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26/05/2020

Je rajeunis !

Dans un commentaire que j'ai fait à Leroy, j'ai évoqué l'évolution des goûts selon son âge et aussi son vécu.

Je parlais des chansons mais c'est aussi valable pour les lectures. Je ne jette pas mes bouquins après usage, je les range dans des bibliothèques afin de les relire. 
Je les classe en quatre catégories :
- les biographies ou témoignages
- les politiques
- mes "chouchous"
- tous les autres.

Les politiques ont une date de péremption qu'il convient de ne pas dépasser. J'en achetais des tonnes dans les années 70, de tous bords, de Krivine à Le Pen (Jean-Marie). J'ai arrêté en 1983, à la suite du reniement effectué par le jeune gouvernement de gauche. J'avais été déçu et il m'a fallu une bonne vingtaine d'années avant d'en racheter, les vide-greniers étant une source d'approvisionnement incroyable !
Mes déménagements successifs (1972, 1975, 1979, 1981, 1984, 1987, 1995, 1997, 1998, 2003, 2007, 2010, 2014, 2019) ont fait que j'en ai jeté une grande quantité.

Les biographies (ou témoignages) m'ont toujours intéressé. La dernière en date étant celle de Mandrin, ayant passé 4 ans dans son village natal (St Etienne de St Geoirs, à mi-chemin entre Vienne et Grenoble). J'ai pris des leçons de code et de conduite à l'auto-école Mandrin, place Mandrin ! Aujourd'hui débaptisée.
Je lis tout : chanteurs, sportifs, acteurs, animateurs, policiers, truands...
Ainsi pour les acteurs, j'ai remarqué qu'ils avaient souvent emprunté la même voie : montée à Paris - chambre de bonne et cours Simon - Conservatoire - Théâtre.
La plupart sont écrits par des "nègres", mais certaines de ces "célébrités" ont une belle plume et savent s'en servir, ainsi Anny Duperey, Charlotte Valandrey, Pierre Perret et....Sheila, qui est très productive et ne mâche pas ses mots !
Mes "chouchous" ne sont pas très nombreux, une dizaine.
Le lycée m'a fait découvrir Pagnol. Et du coup, je les ai tous dévorés quand j'étais "teen-ager" ! Puis ce sera San Antonio, de 1966 à 1984. J'ai eu ma période Daninos au début des années 70, en même temps que ma période Barjavel. Tous lus aussi. Puis ce sera Bouvard, jusqu'à une date récente où il n'écrira plus que des dictionnaires.
En 1982 je découvrirai Patrick Cauvin. Dont je lirai toutes ses oeuvres. Le dernier en date est un autre Patrick, plus connu pour ses serviettes et ses sardines, j'ai nommé Sébastien. Celui qui, voilà 36 ans, avait fait chanter Lionel Jospin ! Chanter dans le vrai sens du terme, le n°2 du gouvernement de l'époque s'en était très bien sorti avec ses feuilles mortes. Ses opus deviennent de plus en plus captivants au fil des années, après ses premiers bouquins qui étaient du "sous-Dard", une (mauvaise) imitation de San Antonio. Il se reprendra progressivement jusqu'à son style définitif, du Sébastien quoi ! Un régal...

San Antonio ! C'est là l'objet de ma note. En défaisant mes cartons, j'en ai retrouvé un. Rescapé de mes 14 déménagements. Le fameux commissaire avait été victime du cru 1997, le pire de tous, car pour celui-ci, j'étais au sommet de ma grande dépression (1994/2004) et je ne me rendais pas vraiment compte de ce qui était jeté ou gardé. Quand je me suis "réveillé", je n'ai pu que constater l'étendue des dégâts.
J'ai donc commencé ce San Antonio, et ... je l'ai lu d'un trait ! Comme voilà 50 ans ! Je rajeunis...
Une mine d'or que je vais exploiter car on en trouve aussi des tonnes chez Emmaus (désolé pour le tréma j'y arrive pas).

C'est un copain de classe qui m'avait donné le virus. Copain de troisième qui deviendra mon Ami avec un grand A à partir de cette année 65, jusqu'en 1971 où nous nous sommes perdus de vue.
Nous étions inséparables, François (c'est son prénom) et moi. Nous avons échangé nos premiers émois amoureux (la sienne se nommait Myriam et la mienne Marie-Claire). A Louis le Grand, nous nous privions de manger pour profiter de toute l'interclasse afin de jouer au foot sur une moitié de la cour malgré l'interdiction. Matches mémorables, lui était (excellent) gardien de but, moi son (piètre) arrière-gauche qui shootait "pointu" à son grand désespoir.
Il a essayé de me mettre au judo, m'apprendre à monter à cheval... Sans succès. Il excellait dans tous les sports, sauf le mien quand même (sprinter, record du lycée sur 100 mètres).
Nous avons fait mai 68 ensemble, on a même tenu un faux stand "SPA" dans la cour de la Sorbonne, sous l'oeil amusé et attendri des étudiants.
Nous avons collé des affiches ensemble, pour la campagne présidentielle 1969. Moi pour Poher, lui pour Pompidou. On a même eu l'honneur de "l'express" qui avait titré : "même les plus jeunes s'y mettent".
Je l'ai initié au flipper, et pendant la "saison" 1969/1970 nous avons fait un championnat dans un café de la rue St André des Arts, sa rue. Je viens de retrouver le carnet.
Il rigolait de ma passion pour la météo. Lui, c'est finalement San-Antonio qui fera trouver sa voie.
Alors que j'intégrerai l'Ecole Nationale de la Météorologie, lui entrera à celle des inspecteurs de police.

