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23/06/2012

72 mes 21 ans

72, c'était l'année où Delpech chantait 62 nos 15 ans. Il avait 26 ans en cette année 62, et là il arrivait à 36, âge canonique où certains commencent à penser "ah, c'était mieux aaavant !"

Mais au fond, qu'en est-il ? Je vais essayer de répondre le plus objectivement possible.

Financièrement, pour moi c'était un plus indéniable.

Je venais de commencer à bosser, c'était ma première année en tant que titulaire et je touchais l'équivalent de 1800 euros 2012 par mois ! soit 10 % de plus que ma retraite ! J'étais nourri logé et du coup je ne savais pas trop quoi faire de mon argent, à tel point que j'en versais la moitié à mes parents...

Un repas au resto, avec entrée + plat + dessert (et non pas l'un des deux, comme je le vois de plus en plus proposer) : 9 euros.
Une nuit dans un hôtel une étoile ? 16 euros actuels.
Le prix du super était à 1.10 euro, mais bon, ça on l'avait déjà vu en 2007...

Se loger ? Je me souviens que cette année-là, mes parents avaient déménagé au Vigan, dans les Cévennes. Mon père partait en retraite (avec l'équivalent de 3000 euros mensuels !) et il avait refusé de racheter le F2 où l'on vivait à Paris. Le proprio en demandait "3 unités", soit 30.000 francs.
L'équivalement de 27.000 euros.
Rue de Buci, à St Germain des Prés, sous les toits donc au calme, allez trouver un trente mètres carrés à 27.000 euros ! On peut à l'aise ajouter un zéro...

On me dira, "oui, mais Paris est à part."
OK. Ils sont arrivés au Vigan, et se sont installés dans un F2 bis de standing (plafonds à moulures) de 70 m2, avec toutes les commodités, plein centre ville, pour un loyer de 160 euros mensuels !! Là on peut multiplier par 3 voire par 4...

Pour se distraire le cinéma à 3 euros la séance nous offrait des films "sortie nationale".
Un livre de poche valait moins de 1 euro...

Bon, en revanche, un poste de télé noir et blanc coûtait 2400 euros ! Couleur dans les 7000...

Un 45 tours, c'était 6.50.
Pas de magnétoscope.
Pas de cassettes vidéo.
Pas évidemment de lecteur CD, d'ordinateur, de DVD...

La photo revenait (pellicule plus développement) à 60 centimes d'euro plus 8 jours d'attentre (10 cts aujourd'hui).

Le film super 8, c'était 45 euros les 3 mn, donc 15 euros la mn ! A présent, un film sur carte SD revient à quelques centimes la minute...

Pour les loisirs donc on repassera !

 

Pour la qualité de vie c'était couci-couça...

A Paris, la pollution était à son maximum, beauoup plus que maintenant.
Les registres météo en font foi : De Roissy, l'été, on voyait la Tour Eiffel environ 1 fois par semaine dans les années 70, à présent c'est quasiment tous les jours !

Les immeubles et les monuments étaient noirs, de même que nos poumons....

Mais c'est vrai que pour le prix d'un ticket de métro (le même prix qu'aujourd'hui, la RATP a toujours suivi l'inflation) on pouvait se retrouver dans la campagne ! A présent, le Parisien, s'il veut voir des vaches doit aller à Vauboyen, après Versailles, sur la ligne de Massy-Palaiseau. 25 bornes quand même.


Côté "province", même s'ils étaient lents, chaque village était relié à la ville la plus proche par un autocar, voire un train.  Comme c'est le cas actuellement à 25 km de chez moi, en Suisse :))

A présent, terminé. Sans voiture on reste "prisonnier" si on n'habite pas au minimum un bourg de 3000 habitants.

Mais il faut dire que les routes de 1972 (la moitié étaient pourtant classées "nationales") n'étaient pas de la même qualité que celles de 2012.
J'avais, avec des collègues de travail, fait la distance Lorient-Trappes en voiture. Le copain n'était pas du genre à rouler doucement, d'autant que la vitesse n'était pas limitée. N'empêche qu'il a fallu près de 10 heures...
En 2003, pour faire la même distance (moins 50 km) j'ai mis 4h30, sans prendre l'autoroute. Donc 5h pour Lorient, la moitié de temps (en risquant mon permis, c'est vrai).

