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26/09/2010

les 50 interprètes de la période 63/74 selon SLC : Hugues AUFRAY

Oui, Nathalie, les visiteurs, c'est bien joli mais on est dimanche, jour des chanteurs !
Aujourd'hui Hugues Aufray, donc.

Il commence sa carrière timidement.
1er disque en 1959, co-chanté avec 3 autres interprètes, Ecoute mon coeur. Puis, toujours en 59 la complainte de Mackie.

C'est en 61 qu'il va décoller. D'abord avec San Miguel, puis son fameux Santiano, chanson indémodable malgré ses 49 ans. Y avait Fanny qui chantait date aussi de cette année-là.

Puis, un seul 45 tours par an.
62 le verra chanter, comme Richard Anthony, j'entends siffler le train, mais avec moins de succès.

En 1963 sortira je reviens, autre chanson indémodable, et toujours chantée par son interprète lors de ses concerts.

Ce n'est qu'en 1964 qu'il commencera à avoir une production plus régulière.
En février Tout le long du chemin, très écoutée mais pas classée, son premier classement sera la face B, n'y pense plus tout est bien. 15 ème en mars. Début d'une ascension qui va durer deux ans et demie.

Il réalise un doublé (deux chansons d'un même 45 tours classées) en mai avec dès que le printemps revient (22ème) et ma préférée à bientôt nous deux, 15 semaines dans les 25 premiers, numéro 9 en septembre.
Triplé à l'automne avec debout les gars, nous avons beaucoup dansé, et surtout pends-moi, 14ème en décembre.

Pour l'année 64, Hugues Aufray est enfin reconnu par les "copains", et prend la 11ème place. Septième côté masculin.

En 1965, Le rossignol anglais se classe 14ème en février, et encore un doublé au printemps :
Dou wackadou 11ème en juin, on est les rois 8ème en juillet.
Re-doublé (du reste je re-doublais moi aussi cette année-là !) à l'automne avec je croyais, 12 ème en octobre et l'homme orchestre, 5ème en novembre.
Pour cette année 65, il est classé 10 ème (6ème chez les zomes).

1966 sera son année.
Il va démarrer en trombe dès janvier avec encore un doublé : cauchemar psychomoteur, 5ème le mois suivant et la fille du nord 18ème en mars.
Il continue au printemps avec l'épervier (17ème en mai) et les crayons de couleurs (8ème en juin).

Et à l'automne, son plus grand tube.

Je me souviens bien de ce jour-là, tous les dimanches je notais scrupuleusement les hits de Salut les Copains sur un cahier rouge. Et là, entrée fracassante de Céline, directement 3ème le 15 septembre. Numéro 2 le 22, mais hélas, le 15 avait vu aussi arriver Noir c'est Noir en 8ème position. Céline sera barrée pour la première place (tout le monde croit qu'elle a été numéro un) par cette chanson-testament de Johnny.
Signalons pour décembre la blanche caravelle qui obtiendra une 6ème place bien méritée.

Sur l'année, Hugues Aufray est à son zénith, 4ème, derrière Johnny, Cloclo et.... Dick Rivers !

Début 67, il faut ranger ta poupée, n°6 en février/mars. Puis, ce qu'il faut bien appeler le scandale. J'ai, cette fois, pris la plume pour écrire à la rédaction de SLC.
Car en avril sort un de ses plus beaux 45 tours avec De velours noir, mon frère et le sublime près du coeur les blessures.
Qu'a classé SLC sur ce 45 tours ? C'est tout bon, une chanson-pub de m..., indigne de l'ami Hugues, pub pour Jean-Claude Killy, dont on pressentait qu'il brilllerait aux JO de l'année d'après !!

Doublé à l'automne avec Chloé (19ème) et voilà mes conditions (8ème).
Un autre 45 tours suit : doublé encore ! Avec je ne pourrai t'oublier tout à fait, 12 ème en décembre ainsi que  et si moi je ne veux pas, tout juste 25ème en février 68.
Pour cette année 67, avec quand même 6 disques classés, Hugues Aufray rétrograde à la 10ème place.

Une chanson primesautière pour commencer l'année 68, des jonquilles aux derniers lilas, 12ème pendant le fameux mois de mai.
A l'été c'est le petit âne gris,  qui ne dépassera pas la 11ème place.
Curieux aussi de constater que Adieu Monsieur le professeur ne sera que 12ème. Des tubes à présent reconnus, passés en boucle sur les radios "nostalgiques".
68 aura vu deux des chansons-fétiches d'Hugues Aufray, mais il ne bougera pas de sa 10ème place en tant qu'interprète. Ce sera la dernière année où il sera dans les 20.

A partir de là, le déclin commence.

Un mur un ruisseau des jardins et des fleurs ne fera qu'une courte apparition en juin, sinon, l'année 69 sera vierge. Si j'ose dire lol !

1970 débute pourtant par une chanson magnifique Je voudrais mourir avant toi. Qui sera 4ème en juin. Quand même !
Puis ce sera une chanson intellectuelle, moi et mon camion qui atteindra la 10ème place en décembre.

1971, année blanche. Beaucoup - dont bibi - pensent qu'il a terminé sa carrière.

Que nenni, il nous revient en 1972 avec on n'est pas heureux (classé 10ème en avril) et Lila, que j'adore.
A l'automne il adaptera la très belle chanson de Peter Skellern you're my lady, mais la copie ne fera pas mieux que la 19ème place en décembre.

Et en 1973, une chanson dont on se souvient très bien, hasta luego, tout à fait dans le style - particulier - de l'année (ta-ta-ta ta-ta-ta). 18ème en juin.

En 74 il ne classera aucune chanson, alors que jolie fanny aurait bien mérité de figurer dans le hit.

Sur la période 1964/73, avec pas moins de 34 chansons classées, il occupe le 9ème rang. 6ème chanteur masculin, derrière des Grands : Johnny, Clo-clo, Richard Anthony, Adamo et Eddy Mitchell.
Mais il est devant Polnareff et Joe Dassin.


Et ensuite ?

Sa carrière va continuer longtemps, très longtemps.

A noter Tchin tchin tchin en 76, Dernières vacances en 77, Barco de papel en 78, Emilie Emilia en 79, Mes vieux trucs de cow-boy en 1981, bye bye Tahiti en 83, Dieu que c'est dur d'être modeste, sortie en 84, tu t'en iras en 1987 ainsi que SOS America.

