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11/07/2011

On a changé ma ville

Connaissez-vous cette chanson de Jacques Monty, vieille d'à présent 46 ans :

Monty - on a changé ma ville.MP3

Je pense que c'est non à 95%. Et pour 90% des lecteurs, ce "Jacques Monty" doit être inconnu au bataillon...
Pourtant il fut l'une des grandes vedettes des années 65/66.
Oui, je sais, je vous parle d'un temps....

Bref, je reviens de Paris.

La plupart du temps j'évite de passer par la rue où j'ai quand même vécu 21 ans et demie, la Rue de Buci.

Je l'ai vue changer de jour en jour.

Quand j'étais môme, je me souviens des marchandes de 4 saisons qui encombraient tout. Je me souviens aussi (je devais avoir dans les 12/13 ans) de l'ouverture d'un "super-marché" (orthographe de l'époque), avec petit chariot où l'on pouvait se servir de ce qu'on voulait et on payait tout en une seule caisse.
L'Amérique !

Puis, dans le quartier, ce fut la grande innovation (du reste je pense que ça n'a jamais été égalé en France) à partir de 1965, le drugstore.

Outre que ce commerce m'indiquait sur sa façade la température de l'air (on est en 1965, je le rappelle, sachant que la moindre pharmacie de Lozère ou de la Creuse offre à présent ce service) ce magasin vendait de tout, absolument de tout, y compris de la pharmacie, 24h sur 24. Si, par exemple, à 2h du matin vous vouliez vous acheter Paris-Match, un tube d'aspirine ou une brosse à dents, pas de souci ! Heureuse époque où l'on allait sur la Lune sans penser aux gros sous....

Bref, quand, en 1972 j'ai quitté ma rue (un truc incroyable : j'étais déjà en poste dans le Gard, quand l'armée se rappela à moi, et me demanda, pour la deuxième fois, d'accomplir mes "trois jours" à Vincennes, alors que je les avais déjà faits deux ans et demie auparavant. Pour ce faire, j'allai donc "chez moi" pour y coucher , et quand je poussai la porte en disant à ma mère "à bientôt", j'ignorais complètement qu'ils allaient quitter Paris en catastrophe, et que pour moi, c'était la dernière fois que je voyais cet immeuble où j'avais quand même passé plus de deux décennies) pas mal de choses avaient changé. Notamment la poissonnerie qui faisait l'angle avec la rue de Seine (appelée "Jan Marée - ils avaient de l'esprit à l'époque ! ) la brûlerie et le loueur de costumes. Une brasserie ("le Muniche") avait également eu raison d'un marchand de légumes.

J'y suis retourné en 1977 (pas du tout en 74/75, alors que par la force des choses j'étais redevenu Parisien, logeant dans un hôtel meublé près de la Villette avec ma jeune épousée. Je ne voulais plus entendre parler de ces années grises...) et déjà s'amorçait quelque changement.

Puis en 1982, 1989 (où, enhardi, et profitant de la porte ouverte, je suis monté à  mon 6ème étage sous les toits et ai revu toute mon enfance, toute ma jeunesse en quelques minutes).

1999, où je me suis fait un devoir de montrer à ma fille de 15 ans les lieux où j'habitais à son âge.

2004 aussi, où j'ai même "osé" prendre un pot avec une amie du Net à l'"Atlas", un des rares endroits qui n'avaient pas bougé depuis 1972.

Puis de moins en moins.

Pas question, bien évidemment, de montrer ça à Nathalie en 2002, lors de notre "après-midi magique".

Et là, j'ai replongé.

Nous avons revu une jeune fille connue à Vannes en 1998, très vite considérée par ma fille, mon épouse et moi comme faisant partie de la famille. Moi surtout, quoi que les deux autres puissent penser, car cette jeune fille m'a vu dans mes années "noires", et surtout a "osé" me revoir après ma TS en 2003.

Bref, j'étais tellement heureux de la revoir qu'après un bon couscous à St Michel (un rite pour mon épouse et moi, ce couscous à 600 m de ma rue natale....) je l'ai emmenée voir où j'avais grandi.

 

J'ai mis la chanson de Monty en illustration, j'aurais pu mettre celle de Françoise Hardy.