C'est en 1982 que le hasard nous fera nous rencontrer, devant la Fontaine St Michel. J'étais en stage à Paris, lui sortait du boulot, Quai des Orfèvres. On ne pouvait pas se voir le soir, mais il me donnera son numéro de téléphone. Griffonné sur un bout de papier, que je perdrai.

Depuis j'essaye de le retrouver, mais impossible car il est devenu quelqu'un : le commandant Santini du RAID, que Broussard qui en fut le chef appelait affectueusement "Fanfan". Présent dans tous les commandos, risquant sa vie à chaque instant, autant dans l'affaire Mesrine que dans celle de HB à Neuilly. Toujours aussi sportif, d'après les livres que j'ai lus à son sujet. S'il savait, lui le Corse de Guagno (qui n'était pas encore "les bains") très attaché à sa Terre, que j'ai épousé une Bastiaise !

Mais je digresse encore, toujours est-il que je vais reconstituer toute ma collection de San-Antonio !

Je vous embrasse.
  

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Commentaires

Ah San Antonio!! Le bonheur !

Écrit par : Manoudanslaforet | 26/05/2020

Superbe, Patrick! Je suis admiratif; agréable et sympathique, de plus. San-Antonio, réédité intégralement et chronologiquement il y a quelques années. De Frédéric Dard, je pourrais parler, oui mais voilà... J'avais acheté - les ai-je encore? - Quelqu'un marchait sur ma tombe et ( Que feraient-ils au paradis?) Les salauds vont en enfer.
C'est absolument génial, ce style, et totalement inimitable, oui! Des San-Antonio, il doit y en avoir pas mal. Je me souviens de son passage chez Pivot, où ce dernier lui demande:- Frédéric Dard, avez-vous peur de la page blanche, de ne plus pouvoir écrire un jour? Réponse de l'écrivain: - Non, non, je n'ai pas peur de ne plus pouvoir écrire, j'ai tellement écrit, vous savez! Non, j'ai bien plus peur de ne plus pouvoir bander! (sic)
Bon, voilà, c'est tout pour ce soir.
Cordialement. Cédric

Écrit par : Cédric | 27/05/2020

très intéressant Patrick , des similitudes avec toi en ce concerne la lecture de Pagnol , lu beaucoup aussi San Antonio , j'avais une belle collection mais je l'ai donné à un ami il y a longtemps . René Barjavel né à Nyons dans la Drôme où je me régalais de lire dans certains de ses bouquins les lieux qu'il parcourait enfant où moi aussi je connaissais par coeur . il y a un parcourt Barjavel bien sur à Nyons . par contre aucun bouquin sur les présentateurs et sur la politique . pas mal sur les acteurs , les chanteurs et les groupes . pas mal aussi de livres sur nos amis à quatre pattes . curieusement j'ai eu aussi mon François à moi et lui aussi s'appelait François et habitait Paris ( habite toujours d'ailleurs ) c'est l'ami qui avait écrit le bouquin sur les Poppys et qui m'avait fait découvrir David Bowie au tout début . en vérité j'ai un autre François mais qui lui s'appelait Gérard à peu près dans les même dates que toi qui lui habitait la proche banlieue de Paris . malheureusement jamais revu depuis 74 et jamais retrouvé . il avait une collection de disques impressionnantes , toujours en avance sur nous , nous provinciaux . grâce à toi les souvenirs ressurgissent . amitiés à tous . Jean

Écrit par : jean | 27/05/2020

décès de Guy Bedos , je l'avais vu deux fois sur scène dans les années 80 à Paris et encore la semaine dernière j'avais regardé avec ma femme un éléphant ça trompe énormément et nous irons tous au paradis d' Yves Robert , toujours avec un grand plaisir de revoir ces classiques . des quatre copains reste Claude Brasseur . amitiés à tous . Jean

Écrit par : jean | 28/05/2020

Bonjour Patrick et à tous.

Il ne plaisait pas à tout le monde. Mais moi, Bedos, j'aimais bien, autant sur scène qu'à l'écran. Il était très bon.

Enfance difficile mais qui l'a blindé. Difficile aussi avec son fils, apparemment doué lui aussi, mais y'avait pas de place pour deux.
Les Delon, pareil y'à que chez les Belmondo que ça colle.

Bedos/Daumier, ça fonctionnait bien aussi
RIP.

Écrit par : boixiere | 29/05/2020

Personnellement je préfère - littérairement - Nicolas à Guy. Pas de place pour deux, et c'est bien tombé car Nicolas a commencé à faire parler de lui au moment où son père commençait à transformer ses sketches et écrits en tribunes politiques. Quand à Bedos / Daumier je te renvoie à la lecture de "parle à mon coeur ma tête est malade" qu'a écrit Sophie en 1979.
Amitiés

Écrit par : Cica pour Boixière | 15/06/2020

Vivement les vide-greniers que je récupère des San-Antonio car je m'aperçois qu'ils sont devenus chers... Spéculation ?
J'ignore si mon François habite encore Paris, mais j'aimerais bien le retrouver, ne serait-ce que pour évoquer nos jeunes années... Mais je pense qu'un commandant du RAID ne doit pas se trouver dans l'annuaire ! A propos de commandant, on a monté les échelons pratiquement en même temps. Et si ça se trouve, comme moi, il a tenté le concours de catégorie A, et ne l'a pas eu...
Sinon on aurait pu faire les retrouvailles de l'Ingénieur et du Commissaire !
Amitiés

Écrit par : Cica pour Jean Cédric & Manou | 15/06/2020

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