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02/10/2010

Vers les étoiles - 8

A partir de là, nous allons être soulagés. Nous avons franchi une étape de plus dans notre "relation". Mais si les sentiments sont là, pour l'instant c'est hélas le non-dit qui l'emporte.

Nous avons pris l'habitude, depuis quelques semaines, d'écrire des poèmes sur tout et n'importe quoi.
Cela sur une disquette, que nous cachons bien soigneusement au boulot. Celui des deux qui est absent écrit quelques vers que l'autre pourra lire à son retour.
Ce sera une sorte de journal intime à quatre mains, que nous poursuivrons pendant presque un an.

Ce journal va nous permettre de crever l'abcès, le 8 juillet 1993.

Alors qu'elle s'y demande ce qui lui arrive, quel est ce sentiment qu'elle n'arrive pas à nommer, m'y prenant le plus doucement possible, je prendrai alors la plume (enfin le clavier) à mon tour, pour lui dire que le sentiment qu'elle ressent n'est ni plus ni moins que de l'amour. Celui des films. Celui des livres. Celui de la plupart des gens qui sont prêts à le recevoir.

Alors nous allons faire une chose que nous crevons d’envie de faire depuis des mois et des mois: Nous toucher.
Nous serrer l’un contre l’autre. Nous allons le faire pendant de longues, longues minutes, être enveloppé par l’autre, se sentir.

On se croit sur un petit nuage. On est bien. Du reste comment a-t'on pu exister avant cela ?
A partir de ce moment-là nous allons rattraper le temps perdu, et déjà danser de nombreux slows – on arrivera même à le faire en public – d'une façon très très langoureuse.

Certes, une étape est franchie – et quelle étape – et il est évident que des décisions sont à prendre. Mais pour l’instant, on savoure. Pas question de gâcher notre bonheur, le moment de revenir sur Terre viendra bien assez vite.

D’autant que se profile un spectre, auquel bien sûr nous avons songé, mais qui prend une toute autre dimension sous ce nouvel éclairage :

Nos vacances d’été…

Afin de ne pas trop se séparer, nous préférons prendre au même moment nos 3 semaines. 3 semaines qui en fait auront un petit « entracte ». Car... nous allons nous croiser, et très loin !
Moi, je vais déposer ma fille en Haute-Savoie, puis passer notre semaine habituelle à Lons Le Saunier, puis 3 jours à Londres et le reste à l'avenant, en descendant : Belgique, Ardennes, Alsace.

Nat de son côté va passer 10 jours chez sa sœur dans le Pas de Calais, puis descendra se faire dorer dans le midi.

Et il se trouve - nous ne l'avons pas fait exprès -  billets et hôtels sont réservés depuis longtemps à l'avance - que le 11 août, nous serons dans le même département, le Pas de Calais !

Miracle, nos deux "chefs" - mon épouse et la mère de Nat - sont d'accord pour que Nat et moi nous nous voyions. Il est même prévu pour elle un "quartier libre" pour cette fameuse journée du 11.
Cette immense coupure sera ainsi atténuée, au lieu d’être séparé d’elle près de 4 semaines non stop, ça fera 12 jours d’un côté, 15 de l’autre.

Mais pour l’instant, place à l’euphorie. Je me souviens par exemple d’un déplacement de 36h à Montpellier, durant lequel je marchais littéralement à côté de moi. C’était le 13 juillet, j’avais dans ma poche un de ses poèmes, que je lisais et relisais en marchant.
« tu illumines ma vie. Rien ne pourra jamais nous séparer ».

Ce jour-là, effectivement, je ne voyais pas trop ce qui pourrait nous séparer. Alors que j’étais dans la ville de celui qui allait pourtant réussir à le faire. Il lui faudra trois ans et demie, trois ans et demie de coups de boutoir ininterrompus, mais il arrivera à ses fins.

Nous allons continuer la disquette de poèmes que j’avais inaugurée. Mais les sujets ne seront, bien sûr, plus les mêmes ! Bien entendu on est des brêles totales en informatique, et nous nous imaginons qu’en faisant ça sur disquette, qu’en éliminant les éventuels fichiers temporaires crées, qu’en «compressant» le disque, aucune trace n’était visible. De vrais petits enfants innocents.

