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10/09/2010

Mes années vélo (1962/1969)

Sur une idée d'Alain !

Commencée à Lorient, et finie à Lorient. Mais entre les deux, mes roues ont vu une bonne dizaine de départements : Morbihan bien sûr, mais aussi Haute-Vienne, Vaucluse, Drôme, Finistère, Saône et Loire, Ain, Charente, et j'en passe.

L'histoire commence en 1962, donc.

Nous sommes en vacances à Lorient, ma mère s'est mise en tête de m'apprendre à faire du vélo. Et, justement, un vélo à ma taille est à ma disposition, celui d'un petit cousin.

Mais rien à faire, c'est dans la tête, pas question de monter sur ce truc qui ma-thé-ma-thi-que-ment ne peut pas tenir sur deux roues ! Mais pourtant, moi qui suis depuis déjà quelques années le Tour de france, je me dis comment font-ils ???

Vers le milieu du mois, nous allons à la plage. Méga-coup de soleil pour moi, qui se traduit par une poussée de fièvre.
Or, le lendemain, je devais aller à Quimper avec ma mère, ma tante, une cousine et sa fille. 5 places pour la 203, c'était le max !

Je savais que le choix qui s'était porté sur moi faisait des jaloux, notamment un certain Bernard, le propriétaire du vélo. Qui avait fini par.... ne plus me le prêter pour apprendre à en faire.
Moi j'étais soulagé, ces leçons de vélo me fichaient de plus en plus la trouille. Un peu comme la natation 6 mois avant, avec des "béquilles" ça passe, mais sans, pas question.

Coup de théâtre, vu que j'étais "malade" - je le mets bien entre parenthèses - plus question pour moi d'aller à Quimper !! Alors qu'on m'avait alléché avec cette ville, qui n'avait rien, mais rien à voir avec Lorient. C'est le petit-cousin qui ira à ma place !

Alors, au cours de cette journée, je vais sortir de la cave le vélo du voleur de voyages, et je me jurai que, à la fin de la journée, je saurais en faire !

Et je m'élance sur l'immense trottoir en pente de la Cité. Une chute. je me relève. Seconde chute. je me relève. Et peu à peu les chutes s'espacent, et à un moment donné, ça y est, je roule...

C'est cette vision qu'aura mon teigneux de petit cousin quand, tout fier, il rentrera de Quimper.
"Rends-moi mon vélo...
- Avec joie, de toutes façons il est désormais trop petit pour moi ! "

Cependant, les années passent, et je n'arrive pas à "concrétiser" avec un vélo de taille normale. Logique, il me manque quelques centimètres, une bonne quinzaine !

Durant le printemps 65, je commence à grandir, et je peux alors m'élancer avec un vélo d'adulte. Pas facile, mais j'y arrive.

Mes parents du coup me promettent un vélo neuf si je réussi au BEPC, ayant (voir une note précédente) très peu de chances de passer en classe supérieure.

J'obtiens le fameux examen, et le vélo est acheté, à Valréas, dans le Vaucluse. Le même endroit que deux ans auparavant, où j'avais pris conscience qu'une petite fille de Toulon représentait quelque chose d'énorme pour moi, sans savoir encore qu'elle était ma soeur cachée....

C'est au cours de ce mois d'août que je ferai le plus de balades, prenant soin d'acheter une carte postale dans chaque village que je traverserai.
Valréas était une géniale piste d'entraînement, il y avait toutes les routes possibles !
Ma préférée était la route de Nyons : Un long plat, où je pouvais dépasser le 60 km/h, puis une côte de plus en plus serrée, avec un point culminant à 423 m (200 m au-dessus de mon point de départ). Puis la descente jusqu'à Nyons, régulière, située au même niveau que valréas. Là aussi je dépassais le 60 sur presque tout le parcours.
Visite du village de Barjavel, petit perrier-menthe au café, et retour.

