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06/02/2011

Les 50 interprètes des années 63 à 74 selon SLC : Jacques DUTRONC - I

La première fois que j'ai entendu Et moi et moi et moi, en juillet 1966, je me demandais si ce n'était pas un canular.
Plus encore quand on annonça le nom du chanteur : Dutronc. Sans prénom.
A une époque où les chanteurs français se faisaient appeler Johnny Hallyday, Richard Anthony, Sheila, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Stone, Ronnie Bird, Frank Alamo ou Monty, cela faisait "chelou".
Les rumeurs allaient bon train, beaucoup pensaient que c'était encore un coup des Charlots, voire d'Antoine lui-même. On ne pouvait pas admettre qu'un chanteur à la voix nazillarde, à la musique pauvre et au répertoire limité, puisse en plus s'appeler "Dutronc" !

Et pourtant c'était véridique. Dutronc existait bien, il était directeur artistique chez Vogue, et s'était essayé en cet été 66, peut-être celui où il y avait le plus de concurrence.
Et moi et moi et moi, sorti en juillet, se classera 13ème en août, 12ème en septembre et 6ème en octobre. Pas mal du tout pour un premier disque...

En bon professionnel, il attendra d'avoir épuisé Et moi et moi et moi pour sortir les Play-Boys fin octobre.
6ème en novembre, il atteint le sommet en décembre. Personne ne comprendra le sens de cette chanson mais tout le monde notera l'imitation du Général De Gaulle dans le refrain (Crac boum Huuuue).
Sans être classées, deux autres chansons du disque seront célèbres : on nous cache tout on nous dit rien et la fille du Père Noël.

En cette année 66, Dutronc entre à la 19ème place des interprètes français, 15ème chanteur masculin.

Janvier 67 verra la sortie du super 45 tours contenant Les Cactus (non classée à l'époque, Pompidou n'avait pas encore fait sa promo ! ) et l'espace d'une fille qui sera 19ème en février.

4ème 45 tours en avril avec un doublé. Marchera d'abord l'idole, 6ème en mai, puis J'aime les filles, encore une fois numéro 1 (début juin).

En juillet arrive la mode hippie, et c'est encore un doublé. Il enregistrera à cette occasion hippie hippie hourra en septembre, qui n'arrivera que 20 ème alors que le plus difficile arrivera numéro 4.

Pour cette année 67, il atteint la 8ème place des interprètes, 5ème chanteur masculin derrière Adamo, Johnny, Claude François et Michel Polnareff.

Le disque sorti en janvier 68 fera quand à lui un triplé !!!
Comment elles dorment sera 21ème en mars. Fais pas ci fais pas ça sera 12ème ce même mois. Et la locomotive de ce disque s'appelle il est cinq heures Paris s'éveille, numéro 3 en ce même mois de mars (3 chansons d'un même 45 tours dans les 21 premiers, belle performanance) et surtout numéro 1 en avril.
Bien que Dutronc ne soit pas ma tasse de thé, pour moi cette place est méritée. Car c'est finalement un document sur le Paris de cette année-là. (Et sur le Boulevard Montparnasse la gare n'est plus qu'une carcasse, à la Villette on tranche le lard).

Gros bide avec le disque suivant, qui paraît en juin, le courrier du coeur.

Meilleure pioche en septembre avec amour toujours tendresse caresses, 9ème en août et une 25ème place en septembre pour l'opportuniste, qui restera néanmoins 6 mois dans l' "antichambre" (entre la 26ème et la 50ème place).

A tout berzingue, sorti en novembre, sera 11ème en février 69.

Pour cette année 68, il se classe 9ème chez les interprètes.

1969 . La Seine n'est que 21ème en mars.
Mais le responsable est 3ème en juin.
Et l'hôtesse de l'air, sortie en novembre, fait un tabac : 16 semaines dans le hit, numéro 2 en janvier 70.

Il reste assez haut chez les interprètes, 12ème pour cette année 69.

