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12/06/2012

Valérie T. : traître, inconsciente ou téléguidée ?

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Celle qu'on appelle - a tort - la première dame de France (non seulement elle n'est pas l'épouse du Président François Hollande, mais elle a gardé le nom de son ex-époux) a peut-être sinon ruiné, sans doute bien entamé les efforts que son concubin a poursuivis sans relâche depuis à présent plus d'un an.

Je laisse la parole à Jean-Marie Colombani, car me connaissant, à chaud je risque d'être trop excessif..

A première lecture, je n’y ai pas cru. Je me suis dit: c’est un faux, encore une histoire de piratage ou de mauvaise plaisanterie, comme il en existe dans chaque période électorale, qui plus est, à la veille d’un second tour décisif.

Puis est venue –hélas, hélas, hélas!– la confirmation par l’AFP du soutien de Valérie Trierweiler, la compagne du président de la République, au candidat dissident qui se maintient à La Rochelle face à Ségolène Royal.

Déjà la polarisation de tout le débat d’entre-deux-tours, où est en jeu la future majorité parlementaire, n’était pas un élément favorable au camp du président, éclipsant l’enjeu politique majeur du scrutin actuel, et peut-être des scrutins futurs, à savoir le jeu entre l’UMP et le FN. Mais là, le triomphe médiatique est garanti!

A la mesure de l’ampleur de la faute. Car nous sommes là en présence d’une faute politique majeure qui risque fort de devenir un marqueur en défaveur du président.

Tandis que ce dernier accomplissait, à ce stade, un parcours sans faute, dans la perspective de l’obtention, à l’Assemblée, d’une majorité pour gouverner, le voilà rattrapé par un épisode mi-public/mi-privé des plus fâcheux.

La sarkozysation de l'image

Lui qui, président de la République, s’attachait méticuleusement à se distinguer des faits et gestes de son prédécesseur est, malgré lui, piégé par un événement qui rappelle étrangement le mélange vie privée/vie publique dont Sarkozy avait eu tant de peine à se défaire après un divorce et un remariage.

Surtout, l’engagement de Valérie Trierweiler au secours du candidat dissident est de nature à réalimenter le doute sur François Hollande, que ses adversaires, au sein du PS, puis autour de Nicolas Sarkozy, avaient tenté en vain d’installer dans l’esprit des Français.

Se pose donc, comme cela était d’ailleurs prévisible, la question d’un «statut» de la «Première dame».

Même si elle n’est pas élue, même si elle ne le souhaite pas, même si elle n’est pas l’épouse du chef de l’Etat, cette dernière fait l’objet d’une demande simple: se mettre au service des Français. Loi non écrite certes, mais dure loi quand même.

De ce point de vue, les situations ont chaque fois varié. Danielle Mitterrand avait choisi un engagement politique fort, et risqué, au bénéfice des Kurdes; au point d’obliger régulièrement le chef de l’Etat à des mises au point ou à des rectifications pour faire prévaloir la diplomatie française.

Bernadette Chirac avait, de son côté, sans doute trouvé la meilleure formule avec ses opérations «pièces jaunes» et un siège au conseil général de la Corrèze en parfaite conformité avec les options politiques du président Chirac.

Carla Bruni a, elle, commis l’erreur de vouloir chanter de nouveau et a ainsi fait obstacle à l’existence, dans l’esprit public, de la fondation qu’elle avait lancée.

Le journalisme suppose l'indépendance

Valérie Trierweiler a voulu franchir un pas de plus dans l’innovation en affirmant sa volonté de rester journaliste.

Problème: le journalisme suppose une indépendance qui paraît, a priori, incompatible avec son installation à l’Elysée avec un staff de  quatre personnes.

Le journalisme engagé aux côtés d’un adversaire déclaré des consignes du président est encore plus contradictoire.

Elle devrait donc être placée devant un choix simple: une équipe et un rôle à l’Elysée, exclusivement au service du pays, ou bien un destin personnel. On ne peut pas, sans casse, vouloir tout et son contraire.

Valérie Trierweiler s’est placée d’entrée sous le patronage historique d’Eleanor Roosevelt.

C’est un grand modèle en effet. Et c’est mettre la barre bien haut lorsqu’il s’agit ici, en prenant position de facto contre Ségolène Royal, d’une affaire plus personnelle que politique.

On serait tenté de dire qu’elle nous entraîne dans un épisode de «soap opera». Ni François Hollande, ni celles et ceux qui l’ont porté à la présidence, ni le pays lui-même ne méritent cela.

Jean-Marie Colombani

Commentaires

Qu'elle soit épouse, pacsée ou en "union libre", qu'elle porte tel nom, rien à foutre ! Peu importe les petits papiers, ça ne change rien au fait qu'elle soit en couple avec François Hollande, donc comme on dit "première dame".
Puis peu importe ses raisons ou déraisons, elle a le droit d'ouvrir sa bouche. Ça a au moins l'avantage de montrer qu'une femme peut diverger de son compagnon, avoir sa propre vie, ce que certains ne savent pas encore malgré l'évolution des mœurs. Je connais quelqu'un qui ne comprend pas que sa femme ni même ses filles puissent voter différemment que lui, si ça pouvait lui montrer un exemple comme quoi c'est possible, à lui et aux autres comme lui !

Écrit par : Cristophe | 13/06/2012

Bon, déjà, pour moi "compagnon" ou "marié" ça fait deux. Dans le premier cas, tu prends beaucoup moins de risques que dans le second. Un divorce, c'est un chambardement total, la perte non seulement d'un(e) ex, mais de tout un style de vie, de relations, de lieux, de patrimoine, de souvenirs et de.... sécurité.
Je t'avouerai franchement que c'est à la suite de mon premier divorce en 1980 que j'ai "tergiversé" avec Nathalie, ne sachant que trop ce qu'il adviendrait ensuite, notamment avec ma fille.

Ensuite, Le sexe de la personne n'est pour moi pas le problème.

Imaginerais-tu par exemple, M. Lagarde, époux de la présidente du FMI, adresser un tweet aux grecs, leur disant "ne vous laissez pas bouffer par l'austérité" ???

Enfin, troisième problème. Les hommes ont peur des femmes. Si... Et ils ont tendance à leur "passer" beaucoup plus de bourdes ou de lourdes fautes justement.... parce qu'elles sont des femmes !

Attention à ce qui pourrait bien ressembler à du sexisme à l'envers, qui reste quand même du sexisme !

Écrit par : Cica pour Cristophe | 13/06/2012

Il n'est pas question de tout passer aux femmes parce qu'elles sont femmes, elles aussi sont capables de bêtises. d:-) Quant au touitt de la dame, c'est une broutille montée en affaire d'état par des journalistes, et cette "information" tourne en boucle dans les médias... Il ne se passe rien d'important dans le monde ?

Écrit par : Cristophe | 13/06/2012

Tu devrais lui envoyer un tweet, car vu le tollé général qu'elle a provoqué, ça lui ferait plaisir de savoir que des gens (non UMP) la soutiennent !
Sinon, pour ce qui se passe dans le monde :
Hollande est un espoir pour l'Europe, pour le monde, mais déjà il faut qu'il tranche dans le vif, entre ses deux nanas. Un mec incapable de trancher sur le plan domestique le sera encore moins sur la scène internationale. S'il ne "recadre" pas au plus vite - et publiquement - sa nana, gare pour dimanche...

Écrit par : Cica pour Cristophe | 13/06/2012

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