04.10.2011
La Bataille de l'Atarax
D'abord, résolution : Vu les gaffes que je commets - ici ou là - à cause de cette satanée maladie, j'arrête mes écrits, que ce soit ici ou sur Facebook, tant que celle-ci n'est pas finie.
Mes (riches) aventures parisiennes attendront.
Mais en revanche, je m'autorise à publier un graphique, qui j'espère parlera tout seul : j'ai réussi, en 8 mois, depuis le début de ma retraite, à passer de 200 mg d'Atarax à 0. Le reste suivra.
Voilà, je vous embrasse.

18:47 Publié dans actualité, moi, psy | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : volonté
09.04.2011
Ma désintoxication
La France est un des plus gros consommateurs d'antidépresseurs et autres antianxiolytiques.
Moi-même, depuis près de 40 ans, je participe au mouvement, cause travail posté. J'ai fait des nuits jusqu'à l'âge de 57 ans, et le début des journées est fixé à 5h45...
Je passe sur ma période 1994/2000, où je prenais 14 comprimés par jour, mais pas n'importe quels comprimés. Par exemple un comprimé de médicament A dosé à 0.75 vaudra trois comprimés dosés à 0.25. Donc, c'est par dizaines qu'il faudrait compter...
Mai 99, j'arrête tout. y compris les somnifères.
Ne tarde pas à arriver une maniaco-dépression, durant laquelle je dois dormir environ 3 à 5 heures maxi par nuit !
Ce n'est qu'après ma TS (février 2003) que je reprends mes doses d'avant 93, mon médecin m'ayant assuré que s'il le fallait, il me mettrait en congé maladie jusqu'à mon départ pour Biarritz.
Biarritz où je suis bien accueilli, ce qui me fait prendre juste une dose de 2.50 de médicament A.
A comme antianxiloytiques.
En octobre 2004, je réussis même un prodige. Ayant fui femme et enfant pour aller me ressourcer dans ma ville natale (la femme était en cure, l'enfant s'était barrée étudier en Bretagne), je me mis à diminuer les doses de A. 2.50 le premier jour, puis 2, puis 1.50, puis 1, puis 0.50 puis...zéro !!!
Ce sera la seule fois de ma vie professionnelle où j'arriverai à cette victoire.
Que je comptais bien exploiter...
Hélas, au boulot la situation se dégrade. D'où un médicament B dosé à 100, en plus de mes 2.50 de A.
En 2005, je commence carrément à grincer des dents ! D'où second médicament B à 100 qui vient s'ajouter aux autres.
2006 : c'est
- la mort de mon père
- la trépanation de mon épouse
- le viol de mon blog au boulot
- l'obligation de partir du Pays Basque.
Là va s'ajouter 1 comprimé de somnifère C et un second A 2.50
Je résume.
A la veille de prendre ma retraite, j'avais
5 mg de A
200 de B
50 de C (somnifère).
A présent que le boulot est fini, je suis en train de redescendre.
Pour B, le plus facile, je suis passé à 175 de B début mars, puis à 150 début avril.
Si tout se passe bien, je devrais me sevrer ainsi :
mai : 125 de B + les autres
juin : 100 de B + les autres
Juillet : 75 de B + les autres
Août : 50 de B + les autres
Septembre : 25 de B + les autres
Fin septembre, ne resteraient que A et C.
octobre et novembre je passerais de 50 à 25 de C.
Puis avant la fin de l'année j'éliminerais le C
Reste le A, que 40 ans de travail posté m'ont obligé à prendre.
Mon but c'est de passer de 5.00 à 2.50. Peut-être moins mais ça serait inespéré
Donc, janvier 4.50
février 4
mars 3.50
avril 3
mai 2.50.
Cela est bien sûr un programme "idéal", qui verrait tout ces mois comme un long fleuve tranquille.
Une crise de mon épouse peut ralentir cette progression.
Mais pour l'instant je suis fier du début de progrès que j'ai fait.
Pour les éventuels médecins : A = Témesta, B = Atarax, C = Stilnox.
Je vous embrasse.
17:25 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : volonté
23.11.2010
La Rencontre (28 décembre 2001)
Donc Pays Basque pour cette fin d'année 2001.
