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02/02/2013

Suis-je encore dépressif ?

Dépressif, pas déprimé !

Pour moi le déprimé, c'est le stade II; c'est quand on passe complètement à côté de la vie, à côté des siens, et (heureusement) à côté des salopards...

Le déprimé ne pense qu'à une seule chose : son lit. Quand va t'il pouvoir le rejoindre, son lit-refuge, pour enfin oublier la vie, pour se noyer dans les limbes du sommeil ?
Du reste l'humeur du déprimé varie selon la lumière du jour : le matin il panique, en se disant qu'il doit s'arracher à ses draps - complètement trempés par sa sueur - pour aller travailler. Puis l'après-midi, s'il le peut il s'offre une sieste, une "mini-nuit", un avant-goût de sa "vraie" nuit, celle dans laquelle il pourra de nouveau s'oublier pendant de longues heures...

Dépressif, ce n'est pas la même chose.
On appelle cet état un "coup de blues", voire "coup de calgon"...
Tout le monde est passé par là, un jour ou l'autre.

Pour moi ça se manifeste toujours de la même façon :

Alors que je vais bien (ou que crois aller bien), une nouvelle ou un fait qui ne sont pas spécialement des catastrophes, dont je sais que de toutes façons je m'en sortirai relativement rapidement, me font alors plonger dans un spleen dont j'ai le secret, et souvent me font monter les larmes.

Rien à voir avec le choc qui vous terrasse...
Comme celui que j'ai eu le 5 juin, où à bout de forces je réalisais que je ne pouvais plus faire faire face à une nouveau palier de la maladie de mon épouse, et où là je me suis effondré, me demandant pendant 1 heure et demie si je devais rester ou non dans ce bas-monde...

Non, là je n'étais pas dépressif, contrairement à ce que certains ont pu dire, mais tout simplement découragé, usé, fatigué, me sentais pris au piège.

Dépressif, je l'étais dans les années 2005/2006, où la moindre contradiction sur mon blog, la moindre remarque de mes collègues me faisait plonger.

Mais depuis quelque temps cela m'a passé.
M'avait passé.

Car ce matin, alors que le contexte de ce début d'année est disons plutôt favorable à mon épanouissement, alors que j'envisageais la journée avec joie, une nouvelle certes pas très agréable mais quand même anodine m'a fait soudain plonger.

D'un coup, même si elles ne sont pas sorties, j'ai senti mes larmes monter. J'étais parti pour jouer toute la matinée sur un jeu de chansons de facebook, j'ai tout stoppé.

Ridicule, alors que cette nouvelle n'était pas si horrible que ça, que normalement j'aurais dû faire la grimace pendant quelques minutes, non, le blues. Incapable de faire quoi que ce soit sinon faire un tour.

Sous le blizzard neigeux qui règne actuellement chez moi, pas question.

Alors bien sûr j'attends que ça passe.
Car ça passera.

Mais je m'inquiète. Cela fait des années et des années que pareille chose ne m'était pas arrivée...
Même si je sais que quelque part, cela veut dire que si je ressens cela, c'est que je suis de nouveau "vivant".

Je vous embrasse.

31/01/2013

Anniversaire

L'histoire commence en septembre 2004.

J'habite alors à Biarritz, et si certes j'adore les habitants et la région, je n'arrive pas à supporter le climat du Pays Basque. 30 degrés à deux heures du matin, ou alors 24 toute la nuit après une journée de cagnard, avec un brouillard à couper au couteau qui vous transperce le corps, dur dur.

Souvent, l'été, nous partons nous "réfugier" dans les montagnes de l'intérieur du département pour y passer la nuit. Là enfin, on pouvait respirer, récupérer...

Récupérer, c'est ce que nous avions en tête au mois de septembre. Et nous choisissons donc une destination "fraîche". Les Alpes, hors de prix, les Pyrénées, il y pleut souvent... Pourquoi pas le Jura ??

Plus précisement le Doubs, et encore plus précisément le Haut-Doubs ?

Nous y avons déjà passé une semaine en août lors des étés 2001 et 2002, et nous étions revenus enchantés. En plus le haut-Doubs, je connaissais...

Et donc me voilà lancé dans les pages des Gîtes de France, à la recherche du meilleur rapport qualité/prix.
Nous trouvons alors un F3 (2 chambres) à 90 euros la semaine, entre Morteau et Pontarlier.
Aux Gras.
Sans savoir que c'était en hiver le village le plus froid de France (voir note "le mythe de Mouthe) !

Et là, durant une semaine tout à fait ensoleillée, nous avons pleinement profité. La journée, balades tous azimuts, où nous découvrons que l'Alsace n'est qu'à 1h30 de route, idem pour les Alpes, qu'elles soient Suisses ou françaises. Et même sans trop s'éloigner, les environs immédiats sont très jolis.

