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28/10/2010

L'espoir (septembre-octobre 1997)

Napoléon a eu ses 100 jours, moi j’aurai mes 50.

 

Le soir même, nous étions à Limoges. C’est dire que chère et tendre bourrait comme pas possible !
Le lendemain matin, comme on se l’était promis, je téléphone à Nat d’une cabine.

Elle semble aller mieux. Me dit qu’il ne faut pas prendre ça au tragique, qu’on se retrouvera dans 5 ans pour la bague au doigt et les beaux bébés.
Un peu de soleil dans mon cœur…

Ensuite, c’est de nouveau flou dans ma tête.
Je sais que le lendemain soir nous avons couché au Formule 1 de Vannes, après avoir pris le petit train touristique, que le surlendemain nous avons emménagé.
Bonjour l’emménagement !! Déjà caser un 100 mètres carrés dans un 80 n’est pas évident (on fera mieux ensuite !) mais l’appartement, dans une résidence chic, était quand même au second étage sans ascenseur...

Dans cet appartement, situé dans la résidence « Les Jardins du Port » au sud de la ville je ne vivrai que 15 mois. Mais sans aucun doute les pires mois de ma vie…
Cependant, et c’est bizarre, j’en garde un bon souvenir ! Sans doute la vue sur le port et le passage des voiliers sous mes fenêtres...


Je serai au départ assez bien accueilli par les collègues, et à merveille par le temps.
En effet ce mois de septembre 1997 sera – et de loin – le plus ensoleillé et le plus chaud que Vannes ait connu. Plus de 25 degrés tous les jours avec des pointes à 30, quasiment pas une goutte de pluie !

C’est alors que l’espoir va petit à petit renaître en moi.

Car, ne l’oublions pas, je ne suis désormais qu’à ¾ d’heure de Lorient, ma ville chérie, là où j’ai passé des Noëls magiques et des étés merveilleux.

Effectivement, les 5 premiers week-ends seront bien remplis : Tantôt c’est nous qui irons voir la famille, tantôt c’est la famille qui ira à nous. En tout cas, quel plaisir que de les quitter en se disant qu’on s’arrête 60 km plus loin. Moi qui avais toujours rêvé d’habiter en Bretagne, et bien ça y est mon gars, tu t’y trouves ! Même si le contexte n'est pas précisément des plus favorables...

Nathalie téléphone régulièrement. Au moins une fois tous les deux jours. Tantôt à la maison, tantôt au boulot. Où elle continue de me soutenir, de me dire que pour elle ça se passe bien dans son nouvel univers, et qu’il ne faut pas que l’on quitte des yeux le 18 septembre 2002, les 18 ans de ma fille, le jour où je me sentirai libre de vivre ma passion, après quand même 10 ans d’attente !

En attendant, pour son entrée en 5ème au collège Jules Simon, ça ne se passe pas terrible pour elle.
Déjà, décalage horaire ! A 7h15, quand elle prend son bus…. Il fait encore nuit ! Certes de l’autre côté c’est sympa, d’avoir un peu plus de soleil que les autres, mais cette tranche de soleil, il faut la rendre le matin…

Ensuite, après 13 ans passés au sud du 45 ème parallèle, elle a un peu l’accent « channtant », et du coup devient l’attraction durant les interclasses. Elle s’est longtemps demandée pourquoi on discutait énormément avec elle de tout et de rien, jusqu’au moment où une nana s’est adressée à une autre en lui disant « rends-moi mes 5 francs, elle n’a pas autant d’accent que tu le dis. » 

Mais ça, elle l’a oublié, elle qui ne jure plus désormais que pour « sa Bretagne », elle oublie la façon dont elle y a été accueillie.

Chère et tendre ne perd pas de temps. Après l’ « opération-voiture » en 1966, là c’est carrément l’ « opération-construction » ! Je me souviens du jour où elle est venue me chercher au boulot, m’emmenant signer des papiers au Crédit Foncier !

Moi à la limite je m’en fichais, cela faisait un certain temps que je n’avais plus regardé mon compte en banque, et le fait que je ne reçoive pas de nouvelles de celle-ci me faisait penser que je n’étais pas dans le rouge écarlate.

Mais, dans un sursaut, c’est quand même à trois que nous avons acheté le terrain !

Et en ce début octobre 1997, je me disais que ma foi, j’étais peut-être sorti du trou. D’autant que mes collègues ne m’avaient fait aucune remarque sur mon travail…

 

Jusqu’au 15 octobre.

Où le chef me posera des questions sur mes aptitudes, vu les énormes lacunes qu’il entrevoit en moi, et me montre pour appuyer ses dires une lettre du tortionnaire. Où ce sale type raconte tout de go que je ne suis qu’un dépressif incapable… Il ne m'aura pas laissé une seule chance :(

 

 

 

 

 

 

J’ai noté la date sur mon agenda.

Date où Nat m’appelle à la maison, l’air affolé.

« Quel jour travailles-tu prochainement ?
- Dimanche.
- Ok. Bisous ».

Et elle raccroche.

Le dimanche matin, téléphone.
C’est elle. En larmes.

« C’est fini, il ne faut plus se voir. Ils sont trop nombreux contre nous, on ne tiendra jamais. Je sais que c’est dur, mais je ne crois pas que l’on tiendra encore 5 ans comme ça…. »

Comme ça…. C’est à dire vraisemblablement sous la pression.
Belle-maman a dû sortir les arguments décisifs.

Moi je suis KO debout, le choc est heureusement amorti par les médicaments.