Plus d'enregistrements ensuite (sauf des live).  A la fin des années 80, il a alors près de 60 ans!

Mais il continue la scène, y compris actuellement, alors qu'il a eu 81 ans en août dernier.
Chapeau l'artiste :)

Rendez-vous dimanche prochain pour parler du regretté Mike Brant.

Je vous embrasse.

 

25/09/2010

10.115

Il ne faut pas se voiler la face, quand on ouvre un blog, c'est dans le but de se faire doublement plaisir.

- D'abord plaisir d'écrire, se raconter, de faire partager des moments de vie.
- Et aussi d'être lu !

Quand j'étais animateur de radio, je me sentais nettement plus "engagé" quand le nombre d'auditeurs en direct était proche de dix mille que de... dix tout court ! Même si dans tous les cas je mettais du coeur à l'ouvrage.

Pour les blogs c'est pareil.
Quand je suis arrivé ici, après avoir un peu claqué la porte de mon ancien site, je n'en menais pas bien large. Et encore je ne savais pas que, peu à peu, je serais si facilement oublié. Mais bon, comme dirait Brigitte, on ne va pas faire une polémique là-dessus. Pour eux j'ai tort, forcément tort, pour moi ce sont eux.

Bref, ne plus songer au passé, ni à l'avenir (un concept qui n'existe pas) mais au présent.

Et là je me dois à nouveau de vous dire un grand merci.
Car 10.115, c'est tout simplement le nombre de pages que vous avez lues dans mon blog depuis son ouverture mi-juillet. (3274 selon la police).

On ne peut même pas faire l'opération : 24 septembre/18 juillet ça fait 67 jours, donc 10.115/67 soit 150 pages par jour.

Non, les débuts ont vraiment été très difficiles.
Je peux vous dire par exemple (c'est bien les stat dans Hautetfort) que mes toutes premières notes vous ont laissées de marbre ! 13 pages lues par jour pendant cette période.

Puis peu à peu, j'ai progressé parmi vous.
Pour les 13 jours de juillet, le chiffre est monté à 95.

Pour le mois d'août, mois pourtant peu propice à la lecture des blogs, malgré mes absences pour cause de boulot, c'est 131 pages de mon blog par jour que vous avez lues.

Et enfin, depuis début septembre, on en est à 188.

merci-anime.gifà vous (mais il tourne pas mon merci, ah zut alors, pourtant c'est un point gif !) d'être intéressés par mes humbles écrits, et j'espère que l'avenir, qui ne s'annonce pas rose virtuellement parlant (il me reste 11 jours d'ADSL....avant l'inconnu) ne fera pas trop baisser ces chiffres, vraiment encourageants.

Je vous embrasse.

 

16:24 Publié dans Blog, Merci, moi | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : audience

22/09/2010

Survol

Je viens juste de passer dans mon ancienne "rue", celle des blogs, chose que je ne fais désormais que rarement.

La bonne nouvelle : une bloggueuse de là-bas, qui avait chopé une sale maladie, est à présent guérie.

 

Sparkling_Champagne_Holidays.jpg

 

Mais la mauvaise, c'est que je m'y sens désormais mal à l'aise... Je sais que pas mal m'avaient accompagné au début de mon aventure Hautetfortienne, mais ils se sont raréfiés, ce qui est normal.

The show must go on, la vie continue là-bas, mon absence a été vite comblée...

Après tout, c'est une réaction très humaine, que je ne critiquerai pas.

Voilà pour ce petit entr'acte imprévu au milieu de ma Nathalite aiguë, mais d'apprendre de bonnes nouvelles comme ça, je n'ai pu m'empêcher de vous le faire partager. Ca compense tout le reste !

Je vous embrasse.

20/09/2010

question aux lecteurs

Une lectrice assidue vient de me dire qu'il lui était impossible de me commenter, ce qui expliquerait le ratio visites/commentaires très bizarre.

Je vous demanderai, si jamais vous voulez me commenter sur telle ou telle note, et que vous n'y arrivez pas, de me le dire par mail

pomponbasque@hotmail.fr

Merci d'avance de votre aide.

Cicatrice.

 

17:32 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : internet

Le cul de ma valise (1992)

Hyper important, les collègues. Tu dois bosser avec eux, et vaut mieux qu’ils soient sympas. Par chance, jusque là, je me suis toujours plus ou moins bien entendu avec tout le monde. Je me suis même fait des amis on l'a vu.

C'est Christine, mon autre collègue qui a accueilli le remplaçant.

« Alors ? Le nouveau ?
- tu verras »
qu’elle répond sur un ton laconique.
Je verrai, effectivement.

Il va vite se révéler  être un parfait connard. Pas méchant mais autoritaire. Velléitaire plutôt. Apparemment il se prend pour le chef de centre. Déjà il a un mode de vie très spécial: il ne veut absolument pas entendre parler d’habiter en ville, se considérant à Mende comme « en pénitence ». Il est persuadé qu’il aura une mutation en mai, et pas n’importe où, dans son jardin, chez lui, à Nîmes s’il vous plaît !

Et à partir de là va «camper» au centre, c’est à dire y coucher ! Pour cela il va donc grouper ses journées, ce qui aura pour effet de nous emmerder au maximum Christine et moi.

En résumé tous les deux prions pour qu'il se barre le plus tôt possible, mais en ne se faisant pas trop d’illusions. S’il demande Nîmes, il peut attendre 5 ans au moins. Christine le demande depuis qu'elle est arrivée (1985) , et si jamais un poste s’y ouvre il sera évidemment plus pour elle que pour lui. Mais lui y croit dur comme fer et nous dit sans arrêt «tu verras  le cul de ma valise».

Si ça pouvait être vrai !

Ce premier semestre 92 sera celui où je me barrerai sans arrêt de Mende.

Pour décompresser. Partout. Au moins 6 ou 7 fois jusqu’aux grandes vacances.

La première c’est fin janvier/début février où j’ai 4 jours, direction Avignon et la Camargue.

Mais de retour à Mende, la situation empire de jour en jour. Ce n’est plus le chef qui commande, c’est carrément le nouveau, Denis, puisqu'il faut bien l'appeler par son prénom.