A la vie à l'amour (rien a voir avec la chanson de Jackie Quartz) ne sera que 22ème en avril.
Doublé avec un disque simple, Dutronc l'a fait avec la 18ème place pour la queue les Yvelines et la 25ème pour il suffit de leur demander.

Et pour 70, Dutronc se maintient à sa 12ème place. A partir de là commence la dégringolade pour le Dutronc chanteur.

Certes le fond de l'air est frais arrivera 7ème en février 71. L'Arsène, qui bénéficie du fait d'être la chanson-générique d'un feuilleton populaire ne sera lui aussi que 7ème.

Et ce sera tout pour cette année 71.

Une seule chanson pour 1972, mais sa plus belle à mes yeux : le petit jardin, 13ème en mai.

En 1973, une injuste 19ème place en juin avec le dragueur des supermarchés, qui est l'une de ses chansons qu'on entend actuellement le plus.
Et une 15ème place pour le Testamour en novembre.

Pour 74, nouveau générique d'Arsène Lupin, mais Gentleman cambrioleur fera moins bien que la première version : 24ème en janvier.
L'amour prison ne sera pas classé. Ni l'aventurier (rien à voir avec Indochine) qui pourtant passe également en boucle à la radio.

 

Au total, sur cette période 1963/74, Jacques Dutronc se classe 14ème, 11ème chanteur masculin.

Et ensuite ?

Ensuite, rendez-vous dimanche prochain.

Je vous embrasse


PS : trente-neuf minutes pour poster cette note !!!

Commentaires

Bon, comme je n'ai pas réussi à commenter dans la journée, je me rattrappe (adsl ramait... ne sois pas jaloux ;-)) je te dis juste que j'aime beaucoup Dutronc et son (petit) air provoc... Remarque, j'aime aussi Gainsbourg et sa provoc totale ;-)
Finalement, je crois que j'aime bien les "mauvais garçons" :-)))

Écrit par : Teb | 06/02/2011

J'avais eu exactement la même réaction que toi (et d'autres !) lorsque j'ai entendu la première chanson de Dutronc ;-)
Ensuite, j'ai bien aimé...
Et je possède sa collection de disques complète sous plusieurs formes (La boîte de conserve, le cactus...)
Que de souvenirs avec certaines chansons !
Je te souhaite une bonne journée et je t'embrasse

Écrit par : Sylvie | 07/02/2011

J'ai eu d'autant plus de mal à faire cette note que je n'aime pas cet individu, qui semble se fiche éternellement du monde. Je parle là exclusivement du domaine "public" (dans le privé il est encore plus imbuvable d'après son épouse). Je ne risque pas de pirater ses disques, et encore moins d'acheter son intégrale !
Bises à vous deux.

Écrit par : Cica pour Teb et Sylvie | 07/02/2011

Tout simplement j'adore....il est génial!!! bises

Écrit par : manoudanslaforet | 07/02/2011

Il l'a lui-même chanté : tous les goûts sont dans la nature !
Mais je t'aime bien quand même...
Bisous.

Écrit par : Cica pour MANOU | 09/02/2011

J'espère que tu m'aimes bien malgré tout mdr
Mais je ne vois pas pourquoi tu m'écris cela ici ?
(Je pense que tu t'adressais à manou)
Des bisous

