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20/09/2010

Le cul de ma valise (1992)

Hyper important, les collègues. Tu dois bosser avec eux, et vaut mieux qu’ils soient sympas. Par chance, jusque là, je me suis toujours plus ou moins bien entendu avec tout le monde. Je me suis même fait des amis on l'a vu.

C'est Christine, mon autre collègue qui a accueilli le remplaçant.

« Alors ? Le nouveau ?
- tu verras »
qu’elle répond sur un ton laconique.
Je verrai, effectivement.

Il va vite se révéler  être un parfait connard. Pas méchant mais autoritaire. Velléitaire plutôt. Apparemment il se prend pour le chef de centre. Déjà il a un mode de vie très spécial: il ne veut absolument pas entendre parler d’habiter en ville, se considérant à Mende comme « en pénitence ». Il est persuadé qu’il aura une mutation en mai, et pas n’importe où, dans son jardin, chez lui, à Nîmes s’il vous plaît !

Et à partir de là va «camper» au centre, c’est à dire y coucher ! Pour cela il va donc grouper ses journées, ce qui aura pour effet de nous emmerder au maximum Christine et moi.

En résumé tous les deux prions pour qu'il se barre le plus tôt possible, mais en ne se faisant pas trop d’illusions. S’il demande Nîmes, il peut attendre 5 ans au moins. Christine le demande depuis qu'elle est arrivée (1985) , et si jamais un poste s’y ouvre il sera évidemment plus pour elle que pour lui. Mais lui y croit dur comme fer et nous dit sans arrêt «tu verras  le cul de ma valise».

Si ça pouvait être vrai !

Ce premier semestre 92 sera celui où je me barrerai sans arrêt de Mende.

Pour décompresser. Partout. Au moins 6 ou 7 fois jusqu’aux grandes vacances.

La première c’est fin janvier/début février où j’ai 4 jours, direction Avignon et la Camargue.

Mais de retour à Mende, la situation empire de jour en jour. Ce n’est plus le chef qui commande, c’est carrément le nouveau, Denis, puisqu'il faut bien l'appeler par son prénom.

Huit jours après, deuxième départ. Notre fille devait aller faire du ski dans le coin avec l'école, mais elle n'y tient pas. Et a le droit de rester avec nous.
Je pose alors ces 4 jours et direction Lons le Saunier (et oui...j'y avais déjà mes habitudes depuis 1985), puis Annecy. Voir un couple que j'avais connu à Embrun, les ayant invités - avec un autre couple - dans mon F2 des hautes-Alpes. Je couchais par terre, dans la cuisine !
A présent, c'était le directeur de l'hypermarché Géant d'Annecy. Et on le sentait bien...
Il ne devait plus se rappeler du temps où je lui avais prêté 1000 F, tant il était dans la gêne.

Quand on revient à Mende, on en est toujours au même point. Visiblement ça ne peut pas durer comme ça. De plus j'ai depuis janvier un mal de dos terrible, je devrai faire 3 séances de kiné par semaine (où j'en suis là !)

Cerise sur le gâteau, notre propriétaire parle de plus en plus de nous mettre à la porte en février 93. Elle doit nous envoyer le préavis avant le 1er août.

Bref, c'est la joie ! En plus je n'ai plus de radio, Nostalgie Lozère ayant mis les clés sous la porte. Pas rentable pour un potentiel d'audience si petit.

A tel point que je manque de poser une mutation.

Que j'aurais eue, vu mon ancienneté et mon grade....

Le "raseur", sans vergogne, n'hésite pas une seule seconde.
Un poste vient d'être créé à Nîmes - et dans quelques autres centres - c'est "polyvalent". ce que je fais depuis que je suis à Lons. Mais pour faire ce boulot - bien payé - il faut quand même savoir tâter de tout. Ainsi moi-même, à l'époque, je n'aurais pas pu le faire, me manquait l'expérience aéronautique.

Il ne manque pas de souffle en tout cas, et est vraiment persuadé que ce poste, demandé seulement au bout de 4 mois, il l'aura...
Christine n'est pas du tout intéressée par ce genre de poste, où il faut être sans cesse à gauche et à droite.

Mais les mois à venir s'annoncent meilleurs.

D'abord le chef va partir en retraite, pour être remplacé par quelqu'un que je connais, Michel, que j'ai interwievé à Gap, le chef de Briançon ! Et Je l'ai mis au courant pour "le raseur".

Ensuite une radio RCF se monte, et je pourrai enfin retrouver mes chères platines !

 

Mai arrive.  Je vais comme d’habitude à Aix en réunion syndicale, le lendemain doivent avoir lieu les mutations. Je n’y crois pas trop, mais espère vraiment de tout mon coeur que Denis s'en aille!
N’importe qui plutôt que lui...

C'est dans la cabine de la gare de Nîmes que j'appelle le répondeur du syndicat, pour savoir.

La liste s’égrène, le suspense est horrible. Et j’entends  la phrase tant espérée, tant attendue:

« Denis R..., Nîmes Agent polyvalent... »
Je pense que les voyageurs Nîmois ont du me prendre pour un cinglé quand ils m’ont vu sauter de joie dans la cabine.
Mais je retéléphone, car ....il ne m’a pas semblé entendre parler de Mende ! Je réécoute, encore le suspense,  et là... effectivement  personne pour Mende.

C'est quoi ce bordel ?

Finalement la direction nous dit qu’elle ne peut pas faire grand-chose, vu qu’aucun candidat ne s’est porté volontaire sur Mende. Il est donc envisagé un emploi réservé. Comme Denis. Des anciens militaires qui ont fait 15 ans, touchent une confortable retraite (environ 1000 euros, actuellement) et viennent cumuler en se prenant pour des caïds. Oh que j'en ai connus des comme ça...
Christine et moi pas très contents, on a déjà donné, mais ça sera mieux que rien, pensons - nous.

Et arrive la première émission de radio en direct, un lundi soir. Ce sera ma tranche, de 17h30 à 18h15.

Là, ça passe très bien, ce genre de choses c'est comme le vélo ! 


Christine et moi on compte à présent les jours qui nous séparent de la sortie conjuguée du duo - de plus en plus - infernal chef/Denis. Notre futur chef nous a demandé de lui chercher une maison, qu'il prendra sans même venir la voir ! Il a rudement confiance en nous, c'est bon signe...


Mi-juin, on apprend que contre toute attente, l’emploi réservé sera en fait une sortie d’école.

A qui, me dit Christine, il faudra tout apprendre. Ce qui n'est pas faux, car notre métier évolue très vite d'année en année. Et elle rajoute :
"Il a pas intérêt à la ramener, le mec qui va venir, après tout ce qu'on a supporté..."

J'opine du chef (si j'ose dire).

Le mec s'appellera... Nathalie.
Laquelle arrivera le 18 août.

Va pour Nathalie, pour moi pas de problème pour bosser avec des femmes. Surtout avec la petite vacataire de l'été, Valérie, qui affole le personnel masculin avec son méga-décolleté et sa voix sexy...

Plus de mon âge de toutes façons, tout ça ! J'ai déjà 41 ans, mine de rien et il y a bien longtemps que ce côté-là, je me suis "rangé des voitures" ! Le vieux pépère, avec sa collection de timbres et sa balade du dimanche, bientôt je serais mûr pour "Question pour un champion".

Départ pour Amsterdam début août. Dernières vacances de que j'appelle à présent "ma préhistoire" : janvier 1951/aout 1992.

(à suivre)

 

 

12:23 Publié dans moi, Ras-le bol | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : travail