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19/07/2012

De sommet en sommet....

De retour hier soir, mais trop fatigué (je continue à faire le yo-yo avec ma tension) pour écrire. J'ai fait un commentaire à Renaud, car ce com m'est venu sans souci, mais incapable de faire une note, ni même de regarder mes photos et vidéos.

Bref, entre deux "journées-voiture" (la première étant relativement courte, notre hôtel se situant à 145 km de là, dont 100 par autoroute) une journée d'exception.

145 km qui furent effectués en 3 bonnes heures compte tenu des bouchons et de la vitesse réduite que je pratiquais lorqu'il y en avait pas.

Mais là-bas, décor de rêve :

les crozets.jpeg

Dans un hôtel de rêve.
Un trois étoiles facturé ... 101 francs suisses les deux nuits,  pour deux personnes, petits-déj inclus !
Soit par nuit 50.40 FS, petit déj inclus, soit par personne 25.25 FS petit déj inclus, et au vu du petit-déj (un must) celui-ci valant facilement dans les 10 FS, et encore, la chambre nous est finalement revenue à 15 FS par nuit et par personne, soit dans les 12 euros...

Côté repas, hélas, pas de réduction, et bien évidemment pas question de manger au resto, le seul du village ouvert le soir. Mais nous avons prévu de pique-niquer, ce que nous faisons dans la chambre même le soir, vu la température qui règne à l'extérieur (moins de 10 degrés).

Par contre, le village se trouvant dans le domaine des "portes du soleil", moyennant 2 francs Suisses (9 si on ne loge pas dans le domaine - mais c'est vraiment dérisoire) on a droit à un forfait qui nous permet d'accéder à la piscine, aux musées, aux petits trains, aux téléphériques et télésièges du domaine.

Si bien que dès le matin, nous prenons place à bord d'un téléphérique, bondé de VTTistes. Il nous monte jusqu'à 2000m. Puis de là-haut, je vois une quantité énormes de départs de télésièges. Une immense gare de correspondance, le Châtelet-Les Halles de la remontée mécanique !

J'avise une pancarte "AVORIAZ" au milieu de tas d'autres directions, et nous montons (comme nous pouvons !) sur la banquette, en refermant bien la barre de sécurité sur nous. Banquette qui descend.

Double impression : D'abord un peu de trouille, vu la vitesse où l'on est propulsés au départ. Puis une sensation de calme, de plénitude. Nous sommes assis sur une chaise où devant nous, de chaque côté de nous, au-dessus de nous (et surtout au-dessous) c'est la Montagne, dans toute sa splendeur...

Ca ne dure que trois minutes, on y prend goût, et comme dans un parc d'attractions, cherchons la direction AVORIAZ dans la gare de correspondance située dans la vallée.

Nous trouvons, et hop ! on embarque sur un siège plus petit et moins rapide. La montée est plus longue qu'a été la descente précédente, et, à mesure que l'on se commence à se cailler les miches, le panorama devient de plus en plus splendide.

POINTE DES MOSSETTES, 2277 m.
Je resterais bien à contempler le panorama, mais il fait vraiment froid.... 8 degrés m'indique un panneau.

Grande "gare" à nouveau car ça descend de tous les côtés...

Mais je repère bien vite notre "quai", où est affiché "EXPRESS FRANCE - 8 minutes".

Allons-y pour l'express ! Quand on est au bal c'est pour danser...

Mais là, l'embarquement se fait très mal, et mon épouse manque de tomber. Du coup, c'est.... toute seule qu'elle fera la descente...

Et quelle descente !!! 700 m de dénivelé....

Au début, j'avoue que je suis grisé par le panorama. Je crois même apercevoir le Léman au loin...
Et, bravant le froid, je sors mon appareil et prend un cliché. Histoire d'immortaliser l'instant.

DSCN1421.JPG

Mine de rien, je commence à paniquer....L'enthousiasme des premières montées/descentes a fait place à de l'inquiétude. Et si mon épouse paniquait ? Si d'un geste insensé comme elle avait le secret elle levait la barre de protection ? Sans parler d'une éventuelle crise d'épilepsie !

Dieu comme ces 8 minutes sont longues... je compte les poteaux : 23, 22, 21....
A chaque fois je crois deviner l'arrivée, mais ce n'est qu'une crête de plus, et la "ligne" continue de s'enfoncer vers le bas...

Finalement je vois la gare d'arrivée. J'entends mon épouse qui hurle au préposé "aidez-moi à descendre", et le système s'arrête net.
Du coup, mon siège devient une balançoire et je commence à avoir le mal de mer !

