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16/09/2010

Jocelyne (avril-mai 1981)

Cette note, qui montre que le choc que l'on reçoit est proportionnel à l'état d'esprit où l'on se trouve.
Surtout dans le domaine de l'amour.

Jocelyne, tu es vraiment une petite garce, mais je te dois à franchement parler pas mal de choses.
Un esprit primaire y verrait en premier lieu la méfiance presque maladive que j'aurai ensuite à l'égard des femmes pendant près de deux ans. J'étais la "vedette", elles me sautaient au cou mais au fond de moi je n'y croyais pas. Plus.

Non, justement, c'est ce côté "vedette" que je veux garder, ce sentiment de revanche sur la vie - ce côté Edmond Dantès - que j'ai eu alors que tu m'avais laissé choir, amoureusement mourant, après m'avoir utilisé comme un kleenex. C'est grâce à ce sentiment-là que j'ai pu devenir ce que j'ai été.
La "vedette"...

Tout commence en avril 1981.
J'avais perdu toute confiance en moi. Un monde s'écroulait. Ce vilain mot divorce, que je voyais employer de façon de plus en plus rapprochée dans mon entourage, me touchait, à moi! Alors que, comme les accidents de la route et les graves maladies, ça n'arrive qu'aux autres ces trucs-là !!!

Certes, un avocat avait pris les choses en main, et m'avait fait "gagner" (quel mot horrible dans ce contexte) le fameux divorce, elle avait les torts exclusifs, je n'avais même pas à payer de pension, et après ???

Pour moi, c'était simple : "je n'étais plus un homme". Point.

En ces années giscardiennes, se faire plaquer par sa femme - et en plus sans qu'un homme en soit la cause (cf la chanson de Jonasz dites-moi) - était une sorte de castration. Si sentimentalement j'étais très amoché, "virilement" j'étais fini.

Pendant les mois qui suivirent j'étais pris entre deux sentiments différents.
La peur de la Femme, qui m'avait lâchement abandonné, et le manque d'Amour. Pas seulement sexuel, d'amour tout court...

En novembre 80, je tombai amoureux fou d'une voix, celle de ma collègue qui bossait à 50 km de là.

C'est l'objet de ma note Michèle.
michele-1980.html
Ca c'est un truc qui m'arrive souvent. Je tombe amoureux d'une voix, d'un ton, avant même de connaître la femme qui l'exprime.

La collègue en question s'est faite un peu désirer (alors qu'en fait - elle me l'apprendra plus tard - elle était dans le même cas que moi) si bien que j'ai baissé pavillon en février...

C'est alors que Jocelyne s'est pointée dans mon paysage.

Jeune épouse et maman de 20 ans, elle avait fui son foyer conjugal car son mari la battait. La seule circonstance atténuante qu'on pouvait lui trouver à ce mari batteur - de femme - était que Belle-Maman était sa voisine de palier.
Mais c'est vraiment tout.

Donc, Jocelyne est revenue avec son bébé chez maman, et du coup l'appartement des tourtereaux (qu'elle avait entièrement repeint en orange, radiateurs compris ) s'est trouvé vacant.
C'était mon tour sur la liste, bingo ! C'est moi qui l'ai eu.

HLM, d'accord, mais pas n'importe où !! Voilà ce qu'on pouvait voir de mon balcon....8402a.jpg

La jeune et jolie Jocelyne a vu en moi deux avantages non négligeables. L'utile et l'agréable.
L'utile d'abord, se servir de moi comme appât pour faire réfléchir son mari, revenu lui aussi chez papa-maman. Mari très très jaloux...
Et l'agréable, car cette jeune femme était folle de sexe.

Notre "première fois" fut calamiteuse.
D'abord parce qu'il faut bien le dire, je n'avais pas fait l'amour depuis 15 mois, et, mec ou nana, pas évident de s'y remettre.
Et aussi parce que, comme je le dis plus haut, ce divorce m'avait plus ou moins castré.