Le 23 juillet, alors que mes nanas "légitimes" regardent un spectacle de hard-rock (!) gratuit, je n’ai qu’une seule envie : aller rejoindre ma Natounette chez elle. Je prends prétexte que cela ne me plait pas, et je leur fais savoir que je rentre. Mon épouse, qui a de plus en plus de soupçons, se lève aussitôt. A la grande désillusion de ma fille.
« Oh non maman, t’avais dit que tu resterais jusqu’au bout »… Et moi, machiavélique – ce genre de situation rend machiavélique – rétorque à ma chère et tendre que sa fille a bien le droit d’écouter de la musique, et qu’il n’est pas nécessaire d’être en « délégation » (je reprends ses propres mots) pour cela. Et je réussis à partir.

Là, danger, car se trouve aux aguets le voisin-amant de mon épouse. Oui, car je n’en avais pas encore parlé, mais entre le voisin et mon épouse, il se passe pas mal de choses les après-midi où je bosse. Ce sont des «mauvaises langues» qui me le raconteront, mais mon épouse elle-même le confiera à ma cousine. Moi, je le répète, je ne désire plus mon épouse depuis des années déjà, et ma foi, si ça peut leur faire plaisir de faire des galipettes...
Nat et moi sommes bien au-dessus de ça…
C’est à la fois cérébral et tactile. Pas une seule fois je ne pense à dégrafer son chemisier, son soutien-gorge pour voir ce qu’il y a dessous, mais en revanche, pouvoir la toucher me propulse dans un nirvana incroyable. Et pour elle, c’est pareil.

Donc, je file direct chez Nat, en ayant pris soin de mettre un mot sur le téléphone de notre appartement «je suis chez Nat, je reviens tout se suite». J’ai couru pour venir de la place de la Cathédrale à la maison (800 m). Connaissant l’allure de mon épouse, je sais que j’ai au moins 10 mn d’avance, dans la mesure où elles rentrent tout de suite.

Et là va arriver sur la scène le réveil de Natou. Ce fameux réveil qu’elle mettra sur une étagère, et qui nous indiquera désormais le temps qui nous reste.

Pendant ces instants volés chez elle, d’abord des slows langoureux puis..., au lit !

Au lit tout habillés !!! Nous faisons comme « plus tard », quand nous serons mariés, car elle m’en parle de plus en plus. Nous n’enlevons pas un seul vêtement, mais nous nous serrons fort l’un contre l’autre.  Pas très satisfaisant sur le plan sexuel mais ça fait tellement de bien…

27 juillet, jour de sa fête. Je lui offre une montre plaqué-or. La tête de mes deux nanas, qui pourtant ne manquent de rien… Dès le lendemain, ma chère et tendre ira s’offrir une montre deux fois plus chère ! Après tout, elle a sa CB....

29 juillet, dernier jour où nous travaillons ensemble avant ces foutues vacances. Inutile de dire qu’elle est triste. Même si elle sait que le 11 août on pourra de nouveau se serrer l’un contre l’autre… Mais qu'ils seront longs ces douze jours...

Lons le Saunier... Londres... Bruxelles...Strasbourg....Bregenz...
Cet été-là j'aurai fait des tas de villes, et je n'en profiterai pas. Londres surtout, où je me promets de revenir quand j'aurai l'esprit un peu plus libre...

Je passerai sur nos retrouvailles, qui seront à la mesure de notre amour.


                                                      ♥♥♥♥♥♥♥♥♥               


En cette fin août 1993, c'est cette fois mon épouse qui commence à déprimer. Mon épouse, hyper intuitive, et qui doit bien se douter de quelque chose, me demande d'aller passer la semaine qui reste avant la rentrée en Normandie, dans sa famille.

Sait-elle qu'en faisant ça, elle introduit le loup dans la bergerie ? Merci la SNCF et sa carte Kiwi, qui a permis cette semaine-là, de requinquer mon épouse et de me laisser - enfin - seul avec ma bien-aimée.

Lundi 30 août.
Nous dînons chez elle. Puis, série slows, dont le fameux Jamais loin de toi, qui la fait toujours vibrer.

Il fait doux. La journée a été du genre torride mais en Lozère les soirées sont fraîches. Et plus encore si l'on monte en altitude. C'est ce que l'on fait en grimpant les pentes du Causse, là où Laurent Jalabert s'illustrera deux ans plus tard dans le Tour de France.

