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15/03/2013

Un décompte qui fait peur

Que sont mes amis devenus ? dit la chanson...

Je me suis risqué ce matin, à la suite d'un coup de fil de mon épouse, à faire le compte de mes amis.
Attention à ceux qui me lisent et pourraient s'offusquer, si j'ai - et notamment parmi mes lecteurs - beaucoup de gens qui m'aiment bien, je prends le terme "ami" dans son sens franc-comtois "manger une tonne de sel avec lui"...
Enfin pas à ce point-là quand même...

Donc coup de fil à mon ami Bernard, que je déconseillais fortement à mon épouse.
Elle n'a pas eu tort, elle s'est faite poliment envoyer sur les roses par son épouse à lui après une conversation très courtoise de quelques minutes.

Il est vrai que j'ai mes torts là-dedans, avec mes plaisanteries au second degré que les gens n'apprécient pas toujours, et je n'avais pas tenu compte du calvaire que vivait cette femme, ne pouvant sortir qu'en fauteuil roulant. Moi j'ai bien ma tension, mais ça n'est pas si handicapant. Ca peut être mortel, en revanche !

Bernard était mon ami (oui, je crois que je peux oser l'imparfait après deux coups de fil de ce genre) depuis 1965... Et oui, 48 ans que lui et moi nous étions connus à Brest.

Mon premier ami fut un Corse. François Santini, un Corse d'Ajaccio, avec qui j'ai fait les 400 coups entre notre 6ème et terminale. Notamment mai 68 oui lui et moi tenions un "faux stand" dans la cour de la Sorbonne, pour railler nos aînés qu'au début nous ne prenions pas trop au sérieux. Ensuite on a changé, moi je suis devenu gauchiste, lui est entré dans la Police puis est devenu membre du GIGN pour finir avec le grade de commandant.
Je me souviens de ces expressions, de ses réflexions sur son (beau)  pays et de l'engueulade qu'il m'avait passée quand il avait vu que sa jeune soeur n'était pas insensible à mon charme de l'époque.
"Chez nous, les femmes Corses ne se marient qu'avec des Corses... Sa-che-le !"
Bon, je le sais !!! N'empêche que depuis 1969, je n'ai plus eu de ses nouvelles.

Non là je mens. Je l'avais croisé en 1982, alors que j'étais en stage à Paris entre mes deux mariages et que je m'éclatais avec une bande de collègues, mâles et femelles, me faisant revivre mes folles années de fac 11 ans plus tôt. Il m'avait donné son numéro de téléphone professionnel, je l'avais mis dans une poche....
Ma faute !!!

Puis ce sera Jean-Yves.
C'est toujours Dieu Merci !!!! Un cousin, qui m'a toujours considéré comme le grand frère qu'il n'a jamais eu, et que j'ai toujours considéré comme le petit frère que je n'ai jamais eu. Il m'avait même envoyé le disque de Leforestier à l'époque !
Il y avait eu une longue parenthèse de quelques 13 ans, entre 1998 et 2011, où, à cause du chômage il avait dû s'exiler à Tahiti. Depuis, je l'ai revu à plusieurs reprises. Il a changé, mais peu à peu nous nous "ré-apprivoisons"...

Ensuite Jean-Bruno. Un collègue que j'avais connu en 1987, et qui au fil des ans était devenu plus qu'un ami, un confident. Dans mes années "Nathaliques" il avait joué un grand rôle. Déjà d'être le témoin des ces années inoubliables, puis ensuite, il n'avait pas hésité à se taper le trajet Grenoble-Vannes en 4L parce que je l'avais appelé au-secours, dans une crise de maniaco encore plus forte que les autres.
Ce bon geste fut récompensé : lui qui cherchait l'amour depuis des années et des années, finira par le trouver lors de ce voyage...

Hélas il est mort brutalement en 2007....


Il y a eu Jacques aussi. Un collègue de Biarritz qui aurait pu lui aussi devenir mon meilleur ami si la faucheuse, elle aussi ne lui était pas tombée dessus...
Pendant l'horrible hospitalisation de mon épouse, il venait me chercher au train (sans que je lui demande !), me payait l'apéro au bar, puis m'invitait à dîner chez lui et son épouse Lorie.

Dieu que la vie est injuste, et que je comprends souvent ceux qui "attendent que ça sonne", comme disait le grand Dick (Rivers).

Et puis il y a celle à part. Une femme. Michèle, que je connais depuis à présent 32 ans. Au début j'avais été amoureux fou d'elle (c'était entre mes deux mariages) mais au bout de quatre mois, lassé, elle était devenue une amie, au sens propre du mot. Deux ans après, elle tombait amoureuse de moi, mais la flamme ne brûlait plus. Pas question de coucher sans amour, en ce qui me concerne...
Elle m'a fait rencontrer Mme Cicatrice voici 30 ans, et fut témoin du mariage.
Seulement.... on ne s'est pas vus entre l'été 1994 et l'automne 2007, la période de ma dépression et autres maniacos... On se connaît depuis longtemps mais elle n'a rien su de ma période "noire"...

J'ai failli oublier Thierry.
Thierry, je l'ai connu en 1985, voilà donc 28 ans, et pendant plus de dix ans j'ai été non seulement son meilleur ami, mais aussi son confident. J'ai su des choses que sa proche famille ne savait pas.
Mais lui en revanche m'a connu dans ma dépression et la maniaco qui a suivi et n'y a pas résisté. En 2001 il m'a alors annoncé qu'il coupait les ponts...
Mais la vie réserve de ces surprises, et en 2007, je l'ai retrouvé comme collègue. Et là, on a aussitôt renoué, sans toutefois revenir au stade d'avant 2001. Il nous a aidés dans notre déménagement, et je suis toujours en contact avec lui...
Oui, il mérite (comme le nom de la rue où il travaille lol) de figurer dans cette liste. Bien que - comme Michèle - il ignore tout d'une "certaine période"...

