cailloux, des rochers, des crevasses, des plaques de vieille neige. Et là.... c'est moi qui déconne, c'est moi qui fais un pic de tension !!!

Image (61).jpg

Je vois tout tourner autour de moi, et j'arrive blanc comme un linge à la pointe des Mossettes.

De nouveau en Suisse...

Second télésiège, après une "halte-récupération" de 20 minutes, vers la vallée Suisse du milieu, où là je panique moins, le "pic" étant passé.

Je ne panique plus du tout quand j'emprunte le dernier télésiège qui nous mène à la station de téléphérique. Dans lequel je monte, alors que je vois des papys et mamys affolés dès le moindre tremblement de l'engin...

Là, je me sens fier ! J'ignore si je serai aussi trouillard dans 15 ou 20 ans mais je pourrai dire qu'à bientôt 62 balais j'ai réalisé - avec mon épouse - un petit exploit !

Hier, ce fut déjà le départ.
Mon épouse voulait qu'on fasse le grand tour par Chamonix, ce qu'on fit. Mais pas moyen de se garer là-bas, tout était complet et j'ai même vu deux camping-caristes en venir aux mains parce qu'ils avaient lorgné la même place....

Puis ce fut la descente par la vallée de l'Arve, via Genève, d'où j'ai pu prendre cette photo insolite :

DSCN1461.JPG

Embouteiilage de voitures, embouteiilage de corps avec les 35 degrés qui régnaient dans la ville de Calvin.

10 de plus que dans mon petit village que je retrouvai avec plaisir, même si le plus haut sommet de la commune ne culmine qu'à 1045 m !
On y est quand même bien...

Je vous embrasse.

12:17 Publié dans Loisirs, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

09/07/2012

Samedi, soirée avec Dick Rivers

Enfin, "devant" Dick Rivers, car lui, ce n'est pas comme Gérard Palaprat, je ne le connais pas personnellement.

C'était à Nuits St Georges, à 140 km de chez moi, j'avais entendu dire que le grand Dick, qui se faisait de plus en plus rare sur les scènes, passait dans le secteur.
Entre Tours voici un mois, puis Bénodet dans un mois, Florange (57) en novembre, Clamart (92) en avril 2013 et Lille en mai 2013, la région Dijonnaise était une occasion à saisir, notre Dick faisant donc en moyenne un tour de chant tous les deux mois !

En plus, le prix des places (18 euros) est incitatif, le problème étant que ça se passait... en plein air !!!

Depuis le début de la semaine je scrutais tous les modèles météo, sachant bien que si de la pluie torrentielle était prévue durant le concert, celui-ci serait annulé.
Dimanche dernier, je pensais que ce serait le cas. Tous les modèles donnaient Nuits St Georges sous la pluie.
Puis au fil des jours ça s'est affiné. Et dans le bon sens.

Quand, avant-hier, je suis parti d'ici, la dernière prévision donnait quelques ondées préorageuses l'après-midi et même le soir, tandis que le "gros" du truc passerait de 2h à 5 h du matin.

Direction l'hôtel au sud de Dijon, muni de mon mini-PC. Grâce auquel j'ai pu voir que la prévision était confirmée. je voyais des pipis de chat arriver sur nous, mais le "gros truc" était encore en Touraine.

A 18h nous étions garés devant la porte, laquelle ne devait s'ouvrir qu'à 20h, une demie-heure avant le début du spectacle.
A 19h, voyant que la queue devenait de plus en plus dense, nous nous y joignons.
Quelques gouttes tombent, les "pipis de chat" dont je parlais tout à l'heure.
Mais beaucoup sont prêts à plier bagage, ayant entendu "à la télé" qu'il allait pleuvoir ce soir.
Alors je commence à rassurer mon monde, faisant état de ma profession. Les gens semblent alors rassurés.
Effectivement, les gouttes cessent peu après. Et moi je fais le Kékou...

A 19h50, la porte s'ouvre, et les "fauves" (moyenne d'âge 70 ans) sont lâchés.
Nous aurions pu nous mettre au premier rang, mais l'expérience que je commence à avoir des spectacles en général et en plein air en particulier m'a fait opter pour le 5ème rang.