Hôtels retenus, tout bien préparé.
Quand, vers le 21 décembre, ma chère et tendre, qui avait vu un reportage sur les marchés de Noël en Alsace, me supplia de changer de destination. Le cap à l'est plutôt qu'au sud-sud-est !
Ma foi, pourquoi pas, si on trouve de quoi se loger...
On trouva.
Mais... pour qui ne le sait pas, l'Alsace, région si belle et si animée - surtout l'été - se referme complètement sur elle-même du 24 décembre à 16 h au 27 au matin !
Quand le 27 ne tombe pas un dimanche...
Comme ils le disent, "c'est une fête familiale, chez nous"...
Ils n'ont peut-être pas si tort que ça ?
Bref, après avoir passé la soirée du réveillon dans le seul restaurant de Strasbourg qui veuille bien nous accepter (à savoir... le buffet de la Gare - je vous jure que c'est vrai !), avec comme menu de fêtes une choucroute garnie à 59.95 (soit l'équivalent de 11 euros actuels) après nous être baladés le lendemain dans un Strasbourg désert et glacial, dans un Colmar encore pire et surtout l'absence criante, hurlante même de restos ouverts, et surtout "non réservés " j'entends alors ma femme me dire "et si au lieu de rester là nous passions deux jours de plus à Paris ?"
Paris, c'est bien joli, mais encore faut-il trouver- toujours - à se loger.
Je téléphone au Formule 1 Noisy le Grand, interface idéale entre la route et le RER parisien, sans trop y croire :
"vous avez de la chance, c'était complet, et un couple vient juste de se désister..."
Bref, 5 minutes avant ou 5 minutes après, on ne parlait plus de Paris !
La traversée des Vosges sous la neige sera dure. Sans équipement, c'était première/seconde/première. Et à côté, j'entendrai chère et tendre qui me dira "mais double, ah la la, mais tu ne sais vraiment plus conduire..."
Arrivés en bas, à St Dié, ma fille et moi lui disons qu'on ne pouvait pas faire mieux.
Et là, je la vois faire une de ces crises d'hystérie dont elle a le secret, critiquant tous les détails de notrs voyage. " Tu m'as fait dormir dans un hôtel Bonsaï !!! Moi dans un hôtel Bonsaïi (NDR : douche-WC-Télé, quand même ), à présent tu conduis comme un pied !" J'an ai Maaaarre !"
Et quand ma fille et moi lui faisons remarquer qu'au départ il était question de Pays Basque, et que les hôtels réservés étaient, eux très confortables, je la vois qui ouvre la portière, et s'enfuit.
Son truc à elle.
Ma fille et moi nous nous attablons quand même dans une cafet, et devant mon air désespéré, elle me dit, les larmes aux yeux :
"Papa, va vivre ta passion avec Nathalie. Maman ne te mérite pas, et moi je vois que tu es en train de mourir à petit feu... Tu sais je préfère voir un papa de teps en temps mais bien en vie, que de fleurir une tombe..."
Pour moi, c'est une sorte de "feu vert", et le 26 au soir nous sommes à Noisy le Grand.
Le 27 au matin, je pars à Suresnes acheter du vin. Mais auparavant je m'arrête à la Défense.
Soit... à quelques gares de ma bien-aimée par le train direct "DEFI".
Efectivement c'en est un de défi, que je vais tenter...
Je me dirige vers une cabine téléphonique, compose son numéro professionnel.
S'ensuit alors une communication comme rêveraient de l'écrire les scénaristes des States :
« Allo..
- C’est moi, Pat...
- Oui... ( grand silence )
Puis suit une conversation d’un bon quart d’heure où elle me dit que quelque part tout s’était brisé en elle et que maintenant il fallait tourner la page. Qu’elle avait énormément changé, qu’elle n’était plus la même.
Pas gagné.
« Tu sais, je n’aime pas parler de ça au téléphone. Il faudrait que’on se voie entre 4 zieux, et qu’on en discute, si j’ose dire, entre hommes ».
Elle rit.
Un petit rire.
Petit espoir.
Et j’enfonce le clou. « Si tu veux je suis là dans moins d’une heure. »
Elle suffoque.
