Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/05/2012

Parité en politique : pas si simple...

J'ai entendu l'inérrable François Copé annoncer qu'il (je cite) préférait payer des millions d'euros d'amende prévus en cas de non-respect de la loi sur la Parité (on présente autant d'hommes que de femmes aux élections) plutôt que de perdre des circonscriptions "sûres" tenues par des hommes.

Ce genre d'argument aurait tendance à me révolter, oui aurait, si à une certaine époque, je n'étais pas passé par là...

Je sais que cette note (pour laquelle j'invente une nouvelle catégorie "non-poliquement correct") ne va pas plaire aux dames, aux féministes en particulier, dont Captainelili qui va me gratifier d'un com vengeur.
Mais j'assume.

Voilà l'affaire, comme disait Gainsbourg.

En 2007 je suis entré au Modem du Jura. J'étais content qu'on nous propose une autre alternative que les voraces de l'UMP (qui à l'époque s'appelait encore Union pour la Majorité Présidentielle - le "mouvement populaire" viendra ensuite comme ce fut le cas dans les années 60 avec l'UDR passée en 69 de l'Union pour la Défense de la République - mai 68 leur avait fait si peur ? - à l'Union des Démocrates de Progrès) et les mous du PS, tel Perny dans le département, qui n'avait que "non" à la bouche, quelle qu'était la question.

Mais, quelques semaines plus tard, je vis arriver chez moi le directeur de l'Office HLM de LONS (dépendant donc de la mairie UMP de Jacques Pélissard) qui, ex-UDF, s'était retrouvé modem.
Et il me dit en substance que bon, l'épisode Bayrou c'était bien, mais qu'à présent il fallait "grandir", et penser aux réalités. Lesquelles réalités étaient les cordons de la bourse, tenus par l'ex-UDF, qui n'entendait pas rester si "ex" que ça...
Bref, que dans le Jura, si on n'était pas viscéralement de gauche, il fallait rentrer dans le giron de la droite. Après certes, une belle parenthèse, me reprécisa-t'il.

Après l'avoir mis - en douceur - à la porte, je renvoyai aussi sec ma carte du Modem.

Le jeune homme chargé du Modem m'en demanda alors les raisons, que je lui expliquai.

J'avais bien l'intention de clôturer une expérience politique venue sur le tard (57 ans) et brève, quand il me fit part d'une liste qui était en train de se constituer.
La "liste indépendante et citoyenne pour un souffle nouveau", dans laquelle seraient groupées toutes les sections politiques, du PS à l'UMP en passant par ceux qui comme moi avaient cru au centrisme.

Première réunion en décembre.

Et c'est là que le "problème" a commencé.

On devait être 33 candidats. 17 hommes et 16 femmes, ou l'inverse.
En un tour de table les 17 candidats furent trouvés.
Mais pour ce qui est des candidates, on arrivait difficilement à 5. En comptant mon épouse, qui au départ, n'avait pas voulu se lancer dans l'aventure...

Et on se mit à chercher des femmes....

Bien sûr, les jeunes mères de famille se retranchèrent derrière leurs charges, s'occuper de leurs gamins tout en bossant. Pas possible de participer à des réunions quotidiennes.
Ma foi, c'est un argument qui tient la route...
Tout en sachant que pas mal des mecs de la liste bossaient à parfois 50 bornes de chez eux, et qu'ils étaient partis à 7h le matin pour rentrer à 19h le soir. Mais bon...

Il n'y avait pas que les jeunes mères de famille. restaient quand même celles qui n'avaient pas d'enfant, celles dont les enfants étaient élevés, et les retraitées. Du reste, l'âge moyen des mecs dans la liste était de 58 ans !!! Une grande majorité de retraités.

Alors on chercha la femme...

Et ce n'est finalement qu'au bout de deux mois, la plupart d'entre elles ayant annoncé la couleur ("on veut bien être un nom, mais sans plus, vous ne me verrez pas") qu'on arriva à notre quota réglementaire de 16 femmes.

La plupart tinrent parole. Lors des réunions quotidiennes, entre 19 et 20h, environ une dizaine de personnes participaient, 7 à 8 mecs, 2 à 3 dames.

Lors de nos 6 "meetings", la même chose.

Quand même, je les interrogeai l'une après l'autre, une fois quelques lien tissés. Lesponses étaient toujours les mêmes : "la politique c'est un truc de mecs, ça ne nous intéresse pas" ou"on n'a pas le temps de venir, on doit s'occuper de nos maris-nos enfants-nos petits enfants (rayez la mention inutile)" mais la pire raison, souvent invoquée, fut celle-ci "pour faire quoi ? je ne me vois vraiment pas au conseil municipal, c'est une affaire d'hommes"...
Et oui, Lons le Saunier, c'est une ville à la campagne avec certes tous les avantages mais aussi, on le voir, tous les inconvénients !

Notre liste, qui s'est créée sur le tas, obtiendra 10% des voix.
Quitte à me faire incendier, je maintiens que si on n'y avait mis que des personnes ayant un projet et qui voulaient sy' impliquer à fond, on en aurait eu le double, et Pélissard, pour la première fois, était en ballotage...

Je trouve absurde cette histoire de "quotas", quels qu'ils soient. Il faut laisser les gens aller vers leurs aspirations, sans chercher de quel sexe ou couleur de peau ils sont.

Par exemple, je suis permanent à la bibliothèque du village. Nous sommes une douzaine, 2 mecs et 10 femmes. Elles font ça très bien. L'une des femmes a mis au vote une propisition visant à instaurer la parité parmi ces permanents, afin de mieux refléter les différents lectorats.
Refus à presque l'unanimité ! Et oui, chacun son truc...

Dans cette affaire, Hollande a su manoeuvrer avec habileté avec sa parité absolue. Sauf si on fouille on peu trop ! Les hommes ont 10 ministères et 7 sous-ministères. L'inverse pour les femmes...

Attendant de pied ferme les commentaires féminins, je vous embrasse.