19h35, arrive la première partie. Un groupe de Rythm n Blues (ne pas confondre avec le R and B des Djeunns dont je n'ai jamais saisi de quoi il s'agissait !) assez doué, malgré un problème "à la technique", le mec aux manettes ne semblant visiblement pas trop s'en servir. Son saturé, bonjour les oreilles...

J'avoue que les 3 ou 4 premiers morceaux m'ont enchanté. C'était du bon Rythm and Blues, des années 61/67, bien interprété.

Mais au bout de 40 minutes je commençais - avec une partie grandissante du public - à me lasser.

Ils feront 1h10 d'horloge !!! Et ce ne sera, après un entr'acte interminable, qu'à 22h15 que Dick eentrera sur scène.

Et là, se produira ce que je redoutais.

On critique les jeunes et leur sans-gêne, je pense que ma génération et même celle du dessus n'a rien à leur envier !

Dès que Dick entonne son premier morceau, tout le premier rang se précipite au bas de la scène !
Si bien que le second rang, ne voyant plus rien, fait de même, jusq'au 4ème par effet de domino.

Nous, au 5ème, entre deux têtes dégarnies de papys septuagénaires de grande taille (décidément, les "grands" feront chier leur monde du début à la fin....) on arrivait à apercevoir le grand (pas en taille, il est plus petit que moi) Dick.

Mais ces papys ont horreur de la pluie, et tout d'un coup une bonne saucée fait fuir une grande partie du public, chercher leurs parapluies. Alors là, si l'averse avait duré, je pense qu'il était inutile de rester.
Parce qu'on arrive à voir entre les crânes des vieux de grande taille, mais face à une armée de pépins, inutile d'insister.

Bien sûr, mes voisins immédiats se gaussaient de mes prévisions, moi qui savais que c'était juste un petit hors d'oeuvre mais qu'il est des hors d'oeuvre qui vous font un repas...

Là ce ne fut pas le cas, 5 mn après il ne tombait plus rien, les parapluies se rangèrent.

Dick Rivers, comme tous les "anciens" (de Johnny à Palaprat en passant par Sardou) ont la fâcheuse habitude de vouloir se faire plaisir au lieu de faire plaisir à leur public.
C'est à dire de chanter presque exclusivement des chansons - pour la plupart inconnues - de leur dernier album que de celles connues de leur auditoire.
Nous étions tous là espérant écouter Twist à St Tropez, Va t'en va t'en, j'en suis fou, tout se passe dans les yeux. Plus que "la balade de l'échographié"... (mais si, ça existe)
Mais non. Sur 15 chansons, moi qui connais mon Rivers par coeur, au moins 5 étaient pour moi des nouveautés.

Mais quand même trois morceaux de bravoure.

D'abord son tube de 63, tu n'es plus là.

Tous les oiseaux des jours d´été s´en vont
Ils vont courir d´autres joies
Mais moi ici, je tourne en rond
Tu n´es plus là
Hier encore, tu m´embrassais
Tu riais, serrée contre moi
Tu n´es plus là

Sans toi tout m´est égal, j´ai si mal
Tu n´es plus là
Je voudrais dormir, je voudrais mourir
Tu n´es plus là
Mais je t´aime encore
Je le crie si fort
Que le silence a peur
Je m´accroche à des riens
Tes yeux et tes mains
A l´espoir qui meurt

Peut-être un jour, je serai fort
J´oublierai tes lèvres et tes bras
Mais ce soir, je suis faible encore
Tu n´es plus là

Sans toi tout m´est égal, j´ai si mal
Tu n´es plus là
Je voudrais dormir, je voudrais mourir
Tu n´es plus là
Et les yeux fermés, insensé
Je lutte avec ma peur
T´arracher de moi ou courir vers toi
Je ne sais plus
Ton ombre me suit le jour et la nuit
Tu n´es plus là...