- Co...Comment , tu es à Paris ? -
- Oui, mais je suis passé par Strasbourg avant..
(encore un petit rire)
- Alors à midi devant la gare."
Et c'est comme ça que j'ai pu enfin la revoir.
Va savoir aussi si je ne m'étais pas monté un cinéma pendant 4 ans, si je ne m'auto-suggestionnais pas, si je ne l'idéalisais pas, si finalement c'était vraiment elle que j'aimais, et non pas une icône.
Va savoir si on peut être séparés pendant des années et toujours s'aimer.
La réponse fut oui, des deux côtés.
Oh, certes elle ne me le dit pas "directement", mais elle n'a pas enlevé ma main quand j'ai commencé à lui caresser les cheveux...
Nous sommes restés ainsi pendant près d'une heure et demie, à parler, parler, parler. Au milieu des voitures calcinées (c'est à Trappes que ça se passe).
J'ai su qu'effectivement son collègue Michel et elle avaient beaucoup parlé de moi. Ce qui pouvait expliquer ses coups de fil.
Ce jour-là elle m'a lancé un message, que je n'ai pas saisi sur le coup.
Qui peut paraître complètement fou, irrationnel.
Qui peut me mener aussi sec à Ste Anne ou à Charenton.
Son message : il était impossible qu'un amour comme le nôtre ne voie pas un jour son aboutissement.
Qu'ici-bas "ce n'était pas la peine" mais qu'on se rattraperait "ailleurs"...
Le fameux "ailleurs" dont je parle depuis déjà pile deux ans...
Elle n'a pas mangé quand on se quitte, moi non plus, et c'est avec mes deux bouteilles de vin de Suresnes que je rentre à Noisy.
Mes nanas étaient inquiètes, surtout ma fille qui se doutait bien d'où je venais.
Sur le moment j'ignorais que retenir de cette rencontre incroyable et du dialogue qui en avait découlé.
Pour moi, une seule chose se vérifiait : nous pensions toujours l'un à l'autre.
( à suivre)
17:10 Publié dans beaux moments, ELLE, moi | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : volonté, dieu, désillusion, nathalie
20.11.2010
Je me décide à aller la trouver (octobre 2001)
C'est pendant ces périodes-là que je fais le plus attention aux chansons. Ainsi me suis-je battu comme un beau diable pour pouvoir acheter le disque d'un jeune inconnu, Frédéric Lerner. A Vannes, ils ne connaissaient pas !
En revanche ils connaissaient Isabelle Boulay, et notamment cette chanson-là :
Tu es comme une odeur Dans un coin de mon cœur Qui me colle aux regrets
Et même t'apercevoir A travers le brouillard Je m'en contenterai
Sur le grand tableau noir La craie de ma mémoire Ne peut pas s'effacer
Et même te voir de loin Dire adieu à un train Je m'en contenterai
Je m'en contenterai Je n'ai pas d'autres choix Tu es le seul été
Qui me sauve du froid Même tes non-dits Et même de ton mépris
Sache que bon gré mal gré Je m'en contenterai
Tu erres en mon chagrin Comme on promène un chien Dans un mauvais quartier
De ces mots de bazar Que t'écris au hasard Sur du mauvais papier
Je m'en contenterai Je n'ai pas d'autres choix Tu es le seul baiser
Que je n'oublierai pas Mon cœur vide de mots Et mon corps, de ta peau
Je m'en contenterai
Dans un coin de mon lit Ton absence est un cri Que je n'ai,pas poussé
Un cri du fond de moi Qui grandit chaque fois Que je crois t'oublier
Jusqu'au bout de ma vie Je me contenterai D'un reflet dans la vie
Je me contenterai De toi par petits bouts
Je me contenterai Je t'attendre partout
Et si je meurs de ça Tu t'en contenteras.
Au boulot, je me contenterais... qu'on me foute la paix ! J'épluche désormais les postes à pourvoir à chaque fois qu'ils sortent, mais je ne vois vraiment rien qui puisse emporter l'adhésion de mes deux nanas.
Et un jour, j'apprends.... qu'Isabelle Boulay va se produire non loin de là, à Lorient. Il reste encore des places. Je m'empresse de les acheter. Une seule, mon épouse ne tenant pas à se déplacer si loin pour une chanteuse et Isabelle ne faisant pas partie de ce que "kiffe" ma fille.
