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13/06/2012

grand danger pour mon épouse

Mardi dernier c'était moi (et un ami du Net). Mon ami est hélas passé à l'acte, quand à moi, j'ai trouvé les raisons de mon état suicidaire (trop de sevrage de médicaments antianxyolitiques, et à un moment je ne m'étais pas senti de taille pour affronter tout ce qui arrivait) et j'ai pu remonter la pente en réaugmentant les doses. A présent, c'est OK.

Heureusement car il faut que je m'occupe de mon épouse, qui elle, plonge de jour en jour. Côté "assommage des médicaments", ça va un peu mieux, son élocution se rapproche de celle d'il y a deux semaines, avec la baisse graduelle du gardénal que les infirmières du CHU de Besançon lui avait administré pour qu'elle se tienne tranquille durant le long week-end de la Pentecôte.

Quand ils me l'ont rendue, avec ses 150 mg, elle semblait complètement bourrée et dormait sans arrêt.
A présent, je l'ai "descendue" à 120, elle parle de plus en plus normalement, dort de moins en moins, mais... est dans un état de dépression épouvantable.
Elle pleure sans arrêt, n'a plus goût à rien. Avant son "truc", nos disputes portaient sur le fait qu'avec elle il fallait toujours bouger, à présent, elle ne veut plus sortir de chez elle, et reste prostrée dans un coin du canapé en regardant la télé, la plupart du temps sans savoir ce qu'elle regarde...

Jusqu'à aujourd'hui, son amie Lucienne était là pour la protéger, l'encourager. Et c'est vrai que ça marchait, entre deux sanglots je voyais de temps en temps un sourire se dessiner sur les lèvres de ma femme.

Mais... chez Lucienne, c'est un enfer, depuis que son mari est en retraite, il s'enfile trois bouteilles de rouge par jour, se barre le matin de bonne heure et ne revient que le soir, pour engueuler copieusement sa bonne femme, comme tous les saoûlards qui se respectent. Du coup, comme l'année dernière, elle va se réfugier chez sa mère, qui campe à 70 km de là à partir des beaux jours.

Et là ça va être du "sans filet" pour mon épouse.

Certes, la famille, pour avoir bonne conscience, va la bombarder de coup de fil... Hier, par exemple, elle a pleuré pendant 20 mn lors du coup de fil hebdomadaire de son frère.
"pourquoi elle ne vient pas" ?
Elle parlait de sa grande soeur, à présent à la retraite, et qui a été bien contente de venir se ressourcer chez nous en 1995 quand son mari l'a plaquée.
"Je ne l'oublierai jamais", nous avait-elle dit....

Tu parles !

J'ai bien pensé à ce que nous allions en Bretagne, soit chez notre fille, soit chez notre ami de Quimper, mais l'épisode de l'Ardèche m'a dissuadé de prendre la voiture pour un si long trajet.
Si la voiture tombe encore en rade au milieu de la France, que se passerait-il ?
Rapatriement par l'assistance jusqu'à Ouhans, où nous serions donc.... sans voiture, le temps de la réparation où je devrais aller chercher le véhicule.
Bonjour le changement d'idées... On a déjà donné.

Le train ?

Vu la politique actuelle de la SNCF qui a abandonné les tarifs au kilomètre pour le "yeld management" (tu réserves 3 mois avant tu ne payes pas grand-chose, tu pars en catastrophe, tu payes un maximum)

Voilà, par exemple, ce qu'on me propose pour un départ demain :

243 euros, dont 81 pour moi (carte senior) 162 pour elle.

Et ça c'est que pour l'aller...

A l'heure où je suis obligé de me fournir au LIDL ou au NETTO, je me vois vraiment mal débourser pareille somme.

Il ne me reste plus qu'à veiller sur elle et à prier. Déjà je suis de moins en moins sur l'ordinateur, préférant regarder la télé avec elle.

Son amie Lucienne a parlé d'un mobilhome qui, la semaine prochaine, serait peut-être libre dans son camping pour une ou deux nuits... Espérons qu'elle tienne jusque-là !

Bien sûr je vous tiendrai au courant...

Je vous embrasse.

12:33 Publié dans détresse | Lien permanent | Commentaires (8)