Et là, ce que je craignais arrive. La pluie. Mais pas dehors, dans mes yeux...
Toujours pas guéri 15 ans après mon vieux, c'est quand même grave...

D'autant qu'ensuite il reprend une autre chanson du même style, faire un pont, cette fois c'est les deux yeux qui coulent.
Alors j'ai l'idée, pour mieux masquer la chose, de filmer avec mon Nikon Coolpix 14 mégapixels.

Ca donne ça, et l'on peut très bien voir le crâne du vieux papy devant :
(cliquez sur le lien)

dick rivers.wmv

Enfin, il rappelle qu'en 1968, alors qu'il commençait à être en perte de vitesse, il avait enregistré sur un album une adaptation de Neil Diamond que personne ne connaissait. Ni la chanson (viens tout connaître) ni Neil Diamond.
Et par la grâce d'un film de 1994, la chanson est devenue mondialement connue, interprétée par un groupe obscur, Urge Overkill. Vous connaissez ? Moi non plus !
Mais quand on écoute la chanson, créée en France par Dick Rivers voici...44 ans, là ça fait tilt !


A 23h45, le concert est fini, nous repartons tous, heureux d'avoir pu entendre l'idole de notre enfance, j'oserai dire de toute une vie, de Baby John qui me rappelle ma première colo à 11 ans jusqu'à Amoureux de vous, sorti à l'aube de ce siècle.


Ce ne sera qu'à 1h30 du matin que nous fermerons la lumière dans notre hôtel Dijonnais, tandis que, dehors, elle a tendance a s'allumer. Ce sera un des plus beaux orages que j'aurais eu l'occasion de voir.

A 3 heures près, je me dis qu'on a eu chaud !

Je vous embrasse.

04/03/2012

15 ans et demi de radio

C'est en décembre 1970 que, la toute première fois, à l'aide du magnétophone que mon cousin/frère Jean-Yves avait eu à Noël, j'avais eu l'idée de faire un programme dans lequel j'étais à la fois l'animateur et l'auditeur au téléphone (grâce à un certain talent d'imitateur à l'époque l'auditeur était le Général de Gaulle lui-même, Jacques Chaban-Delmas, Albert Simon ou... le père de mon frère/cousin !) avec bien sûr des chansons intercalées, et même... des fausses publicités ! Cette cassette, je l'ai toujours et tous les 10 ans je la "réenregistre" pour qu'elle puisse toujours être audible.

Mais ce n'est que onze ans plus tard que mon rêve d'enfant et d'ado aura une chance de se réaliser, avec l'arrivée des radios libres. Ce que j'entendais un peu partout était disons très "moyen" et je me disais qu'après tout ma cassette de 1970 n'était pas pire !

Fin 1981 une radio s'établit à Gap, du nom de Radio 5. Celle-là avait le double avantage d'être de très bonne qualité, et surtout audible de chez moi, à 38 km. Je me mis à les écouter religieusement, en rêvant qu'un jour je serais des leurs...
Je l'étais un peu d'ailleurs car je possédais déjà à l'époque une impressionnante série de disques que je me fis un plaisir de leur prêter, et souvent ils citaient mon prénom à l'antenne pour me remercier.

C'est là que le "Destin" va intervenir ! J'avais fait, quelques mois auparavant, la connaissance d'une dame. Dame bien plus âgée que moi, et cette relation n'avait rien d'équivoque. Nous étions vraiment amis, nous nous sommes toujours vouvoyés, et jamais aucune arrière-pensée n'est venue nous chatouiller. Je lui confiais mes problèmes, elle me confiait les siens. 
Un jour le lui parlai de la radio, et la lui fis écouter.
Là elle tomba à la renverse, car l'animateur en chef, le patron de la radio, n'était autre que.... son premier amour, 30 ans auparavant ! Alors je lui suggérai de prendre contact  avec lui, par le biais d'une émission de dédicaces.