C'est le 27 octobre, et même si je suis loin, très loin de la scène, je chanterai ses chansons en même temps qu'elle. ET je pleurerai à verse, surtout quand elle chantera ma chanson fétiche.
Le lendemain départ pour les vacances de la Toussaint. Cett année ce ne sera pas en solo avec ma fille, mais à trois dans un appartement "Pierre et vacances" à Montmartre, obtenu pour une bouchée de pain grâce au comité d'entreprise.
C'est le 31 octobre que je vais tenter ma chance.
Epouse et fille ont l'intention de faire du shopping, j'ai donc quartier libre.
Prenant mon courage à deux mains, je me dirige vers la gare Montparnasse. D'une cabine, je téléphone de nouveau à ma bien-aimée, juste pour savoir si elle travaille cet après-midi-là.
Là encore, j'entends son "oui", qui une fois de plus me pénêtre jusqu'au plus profond de mon être.
Elle est donc de service. Honteux de ce procédé je raccroche, tout en regardant la Tour Montparnasse au-dessus de moi, des fois qu'il se trouverait des avions dans le coin !
J'entre dans la gare, et le train direct part dans....une minute !
Je n'ai pas de billet, mais si le prix à payer pour la revoir est celui d'un PV, alors aucune hésitation...
Bzzzzzzzz.... Clac !
Les portières se ferment devant moi, le train de 15h09 part... Je n'ai plus qu'à me rabattre sur l'omnibus de 15h37.
Connaissant les horaires de la maison, je sais qu'ils ferment à 17h, et que le train arrivant là-bas à 16h15, c'est encore bon.
Je sors de la gare comme un fou. Par chance, son boulot se trouve juste à côté. Je vois des gens qui en sortent....
Je fonce au poste de garde, qui me dit que ce 31 octobre, exceptionnellement tout le monde a quitté à 16h...
J'aurai au moins tenté !
Je rentre à l'hôtel sur les coups de 18h, une bouteille de vin de Suresnes à la main. Car immanquablement j'aurais droit au questionnaire sur mon emploi du temps, aussi préférè-je, tout en séchant mes larmes, passer par Suresnes pour acheter le dit breuvage. Entre parenthèses, il se défend bien, comme vin...
Raté, donc, et je suis alors persuadé que la prochaine occasion ne se représentera pas de sitôt.
Qu'importe, je suis prêt à tout pour la voir, et du coup, je lui envoie une lettre à son boulot (sur laquelle j'ai bien spécifié "personnel" ), où je lui dis tout. Que depuis 4 ans je ne suis plus qu'une épave qui se traîne, que pour moi, ce n'étaient pas de vaines paroles que de lui promettre le mariage en septembre 2002, et qu'en ce qui me concerne c'est toujours d'actualité...
Une bouteille à la mer, j'attends et espère.
(à suivre)
18:18 Publié dans ELLE, moi | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : nathalie, volonté
10.11.2010
De nouveau autonome
Donc, vacances en Alsace. Bien entendu, c'est mon épouse qui conduit. Et je me dois de dire qu'elle le fait de façon kamikaze...
Déà, à Vannes, elle roule allègrement à 70/80 en ville, à 140 sur la nationale à 2x2 voies, là on arrive au bouquet avec ce parcours. Elle va bourrer à près de 160 sur l'autoroute, afin de s'éloigner le plus possible de Paris.
Mais bonjour le voyage du lendemain ! Dépassements sans visibilité, excès de vitesse incessants, bref, on réussit à parcourir 450 km en moins de 4h (pause déjeuner déduite).
La location est pourrie, située sous un grenier, et la température sera étouffante, jamais le thermomètre ne voudra descendre, même au petit matin, sous les 20 degrés.
Alors ce sera la montagne. Montagne Allemande d'abord, au-dessus de Freiburg-en Breisgau. A 1200m on respire ! Mais, sur le retour, mon épouse brûle un stop en arrivant sur une nationale très fréquentée. La voirure qui arrivait manquera de faire un tonneau pour nous éviter.
Stop. Oui, comme le panneau. Je souhaite mourir, certes, mais pas à finir sur un fauteuil roulant !