Huit jours après, deuxième départ. Notre fille devait aller faire du ski dans le coin avec l'école, mais elle n'y tient pas. Et a le droit de rester avec nous.
Je pose alors ces 4 jours et direction Lons le Saunier (et oui...j'y avais déjà mes habitudes depuis 1985), puis Annecy. Voir un couple que j'avais connu à Embrun, les ayant invités - avec un autre couple - dans mon F2 des hautes-Alpes. Je couchais par terre, dans la cuisine !
A présent, c'était le directeur de l'hypermarché Géant d'Annecy. Et on le sentait bien...
Il ne devait plus se rappeler du temps où je lui avais prêté 1000 F, tant il était dans la gêne.

Quand on revient à Mende, on en est toujours au même point. Visiblement ça ne peut pas durer comme ça. De plus j'ai depuis janvier un mal de dos terrible, je devrai faire 3 séances de kiné par semaine (où j'en suis là !)

Cerise sur le gâteau, notre propriétaire parle de plus en plus de nous mettre à la porte en février 93. Elle doit nous envoyer le préavis avant le 1er août.

Bref, c'est la joie ! En plus je n'ai plus de radio, Nostalgie Lozère ayant mis les clés sous la porte. Pas rentable pour un potentiel d'audience si petit.

A tel point que je manque de poser une mutation.

Que j'aurais eue, vu mon ancienneté et mon grade....

Le "raseur", sans vergogne, n'hésite pas une seule seconde.
Un poste vient d'être créé à Nîmes - et dans quelques autres centres - c'est "polyvalent". ce que je fais depuis que je suis à Lons. Mais pour faire ce boulot - bien payé - il faut quand même savoir tâter de tout. Ainsi moi-même, à l'époque, je n'aurais pas pu le faire, me manquait l'expérience aéronautique.

Il ne manque pas de souffle en tout cas, et est vraiment persuadé que ce poste, demandé seulement au bout de 4 mois, il l'aura...
Christine n'est pas du tout intéressée par ce genre de poste, où il faut être sans cesse à gauche et à droite.

Mais les mois à venir s'annoncent meilleurs.

D'abord le chef va partir en retraite, pour être remplacé par quelqu'un que je connais, Michel, que j'ai interwievé à Gap, le chef de Briançon ! Et Je l'ai mis au courant pour "le raseur".

Ensuite une radio RCF se monte, et je pourrai enfin retrouver mes chères platines !

 

Mai arrive.  Je vais comme d’habitude à Aix en réunion syndicale, le lendemain doivent avoir lieu les mutations. Je n’y crois pas trop, mais espère vraiment de tout mon coeur que Denis s'en aille!
N’importe qui plutôt que lui...

C'est dans la cabine de la gare de Nîmes que j'appelle le répondeur du syndicat, pour savoir.

La liste s’égrène, le suspense est horrible. Et j’entends  la phrase tant espérée, tant attendue:

« Denis R..., Nîmes Agent polyvalent... »
Je pense que les voyageurs Nîmois ont du me prendre pour un cinglé quand ils m’ont vu sauter de joie dans la cabine.
Mais je retéléphone, car ....il ne m’a pas semblé entendre parler de Mende ! Je réécoute, encore le suspense,  et là... effectivement  personne pour Mende.

C'est quoi ce bordel ?

Finalement la direction nous dit qu’elle ne peut pas faire grand-chose, vu qu’aucun candidat ne s’est porté volontaire sur Mende. Il est donc envisagé un emploi réservé. Comme Denis. Des anciens militaires qui ont fait 15 ans, touchent une confortable retraite (environ 1000 euros, actuellement) et viennent cumuler en se prenant pour des caïds. Oh que j'en ai connus des comme ça...
Christine et moi pas très contents, on a déjà donné, mais ça sera mieux que rien, pensons - nous.

Et arrive la première émission de radio en direct, un lundi soir. Ce sera ma tranche, de 17h30 à 18h15.

Là, ça passe très bien, ce genre de choses c'est comme le vélo ! 


Christine et moi on compte à présent les jours qui nous séparent de la sortie conjuguée du duo - de plus en plus - infernal chef/Denis. Notre futur chef nous a demandé de lui chercher une maison, qu'il prendra sans même venir la voir ! Il a rudement confiance en nous, c'est bon signe...


Mi-juin, on apprend que contre toute attente, l’emploi réservé sera en fait une sortie d’école.

A qui, me dit Christine, il faudra tout apprendre. Ce qui n'est pas faux, car notre métier évolue très vite d'année en année. Et elle rajoute :
"Il a pas intérêt à la ramener, le mec qui va venir, après tout ce qu'on a supporté..."

J'opine du chef (si j'ose dire).

Le mec s'appellera... Nathalie.
Laquelle arrivera le 18 août.

Va pour Nathalie, pour moi pas de problème pour bosser avec des femmes. Surtout avec la petite vacataire de l'été, Valérie, qui affole le personnel masculin avec son méga-décolleté et sa voix sexy...

Plus de mon âge de toutes façons, tout ça ! J'ai déjà 41 ans, mine de rien et il y a bien longtemps que ce côté-là, je me suis "rangé des voitures" ! Le vieux pépère, avec sa collection de timbres et sa balade du dimanche, bientôt je serais mûr pour "Question pour un champion".

Départ pour Amsterdam début août. Dernières vacances de que j'appelle à présent "ma préhistoire" : janvier 1951/aout 1992.

(à suivre)

 

 

12:23 Publié dans moi, Ras-le bol | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : travail

19/09/2010

Finalement on s'habitue (1985/1991)

C'est le titre d'une chanson de Guichard, mais le sens des paroles n'est pas du tout le même.

Peu à peu le calme reviendra, ponctué de crises de plus en plus espacées.

Nous quittons Embrun en 1987, sachant que ce centre est condamné à fermer. Et c'est en Lozère, à Mende, que nous atterrirons.

Ville qui a besoin qu'on gratte un peu pour se donner entièrement. J'en connais des comme ça... Le touriste pressé qui traversera Mende un guide à la main n'aura rien vu de ses secrets, comme par exemple certaines cours intérieures ou des escaliers monumentaux. Sans parler des toits, il faut lever les yeux quand on se balade dans Mende ! Voire dans certains cas les baisser

6595113.jpgne serait-ce que pour accéder à ceci, les eaux souterraines se faufilant parmi les vieilles maisons.

Pendant 5 ans, à chaque fois que j'irai au boulot (à pied) je me dirai "mais qu'est-ce que tu as comme chance d'habiter un endroit pareil" !

La montagne et le midi, tout ça réuni. La Montagne parce que Mende se situe à 750m d'altitude. On le sent bien l'hiver !

