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15/10/2021

Anniversaire

Il y a 9 ans, le 15 octobre 2012, j'allais être "sauvé par le gong".
Comme souvent du reste, le fameux gong n'étant autre pour moi que mon ange gardien, même si cela prête à sourire.

J'avais pourtant tout prévu pour avoir une retraite heureuse : 8 ans auparavant je m'étais fait construire une belle maison dans un beau petit village du Haut-Doubs qui bénéficiait d'un climat me convenant parfaitement, et j'avais tout de suite remarqué la gentillesse des gens du lieu.

Je n'avais pas prévu la série d'erreurs médicales qui un an plus tard aboutirait à la trépanation en urgence (un dimanche) de mon épouse d'alors, la privant d'une grande partie de ses fonctions.
J'avais géré son épilepsie pendant 21 ans, au prix d'une vie sans cesse aux aguets, prenant même soin de ne jamais trop m'éloigner d'une structure médicale quand nous partions en vacances.

Mais là, c'était une autre dimension. Et ma retraite que j'avais rêvée paisible tournera vite au cauchemar. Tant que travaillais, je ne me doutais de rien, mais la cohabitation 24h sur 24 c'était une autre affaire.
J'avais épousé, trente ans plus tôt, une femme, certes très influencée par sa famille et quasiment sous les ordres de sa mère, mais avec un fond gentil et plutôt doux. 
La maladie la transformera en une mégère qui fera le vide autour d'elle. Et sa trépanation la privera aux deux tiers de sa parole, ce qui contribuera à l'enfermer.
Et je serai en première ligne.

Je ne tenais pas de journal intime, j'ai fait mieux : ce blog, où je m'épanchais en direct. Et dont les notes de l'époque sont encore là, avec des commentaires réconfortants.

Si j'avais passé sans trop de casse l'année 2011, il n'en sera pas de même pour 2012.
Les disputes et scènes de ménage devenaient quotidiennes, je me réfugiais de plus en plus dans le sous-sol que j'avais aménagé pour y caser mes affaires (qu'elle appelait "mon bordel") et pouvoir écouter de la musique à pleins tubes.
Les "vivement que tu f....s le camp" se multipliaient. 

J'avais fait une TS comme on dit en 2003, ma fille m'en voudra énormément d'avoir tenté de la laisser.
Et je tenais pour elle. 
Je reconnais que je me laissais aller de plus en plus, ce qui me vaudra de sa part une phrase cinglante, prononcée en public. C'était le 20 avril. On dit que les mots peuvent tuer, là j'ai vu un moment mon pronostic vital engagé.
Bref, à partir de là j'étais "sans filet" et je me mis à déprimer. Notamment en attachant une énorme importance aux "histoires de facebook", où je me réfugiais de plus en plus.

Le 15 juillet, mon corps commence à lâcher, j'entrai dans le club des hypertendus.
Un mois après une ième scène, qui se traduira par une hémorragie nasale.
Je reverrai toujours cette image, moi qui perdais mon sang à gros bouillons et mon ex qui avait un rictus de satisfaction en refusant d'appeler les secours. C'est une voisine qui le fera. 
Moi j'étais zen, mourir de cette façon, en m'enfonçant lentement dans les nimbes, sans souffrir, me convenait parfaitement.
Mais ce n'était pas encore mon jour.

Le lendemain, sûrement contrariée par ma survie, elle fera sa valise. "Je f...s le camp, j'en peux plus d'être avec toi, c'est toi qui me rend malade".

Fort logiquement j'en déduirai (et notre médecin traitant aussi) qu'une séparation était inévitable, surtout si je voulais rester en vie...


A l'automne, ma santé ne s'améliorait pas, tant physique que psychique, et j'en arrivai à écrire ceci, en public, sur Facebook:

POST.JPG

Il ne me trouva rien.... 

Trois jours plus tard, alors que mon moral continuait son étiage, je reçus un mail de Facebook m'annonçant la création d'un blind-test de chansons, Song Pop.

A quoi tient une vie !

Commentaires

en parcourant ton récit Patrick sur huit années, je me rends compte que notre état de santé peut varier et nous réserver des surprises aussi bien positives que négatives et de façon parfois surprenante, on s'aperçoit également que cela influence notre entourage, là aussi avec des réactions plus ou moins vives voir violentes de nos proches. Amitiés, Renaud.

Écrit par : Renaud | 16/10/2021

Oui, à quoi tient la vie! Ma mère, qui est devenue quasi-centenaire, me le disait souvent. Dans la dernière ligne droite, je me dis que je ne serai pas forcément là pour fêter mon amie qui recevra un diplôme prestigieux, si tout continue d'aller bien pour elle...
Ton ange gardien est bel et bien là pour t'accompagner et s'il ne s'appelle pas Joséphine, il sait retourner des situations et rendre supportables des moments et des jours de détresse et te permettre d'en sortir.
Pensées émues et amicales. Cédric

Écrit par : Cédric | 17/10/2021

Je sais que ce n'est pas Joséphine ! D'accord avec toi Renaud, dur d'être un '"aidant". Je l'ai été pendant 28 ans, et depuis 2 ans , c'est à mon tour d'être "aidé". Et je sais que c'est dur pour ma chérie, qui fait tout ce qu'elle peut (elle va même me couper ma viande !) mais qui "craque" de temps en temps. Je ne lui en veut pas, sachant qu'elle est loin des siens et que je ne peux plus rester seul. Mais je n'ai pas à me plaindre, voyant autour de moi des gens qui chopent des maladies mortelles...
Cet après-midi mon hit chanteurs 1970/1975. Amitiés.

Écrit par : Cica pour Renaud et Cédric | 17/10/2021

Comme je l'avais déjà dit Patrick ... tu as eu beaucoup de courage , je te souhaite à présent des jours paisibles auprès de ta femme aimante . Amicalement . Jean

Écrit par : jean | 17/10/2021

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