Cette fois, pire qu'en 2004, ma rue était morte. J'étais fier de pouvoir dire que j'habitais au 14, entre les deux pâtisseries les plus courues de Paris ("la vieille France" et "la bonbonnière de Buci").

A présent la porte de mon enfance s'ouvre entre un self japonais et une boutique d'accessoires téléphoniques !

J'aurais pu me dire "allez, ça va, stop", mais j'ai bu le calice jusqu'à la lie, en parcourant le chemin de mon école primaire, rue de l'Abbaye, et en passant par "la place du caté", place Fursteinberg.

Que des boutiques à bobos... Un pouf vendu "en solde" à 276 euros, un service de porcelaine à 250...

Là, j'ai vraiment fui par la Rue de Seine, qui déjà , en 1972, avait commencée à être "massacrée", puis le Pont des Arts où je faisais de la trottinette, et où à présent les grilles du parapet sont ornées de milliers de.... cadenas !!!

Bref, ce soir, à l'heure où je suis de retour dans mon village de montagne, je m'y sens plus à l'aise que là où j'ai poussé...

je vous embrasse.

22:30 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

C'est ainsi, tout change... même si le passé nous court après, on ne pourra jamais retrouver les odeurs et les lieux de notre enfance. Et je crois que c'est normal! Le monde change, les lieux changent. C'est simplement la vie... les enfants que nous étions ne sont plus des enfants, les ados que nous étions ne sont plus ados! Les adultes que nous sommes devenus, avec nos déchirures ne peuvent que se souvenir, avec cette envie folle de regarder en avant!
Les enfants d'aujourd'hui sont les mêmes, les ados aussi, quoi qu'on en dise!
Je ne m'étendrai pas plus... par contre, jolie note, vraiment.
Mille pensées, je t'embrasse

Écrit par : Brigitte | 12/07/2011

Fort heureusement, je me suis fait des "points d'"ancrage" qui eux ne bougent que très peu. En tête Lorient, le quartier de la gare, qui n'a que peu changé par rapport à 1962 quand je l'ai connu.
Et même à Paris, je suis souvent retourné dans le "quartier général de la bande des 6", c'est à dire le XXème, là aussi peu de changements.
Mais ma rue fait partie des "choses qui bougent", dans tous les sens du terme.

Sinon, rien à voir, mais je pense que tu as dû pas mal être secouée par un bel orage, si j'en juge le radar Suisse ! Mais il faisait tellement chaud...

Je t'embrasse.

Écrit par : Cica pour Brigitte | 12/07/2011

Je connais Monty, mais pas cette chanson, et n'ai aucun regret, dès les premières notes, j'ai coupé lol...Belle note, oui, parce que j'aime Paris :) Et que je n'y vais plus assez souvent...Je t'ai peut être croisé quand j'étais petite dans le vingtième, j'y allais assez souvent, l'une de mes tantes habitait là bas...Des bisous

Écrit par : Sympho2 | 13/07/2011

Superbe soirée avec ma deuxième famille que (malgré la distance et la vie) je n'ai jamais oublié et que je n'oublierais jamais!
des émotions!!!!
Merci beaucoup pour le passé, le présent et le futur!!!!

gros bisous!!!!

Écrit par : delphine | 13/07/2011

C'est vrai que le "son 65" ne passe plus tellement, et que j'aurais donc dû inclure la chanson de Françoise Hardy. Mais bon.... les paroles de Monty sont plus adaptées, et le refrain "j'ai l'air d'un étranger là où je suis né" se vérifie bien dans mon cas.
Bisous.

Écrit par : cica pour Sympho | 13/07/2011

Tu vois Delphine, j'ai un gros regret : c'est que lorsque tu m'as connu, de 1998 à 2003, je pense que j'étais au plus mal. Comme tu l'étais.
Je n'ai pas su, je n'ai pas pu, au milieu de toutes les saloperies qui m'entouraient, assez bien profiter des gens que j'aimais, dont toi et quelques rares. J'espère que cette soirée réussie - et physiquement exténuante ! - pourra faire rattraper le passé, et qu'elle sera suivie de beaucoup d'autres.
Un gros merci en tout cas, je t'embrasse.

Écrit par : Pat pour Delphine | 13/07/2011

cc jadore les années yéyé
je lirais plustard vos récit
moi jécri un peu de mon enfance et adolescence
avec des chansons
bonn continuation,

Écrit par : ninette | 29/04/2013

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