30/08/2011
Universités : salauds de pauvres !
Que la droite pure et dure (et riche) caresse depuis longtemps l'envie de faire payer cher l'accès à l'enseignement supérieur, cele ne sera pas un scoop. Mais les élections approchent, et depuis Giscard, les étudiants sont presque tous électeurs.
Seulement voilà. Même des gens qui se prétendent "à gauche" y vont du même couplet. Que les études supérieures seraient réservées exclusivement aux riches. Voici ce que dit France-Soir, qui bien sûr ne manque pas de dénoncer les inepties venant de la gauche :
______________________________________________________________________________________
Dans un rapport révélé par Le Monde Terra Nova a proposé d'augmenter le coût de l'inscription à l'université. La fondation proche du Parti socialiste estime en effet qu'une telle mesure permettrait de renflouer les caisses des universités. Selon elle, « un triplement des droits d'inscription en licence » permettrait à ces établissements d'enseignement supérieur de récupérer près d'un milliard d'euros par an. Concrètement, les droits d'inscription pour une année passeraient alors de 177 à plus de 500 euros en licence et pourraient même atteindre les 1.000 euros pour les niveaux master (au lieu de 275). Loin d'être épargné, le niveau doctorat serait lui aussi concerné. Ses frais d'inscription seraient multipliés par quatre.
Une proposition quelque peu surprenante de la part d'une fondation proche du PS mais qui, selon son co-auteur, devrait aider les universités à lutter contre l'absentéisme. Interrogé au micro d'Europe 1 ce mercredi, Yves Lichtenberger, professeur à l'université Paris-Est a en effet expliqué que « ceux qui ont le plus de mal à l'université sont ceux qui sont le moins sûrs de ce qu'ils y font » (sic). Augmenter le prix de l'inscription permettrait ainsi, non seulement d'accroître les moyens des universités mais également « de poser à chacun la question de savoir ce qu'ils font à l'université et pour qui ils le font ».
Si Terra Nova considère que la « quasi-gratuité » des universités était jusqu'à présent un « tabou » qui bénéficiait « massivement aux jeunes issus des milieux les plus favorisés », la récente proporisition de la fondation a, semble-t-il, ouvert le débat.
______________________________________________________________________________________
Il est vrai que, lorsque j'étais en fac à Jussieu dans les années 70, moi le fils de cuisinère/femme de ménage (même si elle savait faire un bon couscous qui plaisait aux stars) semblait détonner au milieu de tous ces filles et fils d'industriels, de docteurs, de notaires, de professeurs...
Même quand ma fille est arrivée à la fac de Rennes en 2004, tout le monde s'étonnait qu'elle n'ait pas de véhicule personnel !
Le réac/facho Philippe Clay avait chanté en 69 : "mes universités c'était pas Censier c'était pas Jussieu c'était pas Nanterre, mes universités c'était le pavé de Paris, le pavé de la guerre".
A présent du fond de sa tombe il doit se réjouir que des gens se prétendant "de gauche" (en fait des bobos) prônent la sélection par le fric.
Avec cette loi, jamais je ne serais arrivé directeur départemental en 1993.
Avec cette loi, jamais ma fille n'aurait atteint le niveau d'organisatrice de séminaires à la Mère Poulard au Mont St Michel en 2008/2009. A présent elle est une des responsables d'une agence de voyages à Dinard.
A l'inverse, je peux témoigner qu'à la fac (encore gratuite) que je fréquentais, il y avait deux catégories : ceux qui devaient s'en sortir car ils n'avaient pas trop le choix, et ceux dont papa-maman étaient nés avant eux, et qui ma foi, étaient là en touristes...
Je vous embrasse.
09:42 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (3)