Cela marcha mieux qu'espéré, car ils retombèrent illico dans les bras l'un de l'autre ! leur amour, 30 ans après, n'avait pas changé... Sauf que lui avait une bague au doigt...!
Ce ne sera que 10 ans plus tard que je saurai ce que cet homme devait endurer, avec une épouse que toute la radio - et les auditeurs - connaissaient, et la femme de sa vie que bien sûr il devait cacher.
Et moi j'étais au milieu....

Jacqueline (c'est le prénom de la dame) savait que je mourais d'envie de faire de la radio, et en toucha un mot à René (le prénom du monsieur). D'autant que, en mars précédent j'avais - hasard encore - "appris le métier" lors d'un bal organisé en Bretagne chez une cousine, laquelle m'avait mis aux platines vu que je connaissais personne.

Je refusai d'abord, puis ils me le demandèrent comme un service, afin de "boucher le trou de midi". C'était moi ou une bande magnétique !

Alors, en juin 1982, je me lançai dans ma première émission. Que j'enregistrai de chez moi grâce à un programmateur électrique. Quand je l'écoutai le soir, je me dis que décidément, il valait mieux en rester au stade d'auditeur ! Des hésitations, des fausses manoeuvres, bref on a sa fierté !

Mais le couple reformé par mes soins m'encouragèrent à recommencer. Devant mes dénégations, ils insistèrent. Les hésitations, c'était normal pour une première, et ça se corrigerait, idem pour la technique. Mais en revanche pour eux j'avais "une voix d'or", ce qui était rare, et surtout de solides connaissances musicales.

animateur


La suite, je l'ai racontée par ailleurs, mais pour résumer :
• août 82, premier dialogue avec un auditeur au téléphone. Prénom de l'aditeur : Nathalie.
• septembre 82, le boss, qu'on appelait "Papy Muzol", me confiait 34 heures de programmes pour la saison 82/83 !
• novembre 82, le sondage annuel d'audience me donne comme animateur le plus écouté de Gap ! Devant Foucault lui-même...
Ce sondage me sera bien sûr caché, c'est grâce à Jacqueline que je le saurai.
• janvier 83, "Papy Muzol" me propose un contrat. Un CDI où je toucherais deux fois ma paye de météorologue !! Là j'hésiterai un bon bout de temps (entre la radio et le boulot je menais une vie de fou), avant de prendre un congé sans solde. Puis finalement je déclinerai la proposition.

Dès lors mes jours de vedette seront comptés. Je représentais un double danger pour le boss, d'abord au boulot car sa grille dépendait  - outre les permanents, payés - de deux bénévoles totalisant à eux deux 70% de l'audience (le second était un pro, un ancien de RMC, mon maître à penser en matière de radio), et qui pouvaient partir du jour au lendemain, donc couler la radio.
Et côté sentimental, je connaissais sa double vie.

Mon sort sera réglé à l'automne 83.

                                                           

Poussé par mon épouse, je franchirai humblement trois mois après la porte d'une petite radio qui venait de s'ouvrir dans ma petite ville, la RAM. Et là, j'y ferai d'abord une émission par semaine. Puis deux, et enfin 3.
Là encore on me poussait à faire d'autres émissions (d'autant que j'étais polyvalent, je faisais également les infos et des émissions style France-Culture) mais j'avais une famille à présent, je n'étais plus célibataire, et aussi je ne tenais pas à renouveler l'expérience de 1983.

Je serai administrateur de la radio en 1985, membre du bureau en 1986.
Quand je partirai en février 87 pour cause de mutation, ils organiseront un pot géant pour mon départ..


Je ne mettrai pas longtemps à trouver une radio à Mende, où je venais d'arriver en ce printemps 1987.
Ce sera Mende-Radio où j'aurai une heure par semaine.
Puis l'équipe dirigeante changera et je serai "au chômage" en avril 1988.

Tout de suite je serai récupéré par Radio-Nostalgie Lozère qui se montait. J'animerai une émission de deux heures le samedi après-midi. Mais... financièrement, la station coulera quelques mois plus tard :(

En 1989, avec une bande de copains, nous monterons, chez un collègue, une radio-pirate, Fréquence Punch. Nous émettons à peu près sur un rayon de 150 m, la fréquence changera à chaque fois que le rideau du salon bougera (l'émetteur était fixé dessus !) mais qu'importe, je refaisais de la radio ! Même si je n'avais que mes collègues d'antenne comme auditeurs !
D'autant que je n'aurai qu'un étage à descendre pour aller dans le "studio", le domicile de mon collègue Frédéric.

