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05/06/2019

7 ans !!!

Voilà 7 ans, le 5 juin 2012, je ne donnais pas cher de ma peau en ce début d'après-midi.

Je recopie presque mot par mot une note où j'avais bien résumé la chose :

A la suite de l'hospitalisation de mon ex, en mai, ils me l'avaient rendue dans un état épouvantable.
Déjà hyper-fatigué des aller-retours sous une chaleur accablante, ne voulant pas prendre ma voiture car le parking était à dache, et payant, j'ai tout fait en transports en commun.

Puis, afin de lui changer les idées, j'avais maintenu nos vacances en sud-Ardèche qui se sont révélées catastrophiques, du fait de la canicule de là-bas et de son état qui faisait penser à de l'ébriété.
Plus une grosse panne d'automobile qui aurait pu se terminer mal (j'avais le choix entre deux routes, celle que j'ai pris nous a sauvés) et qui n'a rien arrangé non plus.

C'est dans un état désespéré que je suis rentré de ces vacances le samedi 2 juin, devant une épouse avec laquelle plus aucune communication était possible.

En plus j'étais déprimé à mort, la preuve en était à l'importance exagérée que je donnais à un espace privé sur Facebook. Je n'y supportais plus la moindre remarque, surtout venant de gens que j'appréciais depuis longtemps.

Le lundi 4 je suis allé chercher le chat chez sa gardienne, et une fois de plus j'ai dû enlever des choses trop chères de son panier. Désormais nous n'avons droit qu'aux promotions, là encore j'avais mal réagi, en allant pleurer dans les WC du supermarché.

Le mardi 5 ça allait de moins en moins, j'avais des envies de plus en plus noires, je me sentais incapable de supporter la cohabitation avec mon épouse si elle devait rester comme ça à vie.

Le déclic, car il y a toujours la fameuse "goutte d'eau", ce furent des mots amers de ce que je croyais une amie sur mon mur Facebook ("je constate que finalement tu n'as pas changé") mots qu'elle coucha juste avant de quitter l'espace privé dont je parlais peu avant.


Et là, une envie irrépressible de me fiche en l'air me vint, fruit d'une longue réflexion, comme le fut ma TS ratée de 2003. Un peu les mêmes causes : fatigué je n'en voyais pas le bout !

Réflexe de survie et non pas appel au-secours, je l'écrivis sur mon blog, et les mots de raison que j'y reçus me calmèrent, me firent entrevoir un espoir et surseoir à ma décision.

La suite des "évènements" me prouva que rien n'était vraiment désespéré, et que 6 mois et 4 jours après un immense espoir allait naître en moi, espoir qui se transformerait en réalité un an après.

J'écris ça parce que je n'ai pas du tout le même lectorat. Les "actuels" sont plutôt branchés musique et ne me lisaient pas à cette époque-là (enfin, je voyais les premiers coms de Renaud et Cédric sur mes notes musicales), et n'ont sûrement pas lu ces notes, et les "anciens" se sont carapatés. Surtout un qui me suivait régulièrement, qui se cache sous le pseudo "corps expéditif", dont je regrette les coms. Je sais que depuis sa vie aussi a changé mais pas dans le même sens...

Bref ce 5 juin 2012 a failli être mon dernier jour, mais ce que je ne savais pas ce jour-là c'est qu'un ami était dans le même état que moi.
Sauf que lui n'a rien écrit ni sur son blog ni nulle part, et est passé à l'acte.

Tous les 5 juin je pense à lui, qui pourtant semblait heureux de vivre quand je l'avais vu l'année d'avant dans son cadre d'enfance.
En fait il était au bout du rouleau, et jouait la comédie du bonheur...
Moi je souffrais et je me répandais, lui souffrait et ne le montrait pas.
Moi je suis encore là et lui n'est plus..

Je sais que pas mal de mes ex-commentateurs y pensent aussi à ce fichu jour.

C'est l'essentiel, qu'il soit encore dans nos coeurs.

Je vous embrasse.

14:35 Publié dans détripage, moi | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Beaucoup d'émotion ressentie en parcourant ton témoignage Patrick sur cette journée du 5 juin, bizarrement presque le même jour de la commémoration du 75°anniversaire du débarquement en Normandie, je remarque ton expression " réflexe de survie " comme quoi une ultime lueur d'espoir peut empêcher un acte fatal lorsque l'on est au bout du rouleau, je comprends mieux pourquoi cette date du 5 juin est devenu pour toi un marqueur indélébile. Amitiés, Renaud.

Écrit par : Renaud | 06/06/2019

Merci Renaud, tu es l'un de ceux qui me commentaient à l'époque. Je n'ai hélas pas gardé cette fameuse note qui s'intitulait je crois "la bête est de retour", et donc pas les commentaires qui vont avec. Mais je me souviens de la personne qui avait donné l'alerte sur Facebook ("Cica ne va pas bien" avait-elle écrit), et même si depuis nos chemins Facebookiens ont divergé, je ne l'oublie pas. Je crois qu'elle se reconnaîtra.
Comme je l'ai dit, j'ai pu passer ce cap et arriver à ce fameux mois d'octobre où le Destin m'a tendu la main, la suite tu la connais. Dommage qu'il y ait eu des victimes collatérales, à savoir mes petits-enfants privés de leur grand-père...
Mais si moi j'avais passé ce cap, l'ami dont je parle lui n'y est pas arrivé, et depuis n'est plus de ce monde.
Je n'ai pas effacé ses commentaires, lesquels étaient toujours d'une justesse incroyable.
Amitiés à toi.

Écrit par : Cica pour Renaud | 06/06/2019

Patrick , je trouve que tu as eu beaucoup de courage avec tous les chocs de la vie que tu as vécu , heureusement que tu as retrouvé le bonheur avec ta petite femme à présent , tu le mérites . amitiés . Jean

Écrit par : jean | 06/06/2019

Patrick, le résumé que tu fais de ces jours précédant ce 5 juin est infiniment douloureux. Il s'en est fallu de pas grand'chose, finalement pour que tout bascule. Et pour ton ami, tu dis des mots très beaux qui illustrent ce drame; il jouait la comédie du bonheur. Un 5 juin qui rappelle inexorablement cette tragique disparition, qui vient de passer pour la 7e fois et dont tu perpétues la mémoire; cela montre ta fidélité en amitié.
J'admire toujours ta façon de dire les choses, avec ces mots qui touchent le coeur juste comme il le faut.
Cordialement. Cédric

Écrit par : Cédric | 07/06/2019

Toujours présente et silencieuse...je partage avec toi l'émotion du souvenir de celui que j'avais rencontré et dont je n'avais pas su voir le désarroi.... Heureuse pour toi que ta vie ait pris un nouveau tournant.. Bises

Écrit par : manoudanslaforet | 07/06/2019

Merci à vous de ces coms, moi non plus pris dans mes propres soucis je n'avais pas vu le désarroi de cet ami, même si je savais qu'à cette époque il n'allait pas très bien.
Le lendemain j'étais partagé entre la peine de perdre cet ami et le sentiment étrange de penser que là où il était lui au moins ne souffrait plus. Presque un regret, regret malsain, d'autant que pour moi l'été 2012 allait être terrible ! L'automne heureusement allait tout changer :-))
Sinon, bizarre de constater que ceux qui s'épanchent le plus sur mon blog (ce qui me fait plaisir) ne commentent jamais les notes où moi je m'épanche...
Amitiés

Écrit par : Cica pour Jean, Cédric et Manou | 07/06/2019

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