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06/03/2012

Ma première prévision

J'avais 7 ans.

Ma mère et moi étions en vacances dans le Gers, chez des gens très charmants. Au point que nous y passerons deux étés consécutifs, 1957 et 1958. Et oui, c'est pas tout jeune...

Nous logions dans un petit pavillon d'environ 40 mètres carrés, à une vingtaine de mètres des propriétaires.

Vous dire à quel point ils étaient sympa, chque fois qu'il y avait de l'orage, ma mère avait une telle trouille qu'ils nous "recueillaient" pour la nuit, dans une chambre inoccupée.
Faut dire que le paratonnerre était situé sur le pavillon, et que la première fois que ça a claqué (mon père était avec nous, c'était en juillet) on aurait dit qu'une bombe venait d'exploser.

Un soir, je me souviens, j'ai vu des éclairs au loin, dans la direction de Toulouse. J'en fis part illico à ma mère, car j'adorais coucher chez les proprios, j'étais très copain avec leur fils Francis. Bien que nous divergions sur le vainqueur possible du Tour de France. Lui c'était Darrigade et moi Anquetil.

Bref, ma mère regarda et me dit :"ne t'inquiète pas mon poulet (elle m'a toujours appellé comme ça, jusqu'à mes 46 ans, âge où je l'ai perdue) ce sont des éclairs de chaleur..."

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 A l'époque j'y croyais aux "éclairs de chaleur". Comme au Père Noël. J'apprendrai plus tard qu'en fait c'étaient de vrais éclairs, mais dont les orages étaient tellement loin qu'on ne pouvait pas entendre le tonnerre.
Parfois même, très loin ! Je me souviens par exemple en avoir vu du sommet du Mont-Aigoual (Lozère), où je travaillais en 1972.  Plein sud-ouest, mais très diffus.
En regardant mes "dépêches", un seul orage était signalé en France. Effectivement dans la bonne direction, mais à.... St Girons, dans l'Ariège !!! Soit quand même 250 km.

Donc, pour ma mère, éclair de chaleur.
On discute le bout de gras chez nos hôtes, et après l'infusion du soir, direction le pavillon.

Et je vois toujours mes éclairs, mais cette fois de façon beaucoup plus nette.

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"Tu vois maman, c'est l'orage, il arrive...
- mais non, mon chéri, ne t'inquiète pas."
Notre logeuse alors intervient, en me disant que de toutes façons, les orages n'arrivaient jamais de ce côté-là, mais plutôt des Pyrénées, pas du tout dans la même direction. Direction que je m'empresse de fixer, mais pas le moindre éclair par là-bas.

Nous rentrons dans le pavillon, direction le paddock.

Environ une demie-heure plus tard, je suis pris d'une envie naturelle, et je sors pour la soulager. Car à l'époque, c'était encore "la cabane au fond du jardin" !
Et là, en sortant, je vois mes éclairs de plus en plus grands et qui cette fois commençaient à zébrer le ciel.
Je ne voulais pas réveiller ma mère, aussi préféré-je la boucler. Et je m'endormis aussi sec.
A cette époque je n'avais pas peur de l'orage, bien qu'à Paris ils soient assez violents. Ce ne sera que l'année d'après que je commencerai à les craindre, je le raconte ici :
http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2010/08/02/souven...

 

Je me réveillerai dans les bras de ma mère !

Qui me portait direction chez les proprios tandis que l'enfer s'abattait sur nous. Jamais encore vu un orage pareil ! Eclairs en continu, on aurait cru un stade éclairé pour un match ! Roulements de tonnerre continus aussi, un bruit d'enfer. Et toutes les 5 secondes, une goutte de la grosseur d'un oeuf de poule nous tombait dessus.

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Gouttes qui allaient laisser place à un beau déluge. Nos logeurs, pourtant habitués aux orages (c'est dans cette région qu'il y en a le plus) n'en revenaient pas.
Et me félicitèrent :
"Bravo mon garçon, je ne sais pas si tu as senti quelque chose, mais nous on n'aurait jamais cru que des orages auraient pu arriver de ce côté. Tu devrais en faire ton métier !"

Je rassure tout de suite mon lectorat, à cet âge-là je rêvais d'être cartographe, ma vocation ne viendra qu'à l'âge de 12 ans.

Et au cours de ma carrière, je pourrai vérifier qu'effectivement, il était extrêmement rare qu'un orage dans le Gers arrive par l'est !

Je vous embrasse.

18:21 Publié dans météo | Lien permanent | Commentaires (0)

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