Médicaments dont j’avais gardé en cachette un bon stock (j’avais deux médecins à Mende, plus le psy, et je faisais peu à peu mes provisions), et dont je vais à présent doubler la dose.

Après Zombie, voici Super-Zombie qui fait son entrée chez les Bretons !

Où je vais me traîner, allant d’illusions en déceptions, pendant un peu plus de 63 mois…

Je ne me serais pas pensé si résistant !!

A mardi, je vous embrasse.

14:29 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (7)

27/10/2010

Nuit virtuelle

On s'aperçoit de l'importance de l'électricité quand on a une panne.

On s'aperçoit de l'importance d'un amour quand il vous a quitté.

Là, c'est pareil, depuis mon installation à Ouhans, je suis coupé virtuellement du monde, je suis coupé de mon blog, de vous qui me lisez et me commentez.

Là-bas que du bas débit, mais qui nécessite 1) que déjà ça marche - merci SFR... - 2) que le téléphone soit coupé dans la maison. De toutes façons je n'ai pas encore réussi à me connecter.

Par "chance", à Lons se trouve un cyber qui peut m'accueillir jusqu'à 18h30.  Ce qui veut dire que, 1 ou 2 fois par semaine, je pourrai poster une note.

Heureusement, au boulot j'ai le droit de regarder mes mails, ce qui fait que je peux accéder à vos commentaires. Et y répondre par ce même biais.

Sinon, le déménagement/aménagement a été horrible. A tel point que je considère mes jours de boulot ici comme "reposants"...

Si chère et tendre est épouvantable, la maison, elle, est conforme à mes attentes. Mieux même, dirai-je, et ce fut une belle surprise de la voir avec tous nos meubles.

Bon...
J'ai encore 14 minutes avant la fermeture !


Bien évidemment, vous comprendrez - Sylvie surtout - que ma saga sur les interprètes est momentanément interrompue..

Pour cela, j'ai un truc ! Je taperai mes notes du boulot, mais sur ma boîte mail, puis arrivé ici, copier/coller ! Bah, faut bien se débrouiller, non ?

Donc, à demain, et ensuite à mardi prochain.

Je vous embrasse.

18:20 Publié dans Blog, ceux que j'aime, Web | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : internet

21/10/2010

Dernière note avant le Bas Débit :(

De retour, hyper-crevé.

Demain, nouveau lever de bonne heure because déménagement.

Sinon, Malte c'était super. Mais il fallait "forcer le destin" pour y arriver.
Je m'explique. La note qui a eu ici le plus de commentaires fut "destinée".

J'y expliquais, en gros, que l'avenir ne nous appartient pas, que les grandes lignes de notre vie étaient déjà tracées, et que si on pouvait agir, c'était sur des choses "secondaires".

Par exemple, mon séjour Maltais.
J'avais tout prévu depuis des mois et des mois, train à 15h20, avion 9h55 le lendemain, retour 10h30 à Lyon, train 15h58 Lons le Saunier.

Tout prévu.... sauf la grève des trains !!!
Alors, si je m'étais contenté de me faire balloter par les évènements, comme le pensent certains qui n'ont pas compris ma théorie, j'aurais dit "bon, pas la peine d'insister, on reste là".

Mais je me suis accordé une chance supplémentaire. A savoir prendre la voiture pour aller à Lyon. La garer à l'hôtel, puis prendre l'avion.
Je téléphone à l'hôtel le mercredi soir, je tombe sur une centrale de réservation qui me dit que le parking est complet. Aïe... Ca se précise !

Mais le lendemain, jour du départ, c'est sur un employé de l'hôtel que je tombe, lequel me dit que oui, il y a des places.

Départ donc pour Lyon.
Puis envol comme prévu pour Malte.

Là où j'aurais pu me dire que "je ne devais pas y aller", c'était tout simplement si le vol avait été purement et simplement annulé. Là effectivement je n'aurais pas insisté, "c'était écrit" que je devais rester dans l'Hexagone pendant cette semaine de vacances.

Donc, mon séjour, en images, pour cette dernière note ADSL :

 

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Personnellement, j'aime bien la troisième, les matelas de plage à baldaquin !


Je vous embrasse.

 

Greetings from Malta

C est bien la que je suis alle en vacances. Scuse me for ponctuation but using QWERTY clavier !

The big bordel comme la conduite a gauche pour un pieton !

La j attends non pas Madeleine mais mon vol qui va passer par le chemin des ecoliers : Toulouse et Lyon ou j arriverai vers 10h30, ce me fera environ 13h30 - 14h chez moi, ou je vous ferai une note plus longue et ou je repondrai a tous vos commentaires. Tout ce aue je peux dire c est que ce sejour a calme Madame!

D autant que la saga ne s arrete pas la, je n atteindrai le fond du trou qu en fevrier 2003. De nombreuses notes en perspective.....

A cet apres midi , dernier jour avec ADSL avant un bon moment.

Je vous embrasse

05:36 Publié dans actualité, moi, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : malte

13/10/2010

Vacances !

Je pars tout à l'heure pour Lyon, où je coucherai, avant de prendre l'avion demain.

En voiture, because grève SNCF.


Où vais-je ?

Ceux qui me connaissent le savent, ma destination d'octobre favorite.

Pour les autres, un indice :

Supposons que je parte de Paris en avion.
Je survolerai alors Auxerre, Bourg en Bresse, Chambéry, Briançon.

Et quand je serai à Briançon, je n'aurai fait que le tiers du parcours !!

A vos cartes...