Puis c'est à mon tour d'arriver, c'est pas terrible non plus mais au moins je ne freine pas trop le système !

On est au "Refuge de l'abricotine".
En France !!

On décide de marcher un peu pour nous remettre de nos émotions, et c'est comme ça qu'on arrive au hameau des Lindarets, où plusieurs restos nous attendent.

Et là je cogite de plus en plus....
Car finalement, nous sommes arrivés ici par la voie des airs, et si d'aventure nous devions retourner par la route à notre hôtel, cela nécessiterait une boucle de.... 87 km !!!

Je me revois 41 ans plus tôt, à Courmayeur avec mon père, tenant à la main nos solex et nous apercevant que si la descente depuis le col du Petit St Bernard avait pu se faire facilement, nos engins ne voulaient plus accomplir la montée de 18% !!! Et il n'y avait que trois solutions :
- Soit passer par Aoste - Turin - Briançon - Grenoble, c'est à dire dans les 400 km.
- Soit faire à pied en traînant nos engins les 6km de montée.
- Soit passer par le Tunnel du Mont-Blanc !

La première solution étant d'emblée écartée, j'optai bien évidemment pour la seconde, mais mon père, ne se sentant pas la force de monter les 12 épingles à cheveux nous fit faire la 3ème !

Je lui en ai longtemps voulu de m'avoir fait traverser ce tunnel de 11km500 en deux-roues. D'autant que lui avait 59 ans, ce n'était plus trop de son âge.
J'ai tellement été traumatisé par cette traversée que je n'en parle qu'occasionnellement. Je n'en ai jamais fait de note.


41 ans plus tard, l'histoire se répète. Si nous devons regagner notre hôtel, pas d'autre solution que d'aller de cime en cime à travers la frontière !

Je demande quand même à mon épouse si ça va. Sachant que dans la vallée du milieu nous pouvons regagner notre hôtel par des bus. Cela ferait deux "tronçons" de moins...

Mais non, elle est partante ! Et se régale même de pouvoir se payer ça, elle qui n'a pas le droit de conduire sa voiture pour aller chercher le pain ! Là elle se balade à 200 m au-dessus des rochers et ça lui plaît !

Donc, retour par l' "EXPRESS -FRANCE".
Je remarque au passage qu'on ne nous demande pas une seule fois nos papiers d'identité, et que par conséquent, si nos gabelous font les marioles aux grandes douanes en occasionnant des bouchons de 5 km (ce qui fut le cas à l'aller et sera le cas au retour), là n'importe qui peut passer d'un pays à l'autre, pourvu qu'il ait un forfait.... lequel n'est pas nominatif !!!!

Donc, en avant pour la longue montée, qui me paraît interminable. Là mon épouse est à mes côtés, et semble ravie du paysage, vraiment lunaire. Des cailloux, des rochers, des crevasses, des plaques de vieille neige. Et là.... c'est moi qui déconne, c'est moi qui fais un pic de tension !!!

Image (61).jpg

Je vois tout tourner autour de moi, et j'arrive blanc comme un linge à la pointe des Mossettes.

De nouveau en Suisse...

Second télésiège, après une "halte-récupération" de 20 minutes, vers la vallée Suisse du milieu, où là je panique moins, le "pic" étant passé.

Je ne panique plus du tout quand j'emprunte le dernier télésiège qui nous mène à la station de téléphérique. Dans lequel je monte, alors que je vois des papys et mamys affolés dès le moindre tremblement de l'engin...

Là, je me sens fier ! J'ignore si je serai aussi trouillard dans 15 ou 20 ans mais je pourrai dire qu'à bientôt 62 balais j'ai réalisé - avec mon épouse - un petit exploit !

Hier, ce fut déjà le départ.
Mon épouse voulait qu'on fasse le grand tour par Chamonix, ce qu'on fit. Mais pas moyen de se garer là-bas, tout était complet et j'ai même vu deux camping-caristes en venir aux mains parce qu'ils avaient lorgné la même place....

Puis ce fut la descente par la vallée de l'Arve, via Genève, d'où j'ai pu prendre cette photo insolite :

DSCN1461.JPG

Embouteiilage de voitures, embouteiilage de corps avec les 35 degrés qui régnaient dans la ville de Calvin.

10 de plus que dans mon petit village que je retrouvai avec plaisir, même si le plus haut sommet de la commune ne culmine qu'à 1045 m !
On y est quand même bien...

Je vous embrasse.

12:17 Publié dans Loisirs, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

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