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08/11/2010

L'énergie du désespoir (début 2000)

Finie ce que j'appelerai "l'embellie inconsciente". A partir de là, je vais crever d'amour pour Nathalie. L'aimer, l'espérer de façon inimaginable. Je dirai même l'idolâtrer, la vénérer comme s'il s'était agi d'une sainte.
Je me sais dès lors en sursis. Je ne vis que sur l'espoir que Nat me revienne. Et si jamais cet espoir vient à disparaître, je sais que j'en mourrai.
La mort, désormais, je ne vais parler que de ça. Elle ne me fait plus peur, la Grande Faucheuse, je la regarde à présent bien en face.

 

Il reste, ne l'oublions pas, l'étape chez mon père. Qui est heureux de nous voir.

Mais je constate qu'il fonctionne comme moi, vis à vis de ma mère. Des portraits d'elle sont accrochés partout, l'urne contenant ses cendres trône toujours sur la cheminée. Lui aussi la vénère, comme je vénère Nathalie, sauf que lui, de son vivant, avait toujours été infect avec elle, allant - devant les yeux de ma fille - jusqu'à la battre !

Nous irons - et cela deviendra un rite - dans le resto le plus renommé de la région pour le soir du réveillon. Et je frémirai quand je verrai le montant de l'addition : environ notre budget nourriture pour un mois. Mais, c'est son seul plaisir, alors je ne vais pas faire la fine bouche.

Il redécouvre sa petite-fille. Jusqu'à notre départ pour la Bretagne, les relations entre eux n'avaient jamais été brillantes. Oui, je sais, mon père était misanthrope et détestait la Terre entière.
Sauf une personne : Nathalie. Va savoir pourquoi ?
Du coup, voyant cette jeune fille qui a cédé la place au bébé vagissant, à la fillette turbulente, à l'ado espiègle, il... la vouvoie ! Mon père qui vouvoie sa petite-fille !!

Le lendemain jour de Noël, après avoir déjeuné dans le même restaurant aux additions pharaoniques, on ira au bord de la mer. A Palavas les flots. Je filmerai la scène avec mon camescope, comme du reste je vais désormais tout filmer.

Le trajet du retour sera très "rock n roll" ! Car si nous avons échappé à l'ouragan "Lothar", nous allons nous trouver en plein dans le second, "Martin". En Vendée surtout, où les bourrasques dépassent les 120 km/h sur l'autoroute. Chère et tendre, malgré les supplications de notre fille, continue malgré les embardées que fait la voiture. Je n'en mène pas large non plus car si, c'est vrai, je ne rêve désormais que de mort, je n'ai pas trop envie de finir en fauteuil...



Et c'est le passage en l'an 2000. Pas de bug informatique, mais pour moi un réel changement d'attitude.


Désormais je vais manger du lion. Faire des courriers à tout le monde, pour n'importe quelle raison. Un livre me plaît ? Hop, j'écris à l'auteur pour lui en faire part. Un problème dans la vie quotidienne ? Je me répands alors dans la presse locale, et aussi dans "Marianne". Courriers aussi à "la vie du rail", quand un article me semble mal - ou très bien - écrit.
Surprise : je serai souvent publié ! Tant dans "Ouest-France" que dans "Marianne" que dans "la vie du Rail" !

Je vais également briguer des mandats. Ainsi je vais être vice-président de la FCPE du Morbihan (j'arriverai même à être administrateur du lycée de ma fille, plus tard), membre du bureau de l'association syndicale de mon lotissement...

Pour réaliser tout cela il me faudrait des journées de 36 heures. Bon, déjà, je ne dors plus. Je me couche souvent après minuit, et tous les jours, même si je ne bosse pas, je suis debout à 5 heures.
Il est loin le zombie qui passait jusqu'à 20 heures par jour dans son lit !!!

Côté boulot, je vais accomplir stage sur stage afin de me remettre à niveau. J'arriverai même à le dépasser, ce fameux niveau. Je veux que Nat soit fière de moi si un jour elle me revient.

Et du coup, je parle même de revenir à Mende l'été d'après, juste avant que le Tortionnaire ne s'éclipse pour l'outre-mer.

Et un jour je vais recevoir une lettre, de sa main :
"Tu veux passer cet été à Mende ? Tu ne seras pas le bienvenu. Je garderai inexorablement de toi le souvenir d'un fumiste, mesquin et semeur d'embrouilles".
A jamais."

Là, c'en est trop. Lui aussi va avoir droit à une petite lettre, et pas piquée des vers.

La voici, presque en intégralité, avec la même police. Le comic sans ms était très couru à la fin des années 90- début 2000.

______________________________________________________________________________________

 

 

 

                                                         Salut, Monsieur le Directeur

 

 

Je réponds à ta gentille lettre.
Le jour où je l’ai reçue j’avoue qu’ après avoir bien rigolé d’un tel tissu de conneries, ma première pensée a été de la mettre au panier. Puis je me suis dit qu’après tout je devais y répondre, mon silence pouvant passer pour un accusé de réception.

Ainsi serais-je « fumiste, mesquin et semeur d’embrouilles ». Rien que cela. En tout cas c’est un avis d’expert...
En attendant moi au moins je ne suis ni méchant, ni bête ni sadique. C’est déjà ça.