La jeune femme en plus était très maladroite, car à l'issue de nos premiers ébats m'a dit d'un air songeur "tu sais, tu m'as horriblement déçue"... Rien de mieux pour "re-castrer" !!!
Toujours est-il qu'elle n'avait pas dû me juger bon comme étalon,  et qu'elle me signifia mon congé la veille du premier tour des élections présidentielles.
Faire revenir son mari, d'accord, mais pas dans n'importe quelles conditions !

O miracle, le 26 avril 81 - jour de l'élection - je trouvai glissée sous ma porte une carte postale où elle semblait vouloir revenir vers moi.

Et Là commença notre "histoire".

Brève mais intense. La demoiselle était femme de ménage dans les stations de ski, et m'emmenait avec moi dans chaque appartement. Il était entendu que je devais laver les immenses baies vitrées, tandis qu'elle faisait le reste. Elle gagnait ainsi un temps précieux, qu'elle et moi employions vaillamment sous la couette.
A chaque appartement visité nous nous faisions un "gros calin". Avec toujours la même musique de fond : In the air to night de mon jumeau Phil Collins.

Elle avait 8 appartements à faire par jour...

C'était donc épuisé mais heureux que je revenais de ces folles journées.
Grâce à elle je fis d'énormes progrés en matière de sexe (ainsi à Noël 2005 je manquerai de m'étrangler quand - devant moi en plus - à l'issue d'un repas bien arrosé, mon épouse dira à notre fille que " j'étais un super bon coup" Arrrrf  !!  ).

Le 9 mai, nous parlions déjà mariage... En plus j'étais tombé amoureux aussi de son petit Sébastien qui avait l'air de m'apprécier.
Pour le gosse, c'était fatalement moi son père vu que je distribuais des bisous au lieu de gifles...

Le 14, coup de tonnerre.

Je la vois de mon boulot. Elle, la R9 de son mari, garée devant l'immeuble.

Le lendemain, 15 mai, elle se pointe pour me dire doucereusement que nous deux c'était finalement un beau rêve mais rien de plus. Que "pour le bébé" il valait mieux que ça se passe comme ça.

Je passerai sur les mois qui suivirent :(

Ensuite, elle fit un autre bébé avec son mari. Tandis que moi, je parcourais 100 km par jour pour aller faire l'animateur dans une radio locale, qui allait être de moins en moins locale.

Je me la suis alors joué Dr Jeckill et Mr hyde, tantôt humble fonctionnaire anonyme passant le moins de temps possible dans l'appartement qui me rappelait tant de choses, tantôt , à l'autre bout du département, la vedette devant laquelle toutes les femmes se pâmaient.

Mais moi je restais de marbre (moralement j'entends) .

Heureusement que 50 km séparaient ces deux mondes, il était vraiment très dur de passer de l'un à l'autre. J'avais vraiment peur de virer schizophrène...

Et le temps passa. Je brûlais de plus en plus ma vie par tous les bouts, ne dormant en moyenne qu'une heure ou deux par nuit, conduisais - pas toujours très net - à tombeau ouvert.

Le tombeau.

C'est là que probablement j'aurais dû finir avec cette vie de fou, qui me rendait heureux, et me faisait oublier Jocelyne. Et le reste....
Mourir heureux, n'est-ce pas finalement le top ?

Mais "le hasard" en a décidé autrement et un jour de mai 83 me fit rencontrer celle qui est encore mon épouse aujourd'hui.

Un an plus tard, attendant notre fille, nous avons déménagé. J'étais à 700 m de mon boulot, je me retrouvais alors à plus de 10 bornes de cette chèèère Joceyne et de sa si douce maman, Suzanne.

Mais le coeur si soulagé...

Je vous embrasse.

14:02 Publié dans arnaques, moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jocelyne, garce, embrun

Commentaires

C'est étonnant que tu n'ai pas plus "mis de distance"... Rester dans cet appartement a dû être une épreuve!

Écrit par : CriCri | 17/09/2010

Les commentaires sont fermés.