Le Midi parce que Mende est plus au sud que Montélimar.

 

Je ne mettrai pas longtemps à me retrouver derrière les platines, d'abord dans une locale, Mende-Radio, puis carrément sur Nostalgie-Lozère où j'animerai une émission intitulée "la nostalgie des auditeurs".

Je me ferai aussi des amis, surtout un qui sera en plus mon collègue de boulot. Je serai témoin à son mariage en 1990.

Le boulot, pépère. On n'est que trois (plus le chef) et grâce à un savant saucissonnage des heures, on arriver à bosser 5 jours par semaine, tout en commençant à 6h15 !
En 1989 je passerai un concours, l'équivalent de celui de directeur d'école, et je serai 4ème.
Cela aura un effet immédiait sur la paye....

Notre fille a trouvé une école, une petite école située à quelques centaines de mètres de chez nous.

8703.JPGOn la voit ci-dessous faire sa première rentrée, en mars 1987.
Elle n'a même pas deux ans et demie, mais semble ravie de l'expérience !

Nous habitons dans un superbe duplex, que nous louons pour une bouchée de pain (l'équivalent de 400 euros actuels), avec une superbe vue sur les montagnes toutes proches.

Oh, certes beaucoup moins spectaculaires que celles des Hautes-Alpes, mais aussi plus accessibles.

Tiens, pour répondre à Cri-Cri sur son com du 17, il m'arrivait souvent de grimper en haut de ladite montagne (1045 m) par un chemin de croix, et de redescendre par la route. Route que les cyclistes connaissent bien sous le nom de "montée Jalabert"...

Deux points noirs ont jalonné ces 5 années 87/91 : d'abord ma santé, une anémie causée par des hémorragies anales, qui me verra passer 8 jours à l'hôpital pour me faire transfuser. Mais une fois l'anémie passée on s'attaquera au vif du sujet, c'est à dire...mon anus. 
A présent je peux le dire, à tous ceux qui l'envisagent, que ce soit vraiment une question de vie ou de mort. Car cela fait horriblement mal, et pendant des mois et des mois.

Et aussi, comme je l'avais dit, l'éviction de mes parents par ma chère et tendre, qui se sont retrouvés dehors sous la neige le jour de Noël qui ont dû prendre un taxi pour revenir chez eux.
C'est ce jour-là que je me suis dit que tôt ou tard, je me séparerais de on épouse. Mais avant cela, il faudra la fin des crises, et surtout l'accord de ma fille. C'était du long terme, l'horizon 2000 environ.

Mais on n'en était pas encore là. Néanmoins je cessai tout contact charnel avec elle. Pas si difficile finalement à supporter pour un homme, pour peu qu'il ait de bonnes revues à sa disposition !

Sinon, un truc qui apparemment ne m'avait pas trop marqué : le passage à la télé en juin 1991. Tous les midis je regardais sur la 5 "que le meilleur gagne", et je me surprenais à répondre à toutes les questions. "si tu es si malin, inscris-toi" me dit aimablement mon épouse, persuadée que je ferai un bide devant les caméras. Or c'est le contraire, les caméras me stimulent !.
Je m'inscris donc et me retrouve avec 199 autres personnes dans un immense studio à Paris.
Je me hisse sans trop de peine dans les 10. Puis avec encore moins de peine dans les deux finalistes. Et c'est moi qui - en me fichant tant que je pouvais de Nagui au passage - répondrai au plus de questions....

Bref, en ce mois de décembre 1991, mon ami-collègue est muté pour Toulouse. Et à partir de janvier, ma collègue Christine et moi allons en baver...

Mais c'est une autre histoire !

les 50 interprètes de la période 63/74 selon SLC : ANTOINE

O- yé !

Antoine a interpellé deux générations distinctes : les quinqua/sexa, avec les fameuses élucubrations, et les djeunns avec le tube de 1999 Atol les opticiens.
Précisons qu'Atol est un des rares à avoir arrêté les délocalisations pour faire fabriquer ses lunettes chez les seuls qui savent le faire : dans le Jura :)

Bon, mais, Antoine ???

Son premier disque est sorti en novembre 65. Avec déjà deux "locomotives", Autoroute Européenne n°4, qui aura une très honnête 33ème place en février 66 - pas mal du tout pour un premier disque, je ne plaisante pas, là - et la guerre,  qui, à l'instar de Chez Laurette de Michel Delpech ou Toute la musique que j'aime de Johnny fera un bide intégral à sa sortie mais deviendra, des années après, une chanson-culte.

La grosse blague de début 66 était "combien de semaines les élucubrations ont été numéro un à SLC ?"
Réponse : zéro ! Il arrivera numéro 2 début avril, pas mieux !
Johnny, en perte de vitesse, avait sauté sur l'occasion pour se payer Antoine et les Beatnicks, qui voulait "le mettre en cage à Médrano ! "

Antoine, lui, continuait, avec je dis ce que je pense, directement 3ème en mai, tandis que ses musiciens, les problèmes (Antoine était Centralien) lançaient les contre-élucubrations problématiques qui se classeront 7èmes en juin.
Mais ils auront plus de succès sous le nom des Charlots....
7ème place aussi pour Antoine avec un éléphant me regarde en août.

Mais les chansons engagées ne seront pas le fort d'Antoine parce que je vous ai compris votez pour moi ne dépassera pas la 31ème place (non classée donc). De Gaulle faisait très peur à l'époque, surtout depuis qu'il avait, d'un seul coup d'un seul, censuré Polnareff et Diderot...

Bref, de cette année 66, Antoine ressort 7ème. Ce qui sera son meilleur score. Derrière Johnny bien sûr, Claude François, Richard Anthony, Sylvie Vartan, et aussi Jugues Aufray et Dick Rivers qui fera une excellente année 66.

1967. Antoine se calme.
Joli doublé en février avec la face A Je l'appelle Cannelle qui pointera à la 5ème place en mars, et quelques flocons qui tombent qui arrivera 9ème. Il y en pour tous les goûts, rares étant ceux qui appréciaient les deux chansons. La seconde est typique des années 66/67où le sujet favori était la bombe atomique qui allait incesamment nous tomber dessus. La chanson d'Antoine est à mon sens la plus évocatrice sur le sujet.
L'anniversaire de Beethoven sera 13ème en mai.

En 67, Antoine ne se classera que 15ème interprète français.

