17/01/2013
le "mythe de Mouthe"
Encore entendu ce matin à la télé :
"il a fait -20 degrés à Mouthe, dans le Doubs, l'endroit où il fait le plus froid de France..."
Heu, d'accord pour la première assertion, pas d'accord pour la seconde.
Il fait plus froid dans ma commune qu'à l'endroit de Mouthe où est disposé le point de mesure...
Mes deux ans de retraite me permettent d'une part de m'affranchir de mon "devoir de réserve" côté boulot, et surtout de disposer de relevés sur mon village grâce à la station automatique professionnelle que m'ont offert mes collègues à l'occasion de ma retraitre.
1) Le point de mesure de Mouthe ne se situe pas dans le village, mais à la source du Doubs, donc dans un endroit "non conforme" pour se comparer aux autres.
Chez nous à Météo-France, on parle de "classes de mesures" pour désigner la fiabilité des endroits, de la classe 1 (l'endroit idéal) à la classe 5 (à éviter absolument). Le point de mesure de Mouthe, celui dont on parle à la télé, est classé 3....
2) Dans mon village, pourtant situé 300 m plus bas, pratiquement 1 foyer sur 2 possède une station météo électronique. Et certaines donnent des valeurs comparables à celles de Mouthe.
La station "de référence", la mienne, est en classe 2, donc "bonne pour le service" mais je sais très bien que si j'avais mis mon thermomètre de l'autre côté de la route (et en classe 1 !!!) j'aurais 2 degrés de moins pour les températures minimales.
Mieux (ou pire, c'est selon...) dans le bas du village, l'écart atteint 5 degrés.
Et à la Source de la Loue, parfois ça frôle les dix degrés...
Depuis deux ans et demie que je fais les mesures, j'ai constaté entre chez moi et Mouthe un écart moyen de 2°3 pour les températures minimales...
Partant de ce principe, le bas du village serait donc bien plus froid que notre "Sibérie médiatique nationale..."
Mais chez nous on n'a pas besoin de se vendre, les 170.000 visiteurs annuels de notre Source de la Loue font notre publicité. Pas besoin d'avoir des records (négatifs) pour ça...
ALORS.... bien joli tout ça !
Où se situe donc le point le plus froid de France ???
Les chercheurs de l'université de Franche-Comté ont fait une étude sur le sujet. Et on établi la carte ci-dessous :

On voit bien sur la carte que le village de Mouthe est dans la zone jaune, et qu'il faut vraiment se déporter vers la montagne pour aller chercher des records.
L'endroit le plus froid se situe donc dans la zone la plus bleue...
Le bleu le plus foncé se situe au Mont d'Or (1463m) rien d'étonnant à cela..
Il faut aller vers Morteau pour trouver la commune la plus froide. Et cette commune est "comme par hasard" située à 2km du "pôle du froid" en Suisse, La Brévine où, avec un point de mesure "normal" (j'ai pu le vérifier) la température s'était abaissée à -42° en 1987 !!!
Cette commune, où j'ai passé par 3 fois des vacances, se nomme Les Gras.
Les Gras serait donc la commune la plus froide de France...
Mais ne le dites pas aux gens de Mouthe, ils vous tueraient lol ;-)
14:29 Publié dans météo | Lien permanent | Commentaires (3)
16/01/2013
HIT-PARADE de SALUT LES COPAINS du 15 JANVIER 1964

Cette "série" plaît apparemment de plus en plus !
Et c'est tant mieux...
Le premier hit de 1964 voit l'apparition, côté français, de Gérard Melet, qui n'ira pas beaucoup plus loin, de Romuald qui lui fera une carrière honorable, de Monty - qui n'avait pas encore de prénom - qui lui sera un des leaders des années 60, et surtout Marie laforêt qui sera une des 10 grandes dames de la chanson...
Ceux qui trustent les meilleures places sont, bien sûr Johnny (8 places, mais seulement à partir de la 4ème), Sylvie Vartan (4) Frank Alamo, Eddy Mitchell, Françoise Hardy et Claude François (3) Dick Rivers, Jean-Jacques Debout, Evy, Sheila et Richard Anthony (2) France Gall ne se classant qu'une seule fois, et encore à la 13ème place. Une fois aussi pour les Surfs, Henri Salvador, Danyel Gérard, Michel Laurent, les Gam's Charles Aznavour, Romulad , Monty et Marie Laforêt. Puis quelques vedettes éphémères comme Pascal le Petit Prince, Les Missiles, Gérard Melet, Tiny Yong.