Le compte est vite fait, côté "amis à qui je peux vraiment me confier" il ne me reste que Jean-Yves.
Mais qui se trouve à 850 km....

Et il est de ces détresses qui ne peuvent se dire par téléphone, hélas...

Je vous embrasse.

16:34 Publié dans détripage, moi | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Difficile constat....le téléphone peut être remplacé par les bonnes vieilles lettres parfois.... je t'embrasse

Écrit par : manoudanslaforet | 15/03/2013

Pas évident... La vie fait qu'on perd les gens, petit à petit... soit, malheureusement parce qu'ils meurent, soit parce que le temps fait qu'on s'éloigne, soit parce qu'on se fâche... Je n'ai pas eu d'amis avant mes 22 ans. Puis, une période folle de 8 ans où j'ai eu l'impression d'en avoir 3 exceptionnels, que jamais je ne lâcherai et qui, peut-être, ne me lâcheraient pas non plus. Mais, la vie fait que... on s'éloigne... et, finalement, j'en reviens à mes 22 ans où je n'avais qu'une vraie amie. C'est toujours elle. Les autres, on verra mais, je suis pessimiste... je ne pense pas que dans 20 ans je les aurai encore.
Pour en revenir à ton article, oui, c'est difficile le téléphone, c'est pas terrible comparé à la rencontre réelle mais... c'est mieux que rien. Ensuite, comme dit Manou, oui, les bonnes vieilles lettres ! On les oublie et pourtant, elles peuvent contenir tant de mots qu'on ne dirait pas !

Écrit par : Béatrice | 15/03/2013

Les bonnes vieilles lettres n'existent plus...J'ai le souvenir des cartes de nouvel an que je recevais splendides! Le courrier électronique a tout effacé et puis les amis,nous les perdons de vue avec les soucis de la vie. Avec le temps va tout s'en va...Je suis aussi nostalgique que toi Cica.Biz

Écrit par : lynda | 15/03/2013

Non, il est des détresses qui peuvent êtres très passagères, et où le courrier serait en décalage total ! Voici deux semaines j'ai eu un de ces coups de calgon dont j'ai le secret, et je me vois mal envoyer une lettre ce jour-là à mon cousin, qui dans le meilleur des cas l'aurait reçue le samedi matin, m'aurait répondu - toujours dans le meilleur des cas - dans la foulée, mais qui ne serait arrivée que le mardi.
Le mardi soit j'étais calmé (ce fut le cas) soit j'étais mort !!!
Bisous.

Écrit par : Cica pour Manou | 16/03/2013

Il est vrai que je n'ai rien fait pour me faire des amis durables, vu que j'ai, depuis le début de ma vie professionnelle, déménagé 9 fois....
Pierre qui roule n'amasse pas mousse, et je m'en rends bien compte.
Moi aussi j'ai mon "point fixe" de Lorient, depuis mes... 11 ans, et je regrette la perte de celui de Pont l'Abbé. Et à présent, pour me faire d'autres amis, à 62 ans c'est un peu loupé !
Pour les lettres, lis mon com à Manou :)
Bisous

Écrit par : Cica pour Béa | 16/03/2013

Le courrier électronique c'est bien, mais je trouve que c'est moins bien que le téléphone, où les intonations sont senties, où les gaffes peuvent être réparées à l'instant. Quand aux bonnes vieilles lettres, il faut dire aussi que le délai demandé par la poste (dans les années 60, une lettre postée à 21h - et oui... - pouvait être arrivée à l'autre bout de la France à 8h le lendemain matin; à présent, c'est avant 15h qu'il faut poster son courrier avec l'espoir que son destinataire le recevra le surlendemain avant midi...) a fait plus de mal depuis 1974 que le courrier électronique que nous, Français (cocorico!) avons commencé à utiliser en....1981 !!! Soit 13 ans avant l'arrivée de la Toile !
Bises

Écrit par : Cica pour Lynda | 16/03/2013

Amis d'hier... Amis d'aujourd'hui... C'est tout comme ! Ils permettent de se sentir vivants parce qu'on peut échanger avec eux. Il ne faut pas les négliger, ni les uns ni les autres.
Et plus le temps passe, moins ils sont nombreux, et pourtant... Je suis en train de retrouver des amis d'hier : le fil n'est pas cassé ! Ce que nous avons partagé autrefois, nous le retrouvons presque intact. C'est ce que permet cette période qui suit la fin de l'activité professionnelle : la retraite ! Plus de disponibilité d'esprit, et nostalgie sur ce qui fût...
Mais je regrette les échanges de courrier. La poste, c'était plus... matériel (?) que le net. Il reste une trace papier, alors que le net, c'est... quasi éthéré. La moindre panne fait s'envoler les écrits. Et pourtant, ça permet aussi de maintenir un lien...
Bon, là j'ai l'esprit qui part battre la campagne... Suis crevée...
Bisous Patrick, et à bentôt !

Écrit par : Odile | 17/03/2013

Ne dis pas du mal du Net, on s'est connus grâce à lui !!! Tu pourras bientôt toi aussi je crois figurer dans la liste car je n'oublierai jamais ce que tu as fait en 2006.... Peu de gens l'auraient fait, et pour ça, je te dis encore MERCI !!!
Je t'embrasse.

Écrit par : Cica pour Odile | 19/03/2013

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