Le 15 c'est le corso fleuri de Sélestat, dont elle me parlait sans cesse en en disant que c'était le 8ème merveille du monde. On aime ou on aime pas !
Il y a un monde fou, et c'est toujours sous le cagnard que se déroule la cérémonie. Au bout de deux heures de suée et conversation beauf tendance Sarko avec ses copains Alsaciens connus en cure, je commence à dire à chère et tendre que bon, ça serait bien qu'on bouge de là.
"Non."
C'est elle la chauffeuse, je ne peux rien faire.
Mais elle va en rajouter, me tendant devant l'assemblée de ses copains alsaciens les clés de contact.
"Prends la voiture, si tu as chaud".
Rire général de l'assemblée, sauf ma fille qui a honte. Honte de son père qui n'est même pas foutu de conduire une bagnole. Quel âge avait-elle la dernière fois que je conduisais avec elle à bord ? 13 ans ? 14 peut être ?
Sans rien dire, et serrant les dents, je me dirige vers le parking. J'ouvre la voiture et m'asseois sur le siège du conducteur.
Je reste un bon quart d'heure à me demander ce que je dois faire. Rentrer la queue basse devant ma chère et tendre, ses copains de boisson et ma fille, ou tenter ma chance ?
Je me souviens de la façon dont j'avais appris à faire du vélo.
Contact. Par chance je n'ai pas à faire de créneau. Je roule en première sur une centaine de mètres, puis, sur la grande avenue, j'ose me mettre en seconde.. Ca klaxonne de partout, mais mon tit gars, quand on est au bal c'est pour danser !
Je sors de Sélestat, et là je fais des pointes à 50/60, jusqu'au rond-point de l'autoroute. Je continue sur ma lancée, et je prends alors sur la gauche une route de montagne.
Sauvé ! Car la montagne, c'est là que je suis né en tant que conducteur, et on ne peut pas y passer la 5ème !
Arrivé en haut, vers 700m, je coupe le contact.
Je l'ai fait !
Pendant ce temps, mon épouse s'affole en ne voyant plus la Fiat, et commence à se poser des questions...
La descente se fera encore plus facilement, et quand j'arriverai sur la Nationale, je roulerai presque à vitesse normale (selon le code de la route, pas selon les Alsaciens...)
Et c'est fier comme Artaban que je vais me stationner devant la maison des beaufs, devant ma fille émerveillée et mon épouse très en colère.
Elle le sent, c'est fini, elle n'aura plus cette autorité sur moi. Tel que je me sens, je saurai conduire comme avant d'ici peu.
Je ferai une grande partie de la route du retour, saluant Vitry le François comme la première ville à traverser en tant que conducteur.
Arrivée le soir à Noisy le Grand, dans notre Formule 1 interface, qui fait communiquer à la fois la route et le RER.
Après 5 ans d'interruption, je sais à nouveau conduire....
Mais le temps a passé aussi pour ma fille, car je découvre dans un cahier normalement destiné au français des mots assez osés concernant notre jeune voisin Florian, qui fait tourner toutes les têtes féminines du lotissement.
Notamment cette phrase : "ah, j'aimerais tant voir ton fier pénis dressé..."
A la fin de ces vacances, deux certitudes : Je sais de nouveau conduire, et ma fille est une pure hétéro!
Au passage à Paris, mon sentiment pour Nat est encore plus fort. Car, j’avais oublié de le préciser, son congé-formation n’a bien sûr pas marché (on ne reprend pas ses études à 29 ans, après une si longue interruption) et elle a dû aller là où personne ne voulait. C'est-à-dire Trappes dans la banlieue parisienne..
Elle est donc à moins de 25 km de moi, peut-être même tout près, si jamais elle aussi va passer ce chaud samedi d’été dans la capitale.
Je n’avais pas été à Trappes depuis 1972, j’en avais le souvenir d’une petite cité pavillonnaire sans histoire, à côté duquel notre bâtiment des années 20 faisait une grosse tache.