Il y aura bien mai 68....  Je ne sais pas pour vous, mais pour bibi une chanson s'impose quand on parle des "évènements" : Bonjour Salut d'Antoine. Que les radios - avant d'être prises en main - passaient à tour de bras. Il sera 9ème en mai et juin.

Mais ce sera tout pour l'année 68, il sera 20ème...

1969 . Le match de football (prononcer "fouttbal") sera 8ème en février, et qu'est-ce que tu as mis dans le café 18ème en mai. C'est déjà mieux. 25ème en septembre pour une chanson rétro dites-moi ma mère, et une 19ème place pour Marie Marie en décembre.

Au final, 1969 le voit regrimper dans le top 20 des interprètes, à la 15ème place.

70 sera pour lui une année "blanche", malgré Viens dansser le Rush, 20 ème en février et le fameux Ratata, sorti en août mais classé 9ème en 71.

1971 qui verra Antoine renouer avec le succès : Ratata donc, 9ème en février, La troisième roue de ton vélo, 16ème en mars,  le dirigeable, 18ème en mai, et il finira sa carrière SLC en beauté avec un an en Amazonie, adaptation de T. Rex, s'il vous plaît (n°9 en juillet).

Sur cette année 71, il sera 13ème.

Et au final, sur les 12 années 63/74 il se classera 15ème, 11 ème interprète masculin, devant des grands noms comme Julien Clerc, Pétula Clark, Michel Delpech, Michel Fugain, Christophe, hervé Vilard ("avec un "l") C. Jérôme, Nicoletta, les Charlots (!), Herbert Léonard...

Et depuis ?

Il chante toujours.

Je ne parle pas spécialement d'Atol les Opticiens, actuellement numéro deux derrière Optic 2000 de Johnny !

Il a laissé tomber sa carrière d'ingénieur, et s'est fixé dans la chanson. Il fait un disque, quelques galas, et va dépenser tout ça sur le Pacifique ! Puis il refait un disque, etc etc.
Ces chansons-là ne seront pas gravés dans les mémoires, sauf peut-être la motogodille, que Lesueur met 11ème en décembre 80, et Touchez pas à la mer en 1987.

N'empêche que grâce à la pub, Antoine est un des rares chanteurs a voir occupé le devant de la scène depuis 45 ans !

Rendez-vous la semaine prochaine, pour Hugues Aufray. Etant en stage, cette note pasera en léger différé !

Je vous embrasse.

18/09/2010

Lune de miel (1983/85)

En 1983, alors au faîte de ma "gloire départementale", je prenais des tas de risques. D'abord je m'étais arrangé au boulot avec un collègue de 59 ans, je lui ferais ses nuits et lui me ferait mes journées. Déjà, une nuit sur deux, voire sur trois à ne pas dormir.
Tous les jours, les 80 km pour aller au studio. Même quand je "sortais" de nuit. Et je ne vous dis pas la vitesse...!
Les nuits où je ne bossais pas, c'était boîte, au nom bien porté car pour emballer j'emballais :)

Le tout bien arrosé, le whisky était offert par André. Bref je brûlais la chandelle par les deux bouts.

Mais j'étais heureux....

C'est en mai 1983 que Mme Cicatrice se pointa dans mon horizon.

Au moment où il fallait. Je me souviens de ce qui m'a plu en premier chez elle. A ma question "quelles sont les émissions que tu préfères parmi toutes les miennes ?" elle répondit "aucune, j'habite Briançon et je ne capte pas ta radio".

Cela signifiait que cette jeune femme (ravissante en plus) n'avait aucun a-priori sur moi. Je n'étais pas le "Patrick de Radio 5" mais "Patrick" tout simplement. Ca me changeait des "groupies" !!

On se plut, on s'embrassa, on fit l'amour et on ne se quitta plus.
Pour moi, sensation bizarre : j'étais "bien", tout en n'étant pas follement amoureux. Et venant d'où je venais, ça reposait pas mal...

Elle aussi faisait des rodéos pas possibles pour venir de Briançon à Embrun après son boulot (50 km) puis tous les deux en 2CV jusqu'à Gap.

Elle ne m'a jamais fait aucun reproche, mais je sentais bien que pour elle, même si c'était flatteur d'être le compagnon de "la vedette", ce n'était pas ça qu'elle désirait.

Et cette constatation m'a bien aidé au moment de prendre la décision de quitter la radio.

 

On fit les choses très vite.
En août je la présentai à mes parents, et elle me présenta aux siens.

Et là elle a été franche, en m'avertissant qu'elle avait subi un traitement neurologique, dont elle ignorait la raison, pendant de longues années. Elle ne prenait plus aucun médicament depuis 10 ans, mais tenait à ce que je sois au courant et que j'essaie de savoir par ses parents de quoi elle avait été atteinte.

J'obtins cette réponse: "Elle est guérie depuis ses 20 ans et de toutes façons ça ne vous regarde pas".

Je n'insistai donc pas. Si je n'étais pas renseigné sur sa maladie, au moins l'ai-je été rapidement sur ma future belle-famille ! Et sur ma future épouse, qui a vraiment été nickel sur ce coup-là.

Le mariage fut célébré en novembre, 6 mois après notre rencontre. Ca allait bien entre nous, nous voulions un enfant, pourquoi vivre à la colle ?

L'enfant sera à l'heure, il arrivera pile 10 mois après notre mariage.

Mais durant sa grossesse, elle me révéla qu'elle avait un genre de nausées.
Bah, des nausées pendant une grossesse, quoi de plus classique ? Mais quand même, certaines choses me troublaient, comme le fait de la voir cligner des yeux durant deux à trois minutes, sans raison apparente.

Je me souviendrai toujours du soir où elle devait accoucher. C'était une petite maternité, une de ces maternités promises à la fermeture car "non rentable". Le gynéco habitait à 110 km de là, et, voyant que l'accouchement se présentait très bien, mais qu'il risquait de se produire assez tard dans la nuit, me demanda si mon épouse souffrait d'une maladie quelconque.
Je répondis évidemment que non. Et il s'en alla.

Plus tard j'apprendrai que ma fille aurait eu de grandes "chances" de finir comme mon frère, c'est à dire morte à la naissance...

Mais le Destin veillait, et l'accouchement se passa sans encombre. Une belle petite fille de 3 kilos, toute brune et frisée.

Je commençai à m'interroger sérieusement quand ma femme me reparla de nausées.  Que je sache, elle n'était pas de nouveau enceinte !