Puis je me lançai dans les grands cols.  Le col d'Aleyrac sur la route de Crest. Entre Salles sous bois (254m) et Aleyrac (481m), seulement 7 km ! Un bon pourcentage, que j'avalai sans problème.
J'allais de plus en plus loin, jusqu'à Orange, Vaison la Romaine, Malaucène...

Malaucène, le point de départ du fameux Ventoux. Pourquoi pas essayer ?

Un jour je dis à ma mère que je ferai de la bécane toute la journée, et que je prendrai un sandwich.
"Où tu vas ?"
Je le lui dis. Et là elle me rigole au nez.

Raison de plus pour tenter la chose.
C'est à Malaucène que je me restaurai, et en avant pour la bataille !

Route large, mais pentue comme pas possible. Je ne m'attendais vraiment pas à ça . Au bout d'une demie-heure je n'avais fait que 5 kilomètres. La borne m'annonçait "altitude 650m". Je n'étais jamais grimpé aussi haut ! En plus j'étais encouragé par des automobilistes...

Je n'allai pas plus loin que 850 m d'altitude. Un panorama sur la gauche, duquel je me sentais incapable de repartir en montée. Mais, là, déjà, la vue était époustouflante. On pouvait distinguer facilement Avignon, on voyait assez bien les Cévennes et on devinait la mer...

Il fallait savoir jusqu'où on pouvait aller, ce qui ne fut pas le cas d'un collègue, l'an passé, qui fièrement passa au sommet, avant de mourir, victime d'un infarctus massif.


En 1966, tout autre décor : La Haute-Vienne. Première balade : Oradour sur Glane. J'y reviendrai un jour sur deux. Mais je grimpai aussi quelques sommets à 700m et plus.

Août : la Saône et Loire. J'étais basé à Serrières (300m) et je commençai avec un col à 550 m, puis un autre à 614 pour finir avec un sommet, la Mère Boîtier à 758m.
J'étais récompensé par la vue magnifique, dont le Mont-Blanc. C'est depuis ce jour que je le cherche partout où je vais (dans les limites du raisonnable, sachant très bien qu'au-delà de 300 km il n'est plus visible à cause de la rotondité de la Terre).

67 fut vélocipèdement une super-année. Là j'étais à Brest, et je me servais de mon biclou pour aller voir Nadine, une allumeuse de première, qui était en vacances à 20 km de là.
C'est à cette occasion -j'avais un compteur - que j'atteignis le 80 sur la nationale. J'allais aussi voir mon copain Bernard, qui avait déjà commencé l'apprentissage ! A 14 ans....
En septembre, tours de roue à Lorient, retour aux sources.

68 me vit avec mon vélo à Pâques dans le Limousin. Idem, beaucoup de trajets sur Oradour, d'autant qu'il y avait un col assez costaud à se taper. On y revient l'été, où il m'attendait sagement dans la cave de la dame qui nous louait. Laquelle, qui n'avait pourtant que 40 ans, se souvenait très bien d'Oradour, où sans l'avertissement d'un soldat allemand, elle allait droit vers la boucherie.

Même chose en 69, et là j'étais devenu presque un pro. Pour Limoges (45 km) je ne mettais même pas une heure ! J'étais sur mon petit nuage, et je me pensais le roi du monde ! Je n'hésitais pas à emprunter les boulevards de cette grande ville, sans paniquer le moins du monde. Quelle différence avec 1965...
Je faisais des courses avec des jeunes du village !

A Lorient, j'avais encore moins peur de la circulation, et je n'hésitais pas à emprunter les plus grands axes sans vraiment trop faire attention.

Mais j'étais trop sûr de moi.

Le 23 décembre, alors que je fonçai pour aller voir une grande surface qui venait d'ouvrir, un camion me coupa la route et ce fut la chute, la lourde chute. J'étais en sang. Rien de cassé mais pendant un mois je ne pourrai plus marcher ou presque.

Ce sera la dernière fois que je ferai du vélo. A quelques 800 m de l'endroit où j'avais appris !

Je vous embrasse.

20:58 Publié dans Loisirs, moi, psy, Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vélo, lorient

02/09/2010

La bande des 6 (1970/1971)

La période est en partie à-cheval sur l'époque de la note précédente.