Mais mon collègue fait la connaissance d'une nana, et du coup, fin de la radio. Il faut dire aussi que le collègue était du genre minable à l'antenne, et s'en était vite rendu compte.

En 1990 Mende-Radio re-change d'équipe et j'y reviens. Mais un autre Patrick y étant arrivé entre-temps je m'y ferai appeler "Docteur Pat" !
Hélas fin 1991 cette radio se fait racheter par le réseau FUN, et me voilà de nouveau au chômage...

Je suis assez mal à l'aise à cette époque, la proprio parle de nous virer, l'ambiance n'est pas top au taf, et je suis à deux doigts de poser une mutation. La feuille a été pendant une journée entière à la signature sur le bureau du chef....! Qui - hasard encore - ne sera pas là ce jour-là....
Un mercredi où je participerai au loto des Jeannettes, et où l'aumônier me proposera... de faire partie de la nouvelle radio Chrétienne qui allait s'ouvrir ! Radio Eaux-Vives.

Ce sera ma dernière radio, là où je resterai le plus longtemps, 5 ans et demie.

Quand j'ai dû quitter Mende, j'ai bien sûr stoppé la radio.

Depuis, malgré de nombreuses sollicitations, je n'ai plus jamais touché à une table de mixage

Je vous embrasse.

10/02/2012

Les deux faces de Patrick Sébastien

J'ai déjà parlé (sur mon ancien site) de Patrick Sébastien.

Un mec que voici quelques années que je n'appréciais pas, pensant comme beaucoup de gens que c'était un gros beauf de droite, imitateur moyen (pour certaines imitations - comme De Gaulle - je lui suis supérieur), un peu Caliméro, dont les spectacles et chansons pour noces et banquets étaient loin de mon univers.
Le petit bonhomme en mousse et autres viens boire un ptit coup à la maison ne sont pas trop ma tasse de thé.

Par curiosité plus qu'autre chose, j'ai quand même, en 2001, regardé son film t'aime, et là je suis tombé sur le cul.

Pour moi, un des meilleurs films des 20 dernières années. Emouvant au possible, on découvre là un Sébastien inattendu, sensible à fleur de peau, profondément humain. Il parle du handicap de façon très pudique et très efficace. On est loin du burlesque de Intouchables. Le contraire de sa facette "télé".

Puis je l'ai lu.

• D'abord Putain d'audience, en 2006. Dialogue imaginaire avec une petite fille qu'il est sur le point d'adopter. Il lui parle de sa vie, de la télé et de ses travers, et surtout n'hésite pas à dire tout haut qui lui a mis des bâtons dans les roues.
Que ce soit à la télé ou sur le plan politique. Personne n'est épargné, de Sarkozy à certaines pratiques des Restos du coeur.

• Puis en 2009 Tu m'appelles en arrivant .
Pas étonnant que son émission la plus célèbre - et qui n'a été jamais été égalée en audimat - s'intitule le grand bluff, car il m'a vraiment bluffé sur ce coup.
D'abord cet autodidace manie la langue française avec du génie. Il trouve des néologismes à la pelle, comme "synchronicité", un mot qui signifie "coïncidence peut-être pas si hasardeuse que ça..."

C'est un dialogue - réel- entre lui et sa mère qui est en train de mourir. Poignant...
On sent que cet homme est une plaie vivante, tiraillé entre la mort de son fils (en 1990, il n'avait que 20 ans) et celle, programmée, de sa mère, les deux seuls êtres - en dehors de sa femme Nathalie - qui furent ses piliers à des périodes différentes de sa vie. Pilier, joli mot pour celui qui fut le président du club de Rugby de Brive, qu'il a emmené vers la victoire en coupe d'Europe en 1996.