En mai 1985, notre fille avait 8 mois et on coulait des jours heureux. On proposa à mon épouse une place en or : directrice du département "Charcuterie" d'un supermarché qui se montait.

Oui mais...à 11 km.  Sans le lui interdire, j'argumentai que cela serait très fatigant. Un supermarché classique pour, l'été, 50.000 clients potentiels !
"t'en fais pas, je suis solide..."

Elle était obligée de se lever à 4 heures et demie quand moi je bossais à 5h45, afin qu'elle puisse me porter. Car au travail, les 2 x 12 c'était fini, remplacées par des journées de fou 5h45/20h15 !!!

Elle tint comme ça 3 mois et demie.

Et un beau jour de septembre...

Je la vis qui commença à me regarder d'un air bizarre. Puis ses yeux se révulsèrent, elle leva le bras droit, et prit une voix horrible, exatement celle qu'on entendait dans l'"exorciste". Elle se roula par terre en se mordant la langue, et continuant à hurler avec cette voix horriblement inhumaine.

J'étais pétrifié. Une forte envie de m'évanouir me prit, mais j'eus quand même la force de prendre ma fille sous le bras et de filer chez une voisine. Nous habitions un petit lotissement de 10 maisons accolées, une vraie famille où tout le monde s'entraidait.

Un médecin fut vite appelé, pendant que les voisins et moi assistions, sans pouvoir rien faire, à cette horrible scène. Quand il arriva, il me posa cette simple question : "ça fait longtemps qu'elle fait de l'épilepsie" ?

Epilepsie.

Ce mot, je l'avais souvent entendu, mais comme pour les accidents de voiture, on pense que c'est toujours "réservé aux autres". Et bien non.

La semaine qui suivit, elle fit une dizaine de grosses crises. De plus en plus espacées grâce au médicament - toujours le fameux gardénal - qu'on lui avait prescrit.
Et peu à peu, je m'habituai à ses maudites crises. Alors que l'entourage, lui, le plus souvent préférait tomber dans les pommes... Mais c'est vrai que pour les 5 ou 6 premières, à chaque fois j'étais pris d'une violente fièvre et je devais me coucher.

Hélas son caractère changea brutalement. J'avais épousé une jeune femme douce et posée, je me suis retrouvé du jour au lendemain avec une mégère colérique...

En plus, il fallait éviter que ma fille la voie en crise, mais quand même la prévenir que "si maman tombait par terre et disait des choses bizarres, il ne fallait pas avoir peur, et appuyer sur le bouton rouge du téléphone".  A 3 ans, ma fille savait comment appeler le SAMU. Et elle l'a fait plusieurs fois...

Les SAMUs.... Vu le nombre d'hopitaux que j'ai fréquentés en urgence, je pourrais très bien collaborer à ces magazines qui en font des classements annuels...
Là, par exemple, je sors de Pontarlier, mon 34 ème hôpital !

Ma fille a grandi avec l'épilepsie de sa mère.

Au début, elle prenait ça plutôt bien. En 1988, lors d'une crise survenue sur une autoroute, où ma femme de par ses gestes brusques - elle devenait souvent très agressive et sa force était décuplée - gênait ma conduite, ma fille (4 ans à l'époque) me dit "papa, il faut laisser maman sur le bord de la route, on la reprendra quand elle ira mieux"....

Mais hélas, cette fraîcheur ne devait pas durer longtemps, et plus elle grandissait, plus elle était choquée de voir sa maman dans cet état.

Elle n'a jamais connu ou presque sa "vraie maman", sa maman sans maladie, l'adorable jeune femme aimante et douce que j'ai côtoyé de 1983 à 1985. Elle ne connaîtra que la mégère, celle qui le soir de Noël 1990 mit mes parents dehors de chez nous, sous prétexte "qu"elle n'aimait pas les vieux". !!!

Entre l'attitude pourrie avec moi et notre fille de la part de mes beaux-parents, plus ce caractère impossible, j'étais persuadé, en ce jour de Noël 1990, que nous ne finirions pas la route ensemble.
Mais il fallait attendre. Attendre la fin des crises, et aussi que notre fille grandisse. Je ne savais que trop comment elle serait reçue chez les beaux-parents, la "fille de ce salaud"...

 

Un mois passa, rien.
Ma fille et moi trouvions ça bizarre, un mois sans crise. Puis deux, puis trois... Puis un an.

A ce stade ma femme alla voir un professeur de neurologie de Montpellier qui lui diminua progressivement ses médicaments. Afin qu'elle soit moins "ensuquée".  C'était un gros risque, mais qui ne tente rien n'a rien.

Fin 1993, elle arrivera à la dose minimale, et une prof de neurologie de Montpellier lui assura qu'elle était désormais stabilisée.

Pas guérie, cette maladie on l'a à vie. Mais pratiquement plus aucune chance qu'elle ne refasse une crise...

Allait-elle voir le bout du tunnel ??? 


(à suivre)

18:22 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : épilepsie

Animateur ! (1982/83)

Tout a commencé un jour de juin 1981.

A la suite de l'épisode "Jocelyne", j'avais de nouveau arrêté de manger et j'étais dans un état d'extrême faiblesse quand j'ai eu la riche idée d'aller à Briançon voir un meeting de Michel Rocard.
Que des tuberculeux autour de moi, qui toussaient comme des perdus. Je pense que j'avais dû m'inflitrer dans un groupe où je n'aurais pas dû me trouver.

Bref, je chope la tuberculose, et je me retrouve à l'hôpital de Montpellier. Mes parents, sans voiture, à 68 km, je me sentais très seul. Juste un petit transistor qui me tenait compagnie.

Machinalement, je cherchais un poste, et j'entends quelque chose sur la bande FM, qui n'était pas France-quelque chose. Il y avait de la musique.
Il s'agissait d'une des premières radios locales, "Radio 2000", qui émettait à quelques 50m de l'hosto.
Ils donnaient un numéro de téléphone, que j'ai composé. Et suis tombé sur une bande de jeunes à qui j'expliquai mon cas.
Quelle ne fut pas alors ma surprise d'entendre, quelques minutes après "cette chanson est dédiée à Patrick,qui se trouve à l'hôpital et atteint d'une grave maladie".

J'en avais les larmes aux yeux...

Bien sûr ce n'était pas Nostalgie ni NRJ, mais il y avait de la vie derrière le micro, pas de ces choses aseptisées qu'on entendait (ce qui hélas reveindra) jusque là.