En octobre 1970, j'intègre la fac. Changement total d'ambiance, les robes colorées des jeunes filles tranchent avec les blouses blanches Louis-Le-Grandesques, la fac est toute neuve (même en construction) ce qui change du bâtiment XVIIème siècle d'où je venais.

Je m'inscrivis tout de suite en section "sport", nanti de mes 10'8'' aux cents mètres qui m'avaient mis "hors-barême" pour le 80m du bac.

C'est un monde nouveau que je découvrais, on pouvait étudier "à la carte" ! Et en dehors des TP et TD notre présence n'était pas obligatoire.
Il y avait, en haut de l'échelle, le cours magistral en amphi, 300 personnes avec un prof très éloigné de nous (dans tous les sens du terme). Puis, les Travaux Dirigés, l'équivalent d'une classe de lycée, avec une vingtaine de personnes. Et enfin, les "colles", dont le sens n'avait rien à voir avec celles du lycée ! C'était des cours presque particuliers à 2, 3 personnes que nous faisaient les étudiants de licence ou de maîtrise.

Il y avait aussi les TP, Travaux Pratiques de chimie, branche dans laquelle je m'étais engagé.

J'eus comme "binôme" une certaine Annie. Avec laquelle je sympathisai immédiatement. Rien de plus, car mon coeur était déjà pris (voir note précédente). Du reste pas mal d'étudiantes venaient s'assoir à côté de moi en amphi, pour me faire la conversation !

Je restais sur un échec sentimental, une jeune fille de Franche-Comté pour qui j'avais fait les vendanges et que ses parents avaient enfermée pour ne pas avoir la tentation de poursuivre cette idylle. Je ne pensais qu'a jour où je pourrais y retourner, monté sur un cheval blanc, pour enlever ma belle.

Et je me lançai à corps perdu dans mes études. Ne ratant aucun cours, aucun TD, aucune colle, aucun TP.

Et quand vint le jour du "partiel" de maths, je pensais bien m'être débrouillé, au lycée ce que j'avais fait méritait au moins un 13/20.

Hélas, quand, début novembre, arrivèrent les résultats, je fus très déçu même si j'étais parmi les 50 premiers de l'amphi, je n'avais que 7/20 ! Méthode efficace pour décourager les "première année", qui marche toujours aujourd'hui.

J'avais repris mon entraînement aux 100m, sur un stade près de la Porte de Clignancourt, mais je m'aperçus très vite qu'il fallait que je m'entretienne ! Mes 10'8"" était devenus 12'1"", et peu à peu je recommençai à grapiller les précieux dixièmes.

Puis arriva la mort de De Gaulle, qui me permit de tenter de revoir ma "promise" en Franche-Comté et qui se solda par un échec magistral.

http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2010/09/01/premier-baiser-premiere-rupture-1970.html


A mon retour, je n'avais plus goût à rien. Si je continuais à fréquenter les bancs de la fac, c'était pour faire plaisir à ma mère, mon père s'étant une fois de plus montré odieux à l'occasion de ce maudit retour.
Du reste pour moi cette année de fac était du "remplissage", avant l'Essentiel, le concours d'entrée  qui était la porte de la profession dont je rêvais depuis mes 12 ans. Mon père m'avait dit "passe ton bac d'abord", c'est ce que j'avais fait. Me faisant ainsi rater 3 années de travail, lesquelles m'auraient bien servi actuellement, pour ma retraite future. J'aurais pu alors partir sans "décote"... Merci Papa !

Les cours n'étant pas obligatoires, je les séchai donc, mais restaient les TD et les TP qui eux l'étaient.
Je dois beaucoup à mon binôme Annie, qui, mise au courant de mes déboires, faisait ce qu'elle pouvait pour me dérider lors de ces fameux TP, n'hésitant pas à mettre n'importe quoi dans les éprouvettes. C'était, 8 ans avant, "les sous-doués"...