Pour se ravitailler, 1972 voyait l'âge d'or des hypermarchés et des supermarchés, qui se montaient à toute vitesse. Ici (Ouhans) se trouvaient 10 commerces. Un seul subsiste, l'été : le magasin de souvenirs, près de la source. C'est vrai que 170.000 visiteurs annuels ça ne se loupe pas !

Pour se soigner, c'était l'âge d'or pour la médecine de ville.
Au Vigan (4400 habitants) 14 praticiens... la moitié aujourd'hui, alors que la population a vieilli.

Pas problème pour aller à l'hôpital, il y avait des places, mais c'était vraiment très spartiate et les soins étaient moins "de pointe" qu'aujourd'hui.

C'était l'âge d'or aussi pour les maladies mortelles. Disons l'absence de maladies mortelles.  Ces grandes maladies qui faisaient peur avant 1900 avaient presque toutes disparu, bien sûr il restait ce maudit cancer.

Mais le Sida est arrivé en force dès le début des années 80, et le concept "d'amour vraiment libre" n'existe plus. Pour moi, mettre le machin divise le romantisme par 10, et que dire pour la demoiselle...
Mais c'est obligatoire, même si le Sida tue nettement moins qu'aujourd'hui (impossible de trouver les vrais chiffres sur la Toile...)


En revanche, dans un tout autre domaine, si je voulais téléphoner en 1972, il y avait une cabine téléphonique locale dans chaque village (mais dans chaque village il y avait une poste.... un bureau de poste pour 10 villages aujourd'hui !) et les fameuses "cabines jaunes" interurbaines étaient très disséminées. La plus proche du Vigan se trouvait à Sumène (10 km) et il fallait donc faire ces 10 km pour téléphoner loin sans se faire "taxer" par la poste. Les tarifs étaient quand même prohibitifs, du style l'équivalent de deux euros la minute...
A présent, c'est 100 fois moins, sans même se déplacer ! (1)

 

Enfin, en 1972, je ne pouvais pas :

• consulter ma banque en direct, y faire des virements.
• savoir la météo exacte de mon patelin.
• envoyer du courrier et en recevoir, en quelques minutes, gratuitement, et sans passer par la Poste, même si à l'époque ça existait encore.
• consulter les horaires de train ou d'avion et acheter des billets.
• commander des marchandises.
• confier mes états d'âme au monde entier (ce que je fais là...)
• savoir où le carburant est le moins cher autour de ma commune.
• sur le même appareil soit écouter la radio, regarder la télé, écouter des chansons, regarder des films...

 

Bref, l'ordi et internet n'existaient pas.

Il fallait attendre encore 9 ans pour le second (2), et une bonne douzaine d'années pour voir arriver les premiers...

Alors, 72 ou 2012 ?

Je dirais 72, car j'avais 21 ans...;-))
C'est pour ça que la plupart des gens pensent que "c'était mieux avant". Tu m'étonnes...

je vous embrasse

 

(1) Sosh d'Orange.
(2) Le Minitel

09:27 Publié dans moi, Science | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

intéressant cher Cica cette comparaison 1972 et 2012, pour moi qui ai commencé à travailler en 1973 la grande différence c'est la difficulté pour les jeunes en 2012 de trouver un vrai travail.
Quand je dis vrai travail c'est qu'aujourd'hui dans plus de 80% des cas on leur propose au mieux des CDD (c'est le cas de ma fille actuellement) pour beaucoup de jeunes il faut attendre des années pour avoir un CDI. A l'inverse dans mon cas personnel, en 1973 sans avoir de gros diplômes, j'ai trouvé assez vite un job et à l'époque les CDD n'existaient pratiquement pas.

Écrit par : Renaud | 23/06/2012

Exactement ! Les jeunes d'aujourd'hui sont sous-payés par rapport à notre époque. Il y avait bien un SMIC, ridicule, mais personne n'était payé au SMIC, c'était juste un garde-fou.
Ma fille a été dans le cas de la tienne : 2 ans de CDD... au SMIC, puis finalement un CDI à 1300 euros, et à partir de ce moment-là ma fille a fini par être guidée vers la sortie, elle "gagnait trop"... Heureusement elle connaissait ses droits et a évité la démission, qui ne lui laissait aucune indemnité de chômage !

Écrit par : Cica pour Renaud | 23/06/2012

Marrant :)
J'aime bien ce genre de comparatifs!
Bises.

Écrit par : CriCri | 23/06/2012

Les commentaires sont fermés.