Et là, tout de suite l'idée nous vient de passer notre retraite dans cet endroit.

Mais... on nous a parlé des "terribles hivers", alors avant de se lancer, il valait mieux voir ce que ça donnait.

Du coup, fin janvier début février nous louons un autre gîte non loin de là, vers Morteau.
Chance ! (si j'ose dire) c'est pendant une vague de froid ! La neige est présente dès la sortie de Bordeaux, et ne nous quittera plus jusqu'au gîte.

Le samedi 29, il fait -18° quand nous arrivons !!

DSCN0112.JPG Ce sera du -23° le lendemain matin, mais dans un décor époustouflant !

Notre Seat Ibiza diesel a du mal à démarrer, mais ma foi elle finit par s'acclimater.

Nous aussi, finalement ce grand froid est très supportable à partir du moment où l'on est bien couvert, et si à l'intérieur c'est bien chauffé. En revanche, avec 30 degrés à 2h du matin, on ne peut rien faire !

C'est donc décidé, après un conseil de famille restreint (mon épouse notre fille et moi) nous comptons acheter un terrain vers Morteau.

La plus-value de la maison Bretonne plus les deux héritages simultanés de nos parents nous ont doté d'un bas de laine non négligeable, et la pierre semble un placement idéal par les temps qui courent.
Le lundi 31, nous voici à Morteau, afin de voir ce que nous proposent les agences immobilières.

Rien !!!!

En fait, elles sont... fermées le lundi, et du coup je cherche un endroit (comme dirait Delpech) pour aller voir mes mails.
Le seul endroit possible est la MJC. Nous nous y rendons, et tandis que je compulse ma boîte, mon épouse, avec son culot habituel, demande à un employé (qui s'avérera être le directeur !!!) si par hasard il ne saurait pas s'il y a des terrains à louer !
Elle confondait MJC et ORPI !!!

Tandis que je vois le regard de ma fille s'assombrir, à ma grande surprise il répond :

"A dire vrai pas à Morteau, mais à 30 km, oui... J'habite un petit village à 30 km de là, à 650 m d'altitude, et je m'y plais beaucoup...  C'est vraiment agréable de pouvoir dîner dehors les soirs d'été, à Morteau vous ne pourrez pas, le froid tombe trop vite..."

Et c'était vrai, je me rappelais qu'aux Gras, lorsqu'on rentrait de balade vers 19h, il ne faisait pas 20 degrés...

Il rajoute :
"Il y a des terrains communaux là-bas, pas trop chers et viabilisés, je crois qu'il doit en rester un ou deux... Si ça vous dit, je vous donne le nom du village, vous vous y rendez et je téléphone au maire pour le prévenir"

Nous y allons, tout en nous apercevant que là-vas (c'était en 2005) les routes sont parfaitement déneigées.

Quand nous arrivons dans le lotissement, en face du terrain restant à vendre, ma fille et moi avons le coup de foudre. Moins pour mon épouse, mais en général l'enthousiasme n'est pas son fort !

Après un nouveau conseil de famille restreint, décision est prise d'acheter le terrain : 30 euros le mètre carré, soit environ 5 à 10 fois moins qu'au pays Basque....!
C'était le 31 janvier 2005...

Et c'est ainsi que nous vivons ici depuis à présent plus de deux ans...

Je vous embrasse.

28/01/2013

Alexandra

J'ai entrepris un travail de titan, à savoir numériser toutes les émissions de radio que j'avais enregistrées sur cassette, de 1982 à 1997.

Je ne pense pas pouvoir le faire pour toutes, car déjà une "sélection naturelle" s'impose à savoir que certaines bandes sont devenues inaudibles.

Ensuite, si je veux numériser mes quelques 4000 émissions, il me faudrait 3000 heures de boulot, soit à raison de 1h30 par jour (déjà énorme) quelques 7 années !
Outre que je ne sais pas (lol) si je vais durer encore 7 années, je finirais très vite par me lasser...

Alors je numérise d'abord ce que j'estime être mes "meilleures" émissions. Par chance, sur le moment je me notais avec des étoiles, donc là il me suffit de prendre les 5 étoiles, après on verra par la suite.

Parmi ces 5 étoiles, je suis tombé sur un talk-show (et oui voici 30 ans ça existait déjà en radio) qui s'intitulait "studio 104", le titre étant choisi par rapport à la fréquence de la radio !!

J'animais cette émission avec une jeune femme prénommée Cathy, deux tempéraments explosifs qui donnaient du punch à l'émission. Car je dois le dire, en dehors de l'antenne on ne s'entendait pas du tout !!