Annie avait une amie, sa meilleure amie, qui s'appelait Danielle.
Et je me liai vite d'amitié avec ces deux jeunes filles, à qui je racontai mes malheurs Jurassiens.

 

C'est après les vacances de Noël que les choses s'accélérèrent. Par, si j'ose dire, "cooptation".

Annie tomba amoureuse d'un grand garçon, hypersympa, prénommé Michel. Et j'avais deux sentiments contradictoires en les voyant, se donnant la main, toujours serrés l'un contre l'autre.

1) que c'est beau, deux êtres qui s'aiment à ce point, mais
2) et dire que pour moi c'était encore ça il y a quelques mois...

La bande des trois devenait la bande des 4. Mais pas pour longtemps, car Michel emmenait dans sa "musette" un grand copain à lui, Clément.
Et de 5.

Mais Clément était amoureux de la "vieille" du TD, Claire. On l'appelait "la vieille" car elle avait  24 ans, ayant essayé diverses voies avant de se retrouver parmi nous. Et Claire vint tout naturellement nous rejoindre, la "bande des six" était née".

Curieuse bande en vérité car constituée de deux couples et d'un duo, Danielle et moi. Danielle qui je crois, n'aurait pas demandé mieux de constituer avec ma pomme un troisième couple.
Danielle ne m'était pas du tout indifférente, mais elle ressemblait énormément à Brigitte, la jeune jurassienne. Et en plus chez moi, les chagrins d'amour durant très longtemps, je n'étais pas prêt pour une nouvelle rencontre.

A partir de ce moment-là, la fac ne nous verra quasiment plus.
Certes pour nos parents respectifs on fera semblant d'y aller, on se lèvera à 7h30 et on prendra le métro, mais pour... se retrouver tous les sur le quai du métro Châtelet, ligne 7 direction Ivry, devant les premières classes.

Et quatre mois se passeront comme ça, de janvier à avril. Nous nous baladerons de tous les côtés dans Paris, et même en dehors. C'est avec eux que j'irai pour la première fois "en boîte", en fait à Paris des caves.
C'est avec eux que je m'initierai au bowling.
C'est avec eux que je vais tâter du fast-food, qui à l'époque ne s'appelait pas MacDo mais Wimpy.

Nous aurons nos quartiers généraux : Le matin, ce sera la brasserie "l'Etoile" où en guise de repas nous mangerons des sandwiches. Cette brasserie a d'ailleurs une histoire, que je vous raconterai un jour.
L'après-midi c'était le Bar de l'Odéon, juste à côté du Théâtre du même nom, où nous refaisions le monde en buvant des cafés (ce qu'il y avait de moins cher) et écoutant des chansons au Juke-Box. Nos préférées étaient "la vente aux enchères" de Bécaud et "qui a tué grand-maman" de Polnareff.

Danielle et moi regardions les deux couples s'enlacer, se bécoter. Parfois, quand nous nous baladions, nos mains se frôlaient. Mais ça n'allait pas plus loin, je n'étais pas assez "mûr" pour ça. Dans tous les sens du terme.

Un des plus beaux cadeaux que je recevrai de ma vie, c'est à eux que je le devrai. Un simple 45 tours, mais sur lequel tous avaient mis un petit mot.

Puis arrivèrent les vacances de Pâques, le break nécessaire pour faire le point
. Ce furent 15 jours en Lozère, comme l'année d'avant. Quinze jours merveilleux que je passai avec mon père qui voulait se racheter de sa conduite immonde de l'automne. Ma mère nous rejoignit pour 8 jours, et nous étions cette fois motorisés. Que des Solex, certes, mais nous n'étions plus tributaires des horaires de car.
En plus il fait beau et doux quasiment tous les jours, ce fut une parenthèse bienvenue.