Les mois passent, je finis par sortir de mes hôpitaux (j'en ferai trois : Montpellier, Gap et Marseille).

Et tous les jours, je balaie la bande FM.
Quand un beau jour de novembre je tombe sur une fréquence nouvelle. 104 Mhz.

dont j'ignorais totalement l'existence. J'avais déjà entendu des radios pirates, notamment à Montpellier

Dès ce jour je devins auditeur assidu de ladite radio, je passai assez rapidement au stade de supporter, et constatant leur manque évident de titres, je leur proposai alors de leur prêter environ 500 disques parmi le millier que je possédais à l'époque.

Au fil des mois, la qualité de cette radio, tant du point de vue des animateurs que de la technique, s'améliorait sans cesse. Tant et si bien qu'au printemps il était difficile pour une oreille non initiée de savoir que c'était une radio non professionnelle.

Je participai souvent à des jeux, et peu à peu, en fidèle auditeur, j'arrivai à connaître la majorité des animateurs. Lesquels me reconnaissaient aussi. Je les admirais bien évidemment, car être derrière le micro avait toujours été chez moi un rêve de gosse.

En mai, le patron de la radio me proposa d'animer des émissions. En fait, à la fois les animer et "faire la technique".
Ne pas faire "du Foucault", c'est à dire uniquement parler derrière le micro, et se faire "servir" par un technicien, non, mais parler et manipuler les manettes en même temps.  Celles des micros, des deux platines disques, et des deux platines cassettes. Plus l'insert téléphonique, le cas échéant. Je m'en sentais parfaitement incapable, et je déclinai sa proposition.

Mais le bougre insistait, et alors pour le décourager, j'acceptai pour être enfin tranquille. Quand il aurait vu le résultat, il n'insisterait plus, et je pourrais redevenir enfin un "auditeur actif", ce qui me suffisait amplement.

C'est le 24 juin 1982 que je fus lâché seul, pour une émission de 3 heures. De 11h à 14h, la tranche la moins écoutée et aussi la moins souhaitée ! Bien entendu je pris soin de m'enregistrer, afin d'apprécier ensuite l' étendue des dégâts ! A 14h, revinrent les deux animateurs vedettes de la radio, Cathy et Régis. Régis était le fils du patron, et Cathy son "amie de coeur". Et à leur mine amusée, je compris très vite que je ne risquais pas de leur faire de la concurrence...

Quand, rendu chez moi, j'écoutai les cassettes, cette impression fut confirmée. Radio "locale" ou pas, ce n'était pas une raison pour y faire n'importe quoi, c'est sûr que c'était un rêve de gosse, mais enfin, il y a des limites au ridicule. Je m'apprêtai à le faire savoir au boss de la radio, mais il me précéda.

"Super ce que tu as fait... tu reviens demain j'espère ?

- hmmm, pas de bol, je viens de me réécouter et j'ai réalisé que la radio et moi on n'était pas passés par la même porte !

- Oui, c'est sûr, il y a quelques "erreurs de jeunesse" , mais je t'assure que tu as un formidable potentiel. La voix d'abord, et tes connaissances en chansons. Et, de toutes façons, je préfère un véritable animateur à la bande qui passe à cette heure-là... Je te le demande comme un service ! "

Bon, là c'est différent, si c'est pour un service, alors pourquoi pas ? Mais je ne l'aurai pas pris en traître! 
Et se succèdèrent alors mes Flash-Back, émissions de trois heures que je réalisais en direct au gré de mes horaires - irréguliers - de travail . Car j'étais bénévole, ne pas l'oublier !

Progressivement, je m'améliorais. Et un jour - bonheur suprême - Cathy et Régis eux-mêmes vinrent me dire que "je me débrouillais vraiment très bien"...

Arriva la grille de rentrée, que tous les animateurs attendaient avec fébrilité. C'était une sorte de distribution des prix, les heures d'antenne étant fixées en fonction de la qualité des animateurs. Les "moins bons" tremblaient, surtout ceux qui passaient souvent à l'antenne. Dont le cousin germain de Régis, Jean-René, animateur "moyen" qui avait droit à 8 heures hebdomadaires.

Cela se corsa quand le boss parla d'un nouveau venu, un certain André, ex-professionnel, et doté d'une voix exceptionnelle. Il lui était alloué... 6 émissions par semaine !  Nous étions "ravis" lol !  Et, un peu sadiquement, on l'entend donner ses "bons points". Les meilleurs animateurs voient leur quota diminuer, d'autres sont purement et simplement virés.

Je finis par m'apercevoir que mon tour n'arrive pas, et j'en tire la conclusion - logique - que si je passais très bien comme bouche-trou estival, c'était une autre affaire pour être digne de la grille de la rentrée 82/83.  C'est alors qu'il commence à me fixer. Cathy et Régis aussi.

"Cette année j'ai décidé de prendre des risques. En dehors des piliers historiques et incontestés Cathy et Régis , ( là les regards sont plutôt dubitatifs ) j'aligne deux jokers sur la grille 82/83, André donc, et ... Patrick."

Je manque défaillir.
J'en pleurerais presque, et en plus je me trouve très très gêné par rapport à ceux qui ont co-fondé la radio, bien avant que j'arrive, dont certains sont évincés. Mais tous me rassurent "Non Patrick, tu le mérites amplement, tu passes vraiment très très bien à la radio".

C'est ainsi que je me retrouve avec 22h30 d'antenne par semaine !
Réparties dans  6 émissions différentes, dont une de variétés, un jeu, le hit-parade, une émissions de dédicaces, les informations, et une émission d'actualité quotidienne, "Studio 104" que j'animerai avec Cathy !!! Dans cette émission j'accueillerai pas mal de vedettes, dont Memphis Slim, Nazaré Péreira, El Chato, L'Homme du Picardie, Dick Annegarn...

Personne - et surtout moi - n'aurait parié un liard sur le duo Cathy / Patrick. Tout le monde était habitué à Cathy et Régis, pas évident de changer les habitudes des auditeurs . 

Mais la mayonnaise va très vite prendre. Une certaine rivalité s'installe entre elle et moi, qui nous galvanise et nous fait donner le meilleur de nous-mêmes. Et, à l'écoute des émissions, on la sent bien cette complicité rivale...