Écrit par : Sympho2 | 10/02/2011

Moi, j'adore. Il est mon préféré. Le premier 33 tours, c'est du rock style mod, Kinks, Troggs, etc. de la meilleure veine, du jamais fait en France à l'époque. Du vrai rock français. Des chansons originales, pas des adaptations. C'est un excellent mélodiste, capable aussi de faire "Il est cinq heures, Paris s'éveille", "À la vie, à l'amour" ou "Le petit jardin"... Et qui, en France, peut se targuer d'avoir une "Victoire de la Musique" (meilleur spectacle 1993), un "César du meilleur acteur" (pour "Van Gogh") et un "César d'honneur" ? Repris par Franco Battiato (dès 1967), Bijou, Indochine, Vanessa Paradis, Mungo Jerry, Arno, Sylvie Vartan, Dyonisos, Axel Bauer, Black Lips, un groupe anglais porte son nom ("Dutronc"), un autre pioche abondamment dans son répertoire au Brésil (Les Responsables, groupe de Porto Alegre). Est-ce le cas de Johnny ou Eddy ? Non. Gainsbourg le considérait comme le meilleur, après lui, eh eh eh. Et des admirateurs aussi divers que Johnny Depp, Iggy Pop, Spielberg, Wim Wenders, Almodovar, Manu Chao, Jean Rochefort, Vincent Lindon, Etienne Daho, le chanteur de Divine Comedy, Antoine De Caunes, le regretté Jacques Villeret, et moi, et moi et moi....

Écrit par : Alain Hidoine | 07/03/2011

Désolé, pour moi (60 ans je le précise) des chansons comme Et moi et moi et moi, les play-boys, j'aime les filles ou le plus difficile n'ont jamais été synonyme de rock.
Jamais fait en France à l'époque, je vous l'accorde, et c'est peut-être ça le secret de Dutronc, marquer une "pause" au milieu de la vogue "yéyé".
Côté victoires de la musique, je n'ai jamais été trip d'accord avec leur classement. J'adore Eddy Mitchell (un vrai rocker, à l'époque de Dutronc), je possède son intégrale, mais côté tournée, rien à voir avec des Johnny ou des Indochine qui avaient rempli le stade de France et qui affichaient complet presque un an avec leur prestation.
Quand aux groupes que vous citez, alors on peut parler de Claude François dont la chanson "comme d'habitude" a été chantée par tout les grands de la planète, voire de la mélodie de Paul Mauriat "l'amour est bleu" numéro 1 en Angleterre et aux States. Mais je ne mesure pas la qualité d'un artiste au nombre de gens qui l'ont repris par la suite.

Sinon, d'accord avec vous côté cinéma, Dutronc est un des meilleurs acteurs que je connaisse.

Écrit par : Cica pour Alain H | 07/03/2011

Nous serons d'accord sur Eddy Mitchell, surtout pour les chansons originales, période post-adaptations, Claude Moine est un excellent parolier, grand ami de Dutronc, d'ailleurs, qui a été son guitariste. "J'aime les filles" ou "Le plus difficile" ne sont pas du rock, mais "Je n'aime que toi" ou "Alice", non plus... Par contre, "La fille du père Noel", "On nous cache tout, on nous dit rien", "Les gens sont fous", "Les cactus", sans parler plus tard de "Le responsable", "A-la-queue les Yvelynes", "Transes-dimanche" et de beaucoup d'autres, si, du pur rock.
Claude François, sorti de France, est pratiquement inconnu. Je le sais, je vis hors de France. Et il n'écrivait qu'occasionnellement des chansons, dont il n'était que le co-auteur avec parfois deux ou trois autres personnes, on peut penser que sa contribution était faible. Le fait que des jeunes ou moins jeunes artistes reprennent des chansons d'un chanteur prouvent leur impact dans la mémoire collective. On peut aimer ou ne pas aimer un artiste, tout en lui reconnaissant un talent certain ou un certain talent... Et aujourd'hui, quand on écoute les titres dutroniens, ils sont intemporels, ils résistent au temps, au contraire de nombre de ses collègues de l'époque...
C'est bien, ce genre de débat...
Bonne journée,

Écrit par : Alain Hidoine | 07/03/2011

Dutronc, c'est vrai, a chanté "il est cinq heures paris s'éveille", superbe photo de l'époque pour les vieux parisiens comme moi, et "la france défigurée". Rien n'est tout bon, ou tout mauvais dans un interprète.

Écrit par : Cica pour Alain H | 07/03/2011

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