 

Je vous embrasse, à jeudi prochain (si j'ai encore internet)

14:04 Publié dans Loisirs, Voyage | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : malte

12/10/2010

L'arrachement (août 1997)

Face à ce cataclysme, nous allons encore avoir un tout dernier sursaut, en écrivant aux syndicats.

A présent, en 2010, il est certain qu'un "responsable" écrivant noir sur blanc que le fait qu'une jeune collaboratrice ne lui serre plus la main nuisait à son équilibre personnel ne ferait pas de vieux os dans une boîte, quelle qu'elle soit. Mais nous ne sommes que début 97 et le harcèlement moralo-sexuel n'est pas encore entré dans les mentalités.

Les syndicats nous répondront, penauds, qu'ils ne peuvent rien faire.
Et Nat n'a d'autre choix que de poser une mutation. Dans un grand centre, car elle ne veut plus entendre parler de petites unités.

Et là, moi je décroche, complètement. Je retrouve mes comprimés, mon lit, mon zombisme et ma transpiration. Je ne veux plus entendre parler de quoi que ce soit, je ne veux plus être là, qu'on me laisse tranquille. Je suis tellement KO que je n'ai même plus la force de me tuer...

Je poserai également une mutation. Enfin, mes nanas rempliront la feuille que je n'aurai qu'à signer.
Je Elles inscriront Vannes, Lons le Saunier, Briançon et Belfort.

Je ne veux pas me dédouaner en disant cela, mais vraiment, je suis tellement sonné, écoeuré et surtout découragé que je ne suis plus capable de prendre la moindre décision. 
Pour "illustrer mon propos" - comme dirait l'autre enflure - je ne suis même plus capable d'effectuer les gestes quotidiens. Par exemple c'est ... ma fille qui me fera mes shampooings !

 

 

 

                                            °°°°°°°

 

 


J'ai sincèrement du mal à faire une chronologie des derniers mois.

J'aurai ma mutation, pour Vannes, alors que Nat ne l'aura pas pour là où elle l'a posée.

Je me souviens que j'étais au lit en permanence, et qu'au taf je dormais en arrivant au boulot. Mais je dormais VRAIMENT, allongé sur le sol ou la tête entre mes mains.

Je me souviens de la semaine de juin passée à chercher un appartement en Bretagne.
Je verrai mon cousin Jean-Yves à cette occasion, qui me dira "avoir vraiment peur" de l'image que je renvoie...

Un autre souvenir aussi, ma fille, qui me demande de lui acheter un VTT. Alors qu'on part un mois après ! Mais je le lui achèterai, sans regarder le prix. Je m'en fous, je me fous de tout.

Encore une anecdote, en vrac. Elle date de l'été, mais impossible de préciser quand.
C'est au cours d'un repas à 4, Nat, découragée par le monde du travail, Nat qui est vous le savez très pieuse, nous confie qu’elle envisage éventuellement de devenir Religieuse. De fait j'étais persuadé qu'elle était vraiment "d'ailleurs" comme l'avait chanté Bachelet. Et j'en aurai la confirmation 4 ans plus tard. Mais nous n'en sommes pas là.
Quand ma fille lui suggère « Soeur Nathalie des Anges », ça sonne bien...
- Non, je ne prendrais pas ce nom-là..
- Ah ? Tu t’appellerais comment ? » Et là, la tête vers le bas Nat dit simplement:
« Soeur Marie-Patrick »...

Finalement elle trouvera quelque chose pour échapper aux griffes du tortionnaire : un congé - formation  où elle étudiera à Bordeaux en licence de psychologie !

Ah si...

Je me souviens du week-end des 23 et 24 août.
L'adieu à mes parents, dans les Cévennes.
Ma mère sait que désormais, nous ne pourrons plus venir tous les deux mois, comme nous le faisons depuis 11 ans. A présent, la distance sera tellement grande (deux jours de route) que cela ne sera qu'une ou deux fois par an. En outre elle sait que je ne conduis plus.

Malgré mon état, je reverrai distinctement ma mère nous accompagner en larmes à la voiture. Mon épouse aura du mal à démarrer. Finalement on décollera, et je reverrai toujours ma mère en larmes dans le rétroviseur.
Ce sera la dernière image que j’aurai d’elle, elle mourra 5 mois plus tard, de chagrin.

 

Je revois notre dernière danse, à Nat et moi.
C'est au cours d'un bal de village, je fais tapisserie regardant danser Nat et ma fille.  Ca "Macarénise" à tout va quand arrive un slow. Lucie, de Pascal Obispo.

Nat me regarde. Moi je pense à Agde, à la plage, deux ans et demie avant. Cette fois je ne lui ferai pas d'affront, et nous le danserons ensemble, ce slow. Devant tout le monde.
Et là je vois ma fille qui tire une tronche pas possible... Nat va s'en apercevoir, et les larmes aux yeux me dira "Tu vois, Pat, inutile de lutter, on est vraiment seuls contre tous les autres"...

Comme le chantait Cabrel 17 ans plus tôt...

Mais puisqu'on ne vivra jamais tous les deux
Puisqu'on est fous, puisqu'on est seuls
Puisqu'ils sont si nombreux
Même la morale parle pour eux
J'aimerais quand même te dire
Tout ce que j'ai pu écrire
Je l'ai puisé à l'encre de tes yeux.



                                           °°°°°°°



Le déménagement se fera une fois de plus sans moi, pas la force ni morale ni physique de le faire...

Et arrivera ce maudit 30 août.

15h13. Le camion de déménagement est déjà parti, mon épouse m’attend dans la voiture.
Nat est de service - comme par hasard - ce jour-là , et tous les deux nous sommes enlacés dans le bureau directorial, pleurant tous les deux sans pouvoir nous interrompre.