En principe je m'efforcais d'être cool dans cette émission, de ne pas "casser" les gens même si je 'étais pas d'accord avec eux. Je recadrais quand même quand il le fallait, notamment quand il s'agissait de politique.
L'exemple qui m'avait le plus frappé, c'est le président de l'association philatélique de Gap. J'étais moi-même philatéliste (depuis 1963) et je m'étais dit que cette émission était pour moi.

L'heure d'avant, j'avais été chez un ophtalmo, qui m'avait presrit des lentilles sans trop se soucier du service après-vente !! De sorte que ma lentille était rentrée ce matin-là à l'intérieur de mon oeil et que j'avais demandé une consultation en urgence.
Mais le praticien ne l'entendait pas de cette oreille, et me jeta en me disant ces mots:
"vous avez EXTORQUE un rendez-vous en pleurant chez mon assistante, pas d'accord, vous passerez un autre jour... de toutes façons j'ai un rendez-vous urgent !!!"

C'est donc avec une lentille derrière l'oeil que je me préparais à discuter philatélie...

L'usage était qu'on préparât l'émission 20 mn avant, et je vis alors arriver le président de l'associaton... qui n'était autre que .... mon ophtalmo !!!

Blême il s'apprêtait à tourner les talons, quand j'allai le rassurer :
- Comme vous je suis bénévole, mais j'ai un certain professionalisme. Quand j'anime je laisse mes soucis de côté, les auditeurs n'ont rien à fiche de ma vie.
Il parut rassuré, me disant "je n'avais pas fait le rapprochement entre Patrick Cicatrice d'Embrun, et "le" Patrick de la radio...

L'émission se passa très courtoisement, et après, il vint me voir en disant "merci, effectivement vous avez ça dans la peau... Passez tout à l'heure dans mon cabinet, je vais vous arranger ça..."


Mais je dois confesser que lors d'une émission j'ai "cassé" un couple....
Pas brisé je vous rassure, mais vraiment cassé.

L'histoire commence en septembre 1982, alors que je fais de la radio que depuis 3 mois.

J'avais l'habitude de recevoir des invités dans une émission années 60/70, et ce jour-là c'était une jeune femme prénommée Alexandra.

Ce n'était pas la première jeune femme (ou jeune fille) que je recevais mais cette fois une sorte de courant passa entre nous.
J'eus l'honneur de la raccompagner chez ses parents le soir même, lesquels me trouvèrent "très correct" aux dires de la demoiselle.

Puis on se revit en boîte, et ma foi pendant les "séries tendresse" que mon copain animateur rallongeait chaque fois qu'il me voyait en fort galante compagnie, le courant passait de plus en plus. Et quand elle me prit la main pour regagner nos fauteuils, le roi n'était pas mon cousin !!!

Puis, pendant une semaine, je restai sans nouvelle. A une époque où le portable n'existait pas, je n'estimais ça trop grave, mais j'attendais quand même assez fébrilement qu'elle se manifeste....

Un mardi était prévu - de longue date, je précise - un "studio 104" débat avec d'un côté la MRJC (mouvement régional de la jeunesse chrétienne) et de l'autre une assocation similaire mais athée.

Quand je vis arriver les deux représentants de la MRJC, j'eus à peu près la même réaction que l'ophtalmo !!! Envie brutale de tourner les talons.

C'était Alexandra, qui tenait par la main un jeune homme, qu'elle présenta comme son fiancé...

 

Je viens de réécouter l'émission.

Je me rends vraiment compte que le "5ème pouvoir" peut vraiment détruire...

Je n'ai cessé de tirer à boulets rouges sur le jeune couple, en leur posant des questions les plus vachardes qui soient... A la grande joie des autres, qui n'en demandaient ppas tant , sachant en plus que j'avais été louveteau et scout !!!

Cathy me regardait bizarrement, et durant les chansons, je me levais systématiquement de mon siège pour m'isoler au fond du studio... Je ne tenais pas à parler à quiconque.

Au générique de l'émission, le "fiancé" vint vers moi, avec des intentions pas très "catholiques"... Il était plus grand que moi mais dans ma rage, j'étais vraiment prêt à en découdre.

Alexandra s'en aperçut, arrêta son fiancé et le pria d'aller dehors et me dit, honteuse :
"Pardonne-moi Patrick.... je ne savais pas que c'était à ce point-là..."


Ce soir-là, pour parcourir mes 41 km, ma GS mit 18 minutes...

Et de ce jour, je resterai longtemps, très longtemps, avant de déclarer ma flamme... Exception faite de Mme Cicatrice qui, un an après, prendra les choses en main, en dansant langoureusement dès le premier soir, m'embrassant dès le deuxième soir, et on "concrétisant" le surlendemain. Pas très romantique tout ça !!!

Je vous embrasse.

13:59 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (4)