Au retour, ce n'était plus ça. Les couples en avaient marre de "la bande" et préféraient - je les comprends - se retrouver en tête à tête. J'irai alors très souvent chez Danielle, écoutant Iron Butterfly (une chanson de 18 minutes) , Elvis et quelques autres. Nous discuterons énormément elle et moi. J'essayais de lui faire comprendre avec mes mots, mes pauvres mots de mec, que pour moi ce n'était pas facile, que j'aimerais tellement tomber dans ses bras mais que "quelque chose" m'en empêchait. Mais je ne connaissais rien de la psychologie féminine...
A tel point que vers la fin Danielle aura des doutes sur mon hétérosexualité ! Et il faudra que je m'invente un coup de foudre bidon pour une autre fille du TD pour faire stopper la rumeur naissante...!


De temps en temps quand même nous nous retrouverons à 6, dans un quartier où - je l'ignorais complètement - habitait celui qui allait devenir le parrain de ma fille.

Puis mai vit l'éclatement du groupe. Annie et Michel tinrent à m'accompagner pour passer mon concours professionnel, d'où dépendait ma future carrière.
Je devais les revoir trois ans plus tard, avec ma toute jeune première épouse, où nous partagerons un repas dans un resto sympa de la gare Montparnasse ("le Grenier") disparu depuis. Ils étaient toujours ensemble.

Et plus de 35 ans ont passé...



C'est par le site "copains d'avant" que je remarquai une certaine Annie N... qui avait fréquenté un lycée du XXème entre 67 et 70. A tout hasard, style Dubosc dans Sophie Boustier, je lui envoyai un message dans lequel je lui demandais grosso-modo si c'était pas elle la Annie avec qui nous allions au bar de l'Odéon avec 4 autres étudiants.
Et le lendemain elle me répondit, me disant que oui, c'était bien elle, et qu'elle était mariée avec deux enfants.

Et là, le plus beau. Un truc qui me fait rêver, moi la midinette masculine des blogs.
Car elle s'est mariée... avec Michel, celui de la fac. Le couple que j'ai vu se former sous mes yeux en 1970 est toujours là, 40 ans après... !
Il y a des choses qui vous réconcilient avec la vie. Ces deux-là n'auront donc jamais connu d'autre "partenaire" (beuark ce mot, ça me rappelle la belote) de toute leur vie.

Hélas, apparemment ils ne tiennent pas trop à me revoir, les appels du pied que je leur ai fait restant sans réponse. Mais je les comprends, nou nous étions quittés jeunes et insouciants (sauf moi lol), à présent nous sommes des presque-sexa avec un vécu très différent. Que pourrions-nous nous dire en dehors de "tu te rappelles à la fac quand..."

Je sais leur adresse mais je n'irai en aucun cas forcer leur porte !

Je vous embrasse.

28/08/2010

Cica-chansons

J'ai plusieurs passions dans la vie : mon métier, les trains, et les chansons.

Côté chansons, j'ai été voici 4 ans "parolepote" dans un site de paroles de chansons. L'an passé, j'ai ouvert avec un collègue bloggueur le blog "deux quinquas en chansons", et récemment je faisais sur mon ancien site une note dominicale où je parlais des tubes de l'été. J'avais au moins une lectrice !

Je vais tenter de faire la même chose ici. Je dis bien tenter car s'il s'avère que ce genres de notes n'intéresse personne, je m'arrêterai.

C'est ça qui est pratique sur Hautetfort, on dispose de statistiques, et on sait quelles notes ont le plus plu ou déplu. Ainsi, pour ce mois, les trois notes qui vous ont le plus accroché sont des nouvelles, merci et j'ai failli mourir le jour de mes onze ans.

A l'inverse, Mickey mon premier chat, bonjour et photo de la planète mars ne sont pas trop vos tasses de thé !

 

Donc, tous les dimanches, je viendrai vous parler de chanteurs et chanteuses.

Très exactement les 50 interprètes qui ont obtenu le plus de succès au hit parade de "Salut les Copains" entre 1963 et 1974.

Pourquoi 1974 ? Je dispose pourtant de deux années supplémentaires sur S.L.C.

Tout simplement parce qu'à partir de 1975, ces hits étaient truqués.
Et de quelle façon ? En éliminant systématiquement Claude François, qui avait eu le malheur de lancer un magazine concurrent.
C'est ainsi que la dernière chanson classée au hit SLC est le chanteur malheureux à la 24 ème place !