• Et enfin, acheté hier, dehors il fait beau hélas. Pas fini, car commencé... à 23h30, et ce n'est qu'à une heure du mat que j'ai dû lâcher prise. Là aussi c'est du beau Sébastien, dans un dialogue à la Don Camillo, sauf que son Dieu à lui n'est pas celui de Fernandel : c'est sa maman.

J'ai emmené mon épouse le voir en 2010 à Lons le Saunier, elle qui encore deux ans avant était une anti-Sébastien primaire !

Certes, je ne suis pas d'accord avec lui sur tout.

Sur sa façon de vivre dans ses jeunes années. Bringueur et trousseur de jupons.
Sur ses convictions politiques. Il a toujours été Chiraquien, y compris dans la période "carnassier" du second Grand Jacques (jusqu'à 2002 en gros).
Sur Internet, dont il partage le très négatif point de vue que Nathalie, qui n'y ira jamais en dehors du travail. Pour Sébastien, certains commentaires de blogs sont dignes de ce qui se passait pendant la France occupée...
Il n'a rien écrit sur Sheila pourtant lol !

Sinon, que de points communs !

• Le prénom, d'abord.

• Celui, commun, des femmes de notre vie (bon, les statistiques jouent pour nous, ce sont largement les plus nombreuses en France).

• Il adorait San-Antonio. Comme moi entre 1966 et 1985. Je les ai tous lus, pour la moitié relus, et pour une bonne partie presque appris par coeur.

• On partage les mêmes opinions sur les injustices et aussi ... Sarkozy. Sa chanson "ah si tu pouvais fermer un peu ta gueule" résume toute la chose.

Et surtout, surtout, nous avons la même vision du Destin. Que rien, absolument rien, n'arrive par "hasard". Que la vie est jonchée de ces "synchronicités" qui permettent de faire au mieux si on sait les repérer et les comprendre.

Bref, Patrick Sébastien fait partie de mes idoles, même si je sais que cet aveu va me priver de quelques-uns de mes lecteurs. Auxquels je n'en voudrais pas, j'ai arrêté moi-même de lire sur FB une jeune ex-bloggueuse de Psycho avec qui pourtant j'avais eu de beaux échanges, quand j'ai su qu'elle était fan du président sortant...

Voilà, vous en faites ce que vous en voulez, j'espère qu'il n'y aura pas cette fois une secte d'adorateurs de Sébastien qui viendront me dire que tel bouquin est paru en 2006 et pas en 2007 ou l'inverse, ou autres billevesées du même tonneau.
A présent je me méfie !

Je vous embrasse.

03/12/2011

Photos de Lisbonne

Ca commençait fort le 24 :

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L'atmosphère était vraiment "chaude" !

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Bien sûr nous avons retrouvé notre Funiculaire de Gloria

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Et notre restaurant dans la même rue de Gloria, où les plats étaient toujours aussi bons et pas chers, même s'ils ont eu tendance à grimper tout au long de notre séjour....                              

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Mais les journaux et la télé le répétaient en boucle : S'ils en étaient arrivés là, c'était la faute au tandem Franco-Allemand.... Et nous avions beau répéter que 1) Sarko était le petit chien de Merkel et que 2) il ne représentait en 2011 que le quart des Français, ça ne passait pas...

Mais dès que l'on franchissait les limites de la Capitale, les choses s'arrangeaient. Les gens n'avaient pas oublié les années "noires" où pas mal de leurs compatriotes passaient la frontière avec une valise en carton ;-)
Ainsi à Cascais qu'on atteint en 35 mn de train de banlieue (le "cow-boy" en Portugais) :

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Mon épouse en ferme les yeux. Si jamais vous passez dans cette ravissante cité dont je vous ai déjà montré plein de photos en 2010, une bonne adresse : PASTELARIA GALEO. Ils ont en plus des gâteaux monstrueux...!
Le dimanche matin, les musées sont gratuits jusqu'à 14h. Aussi avons-nous visité le fameux monastère de Bélem