La soirée est au romantisme, si bien que j'arrête la voiture pour me blottir dans ses bras. On y est si bien...
A la radio passe justement Jamais loin de toi, qui est devenu ce qu'on appelle un Hit dans le jargon des radios.
Et là, je me peux m'empêcher de mettre mes lèvres sur les siennes.
Elle ne me dit rien, me laisse faire.
Alors je risque le tout pour le tout, et je vais jusqu'au bout.

Je m'attends - comme dans les films - à la baffe retentissante, mais non. Elle a l'air d'apprécier. Et ce baiser va durer de longues, très longues minutes. Nos langues vont rattraper ces douze mois où nous nous serons tant retenus..

(à suivre)

 

10:12 Publié dans moi, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Bonjour, quelle belle histoire, avec tout ce qu'il y a de bon, avec les influences extérieures qui n'ont pas toujours été facile pour Nat et vous, mais j'ai la sensation que votre histoire a résisté au temps qui passe, j'essaye d'imaginer la suite .... Je visite la blogo depuis 1an1/2, "Blog de Gare" je m'en souviens très bien, il y avait beaucoup de Statistiques, intéressantes dailleurs, mais pour être franche à l'époque je cherchais déséspérement des blogs qui me parlait sur les sujets ♥, étant moi même a l'epoque embourbée dans une relation virtuelle d'amour à la fois triangulaire avec en prime culpabilité qui me faisait perdre la raison. Et puis surtout il m'avait quitté sur un quai de Gare. Faisant des amalgames et des coincidences, voyant des signes partout, je fuyais tout ce qui avait a voir avec la SNCF. Le temps a passé, on apprend a vivre avec. Je pense qu'aujourd'hui je serais apte à relire "blog de Gare" si tu changeais d'avis pour le nom de ton Blog :-) et les sujets ♥ m'intéressent toujours autant, Bonne soirée Mr. Patrick, et félicitation pour toutes ces recherches

Écrit par : Christel | 02/10/2010

Certes, la dernière fois que Nat et moi nous nous verrons, ce sera sur un quai de gare. Mais c'est en référence aux "romans de gare", qu'on lit d'un coup et qui ne laissent aucun souvenir que j'avais appelé mon blog sur P*** "blog de gare", l'expression ayant été reprise par Tatiana de Rosnay elle-même !
Mais tu devais bien être la seule à chercher des histoires ♥ sur mon blog, car dès que je parlais de Nat, tout le monde fuyait ! Ce qui marchait là-bas (enfin avec ceux de là-bas) c'est quand je parlais d'eux. En bien ou en mal, mais dès que je parlais d'eux, de la blogo, de la "rue" comme ils disent, c'était l'avalanche de commentaires, qui finissait parfois en bataille rangée. Voir ici ma note "survol" pour en avoir une petite idée !

Oui notre histoire a résisté au temps, et je sais en mon for intérieur que ni elle ni moi pourrons désormais aimer quelqu'un d'autre. Du moins pas aussi intensément.

Merci pour ton com, qui est de ceux qui font poursuivre l'oeuvre commencée.

Bises

Écrit par : Cica pour Christel | 02/10/2010

En lisant cette note je ressent un sentiment d'impuissance (de savoir que votre histoire est maintenant "terminée" et de ne pas pouvoir vous "aider" après cette lecture) et de soulagement, de satisfaction.

J'explique.

Impuissance parce que je sais que votre histoire est maintenant "terminée" et ne pas pouvoir vous "aider" après cette lecture... Et pourtant, ça transparait par tous les pores, que c'est fort, très fort, trop fort, entre vous!

Soulagement et satisfaction parce que j'ai l'impression que ce baiser met en quelque sorte fin à une tension énorme qu'il y avait entre vous. C'est un peu comme si vous étiez désormais autorisés à respirer, après une année à retenir votre respiration. C'est en tout cas l'effet que ça produit sur moi... Je suppose évidemment que des apnées, il y en aura d'autres... et je pense même qu'actuellement, vous y êtes, en apnée...

Je t'embrasse, à mercredi!

Écrit par : CriCri | 03/10/2010

Oui, nous serons en apnée jusqu'à notre mort, - ou si, par hasard, on arrive à se rencontrer de nouveau, mais libres. Pas sûr que ça se termine par un nouveau couple, mais on s'autorisera des choses que nous aurons retenues pendant des années et des années.

A mercredi, je t'embrasse

Écrit par : Cica pour Cri-Cri | 03/10/2010

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