Pire. Des succès comme Toi et moi contre le monde entier (mars 75), 17 ans (février 76) sale bonhomme (mai 76) et cette année-là (juillet 76) n'ont, pour SLC, jamais existé !

 

On pourrait alors me dire, puisque à partir de 75 ce hit était truqué, pourquoi ne le serait-il pas avant ?

Simple. J'ai toujours écouté attentivement la radio, et jusqu'en 1974, grosso-modo le hit de Salut les Copains reflétait ce qui s'y passait. Attention ! Je n'écoutais pas que Europe 1, mais aussi RTL et RMC.

Je peux dire également que pas mal d'ouvrages, dont la référence Hit-Parades de Daniel Lesueur ont des hits mensuels qui se rapprochent pas mal de ceux de SLC. Dans la mesure où cette musique était dans le style SLC.

Par exemple n'ont jamais été classés - ou très mal - des chanteurs comme Charles Aznavour, Alain Barrière, Guy Béart, Gilbert Bécaud, Jacques Brel, Georges Brassens, Annie Cordy, Dalida, François Deguelt, Sacha Distel, Jean Ferrat, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Juliette Gréco, Marie Laforêt, Nana Mouskouri, Les Parisiennes, Jean-Claude Pascal, Pierre Perret, Régine, pour ne citer que ceux-là.

Normal, ils n'étaient pas dans l'esprit Salut les Copains.

Mais il s'est trouvé des interprètes qui n'étaient pas trop non plus dans cet esprit-là, mais qui feront des apparitions dans le hit de SLC. Seront alors frustrés les fans de l'interprète, qui estimera que son répertoire est sous-représenté, et des "purs et durs" de l'émission (comme je le fus) qui se demanderont bien ce que chanteur ou cette chanteuse était venue faire là !
La meilleure illustration est sans nul doute Mireille Mathieu, qui ne classera que 5 chansons dans le top 25, dont quand même un numéro un (une histoire d'amour) et un numéro 2 (donne ton coeur donne ta vie) en 1971, alors que tous ses autres succès seront carrément ignorés, ou maltraités (La dernière valse ne sera que 35ème en janvier 1968)

 

Ceci étant posé, le classement reflète bien ces douze années. Parmi ces 50 interprètes on trouve 37 hommes, 7 femmes, et 6 groupes.

Donc, démarrage demain, avec (je procède par ordre alphabétique) Salvatore Adamo.

 

A bientôt.

 

06/08/2010

Hadopi : ratage !!

Je pourrais me faire choper par Hadopi.


Car il m'arrive de télécharger des chansons ou des films en "pire tout pire".

 

Mais, attention, je ne télécharge pas n'importe quoi. Uniquement ce que je ne peux trouver à acheter.


L'exemple type : la chanson des Sunlights "avant le Jazz" que depuis 43 ans j'essayais en vain de trouver, que ce soit en vinyle, en cassette, ou plus récemment en CD.


Mais "illégalement", je l'ai eue tout de suite !!


Idem pour certains films.
Si je peux les acheter, pas de souci. Mais hélas, les DVD sont composés de films ricains à 95% et nos pauvres films français sont le plus souvent introuvables.

 

Sauf... par téléchargement "illégal".
Là j'ai récupéré des films introuvables dans le commerce. Et même dans le e-commerce.

 

Récemment, j'avais jeté mon dévolu sur un de ces films introuvables. La mule m'en proposait 4.

 

Donc, vas-y la mule, mais je m'y prends uniquement que film par film. C'est la "bande passante" qui déclenche les foudres d'Hadopi, 700Mo c'est encore bon.

 

- 1ère tentative : un porno. Direct à la corbeille.

 

- 2ème tentative : je n'ai même pas su ce que c'était car mon antivirus m'a prévenu qu'il s'agissait là d'un fichier vérolé jusqu'à la moelle.

 

- 3ème tentative : un fichier illisible.

 

- 4ème tentative : encore un porno.