Nous n’arrivons pas à nous séparer physiquement, sachant bien que le moment où nous pourrons à nouveau nous serrer l’un contre l’autre relève de l’inconnu.
Moi je pars pour la Bretagne, elle à Bordeaux. On se dit, on se jure que l’on restera en contact. Malgré tout ce qui est contre nous. Notre amour hors du commun saura résister à ma maladie, à la distance, au temps.
On se mariera comme on se le promet depuis 4 ans et on se fera les trois beaux bébés que l'on a "programmés". Le jour où l’on saura que ça ne fera de peine à personne. On a le temps, on est encore jeunes.
Par un effort surhumain, j’arrive à me détacher d’elle, de son corps, de sa voix qui me dit un dernier «je t’aime» désespéré.
Je fonce – c’est le mot – à travers le jardin, sans me retourner, passe en trombe le portail et m’engouffre dans la Micra où sur l’autoradio j'entends "en cloque" de Renaud. Une chanson que désormais je ne pourrai écouter qu’en pleurant… Pas plus tard qu'hier, en passant.

Ce week-end là la Princesse Diana va trouver la mort. Tout comme Mère Térésa.

Et moi...

Voilà comment un couple fusionnel - mais interdit - qui a quand même duré quatre ans, a pu être séparé sans que ni l'un ni l'autre ne le désire. Sans qu'aucun des deux ne prenne l'initiative de la rupture.

montsouris.jpg

 

L'acharnement - 7

Je vais, ce jour-là, rassembler toutes les forces qui me restent pour "assurer".
D'abord, boulot, j'appelle chef adoré qui me dit "rien de prévu pour le décès des beaux-parents, démerde-toi avec tes collègues".
Un collègue est heureusement partant pour une permutation, j'ai ainsi 4 jours de libre. Pas un de plus !  Puis je fonce chez moi, et vois mon épouse dans un état pas possible.
"J'y vais", me dit-elle, en empoignant une valise.

Là, gros dilemme. Y aller toute seule en voiture, dans son état, c'est l'accident assuré.
En train, le dernier qui pouvait nous faire arriver là-bas ce soir est déjà parti...

Ne reste qu'une seule et unique solution : Que je l'emmène là-bas en voiture. Oui, je sais, là aussi risque d'accident, mais nettement moins que si elle partait toute seule.

Et notre fille? Lui faire manquer le collège? Pas possible, elle redouble. La laisser toute seule? Elle n'a même pas douze ans... Et dire que Nat est à l'autre bout de l'Europe...
Finalement, nos voisins vont s'en occuper, lui faire à manger, elle ne restera à la maison que pour dormir.

Et c'est ainsi que par la grâce de Dieu, j'ai pu rallier le soir même Orléans. J'ignore encore comment j'ai pu effectuer ces 500 bornes, mais j'y suis arrivé. Si, vraiment, à la grâce de Dieu !

La Normandie est atteinte le lendemain midi, et je revois à nouveau ces visages pleins de détresse. Je détestais ma belle-mère, mais vraiment, de voir ces gens pleurer me bouleverse complètement.

C'est moi qui ferai la lecture à la messe, avec mon intonation de zombie.

Au retour, je passerai le volant à mon épouse, et dormirai sur tout le trajet....

C'est Nathalie qui à son retour la réconfortera le plus. Sa bonté a encore pris le dessus sur son exaspération, la hache de guerre est définitivement enterrée.

Mon épouse sera mise immédiatement sous prozac, mais celui-ci ne fera pas effet tout de suite.
Et un jour elle va se pointer au boulot, pour reprocher à chef adoré... de ne pas avoir envoyé de fleurs à sa mère !
L'autre ne prend pas de gants, et l'envoie balader sans ménagements.
"N'importe quoi... j'aurai vraiment tout entendu"...
Il ira même plus loin la semaine d'après : il interdira carrément à mon épouse l'entrée du bureau.
"Si tu entres, j'appelle les gendarmes" lui dira-t'il...

On mesurera là la vertigineuse connerie du bonhomme qui avait là une occasion unique de casser définitivement le couple Patrick et Nathalie en se mettant dans les petits papiers de mon épouse! Mais sa méchanceté naturelle a eu le dessus.

Je n'ose à peine imaginer ce que l'on aurait enduré si le monsieur, en plus d'être méchant, avait été intelligent. Là nous n'aurions pas "duré" longtemps je crois.

 

Alors que la pression de mon épouse va devenir de moins forte, peu à peu Nat et moi commençons à reprendre un peu - un tout petit peu - de poil de la bête, mais lui va cogner de plus en plus fort.

Mon épouse commence à avoir une petite idée de ce que je (nous) subissons au boulot, et se rend compte que sans Nathalie, je me serais depuis longtemps laissé couler. Et pas que dans mon lit...
Elle réalise certainement aussi à quel point elle a été odieuse, à quel point elle a profité de cette situation.
Mon épouse qui est aussi intelligente, et qui sait également que c'est une énorme bataille que nous livrons, et que pour la gagner, il ne faut surtout pas se disperser.

Et puis, je suis persuadé qu'elle sait depuis longtemps pour Nat et moi, un amour qui ne passe pas inaperçu. Elle a compris les longs "raccompagnements" du soir, elle a compris aussi mon attitude prostrée à chaque fois que je reviens de Marseille.
Certes, elle ne peut pas approuver - elle n'est pas maso - mais je pense qu'elle est admirative par rapport à une femme d'exception, et aussi un amour d'exception. Et surtout elle sait que si elle déclenche la guerre atomique, alors là je n'hésiterai pas une seconde....

