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30/03/2012

Pasteurisation

Nous vivons, c'est bien connu, dans un monde de brutes.
Celles et ceux qui ont lu ici les 100 premières notes de mon blog, celles où je raconte ma vie, doivent en être convaincus.

Je supporte très mal la campagne électorale actuelle. Où tous les coups bas sont permis, de tous les côtés. Ca me donne envie de vomir.

Oui, mais... l'inverse est-il préférable ?

S'imaginer chez Walt Disney (pas employé dans ses parcs, attention !), dans un monde où tout le monde serait forcément gentil, où tout ce qui dépasserait serait banni ?
Une vie totalement artificielle, pasteurisée, quoi !

Non plus.

Depuis quelques années, c'est la mode du S.B.A.M. (sourire, bonjour, au-revoir, merci) et pas que chez les caissières.
Combien d'ulcères ces mêmes caissières ont-elles dû développer pour avoir dit ces formules à des personnes qui méritaient qu'on leur envoie la caisse enregistreuse dans la figure ?
Moi je suis pour appeler un chat un chat. 

Je suis bien dans mon village. Et je le clame haut et fort (lol !).

Mais il fut un temps, des temps, où ça n'était pas le cas. Et alors, je le clamais également.

Mais sincèrement, je ne me verrais pas y rester si je sentais qu'autour de moi ça sonnait faux. Si n'y seraient tolérés que de la "bienveillance obligatoire", et qu'en revanche, le parler-vrai me couperait de mes voisins. Lesquels, y compris chez ceux où je me sens super-bien, entrant dans la ronde de ce soft bienveillant, penseraient que non, que je me fais des idées, que "tout va bien à bord".

Voici quelques semaines, une amie m' a dit ici ce qu'elle avait sur le coeur. Sur le moment j'ai été blessé, mais peu à peu j'ai réalisé qu'elle était dans le vrai. Et elle m'a fait réaliser plein de choses.
Avec le recul, je sais qu'elle a eu raison.

Je pars du principe que lorsqu'il y a un abcès il faut le crever, et que casser le thermomètre ne fera pas tomber la fièvre. Que la politique de l'autruche ne mènera à rien, pas plus que l'agression excessive.

Voilà, c'était mon coup de gueule du soir, qui peut-être, sans doute, disparaîtra demain matin, après que la nuit m'ait "porté conseil", c'est à dire à mon tour "pasteurisé"...

Je vous embrasse.

21:34 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (7)

Le melon

Non ce n'est pas du légume que je vais vous entretenir, mais de cette attitude qu'ont la plupart des gens - et j'en fais partie - dès qu'une petite - ou une grande - responsabilité leur échoit.

D'abord, dans mon enfance.
Je me souviens d'un camarade de classe, Luc. Il était un des rares qui me fichait la paix, et je dirais même qu'on était copains comme cochons.
Mais.... Un jour j'intégrai les scouts, et Luc était mon chef de patrouille. Là, ce n'était plus la même chanson, je devais certes lui obéir là-bas (la discipline est le force des armées heu, du scoutisme, mais à l'école, là aussi il prenait des airs supérieurs... Dans la cour de récré, bien sûr, car en classe, mon statut de prix d'excellence me procurait une trêve à cet égard.

Plus tard, ce sera à l'armée.
Même topo, pendant les classes, nous sommes tous dans la même chambrée, et partageons tout. Essayant de nous protéger le plus possible des "gradés".
Mais ensuite arrive "le peloton". C'est à dire un mois pour essayer de monter en grade. Moi j'ai fait ce que j'ai pu pour rester "2ème pompe", j'ai merdé exprès dans certaines épreuves, mais j'ai fini par me retrouver caporal-chef.. !
Le pire ce sont ceux qui sont arrivés sergents. Je dois dire que pendant mon service, si les "sergents ordinaires", les engagés (correspondant au niveau BEPC) étaient disons, corrects, les sergents appelés étaient tous infâmes avec nous. Leur chevron doré leur montait à la tête, et j'en ai même vu certains qui collaient des punitions aux 2ème classes, des appelés comme eux !
Bon, c'est vrai que c'est parmi ceux-là qu'on recrutait le plus.... Ils ont déjà de bonnes "bases" ;-)

Puis ce fut dans la vie professionnelle.
4 exemples.

Toujours le même processus : un collègue qui devient chef. 4 histoires, 4 façons différentes.

D'abord à la station de l'aéroport de Grenoble. Quand je suis arrivé, en 1975, l'équipe était soudée, sous la direction d'un Monsieur, Marchini pour ne pas le nommer, qui fut je pense un des meilleurs chefs que j'ai eus de toute ma carrière. Mais monté en grade il dut partir, remplacé par un de nous qui lui aussi monta en grade par la même occasion.
La tyrannie totale : Tableaux de service connus 5 jours à l'avance (sympa pour prévoir quelque chose...), interdiction absolue de se remplacer, d'écouter la radio, de boire de la bière... ll en dégoûtera beaucoup, qui partiront, et au final, une lettre du personnel le fera dégager au début des années 80.