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Avant de nous mettre en appétit avec le fameux "pastéis" !
Sinon, amis touristes, quelques trucs : pour grimper en haut de l'élévador de St Just, construit par Eiffel, il vous en coûtera 5 euros ! Mais pas pour admirer la vue, il vous suffira de faire le tour pour accéder à la passerelle ! De là la vue est superbe, surtout à la tombée du jour

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N'oubliez pas non plus de prendre le bateau pour Barreiro, vous aurez une vue époustouflante de la Place du Commerce

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Et bien sûr, toujours à la tombée du jour, allez au Miradouro de Santa Lucia, de préférence avec le tram (12 ou 28)

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Les Portugais sont pieux. Mais parfois, dans leurs vitrines, il leur arrive de mélanger les genres....

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De belles images qu'on aimerait voir plus souvent !


Mais il est temps de repartir...
Amis routards, un truc pour aller à l'aéroport. SURTOUT NE PRENEZ PAS LE TAXI, à moins de connaître par coeur et la ville et la langue. Je ne connaissais que la ville, et quand j'ai vu qu'au départ de l'aéroport le taxi que j'avais eu le malheur de prendre piquait plein Est pour aller au centre-ville, j'ai tout de suite su que ça allait faire mal au porte-feuille !
Ne prenez pas non plus le bus "Aérobus", 3.50 euros. Non, prenez, juste la veille de votre départ, 24 h avant le décollage de votre avion, une carte journalière (3.70 euros en 2010, 4.60 en 2011), et de là prenez le 745 ou le 44 qui vous déposeront là-bas aussi rapidement.

A retenir, leurs bouches de métro, très spécifiques

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Et leurs abribus, où hélas la publicité est parfois plus que douteuse...

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Bien vu quand même, j'aimerais la voir en France !

Voilà, un petit aperçu de mes vacances, mais quand même un conseil pour les Français : attendez un petit peu que les choses se tassent au niveau de la crise, car je peux vous garantir que l'accueil 2011 n'a pas du tout été le même que l'accueil 2010 ! Voici 18 mois, la moitié des gens parlaient français.
Là, vous n'en trouverez plus un seul :(

Je vous embrasse.

05/11/2011

Tonton, l'ermite du Larmont

La grande majorité des habitants du Haut-Doubs ne le savent, pas, mais au sommet de la commune de Pontarlier, à 1300 m d'altitude, vit un petit bonhomme.

tonton.jpgDepuis 1965, il est là dès les premiers "beaux jours" (dans le Haut-Doubs ça veut dire que les routes sont praticables), jusqu'à la première grande chute de neige. En gros, de mars à novembre, 9 mois sur 12 dans une petite cabane qu'il aménagé contre la roche en 1965 (il avait 22 ans) depuis qu'il est en retraite. 

Ma rencontre avec lui date de l'été dernier. C'était le 21 août, il faisait 34 degrés ici, 32 à Pontarlier, ma fille et son copain étaient avec nous. La veille nous avions été à Lausanne montrer au copain le métro automatique, qui grimpait en 1/4 heure de 370 à 750 m. Mais on avait crevé de chaud...

Alors je me suis dit, il faut aller en altitude. Le plus près c'était là, à 7 km du centre-ville de Pontarlier. Seulement, les 3,5 derniers km étaient interdits aux voitures pendant l'été, laissant les piétons et les vélos.

On s'est donc arrêtés vers les 1180 m, il "ne" faisait que 29 degrés. Mais les 3,5 km suivants allaient se faire sous un cagnard pas possible.

Arrivés à mi-chemin, je vois une voiture.
Comment ça une voiture ? Il n'y a rien après !!!

Et bien si. D'abord une ferme Suisse. Située en territoire Français, elle est tournée vers la Suisse (électricité, poste, téléphone, travail, etc). Et puis....

Je me mets en travers de la route pour dire au "touriste" que la route était interdite, et je vois côté passager un petit bonhomme qui me dit "quoi, on ne laisse pas passer l'ermite du Larmont ? Vous savez ce que vous risquez ?"