Du coup,  nous ne nous sentons plus obligés de nous comporter comme si nous vivions nos dernières heures, et à présent, nous allons être plus "mesurés", avec la ligne bleue de l'an 2002 en point de mire.

Du coup aussi - de mon propre "chef" - sourire- je réduis sérieusement les médicaments. Sérieusement et progressivement.

Entre le prozac et Nat, mon épouse se rétablit peu à peu de la mort de sa mère, et du coup organise un week-end en Espagne pour le 11 novembre. Pour moi, malgré mon "zombisme" prononcé, mon amour du lit, c'est oui si Nat vient avec nous.
Elle viendra.
J'ai quelques souvenirs de ces trois jours, où j'avais toujours ce mal fou à m'extirper de mon lit...Mais où j'ai pu apprécier une balade le long du littoral.


Autre souvenir, celui d'un stage à Toulouse, stage de 5 jours que nous avions refusé de faire l'un sans l'autre. Nous étions logés dans les logements de l'Ecole de la Météo, dans deux chambres contiguës. Bien évidemment, la mienne restera vide !
Mais je ferai une découverte, lors de ce stage. C'est qu'au bout de 3, 4 jours, j'arriverai à me "dézombiser". A la grande joie de Nat, je me surprendrai  à... m'exprimer, durant la pause de midi, m'exprimer, comme "avant", face à notre formatrice.
Serais-je "sauvable" ?



La réalité va vite nous rattraper. La grève des routiers nous bloque, et nous rentrons avec un jour de retard. Et là, notre tortionnaire va téléphoner chez moi !
"Si ton mari ne prend pas son service demain matin, il devra en assumer les graves conséquences..."
Un temps, puis :
"Mais au fait, j'avais dit que je ne t'adresserais plus la parole !"
Et il raccroche...

Oui, je sais, on pourrait presque faire une bonne comédie dramatique avec tout ça. Les personnages sont tellement typés ! Mais hélas ce n'est ni théâtre ni cinéma.


Et les réunions continuent, de plus en plus ciblées. A présent, plus besoin de passer par le biais des "questions diverses" pour que Nat et moi s'en prenions plein la poire...
A tel point que Nat va refuser un beau jour de lui serrer la main. Pourquoi serrer une main qui vous étrangle ?

Car à  présent, Nat prend peur.
Peur physique d'un individu incontrôlable. Et c'est pour ça qu'elle ne mouftera pas quand il lui imposera - non vous ne rêvez pas - du boulot à la maison !!!

Bien entendu, dans la (faible) mesure de ce qui reste mes moyens je l'aiderai du mieux possible, et c'est comme ça que nous passerons tous les 4 l'après-midi et la soirée du premier dimanche de 1997 à travailler pour éviter que Nat s'en prenne plein la tronche.
Dans la bonne humeur, quand même....

 

Vacances de février. Mes nanas vont une nouvelle fois en Normandie, je dois les rejoindre à la fin. C'est là que j'aurai une révélation.

Ca se passe dans le Corail Paris-Le Havre. Je suis dans un compartiment, suant et somnolant. C'est fou ce que j'ai pu dormir dans les trains à cette époque-là...
En face, une dame et sa fillette de 3 ans.
Qui me regarde fixement et finit par demander :
"Dis maman, pourquoi il est bizarre le monsieur ?"

Ce jour-là je toucherai le fond, j'arrive à faire peur aux enfants, moi qui d'habitude les attire comme des mouches !

Mais enfin, nous tenons bon la barre, envers et contre tout. Nous commençons même à envisager l'hypothèse de l'existence possible d"un éventuel bout de tunnel.

Et c'est alors qu'il va employer l'arme suprême.

Un matin, il arrive à l'heure.
Déjà, là on s'inquiète. Pas normal pour un type qui se pointe régulièrement à 10 h.

Puis il se met à taper frénétiquement sur son clavier.
Il arrive à l'heure et il bosse, il est malade ou quoi ?

Ce n'est que vers 13h qu'il sortira de son bureau, l'air conquérant, pour donner une feuille à Nathalie.
"Signe !"
Nat lit, signe, et se met à pleurer. Sans pouvoir s'arrêter.
Elle me la tend, en m'implorant :"Pat, aide-moi"...
Et c'est à mon tour que je me suis mis à pleurer.


C'est fini...

Cette feuille, j'ai pu, des années après, me la procurer.

Ne tenant pas à donner le bâton pour me faire battre, je n'en livre pas ici la photocopie. Je ne la "publie" pas. Mais elle est disponible à tous ceux qui me la demanderont par mail. Bien entendu sans aucun nom de personne ou de profession.

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Mende, le 12/03/1997

Objet : Demande de mutation pour Mlle xxx Nathalie.

 

M. Le Directeur,

   Mlle xxx Nathalie a un comportement résolument asocial pendant ses heures de travail. Elle refuse tout changement qui n'a pas reçu son aval ou dont elle n'est pas à l'origine, elle s'emporte très facilement et ne s'entend plus avec 3 de ses 4 collègues.
Elle fait manifestement preuve d'un mauvais esprit. Son attitude est très préjudiable dans notre contexte de petit centre où un minimum d'esprit d'équipe doit prévaloir puisqu'il n'y a aucun cloisonnement des tâches.
   Pour illustrer mon propos, je ne citerai que son refus de s'abonner au téléphone pour éviter d'être dérangée par ses collègues en cas d'imprévus modifiant le tour de service.

