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08/03/2013

retour sur vendredi dernier

Je viens encore de relire ce que j'avais écrit, et, je vous le dis sincèrement, j'en ai encore honte.

Rien à voir avec ce que j'avais posté (furtivement) le 6 juin, dû non pas un gros coup de déprime, mais par un constat d'impuissance. Je venais de passer 15 jours d'enfer, mon épouse ayant fait une crise et moi devant me déplacer à Besançon, au milieu des travaux du tram, sous une chaleur implacable pour la saison. Tout ça pour la voir complètement abîmée par le personnel du CHU qui ne voulait pas de souci pour passer le week-end de la Pentecôte. 3 jours en réanimation, intubée à mort alors que le chef de service lui-même "attendait une place" pour l'en sortir. Puis arrivée dans le service de neurologie, elle était tellement en colère qu'elle s'arrachait les perfusions  ! Du coup les aide-soignantes et infirmières l'avaient attachée... Et pour finir, surdosée de gardénal, afin d'avoir la paix.

Qu'importe si cette surdose de gardénal la faisait ressembler à une ivrogne, qu'importe qui moi-même, la voyant dans cet état, ignorais si c'était temporaire ou si ça allaît être comme ça à vie ?
Elles, étaient peinardes dans leur petit cagibi où on les entendait rigoler alors que je voyais le visage de mon épouse déformé...

Puis, enfin, vint sa sortie.
Elle allait illico se remettre à des tâches ménagères qui franchement ne s'imposaient pas, et alors je pris la décision de prendre tout de suite les quelques jours de vacances que nous avions prévus pour l'Ardèche et dû reporter à cause de l'hospitalisation.

Hélas, cela se révéla une catastrophe. Il y faisait une chaleur suffocante. Les gens se moquaient de mon épouse, pensant qu'elle était réellement bourrée. Puis ce furent les freins de la voiture qui lâchèrent dans une descente dangereuse...

Bref, ce 6 juin, j'étais à bout, et si j'imaginais d'en finir, c'est parce que je voyais toutes les issues fermées autour de moi. Constat d'impuissance, personne ne pouvant alors me sauver.

Et c'est en voyant les commentaires reçus ce jour-là, que je me décidai dans un premier temps à enlever la note, et dans un second temps, d'essayer de surmonter cette épreuve.

Car la solution ne pouvait venir que de moi, et moi seul.

 

Rien à voir avec vendredi dernier, où j'étais à peu près dans le même état moral, sauf que là, malgré la plus grande volonté du monde, moi seul ne pouvais pas me sauver...

A partir de là, j'aurais dû m'abstenir d'ameuter tout le monde. De leur faire peur. Cela me servait à quoi ??? Ils m'ont encore écrit des commentaires pleins de compassion, d'amitié, d'amour presque, mais hélas, ils ne pouvaient rien changer à mon sort.

Quand, brûlant de fièvre, et ne pensant pas sincèrement pourvoir arriver jusqu'au prochain village, bien que je me sois donné le Sud comme destination, j'aurais dû tout de suite effacer ma note. Ou mettre, plutôt, un truc du genre "je vais essayer de régler ça par la fuite..." 
J'ignore si ça aurait rassuré ceux qui me connaissent bien, mais disons que j'aurais évité à de chers amis du blog de penser au pire, autour duquel je tournais ce jour-là....

Auprès de ce ceux-là je m'excuse, et je les comprendrais s'ils commençaient à s'habituer à ce genre de note, et d'y faire de moins en moins cas.

A partir d'aujourd'hui, j'arrête de prendre ce blog pour le bureau de pleurs. Je ne veux plus affoler personne en publiant dans la catégorie "détresse", catégorie que je pensais avoir oubliée.

Je sais très bien que des coups de calgon comme celui que j'ai eu vendredi dernier, j'en aurai encore.

Mais là, je ne dirai rien. Je garderai ces affaires-là pour moi, ne voulant pas paniquer les quelques personnes qui m'aiment dans cette vallée de larmes.

Je vous embrasse.

13:55 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Eh oh ! Et si tu arrêtais l'auto-flagellation ? Tu n'allais pas bien, tu l'as dit. Un blog ne sert pas seulement à ça mais ça sert à ça aussi. Tu crois vraiment que garder ton mal-être pour toi tout seul est une solution pour aller mieux ? Tu crois vraiment que faire semblant va rassurer ? Tu n'as pas à avoir honte d'aller mal et de le dire. La "honte" éventuellement, c'est de ne rien faire pour aller mieux. Parce que Cica, tu es effectivement le seul à avoir la solution : celle d'accepter de te faire aider. Tu m'as dit "c'est trop tard". Tu es encore en vie, non ? Donc ce n'est pas trop tard.
Bon, c'était mon coup de gueule du jour. :-))

Écrit par : captaine lili | 08/03/2013

Tout à fait d'accord avec Cptain LILI ! Ici c'est chez toi et écrire ton mal être est ton droit, et je suis sure que cela fait du bien de se lacher parfois... Bureau des pleurs ou pas écris ce que tu sens et laisses nous t'aiderr comme on le peut...prends soin de toi. Tendresses

Écrit par : manoudanslaforet | 08/03/2013

Quand je dis "c'est trop tard", c'est que dans ma région, impossible de trouver un psy - c'est bien de cela dont tu parles Lili... ? - qui s'occupe de "bobologie"... Même les cas lourds comme celui de mon épouse ne peuvent pas être traités, faute de praticiens. Tu connais le désert médical ? Le Haut-Doubs en fait partie, hélas...
Bisous.

Écrit par : cica pout Lili (et les autres) | 08/03/2013

En fait je n'ai pas répondu à ta première question :
Bien évidemment est que partager sa souffrance avec ses amis permet d'aller mieux, et la garder pour soi est mortifère. Mais, du coup, je fais faire du souci à mes amis, surtout ceux qui me connaissent et qui savent que oui, je ne fais pas que parler mais je peux aussi "sauter le pas" comme le 23 février 2003.
Alors que faire, sachant - je te l'ai dit plus haut - qu'ici, dans les montagnes reculées du Haut-Doubs, prière de ne pas avoir d'idées noires (ni d'hémorragie, je l'ai vu cet été), vu la sous-médicalisation de l'endroit ?
Plein de bises à toi.

Écrit par : Cica pour Captaine Lili (suite) | 08/03/2013

Les commentaires sont fermés.