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22/04/2026

Souvenirs d'enfance : la salade de Marseille (1960)

OBLIGATOIRE (si l'on veut comprendre) lire cette note d"il y a 16 ans.

Si vous avez la flemme, je résume en gros : Ma découverte émerveillée de la cité phocéenne, à l'époque encore préservée, et qui n'avait pas changé d'un pouce - si, peut-être les voitures - depuis les souvenirs d'enfance de Pagnol dont j'avais déjà dévoré les deux premiers tomes. L'accent du midi, le ciel d'un bleu que je ne connaissais pas, les plats de là-bas - je me goinfrerai de soupes de poisson.
Seuls bémols ; le cagnard en journée et l'hostilité de la famille paternelle. Notamment la méchanceté de mes deux cousins germains. Je vous rassure aux dernières nouvelles ils n'ont pas changé, bloquant un héritage qui m'aurait bien dépanné.

Et les chiens ne faisant pas de chats, j'avais tanné mon père pour qu'il m'emmène sur la tombe de mon grand-père, mais en vain.

Il avait une bonne raison : il n'était pas mort ! Tradition familiale chez les Cicatrice: on cache les grands-pères aux petits-enfants...

Enfin bref après ce mois marseillais je ne jurais que de cette ville.  J'avais un cafard monstre et un beau soir mon père me prit à part (je vous jure là aussi que je n’invente strictement rien) et me dit en confidence qu’un de ses collègues, un certain Le Barbenchon avait l’occasion d’aller à Marseille toutes les semaines, et qu’il pouvait en ramener de la salade de là-bas en boîte. Est-ce que ça m’intéressait ?
Tu parles si ça m’intéressait, tout ce qui pouvait venir de Marseille était bon pour moi, je répondis banco.
Dès le lendemain (très rapide...) mon père amena une boîte de conserve sans étiquette.
C’est ça ” me dit-il d’un air entendu. Il ajouta : “ Mais elle est hachée, pour qu’il y en ait plus, tu comprends.. ”. Je comprenais. Il ouvrit la boîte et effectivement je découvris la fameuse salade hachée. Je goûtai, et, tout comme la bouillabaisse du restaurant à 3 francs était sûrement meilleure pour moi que celle de chez Basso, à Paris où même les américains font le voyage pour en manger, je trouvai bien évidemment cette salade géniale.
Effectivement, elle me rappelait bien la cité phocéenne.

Au bout de d’un mois, mon père m’annonça à ma grande joie que Le Barbenchon pouvait nous en apporter deux boîtes par semaine. Mon père, malgré le prix (exorbitant me disait-il) accepta, et deux fois par semaine je pus goûter la bonne salade de Marseille.

Vous qui me lisez vous n’avez pas neuf ans et vous n’êtes pas en 1960. Vous avez bien compris.

Et oui, c’était des épinards que mon père me faisait avaler, des épinards achetés au monoprix dont il enlevait l’étiquette. Un truc dont j'avais pourtant horreur.
Il ne me l’a avoué que...deux ans plus tard ! Et moi, dès que je l’ai su....non je n’ai pas arrêté d’en manger, je suis moins c... que ça quand même, et bien j’ai alors découvert que j’aimais les épinards en boîte, et je n’ai jamais cessé d’en manger depuis. Avec des oeufs durs c'est excellent, surtout pour les petits budgets.
Ce qui prouve qu'avec moi la psychologie vaut mieux que la force

Je dis aujourd’hui, pour ce fait, bravo et merci à mon père. Ce n’est pas arrivé souvent et ça vaut la peine d’être souligné.

Amitiés orageuses.

19:03 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (0)

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