   Elle refuse dorénavant que je lui serre la main en arrivant au bureau, nous en sommes arrivés au degré zéro des rapports humains.
   Cette situation conflictuelle qui vient s'ajouter aux autres problèmes humains du centre dont j'ai eu l'occasion de vous parler nuit à la bonne marche du service et ne favorise aucun épanouissement personnel et surtout pas le mien.

   (... ) Puisqu'elle m'en donne l'occasion, je tiens à vous dire qu'à mon sens, le départ de Mlle xxx Nathalie est tout à fait souhaitable.

    Je vous prie de croire, etc.

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( à suivre)

15:39 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dépression, persécution, deuil

Fillonneries

manif lycéens.jpgLes lycéens sont dans la rue !

Saine révolte d'une jeunesse qui ne veut pas hypothéquer son avenir à cause d'un roitelet campant sur ses positions.

Pour 68 ça avait été pareil, très vite nous nous étions joints aux étudiants (j'allais sur mes 18 ans) et ça a donné le mouvement que l'on sait.

 

Mais avez-vous entendu l'incommensurable connerie que Fillon a déclamée voici quelques heures ?


"Il est irresponsable de la part du parti socialiste de mettre des gosses de 15 ans dans la rue".

Oui je le mets en gros, car c'est vraiment gros.

Car cela voudrait dire :

1) que tous les lycéens sont des "gosses".

2) que ces gosses-lycéens ne sont pas capables d'avoir des idées personnelles, mais doivent prendre leurs ordres au...parti socialiste !

Ce genre de phrase bête au possible, proncée par quelqu'un que j'estime assez habile, montre bien un gouvernement aux abois, prêt à dire n'importe quoi dans l'affolement.

La porte est entrebaîllée, il faut l'enfoncer ! C'est le moment...

14:14 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sarkozy

11/10/2010

L'acharnement - 6

Toujours 1996. Vacances de Pâques avec la micra. J'ai quelques bribes de souvenirs, sans pouvoir parvenir à y mettre de date précise. Je sais que nous alllons à Lorient, près de ma famille, qui ne se privera pas de m'affubler de noms d'oiseaux. "Le zombi" pour le père de Jean-Yves - ce qui était tout à fait exact - "le crado" pour mon cousin/frère Jean-Yves lui-même, en évoquant mon odeur de sueur et mes cheveux gramouillés. Ca ça se reconnaît aussi à l'odeur, un dépressif...

Durant ces vacances, je me laisserai balloter au gré des vents, au gré des personnes. Je me contenterai de suivre, durant les rares moments où je ne serai pas à transpirer dans mon lit. Certes, il n'a pas fait beau, ce qui - côté lit - m'a simplifié la tâche !

Je me souviens d'une balade à Pleumeur-Bodou, près de Lannion, une balade qui m'aurait enchantée ne serait-ce que deux ans plus tôt, mais qui fut un véritable supplice...

Et je me souviens surtout d'une réflexion de Natou, pendant une des 3 conversations téléphoniques que nous allons avoir.
Là aussi, de plus en plus dur de m' "échapper" afin de trouver une cabine pour appeler ma bien-aimée.
Elle me lancera cette phrase : "c'est drôle, depuis que tu es parti je me sens mieux..."


C'est sûr, j'étais en train de lui bouffer les quelques forces supplémentaires qu'elle avait en plus, je l'entraînais vers le bas. Surtout, étant une personne exceptionnelle, elle ne comprenait pas que face au Mal, à la dépression, je ne réagisse pas comme elle.

Mais j'étais loin d'avoir atteint son degré à ce niveau !
                                 

Et là va commencer une période de 5 mois où elle va s'éloigner de moi.

Notre tortionnaire le voit, et change alors la règle du jeu pour les emplois du temps. Désormais "dans un souci d'assouplissement", nous pourrons chacun choisir les jours où nous voudrons bosser, et avec qui nous voulons bosser. Ce "rite" se situera avant chaque réunion mensuelle, et il ne pourra cacher sa joie quand Nat fera exprès de mettre son nom à côté d'un autre collègue...
Puis elle va prendre ses congés, à la suite. Pour des destinations lointaines, comme la Réunion, Venise, les Lacs Italiens...

A partir de là, je me laisse couler.
A pic.

Je vais passer à côté de beaucoup de choses, dont deux cérémonies familiales importantes.

Les 60 ans de mariage de mes parents, d'abord. Je ne m'en souviens que grâce à la photo où l'on me voit, effectivement, dans un état de décomposition avancée.

Et la communion solennelle de ma fille d'autre part, que j'ai "survolée". 

J'espère qu'elle m' a pardonné aussi mon peu d'enthousiaste devant son gala annuel de danse classique cette année-là (ma fille, à 12 ans, était danseuse classique, de haut niveau) ...

Et puis des trucs que j'ai découverts plus tard, comme par exemple que mon épouse avait voulu devenir nounou, et qu'elle avait gardé un gamin pendant trois semaines. Je devais être dans mon lit pendant ce temps, lit que je ne quitterai plus désormais que pour m'asseoir dans le canapé regarder la chaine que mon épouse a programmé .
"Je passe à la télé" "questions pour un champion" et "qui est qui" seront ma grande trilogie, avant le salvateur "Bonne nuit les petits" !


J'interromps de moi-même mes émissions de radio hebdomadaires, me sentant incapable d'une part de faire les 900m à pied jusqu'au studio, et d'autre part de faire une émission correcte. Car si je n'arrive plus à conduire depuis un an, je n'arrive plus non plus à écrire et je n'arrive plus non plus à parler devant un micro. Il est loin le Patrick qui, 12 ans auparavant, faisait vibrer les foules...