Second exemple : ma pomme.
Bombardé Directeur Départemental dans la profession que j'ai épousé par vocation, dans mon département de prédilection (la Lozère), j'avoue qu'au départ je me suis pris la grosse tête.
Non pas avec mes deux "collaboratrices" (mes collègues d'avant) mais à l'extérieur. C'est à dire que partout où je passais, je veillais à glisser que dans mon boulot, le chef, c'était moi...
Parmi mes voisins, amis, dans ma famille.
C'est vrai, ce n'était pas méchant.

Pire allait être mon successeur, dont j'ai parlé très souvent ici, sous le joli nom de "tortionnaire".
Un mec que tout le monde s'accordait à trouver "bon vivant et sympa" tant qu'il était technicien, mais qui passé ingénieur (on se demande comment, comme le disait souvent Nathalie) et donc chef, non seulement lui est monté à la tête mais a déclenché chez lui le gêne de la tyrannie, qui devait sommeiller depuis sa naissance. Ma seconde collègue n'a fait ni une ni deux, quand elle a vu ça, elle a demandé sa mutation. Elle pouvait. Pas les deux autres, Nathalie et moi, pour des raisons évidentes.

Il a tout de suite vu la faille, et de ce jour a complètement chamboulé la façon de travailler, interdit qu'on prenne désormais nos repas de midi à l'extérieur, viré nos armoires pour les remplacer par des mini-casiers, et bien sûr instauré des réunions-réquisitoires où chacun en prenait selon son grade.
Pour finir par une lettre à la direction pour exiger le départ de Nathalie ! Et donc notre arrachement.

Sautons quelques années, on arrive à Biarritz.
Le chef de l'époque était un mec assez antipathique mais qui dans l'ensemble nous fichait une paix royale. Ce chef était pourtant haï de l'équipe que je venais d'intégrer. Alors qu'un collègue, Daniel, faisait des trucs inimaginables : Il achetait sur e-bay des marchandises, qu'il revendait plus cher sur un autre site. Mais, à partir du boulot, et il stockait tout sur le lieu de travail...
Nous ça nous faisait marrer, le chef s'en fichait.
Mais le chef en question a eu l'opportunité d'aller en Outre-Mer, et n'a pas été remplacé. Même chose qu'à Mende, c'est quelqu'un de l'équipe qui devait prendre sa place. Là c'est encore ma pomme qui étais désigné. De par mon grade, le plus élevé de l'équipe.
Mais le collègue e-bayeur était là depuis 23 ans, et avait rêvé toute sa vie d'être calife à la place du calife. Et quand il me demanda si ça m'intéressait, je répondis que je ne voulais plus avoir aucune responsabilité dans une boîte qui avait laissé persécuter deux personnes pendant 3 ans et demie sans broncher.
Alors, ayant le feu vert, il nous raconta ce qu'il allait faire : Biarritz devait être le paradis sur Terre. Nous aurions chacun notre ordi. On allait repeindre entièrement les lieux. Il commanderait un lave-vaisselle !
Mais, quand il fut désigné, nous dûmes vite déchanter. D'abord il se fit poser un immense aquarium dans son bureau. Puis céda aux cartes de visite flatteuses : Mr. Daniel L.... Chef du Centre de Biarritz. Il imposa la "qualité", qu'on ne nous demandait pas. Et surtout, surtout, nous interdit de surfer sur le Net à partir du bureau !!!
Le clash avec lui se produisit le 26 octobre 2005. Alors qu'il était absent (il était de plus en plus absent, l'avantage d'être chef....) France 2 débarqua avec ses caméras et c'est moi qui dus le remplacer.
Dès lors il m'en voudra à mort... Je lui avais piqué son passage télé !!!!

Enfin, nettement plus insignifiant, plus récemment, dans le village, une dame qui était très cool avec tout le monde, qui me tutoyait, est arrivée présidente d'une association. A partir de là, le melon. Par exemple, lors des voeux du maire, toutes les femmes me firent la bise, sauf elle, vu que je faisais partie de l'association ! Et j'eus droit à un "vous" qui me glaça...

Certes, les différents "melons" que je cite ici n'ont pas tous le même ordre de grandeur... Qu'une dame que finalement je ne connais que peu me dise vous et ne me fasse pas la bise, ça n'est pas comme des chefs qui vous poussent à partir, et qui déchirent des couples.

Mais hélas, ce phénomène est quasi-général. Le fait d'avoir une quelconqe responsabilité, petite ou grande, dans quelque domaine que ce soit, vous fait prendre la grosse tête et souvent changer d'attitude avec les gens que vous côtoyez. Regardez bien autour de vous...

C'est humain, et on ne pourra hélas pas le changer.

Je vous embrasse.

 

 

12:40 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (7)