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Cependant, que "Patrick et Cathy" passent mieux que "Cathy et Régis" ne plaît pas du tout à ce même Régis. En plus il est fou amoureux de sa belle Béarnaise, et me considère comme un double rival.

Au fil des mois, je deviens de plus en plus populaire parmi les auditeurs. J'en fais de plus en plus participer par téléphone dans mes émissions, et ceux-ci m'envoient des compliments à l'antenne ! Plus ça ira, plus ils devront "faire la queue" pour passer dans mes émissions. Certains me diront même avoir essayé plus de 50 fois avant de réussir à m'avoir ! C'est la gloire !!

C'est la gloire, et je me prends le melon. Melon entretenu par le fait que chez moi, à 40 kilomètres de la station de radio, personne ne sait que le Patrick de la radio locale, c'est moi !!! Dès que je quitte mon studio, je me transforme en Cicatrice anonyme, signe distinctif néant. Mais à Gap, là je redeviens le Patrick de radio 5, signe distinctif Géant, celui à qui on demande des autographes (si !) ) celui qu'on se dispute pour danser un slow, voire plus si affinités !

Je me souviendrai toute ma vie du jour où mon chef de bureau (un mec sympa, heureusement) a appris que son agent n'était autre que "le fameux Patrick de Radio 5"; à partir de là il ne m'a plus regardé de la même façon, ainsi que mes collègues. Mon travail a soudain laissé à désirer !

Mais il n'y avait pas que les collègues. Ma popularité déplaisait à de plus en plus de monde.

Tout a commencé par les "trois dirigeants" : le boss, Régis et Cathy. Sans le vouloir du tout, je leur faisais de l'ombre, ils n'admettaient pas qu'un mec venu de nulle part leur souffle la vedette.  Et le pompon fut atteint le jour où le Dauphiné Libéré publia un sondage sur les animateurs radio les plus écoutés à Gap.

J'étais en tête !!! Devant Foucault lui-même et Macha Béranger !   

Alors, le Boss (qu'on appelait affectueusement "Papy Muzol") me proposa un contrat. Le double de ce que je gagnais en tant que fonctionnaire. Mais un contrat de trois ans...
J'hésitai à prendre une telle "dispo" que je savais que je devais partir d'Embrun au retour.
Je refusai.

Alors, conscients de ce que je représentais (un électron libre) les "trois grands" décidèrent d'avoir ma peau radiophonique. Tous les moyens, même les plus vils, furent utilisés pour que je m'en aille (car ils ne pouvaient pas me virer, ça aurait fait trop de bruit) . Ce fut d'abord une lettre-bidon adressée au patron que j'aurais lue. Faux, bien entendu.

Mais très efficace. La rumeur s'entretient très bien de saloperies pareilles.

Ensuite on passa à plus "fin". Par exemple quand un auditeur osait critiquer une émission, c'était forcément "mes copines" qui appelaient !

Puis on en vint carrément aux grands moyens : suppression de la moitié de mes émissions à la grille 83/84. Bronca des auditeurs, à qui le boss expliquait ... que c'était à ma demande ! Bien entendu, si je rectifiais, c'était la porte...

Entre-temps, côté féminin, je ne "chômais" pas ! J'avais tant à rattraper ! Pour ne parler de celles qui me marqueront le plus, il y eut Jeanine (13 ans de plus que moi), Marie-France (mon âge) et celle qui allit devenir Mme Cicatrice (deux ans de plus)

Très vite il fut question de mariage, et je capitulai le samedi d'avant.

Par solidarité, André claqua la porte, et privée de quelques 60% d'heures d'antenne, la station ne tarda pas à mettre la clé sous la porte.

Aujoud'hui, je ne leur en veux pas, car en tant que chef d'entreprise, c'était la seule solution, si je voulais payer mes permanents : se débarrasser du plus populaire qui pouvait partir à tout moment.


Trois mois plus tard j'entrerai dans une petite radio associative, où je ne fis pas de bruit. J'y restai un animateur "comme les autres", je participai activement "dans la coulisse", en tant qu'administrateur - toujours bénévole - et membre du bureau.
Et le jour où j'ai annoncé mon départ, cause mutation, j'eus la joie de voir toute l'équipe réunie autour d'un pot gigantesque.
Du reste, ils m'ont invité pour le quinzième anniversaire. Février 1998, pile à la mort de ma maman..

Je ferai bien d'autres radios, y compris Nostalgie (1988/89), toujours en bénévolat et la fin sera en août 1997, alors que depuis deux ans je n'étais plus en état de parler devant un micro...

Mais ça, c'est une autre histoire !

Je vous embrasse.

PS :

Un échantillon


podcast

05:20 Publié dans beaux moments, moi | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : radio libre, gap

17/09/2010

Mi-vie

Disons jusqu'à aujourd'hui...

Ce matin j'ai eu une petite période de doute quand j'ai vu que mes notes étaient de moins en moins commentées, mais à présent ça va mieux, et je me dis même que ce genre de note est assez dangereux par rapport à celles et ceux qui me connaissent "d'avant", et qui par conséquent savent taper où ça fait le plus mal. Dans mon intérêt pourront-ils dire, mais la méthode sauvage n'a jamais marché avec moi, voir ma note "j'ai failli me noyer le jour de mes onze ans".

Mi-vie, car je suis arrivé très exactement en juin 1981 dans l'histoire des grands moments de mon existence, et il y a autant d'années avant qu'après. Et encore on n'est qu'en 2010 !

Ce repère pour bien souligner qu'à partir de là, à partir très exactement d'avril 1982, tout va s'accélérer d'une manière incroyable, et j'avoue que si une voyante m'avait prédit ce qui allait m'arriver, je ne l'aurais pas crue un seul instant.

Du reste la fameuse Jocelyne m'en avait fait voir une, de voyante, une ex-artiste de cirque qui se faisait appeler Rita et qui ne vivait que dans ses souvenirs. Ceux où "elle avait été belle". Rita aurait même pu mériter une note, si je n'étais pas si pressé par le temps, car c'était un personnage. Des centaines de photos de sa jeunesse ornaient ses deux pièces, et quelle jeunesse ! J'y ai vu des roulottes, du trapèze, des gens connus comme Zavatta ou Annie Fratellini.


Bref à partir de demain, j'attaque le "gros morceau". La partie de vie qui justifie l'appellation de mon blog et la petite phrase que j'ai mise avec.

Voilà, je vous embrasse, à demain.

 

15:04 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : voyante