Ma démarche est à présent celle d'un drogué, et - je ne mens pas - j'éviterai de passer par une certaine place pour aller au boulot, car la bande de gamins qui y joue me lancera des pierres en m'appelant "Vichnou" ...


Pire encore ! Jean-Yves débarque début juillet, pour une semaine. Et en plus le hasard veut que j'aie cette semaine-là en congés ! Mon cousin/frère chez moi, ça n'était pas arrivé depuis des années.
23 très exactement, au temps où j'étais la star de mon département !

Là encore, peu de souvenirs, sinon un truc que mon cousin essaiera de faire fonctionner, mais sans succès, car pas encore prévu pour la Lozère : le téléphone portable...

Je revois aussi ma fille en vacances, avec son passe-temps favori : balancer ses copines dans la fontaine en bas de l'immeuble et s'y faire balancer aussi... J'imagine que l'été a dû être chaud. Moi je n'en ai aucun souvenir..

Puis vient le moment des vacances. Il est prévu la Normandie puis l'Alsace, en finissant comme tous les ans à Lons le Saunier.

La fin de cet été 1996 va être l'horreur absolue pour mon épouse.
D'abord, dès qu'on arrive en Normandie, on lui annonce brutalement la mort de sa tante, un femme qu'elle a toujours adoré. Le séjour sera réduit aux funérailles. Sympa pour elle !

Puis direction l'Alsace, où l'on a réservé un gîte à Eguisheim. C'est sans doute un des plus beaux villages d'Alsace, et habiter en plein milieu est un privilège. En plus il fera super-beau pendant ces 8 jours.
Où, en dehors de 3 après-midi, je... resterai presque en permanence à transpirer dans mon lit ! Deux lits jumeaux de 90 dans la chambre, heureusement pour mon épouse car les draps seront trempés tous les soirs !

J'ai aussi le vague souvenir d'avoir été à Europa-Park, le Disneyland Allemand. Là encore, au lieu de m'amuser, je subissais, en essayant de "faire semblant" pour ma fille, ma fille qui méritait bien de s'éclater..
Puis Lons le Saunier où le canapé de notre vieil ami m'a encore plus vu que l'année d'avant :(

Mais cette année, une chose se passe. J'ai la hantise de retourner à Mende.

Qu'est-ce qui m'attend là-bas ? Un appartement sinistre, un chef de plus en plus redoutable, et une Nathalie qui - c'est ce que je pense sur le moment - ne m'aime plus. Non merci...
Et de la même manière que ma fille disait l'année d'avant "non, je ne veux pas aller à la colo", là c'est "non je ne veux pas retourner en Lozère.."

Deux surprises de taille m'attendent, au retour.

D'abord, dans ma boîte aux lettres, un billet doux du tortionnaire me disant que j'avais commis une faute et qu'il fallait que je me présente le lendemain à son bureau :(
Et au répondeur, Nathalie.
Une Nat affolée :
"Viens vite, je t'en supplie !!!"

Appel daté de moins d'une heure, et sans demander l'avis de quiconque, je fonce chez elle.
Là je vois la table mise. Deux couverts. Et une Nat en train de pleurer. Elle m'explique.

Nat était, sentimentalement, complètement perdue. Pour elle je n'étais plus "fiable", et je comprends fort bien sa réaction. Elle était allée au bal du 15 août, et avait fait la connaissance d’un mec. Qui lui a raconté des salades, et qui l'a bien embobinée. J'ai déjà parlé ici de l'énorme quantité d'amour qu'elle avait à donner, et à présent que Pompon était mort, que moi je n'étais plus en état de le recevoir, ça débordait de partout. D'autant que c'était moi qui lui avait fait réaliser que cet amour pouvait être aussi donné aux humains, pas qu'aux cochons d'inde.

Nat a cru ressentir un petit quelque chose dans son coeur, si bien que cela s'est terminé par une invitation  à dîner en tête à tête.
Il s’est pointé avec 1 heure de retard... accompagné d’une nana, qu’il a présenté à Natou comme sa “véritable fiancée ”.
Elle les a jetés avec pertes et fracas, mais à présent réalise.

Loin de lui en vouloir c'est ça aimer quelqu'un, ne chercher que son bonheur, quel qu'il soit) je la console comme je peux, et lui dis (vraiment sincère) : “tu vois, ça sert d’avoir un ami sur qui on peut compter ”. 

Car ça y est, j’avais intégré à nouveau l’idée de n’être plus que l’ami; le confident. Si bien sûr ce n'est plus déjà trop tard !

Alors elle me regarde en souriant. Je reconnais ce regard.

Elle me dit “imbécile” et se jette dans mes bras.

Elle m’aime toujours, elle m'a toujours aimé...
Il a fallu ce triste épisode pour qu'elle s'en rende vraiment compte.

Fin de notre - seule et unique - crise de couple. A partir de maintenant, on va s'aimer comme jamais. Malgré les bombardements de plus en plus ciblés que nous allons recevoir de tous les côtés.

Tant et si bien qu'elle est triste, quand elle part pour le voyage organisé qu'elle a prévu de longue date. Pour un peu, elle y renoncerait.

Cela fait 4 ans qu'on se connaît, 3 qu'on est ensemble, reste 6 pour le mariage, sans doute moins, notre fille ayant bien grandi et surtout réalisé que les ogres de Normandie ne sont que des ogres de carton.