Côté étranger, les Beatles progressent peu à peu, et sont à présent seconds et 4èmes. Encore un petit effort... Se pointe aussi I want to hold your hand à la 10ème place.
Je vous embrasse.
16:11 Publié dans Hit-parades SLC | Lien permanent | Commentaires (7)
14/01/2013
"mon vieux"
Celui de Daniel Guichard.... qui aurait pu être le mien...
Dire que j'ai passé des années
A côté de lui sans le regarder
On a à peine ouvert les yeux
Nous deux.
J'aurais pu c'était pas malin
Faire avec lui un bout d'chemin
Ça l'aurait peut-être rendu heureux
Mon vieux.
Mais quand on a juste quinze ans
On n'a pas le cœur assez grand
Pour y loger toutes ces choses-là
Tu vois...
L'histoire commence début 1962. J'avais 11 ans. Depuis bien longtemps entre ma mère et lui l'amour était passé, ils se contentaient de cohabiter. Mon père aimait les femmes, et ma foi ma mère s'en fichait, pourvu qu'il ne quitte pas le foyer !
Il bossait au ministère de la marine, et là-bas se trouvaient des objets encore inexistants dans le commerce, comme la photocopieuse, le décadry, ou alors le télé-imprimeur.
Seuls les militaires pouvaient, à cette époque, disposer de cet engin-là...
C'était plus qu'une simple machine à écrire, ou pouvait dialoguer entre deux machines, du moment que ce dialogue ait lieu entre les services des armées. Les dialogues étaient le plus souvent des messages codés, mais parfois ça pouvait prendre une autre tournure.
Et c'est ainsi qu'un jour mon père a été amené à dialoguer avec une Brestoise, Renée L. Elle avait 6 ans de moins que lui (l'idéal d'après les statistiques) et peu à peu des dialogues autres que militaires eurent lieu entre mon père et la jeune femme. ils commencèrent à parler du temps qu'il faisait, puis de sujets variés comme l'opéra, et peu à peu ces dialogues se firent plus personnels, prenant une tournure de plus en plus confidentielle.
Et encore plus...
C'était une chose impensable en 1962, mais les deux tombèrent amoureux l'un de l'autre rien qu'en dialoguant ! Une idylle se noua entre eux, et bientôt je vis mon père aller bosser le samedi matin. Prétextant une gratification en heures supplémentaires, alors que la marmite avait chez nous énormément de mal à bouillir.
Je peux situer très exactement ce moment : octobre 1962. En novembre il nous acheta la télé (4.000 francs de l'époque, soit près de 5.000 euros actuels) puis pour Noël il me couvrit de cadeaux. Il prétexta l'obtention d'un prêt inattendu...
Quand, en 2006, je récupérerai ses affaires après sa mort, je ne verrai nulle trace de de prêt...
Alors il alla s'inventer des missions bidon.
A Brest, évidemment.
J'imagine que le jour de leur première rencontre dut être magique.... Ils se virent deux ou trois fois avant les grandes vacances. Ils s'écrivaient en Poste restante (j'utiliserai aussi ce moyen) et mon père blémit lorsqu'il s'aperçut que la poste la plus proche de notre location Ardéchoise du mois d'août se trouvait à 5 km ! Heureusement que Sarkozy et sa RGPP n'étaient pas encore passés par là car sinon il lui aurait fallu multiplier la distance par 3 voire par 4 !!!
Ils s'écrivaient tous les jours, si bien que j'eus l'honneur de faire 10 km à pied tous les matins afin qu'il puisse récupérer son précieux courrier. Les prétextes ne manquaient pas : "aérer le petit" (je venais de passer 3 semaines à Toulon et j'étais hâlé comme pas possible !), aller chercher du pain et surtout acheter ses cigarettes.
J'aurai pas mal marché cet été-là. Sans compter que moi aussi j'étais amoureux, mais en incubation. Le virus m'avait frappé mais je ne saurai qu'un mois plus tard...
Après une année scolaire 1963/1964 remplie de missions, mon père risqua le tout pour le tout, c'est à dire passer un mois avec elle.
Et moi...
Et pour cela forger un scénario incroyable !
Je le raconte là : http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2010/08/23/commen...
L'amour vous fait élaborer des stratagèmes inimaginables...
L'année d'après, s'étant séparés, il m'expliquera tout de A à Z, mais j'avoue que je n'eus pas la réaction qu'il souhaitait.
J'avais juste 15 ans et le coeur pas assez grand pour y loger toutes ces choses-là, je crois...
Je vous embrasse.
17:41 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (3)