Pour sortir de la Région Parisienne, j'avais prévu l'itinéraire suivant: Mon épouse d’abord au volant, on prend l'A4, à 2 km de l'hôtel, puis l'A86 jusqu'à Palaiseau puis l'A10 et on rejoint la N10 à Rambouillet où on mangera. De Rambouillet au Mans par la nationale, moi au volant puis jusqu'à Vannes par l'autoroute, toujours moi au volant.
Ca commence pas trop mal, la circulation est fluide pour Paris, on suit l'A86 sans encombre.
Jusqu'à Antony.
A86 coupée. Il faut dire (on l'a vu à Paris la veille) que la moitié des lignes RER et métro sont coupées au mois d'août. Paris, première ville touristique du monde, bravo Mr Tibéri... Donc on suit la déviation, on suit, on suit....
Je n'ai pas besoin de lire ma carte pour voir où on va atterrir. Mais je la prends quand même, et je constate qu'effectivement....on va tout droit vers Trappes! Ma fille prend la carte, elle a compris aussi. Mon épouse, elle, ne comprend que lorsqu'on franchit le panneau " Trappes ".
Dieu que ça a changé ! A présent, le bâtiment de l’entreprise non seulement ne fait plus tache, mais « humanise » le décor.
C’est là que je vois dans quel univers évolue ma Nathalie, cette fille du soleil. Curieusement je pense à son petit cochon d'Inde, que l'on emmenait souvent faire manger un peu d'herbe dans les prés environnants.
Je pense à son cadre de vie, ces lugubres HLM, qu'elle avait cru quitter en 92, et d'où elle n'ose sûrement pas sortir après huit heures du soir...
Deux vies gâchées, par la faute d'une saloperie.
Je terminais ma lettre à l' "ordure" par "va voir tes cocotiers et fous moi la paix ".
Non.
Trop facile.
Je ne lui foutrai pas la paix. Je vais me consacrer désormais à lui bousiller sa vie, comme il a bousillé la mienne. Et celle de Nat. A moins qu’elle s’en soit sortie....
En attendant, à Vannes, c’est reparti avec les réunions ! Pour celle du 27 septembre j’aurais dû prendre un casque….
On me reproche de mettre une mauvaise ambiance avec les chefs de Rennes. Car côté travail, je ne laisse rien passer désormais.
Egalement de téléphoner à mon épouse et à me faire téléphoner par elle. Sic ! Je n’ai hélas rien inventé.
Mais, pire – et là je suis un peu fautif – si je tape mes « mémoires » de chez moi, je tape mon journal « live » de là-bas. Et comme à l’époque je ne connais rien en informatique, bonjour les traces que je laisse ! Il y en a partout…
Enfin le chef me fait savoir qu’il faudrait que j’arrête ma correspondance par mails. Dont celle avec Jean-Yves (mon cousin/frère), qui est heureusement là pour mes fameux « creux ». Il m’est arrivé plusieurs fois de prendre la voiture en pleine nuit pou aller pleurer auprès de lui. Qui est en décalage horaire de 12 heures, ne l’oublions pas.
Bref, on essaie de me couper tous les moyens par lesquels j’essaie de m’en sortir : journal intime, coups de fil, mails. Alors que les autres collègues, eux, ne se gêneront pas.
Mais c’est de bonne guerre : Pour justifier le fait que l’ancien chef devant mon incompétence voulait m’éjecter du centre, à présent que je redeviens compétent il faut trouver d’autres prétextes…
Enfin bref, je ressors de la réunion complètement démoli. Je fais remarquer au passage au tout nouveau chef qui vient d’arriver, et sur lequel j’avais fondé de gros espoirs, qu'à chaque réunion j'ai l'impression de passer au tribunal. Il a l'air très gêné, et ne dit rien.
Un des harceleurs, celui aux doubles initiales, qui avait oublié quelque chose, entend tout ça. Ca ne me gêne pas, et je leur dis " s'il faut que je parte, je partirai... ".
C'est du reste ce que je viens de décider.
Je ne peux pas rester à Vannes, je sais que si je ne demande pas de mutation ou si je ne revois pas Nathalie j’y laisserai ma peau.
Je passerai à l'acte, pour enfin "me reposer", pourqu'on me foute la paix.
Cela devient à présent une question de vie ou de mort...
Je vous embrasse.
14:51 Publié dans beaux moments, moi, psy | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : volonté