Là, je joue profil bas, et lui demande ce qu'est l'ermite du Larmont. Et il m'explique qu'il vit en haut de la montagne depuis 46 ans dans une cabane. Là je suis admiratif, et, radouci, il me dit "si vous arrivez là-haut, je vous paye le coup !" Avec la température qu'il faisait, ce n'était pas de refus.

Presque sur les genoux, nous arrivons là-bas. Et nous voyons sa cabane.

 

L'intérieur doit mesurer dans les 6 mètres carrés, un lit superposé datant des années 50 est collé au mur nord, une table est au milieu, et une cheminée - qu'il ne ramone jamais - lui sert de chauffage.
J'avoue qu'on a un certain haut-le coeur en rentrant là-dedans.

Je pensais qu'il vivait là en SDF, comme beaucoup hélas le font dans nos forêts.

Pas du tout : Notre homme est motorisé, et habite un appartement correct 7 km plus bas, à Pontarlier.
Il est retraité du BTP, et touche une confortable pension. Au moindre souci de santé, il descend à Pontarlier où il est connu comme le loup blanc.

Mais, étant veuf, il préfère rester là-haut le plus clair de son temps, jouissant d'un panorama exceptionnel à quelques dizaines de mètres sur les Alpes Bernoises à plus de 100 km :

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De l'autre côté, la vue est moins spectaculaire, mais plus vaste, allant des monts du Lyonnais aux Vosges en passant pas les crêtes bourguignonnes. Et bien sûr, la capitale mondiale de l'absinthe juste au-dessous...

On a tout de suite sympathisé, car à son âge, j'avais fait un peu la même chose, quoique nettement plus dangereux : travailler au Mont-Aigoual, d'où l'on embrasse le plus beau panorama de France, en passant par le Mont Blanc, les Alpes de Provence, le Ventoux, la Méditerranée de Marseille jusqu'à Perpignan, les Pyrénées orientales, le Plomb du Cantal et le Puy de Sancy.
Dangereux parce que j'étais à 11 km de la première maison, que j'y restais les jours de neige, et que je devais faire des vacations - seul - de deux semaines, sans pouvoir bien sûr parler à personne.

Pour notre Ermite, c'est très différent : Il ne se passe pas de jour, et même d'heure, sans qu'il ait de la visite. Beaucoup de femmes, d'ailleurs, qui de temps en temps (je n'invente rien) viennent passer une nuit ou deux sur le sommet. L'histoire ne dit pas si elles dorment toutes seules, et de toutes façons "cela ne nous regarde pas".

Et quand les visites se raréfient, quand la température descend de plus en plus en-dessous de zéro (ça peut arriver au mois d'août, c'est du reste arrivé en juillet de cette année, le 15 pour être précis ), notre ermite regagne alors son appartement de Pontarlier, et redevient là-bas Jean-Pierre, M. Tout le monde.
De sa fenêtre, il doit alors regarder sa montagne, fier d'y être le maître des lieux, et d'être sûr d'y rester, bien que la cabane ne soit pas à lui. Un deal avait été passé dans le temps entre lui et la sécurité civile, en échange du "fermement des yeux" des autorités, il surveillait les feux de forêt naissants, recueillait - comme moi à l'Aigoual - les promeneurs pris par la neige et le vent.
Et puis.... se situant à 500 m de la frontière, les douaniers étaient contents que cette "brèche"-là soit habitée. Cela dissuadait les passeurs d'absinthe !!

Depuis 16 ans, il est chez lui, grâce à une prescription de 30 ans.

Pour la petite histoire, voici près de 40 ans

http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2010/09/01/premie...

J'avais été en vacances dans le haut-Doubs, et les 15 premiers jours je me faisais suer comme un rat mort. Heureusement j'avais mon solex, et j'ai fait toutes les routes du coin avec, spécialement les montagnes. J'étais monté au Larmont, et j'avais bien repéré une cabane au fond d'un sentier, avec des tables de bar dehors. J'ai alors pensé à des touristes, et j'ai alors continué mon chemin....

Je vous embrasse.