Je n'ai plus qu'à prier le ciel pour que ce film sorte en DVD ou au moins en version télécharchable.

 

Mais, au vu de ce je viens de raconter, Hadopi ne sert pas à grand-chose pour l'internaute lambda.

 

Certes, il faudra bien marquer ce pauvre quinquennat où tout a été raté par quelque chose de concret, dont Hadopi.

 

04/08/2010

Souvenirs d'enfance : les louveteaux (1958/1962)

ummagumma.jpgMon maître à penser Marcel Gotlib les a souvent décriés, et c'est vrai qu'à son époque ça devait être totalement différent...

Chez eux, d'abord, tout le monde était sur le même  pied d’égalité. Pas de fils de..., ce qui comptait c’était les grades, que l’on obtenait soi-même, et pas avec l’argent des parents.

Le système était simple: il fallait obtenir des brevets, de toutes sortes, le choix était vaste, et avec trois brevets on pouvait avoir une étoile que l’on arborait fièrement sur notre béret basque.

Trois autres brevets, une seconde étoile, là c’était le nec plus ultra ! Il fallait aussi passer des épreuves: de courage, d’endurance. Certains ont pu dire, comme Gotlib donc, que le scoutisme c’était l’armée pour les mômes, mais je m'insurge en faux quand à cette affirmation. Même si j'aime bien Gotlib.

C’est vrai que le côté "grades" fait un peu penser à cela, mais la comparaison s’arrête là.

J’anticipe un peu sur les années 72/73 mais pour moi l’armée c’est les brimades incessantes des gradés sur les faibles, même - et peut-être surtout - si le « faible » a un QI nettement plus élevé que le gradé.

Chez les louveteaux rien de ça. Déjà ce sont des femmes qui nous dirigent, ce qui est un gage en soi. Là bas, le plus ancien doit protéger le plus petit, et le guider, à l’inverse des militaires. Etre gradé exige des devoirs chez les scouts. Alors qu’à l’armée ça ne donne que des droits. L’armée, a dit je ne sais qui, c’est l’ école de la fainéantise et de l’incohérence (et c’est vrai) , un cuisinier de métier y sera par exemple affecté à l’habillement et un charcutier sera coiffeur (je l’ai vu...). Dans le scoutisme en revanche, on prend toutes les aptitudes de chacun et on fait profiter tout le groupe.

Et surtout, surtout, la grosse différence, c’est que des louveteaux on peut en partir quand on veut....


Les jeudis et les dimanches de cette année scolaire 58/59 étaient bien remplis, et encore je ne me doutais pas de la catastrophe qui allait me tomber dessus au printemps... En attendant je passais de bons moments, toujours dans les premiers à l’école (en fait le premier mais ma modestie légendaire m’interdit d’ insister...), les mercredis soirs en répétition pour la chorale, les jeudis et certains dimanches chez les louveteaux.

C’était toute une organisation que je découvrais là ; nous étions répartis par groupes de six (la « sizaine ») et dans chacun de ces groupes il y avait un chef de sizaine et un chef-adjoint. C’était le nombre d’étoiles qui déterminait ces grades (oui, je sais, comme à l’armée...) et chacun pouvait monter dans sa sizaine pour devenir un jour le Grand Chef....

 

Autant le dire tout de suite, je n’y suis jamais parvenu. Juste au moment où j’allais décrocher ma deuxième étoile, je fus atteint par la limite d’âge (11 ans) et dus alors passer dans la catégorie supérieure, les Scouts. Mais n’anticipons pas.

