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17/04/2026

1982 : rencontre nocturne

Aujourd'hui est la Saint Anicet. Y a-t'il encore des Anicet ? Oui !

Flashback. Automne 1982.  Je suis célibataire (entre deux mariages) et bosse à la station météo d'Embrun (05).
A cette époque, on bossait la nuit ; 1 sur 5 en moyenne mais moi j'en faisais 2 à 3 par semaine car j'échangeais mes journées contre des nuits aux trois "anciens" de la station, qui n'étaient pas encore arrivés aux 65 ans en vigueur à l'époque.  Entre parenthèses, pendant cette belle époque, de l'Aigoual à Embrun en passant par Millau et Grenoble, je verrai partir la moitié de mes collègues sexagénaires, qui avaient connu - voire fait - la guerre et à qui on demandait ce travail de nuit. Les libéraux disent que l'on doit travailler plus car on vit plus longtemps, en fait c'est l'inverse : on vivait moins longtemps parce qu'on devait travailler plus longtemps.

Où j'en étais ? Ah oui, je bossais surtout de nuit pour pouvoir faire plus de journées à la radio de Gap dont j'étais l'animateur ayant le plus d'heures d'antenne. Personne à la station ne savait que j'étais animateur, et donc la vraie raison de ces permutations (illicites). Cloisonnement total entre le petit Cicatrice d'Embrun qui faisait pitié quand il rentrait de nuit dans son HLM où personne ne l'attendait, et, 8 heures plus tard, à 38 km de là, Patrick,, le Foucault de Gap connu là-bas comme le loup blanc. Ces 38 km étaient le sas nécessaire pour passer de l'un à l'autre sans péter un câble. Je réalisais qu'à peine un an plus tôt je sortais d'un hôpital Marseillais spécialisé dans les maladies infectieuses : j'avais fait un début de tuberculose.

Pour faire les nuits, nous disposions d'une chambre de veille où nous avions le droit de nous assoupir entre deux observations. Tri-horaire à Embrun qui n'était pas sur un aéroport où là, c'était toutes les heures voire demi-heures.
Cette nuit-là il faisait très doux et je n'avais pas quitté mon pyjama pour sortir dehors effectuer les relevés.
Je devais auparavant passer par un couloir desservant l'appartement de fonction du chef, Georges, avec qui je m'entendais bien.
Et cette nuit-là, donc en pyjama,
je croise un monsieur d'une cinquantaine d'années sortant de chez le chef.  Gênés tous les deux, moi encore endormi je balbutie :
- bonsoir...

Le lendemain matin, alors que je suis, dûment habillé, sur le point de quitter la station, je vois arriver Georges suivi du monsieur.
- Cicatrice (il ne m'a jamais appelé par mon prénom) je te présente un collègue du service central *, Anicet.

Anicet, Anicet... Drôle de prénom, et pourtant ça me disait quelque chose. Je bredouille :
- Excusez ma tenue de cette nuit !
Il sourit et me dit :
- Ne vous excusez pas, j'ai été de la Maison, je comprends..

Il a été... donc il ne l'est plus. Que peut-il faire à présent ?
C'est la question que je poserai à Georges quelques jours plus tard.

- C'est notre ministre. De la fonction publique...

C'était Anicet Le Pors ! Effectivement il avait été ingénieur au Service Central à Paris * où il s'était syndiqué à la CGT. Il faisait partie du comité central aux côtés - entre autres - d'un autre Georges, Marchais ! Et l'arrivée au pouvoir de la gauche avait fait entrer 4 ministres communistes au gouvernement, dont Anicet Le Pors à la fonction publique. Ces 4 ministres-là, bien gentils, ont surtout été choisis pour le symbole et leur action, trop brève, n'avait pas marqué les foules.

A l'inverse d'un autre ministre communiste, Jean-Claude Gayssot, qui sous le gouvernement Jospin sera aux transports. Lozérien et cheminot, c'est lui qui séparera les dettes de la SNCF de celles du réseau ferré, créera les TER, sauvera la ligne Béziers-Neussargues, et trouvera un bon compromis (partenariat public-privé) pour le viaduc de Millau, que les contribuables non concernés par cet ouvrage n'auront pas à financer.

* à présent, vendu par Chirac,  devenu cathédrale russe.

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