                                                       
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Vendredi 13 septembre. 13h50. Je suis au taf. Coup de téléphone, c'est mon épouse.
Des hurlements inarticulés. Elle vient de perdre sa mère...


(à suivre)

 

15:01 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : harcèlement, dépression

L'acharnement - 5

Guère de coms en ce moment, mais ce matin j'ai eu l'agréable surprise de voir que 130 visiteurs étaient venus hier. C'est mon record pour Hautetfort, et j'espère ne pas en rester là.

Aussi, cela m'encourage à poursuivre mon récit.

Le début d'année 96 commence mal, Nat et mon épouse étant désormais fâchées à mort depuis le 25 octobre précédent. Je devais choisir ce jour-là de passer l'après-midi avec l'une ou l'autre, c'est Nat que j'avais choisi sans hésiter.
Donc finis les repas à 4, et les interminables discussions dans l'escalier avec une Nat qui ne pouvait pas se résoudre à me quitter...

Mon épouse en revanche continue ses frasques. Un jour elle a un PV pour stationnement gênant, et ira au commissariat.... le déchirer devant les flics !
Mis au courant par une épouse joyeuse de son exploit, je vais m'expliquer avec les policiers. Elle, pendant ce temps, continue de les insulter !
En sueur, je bredouille des "c'est pas sa faute, c'est pas sa faute" et à ce moment-là l'inspecteur me dit qu'il comprend - montrant des yeux mon épouse hystérique - qu'il va recoller les morceaux du PV et nous les ré-envoyer par la poste.
Et me dit "bon courage" quand nous partons ! Il a tout compris...

En février, mes "deux nanas" partent en Normandie. Nouvelle cohabitation avec Nat, mais plus rien à voir avec 93 ou 94. Car même avec ma bien-aimée, cette fois j'ai du mal à quitter mon lit.

Et là elle me donnnera une superbe preuve d'amour : Malgré tout le monde aux aguets, tout le monde qui est - au moins dans l'immeuble - au courant de notre "ménage à trois", malgré le fait qu'elle passe aux yeux des bonnes gens pour une p..., Natou va dormir chez moi - dans mon lit donc - à chaque fois que je devrai bosser le lendemain.

Rien de sexuel désormais, rien que de la tendresse. Et des encouragements, à ne pas me laisser aller, à continuer, à essayer de croire que l'enfer va cesser, que le tortionnaire sera muté.

Non seulement il est loin d'être muté, mais à présent il en arrive jusqu'à appeler chez moi.
Il aurait reçu des plaintes de clients, et il m'attend de pied ferme dans son bureau le surlendemain.
C'est sa méthode, ça, qu'il appliquera joyeusement et systématiquement quand on partira en congé : "Faudra qu'on s'explique à ton retour". Vacances dans le doute, la terreur...

Mais il n'aura pas ce plaisir, car une ... varicelle va me clouer au lit !

La varicelle à 45 balais, je ne vous conseille pas. Fièvre et démangeaisons affreuses, et interdit de se gratter si on ne veut pas avoir une... cicatrice à vie !
Nat ne l'a pas eue non plus étant gamine, et n'hésite pourtant pas à passer prendre de mes nouvelles. Me dit également qu'elle n'en peut plus de bosser, dans l'état où elle se trouve (elle est autant sinon plus déprimée que moi, je le rappelle).
Du coup, au bout d'une seule semaine, flageolant, je reprends le boulot.
Va s'en suivre une conversation surréaliste (:

“ Alors, ça va mieux ?
- Pas trop ”
“ Ben alors fallait rester chez toi, on peut très bien y arriver sans toi, tu es loin d'être irremplaçable ! Tu sais, les cimetières sont remplis de gens irremplaçables ! ”

A présent, il ne se contente plus des réunions pour me massacrer, me traîner dans la boue.
"Tain, quand je pense que tu as 45 ans, et que tu n'es plus capable de rien... Mais c'est dans 15 ans la retraite, 15 ans ! Tu penses vraiment pouvoir arriver jusque-là ??? "
Le tout dit avec une voix tonnante, bien entendu.
J'y suis presque, maintenant, à la retraite, pauvre con !!!
Et les collègues me supplient de rester ! Tu le sais pas, ça ....

 

Au taf, c'est l'enfer. Mais heureusement, pour équilibrer un peu, à la maison aussi.
Notre fille a désormais honte d'un père qui renvoie une image de clodo, mon épouse continue crescendo ses dépenses extravagantes et...périlleuses pour notre budget, sans bien sûr me demander mon avis. En janvier, ce sera une tortue de Floride. En février une machine à laver - alors que l'autre marchait nickel  - et en mars, carrément une nouvelle voiture ! - même réflexion que pour la machine à laver.
Cette Nissan Micra, je ne la conduirai pour ainsi dire pas.


Piétiné par mon supérieur, nié par mon épouse, ignoré de ma fille, seule Nathalie aura le courage de me supporter, dans les deux sens du terme.

Mais, à son tour, elle va avoir bientôt une période de découragement.
Déjà elle m'avait surpris quand elle m'avait acheté un CD sans occasion spéciale : Pour que tu m'aimes encore de Céline Dion.
Ce ne sera que deux ans plus tard que je comprendrai pourquoi...


Je m'inventerai reine pour que tu me retiennes
Je me ferai nouvelle pour que le feu reprenne
Je deviendrai une autre après qui tu soupires
Ces jeux seront les nôtres, si tel est ton desir
Plus brillante plus belle pour une autre étincelle
Je me changerai en or pour que tu m'aimes encore...

(à suivre)