Donc à la différence de l’armée je l’ai dit c’était des jeunes filles qui nous encadraient. Des Cheftaines, et il était absolument interdit de les appeler par leur prénom (que du reste nous ignorions).
Pour la Commandante en Chef, c’était « Akéla ». Ensuite venait « Bagheera » la chef en second, puis enfin la troisième se faisait appeler « Baloo ». Oui, toute ressemblance avec le Livre de la Jungle n’était pas pure coïncidence!
Le jeudi nous sortions l’après-midi et nous restions dans Paris. Souvent au Jardin des Plantes ou au Luxembourg, parfois dans des musées. Le dimanche en revanche était plus fourni. Départ du « local » (qui était ...le grenier de mon école !) à 9 heures, nanti du casse-croûte pour le midi. Chez moi c était immuable, ce que voulais c’était un oeuf, un GROS paquet de chips, un sandwich au jambon et une banane....
Puis en route pour la gare Montparnasse, la vraie, celle qui a été démolie en 66/67 pour laisser la place à la fameuse Tour. montparnasse1kd3.jpg

 

Nous prenions un train de banlieue inox qui nous emmenait sur la ligne de Versailles. Suivant les moyens dont disposaient les cheftaines, nous allions plus ou moins loin. Si c’était « la dèche », nous ne dépassions pas Meudon, voire au maximum Bellevue. En revanche dans les périodes « fastes », nous poussions jusqu’à Sévres, Viroflay, et même parfois exceptionnellement Versailles. Mais en général c’était Chaville. Elles devaient adorer Chaville ou y avoir un petit copain vu le nombre de fois où nous y sommes allés !

De toutes façons de Meudon à Viroflay la ligne longeait une immense forêt, à l’époque peu fréquentée par les voitures, et où les petits (et les grands) Parisiens pouvaient se refaire une santé, se désintoxiquer les poumons remplis de l’oxyde de carbone emmagasiné pendant une semaine. En effet si à l’époque la banlieue était presque la campagne, Paris en revanche était nettement plus pollué que maintenant. D’abord les habitants étaient beaucoup plus nombreux (700.000 de plus à peu près intra-muros), les transports en commun nettement moins utilisés que maintenant vu leur lenteur et surtout leur structure plutôt faiblarde à l’époque (pas de RER ni de couloirs de bus). Enfin et surtout le chauffage au charbon et au fuel a laissé place aux convecteurs. Paris dans les années 50 avait une odeur épouvantable, à présent rien de pire que des villes comme Lyon ou Marseille, même moins...

 

Ce bois de Chaville donc nous le connaissions par coeur, nous les louveteaux de la 389ème Paris, c’est à dire ceux de Saint Germain des Prés. On y organisait des jeux de piste, des découvertes de la nature; par exemple une fois nous avions tous ramenés des têtards, fallait voir la tête des parents.... Les cheftaines aussi en ont pris ce jour-là pour leur grade !

Nous allions aussi à la ferme de Meudon ramener des oeufs frais et ainsi se donner un peu l’illusion d’ être en vacances. Cette ferme, si proche de Paris (moins de 2 km d’une station de métro...) n’existe plus bien sûr depuis fort longtemps, mais dans les derniers temps les fermiers pratiquaient carrément des prix dignes de Fauchon...C’était de bonne guerre, car c’était presque devenu une Réserve !

 

En résumé je peux dire que les quatre années passées chez les louveteaux m’ont laissé un bon souvenir. Bien sûr il y avait les moments de déprime, quand je me disputais avec un camarade par exemple, mais c’était extrêmement rare par rapport à tout ce que je subissais quotidiennement à l’école.

 

Parfois je voyais une cheftaine pleurer. Pour moi une cheftaine c’était une sorte de maîtresse d’école, quelqu’un d’indestructible pour mes yeux d’enfant, et je ne comprenais pas pourquoi elle pleurait, je pensais que peut-être elle s’était fait mal.
En fait Akéla ou  Bagheera c’étaient des jeunes filles de 16/17 ans tout bonnement, avec leurs problèmes et leurs peines de coeur, et non pas les Superwomen que nous imaginions dans notre petite caboche de garçonnet. Dans ces années-là ça se passait ainsi, alors qu’à présent un garçon de douze ans encore puceau se considère comme un attardé notoire... Une jeune fille de 17  ans ne donnait pas encore d’idées mal placées à un gamin normalement constitué. Bien sûr nous étions en général attirés par le sexe opposé, mais dans notre tranche d’âge, et encore, dans le bas de la tranche...


(à suivre)