C’est marrant, en lisant ta lettre je me suis revu ce fameux 8 juillet 94 (« va chialer, petit con.. ») où tu avais employé quasiment les mêmes termes, à ma grande surprise, ce qui a déclenché le fameux processus que tu connais et qui a duré 5 ans.
Je précise 5 ans car à présent c’est bien fini et tes pantalonnades ne font plus rire personne. En plus tu n’as plus d’auditoire...
Moralement je ne me sens pas trop mal, professionnellement aussi, malgré tous tes efforts. Je parle -entre autres- de la petite lettre écrite derrière mon dos à mon ex-chef et qui a été expédiée au directeur régional. (je dis l’ex-chef car il a eu quelques « problèmes » (sic) et a été « muté à Rennes à sa demande » (re-sic) il y a un an. Je ne peux pas en dire plus car il va prochainement passer en justice. Ce qui prouve au moins que dans l'ouest, ils ont su, eux, prendre leurs responsabilités.

 Avant de passer aux choses sérieuses, je voudrais analyser les qualificatifs de ta lettre.

« Fumiste », ce n’est pas tout à fait l’avis d’un certain chef de centre, mon notateur en 1994. (ci-joint la photocopie du document). Ne me dis pas que tu n’avais pas cerné ma personnalité à l’époque, ta petite « sortie » date de trois mois avant... Ce n’est pas l’avis non plus des  2 autres qui t’ont précédé (je peux également te faire parvenir les relevés).

 « Mesquin et semeur d’embrouilles ». Je te signale entre parenthèses que depuis 1975, que ce soit à Grenoble, Millau, Embrun, et Mende avant ton arrivée, je me suis entendu avec 95% de mes collègues (on ne peut bien sûr pas plaire à tout le monde). Je n’ai pas à me justifier mais  un petit rappel ne fait pas de mal.

Par contre le souvenir que tu as laissé aux Lozériens n’est pas triste,  j’ai pu m’en rendre compte. Fais un petit sondage autour de toi et tu verras ce que pensent les gens, du moins ceux qui n’ont pas peur.

Mais il y a plus grave.

Ton attitude a abouti à deux résultats:

D’ une part tu m’as plongé au fond du trou, et bien maintenu. A chaque fois que j’avais la velléité de mettre la tête hors de l’eau, je recevais de ta part un coup de marteau. Sans compter les « petites réunions » mensuelles qui n’étaient en fait que prétextes à des sordides règlements de comptes.
(Tiens au fait, j’ai oublié de te dire, j’arrive à l’heure au travail... Et frais et dispos. Et toi, ça va mieux de ce côté-là? ) .
Bref ceci a abouti à bousiller la vie de mes proches (ma mère en est morte, ma fille a eu pendant ces années une scolarité horrible, double redoublement alors qu’elle était une parfaite élève de primaire- elle est très disposée à t’en parler et est à ta disposition).

Tu ne t’es pas contenté de ça, tu m’as poursuivi jusqu’ici et ne m’a laissé aucune chance de m’en sortir.  Je suis arrivé à Vannes dans le même état qu’à Mende (ce n’est pas le changement de département qui aurait pu subitement me guérir) et j’ai eu le malheur de tomber sur un chef du même acabit que toi. Avec ton aide, il a essayé de monter mes collègues contre moi, c’était facile dans l’état où j’étais.
Mais Dieu a voulu que je puisse remonter la pente.  A présent je vais bien. Professionnellement je me débrouille avec Windows ( le 3.1, le 3.11, le NT et le 98 ), les Word, 6 ou 97 (je possède même un PC perso, c’est avec celui-ci que j’ai l’honneur de t’écrire) . A propos  j’ai vu que vous n’aviez pas d’adresse e-mail nominative chez vous? comment se fait-ce?...)

Voilà pour mon humble personne.

Il y a pire, et ça je ne te le pardonnerai jamais.

Je veux parler de Nathalie.

Je ne veux pas parler à sa place. Tout ce que je peux apporter, c’est mon témoignage. J’ai vu dans quel état elle est arrivée à Mende et comment elle était avant ce 1er mars 94 fatidique. Je peux te dire que professionnellement elle était  « au Top » (comme tu dis si bien). Outre que tu l’as détruite moralement tu as réussi le prodige de la dégoûter à jamais du métier. Quelqu’un de compétent dans tous les domaines comme elle croupit à présent dans une bibliothèque de la région parisienne. Je ne sais pas si elle en souffre, ne l’ayant plus revue depuis Mende et parlée depuis à peu près la même époque.
Je pense qu’elle ne veut plus entendre parler de tout ça. Mais pour la Maison, c’est ce qu’on peut appeler une grande perte. Beau résultat...

Petite anecdote pour en finir avec le sujet, un jour je l’ai empêchée in extremis de se foutre en l’air. C’était au début de ton règne, avant ce fameux 8 juillet. Tu lui avais parlé en termes choisis de sa façon d’articuler,  et comme elle pleurait, tu te régalais et tu en remettais une couche.

Je pense qu’elle n’a pas dû apprécier non plus à sa juste valeur le petit rapport que tu as mis 4 heures à taper pour envoyer à M. Le Directeur Régional (le 12 mars 1997) tout simplement parce qu’elle avait eu le courage (que moi je n’ai pas eu) de ne plus te serrer la main. (qui a parlé de « mesquinerie? »)
A la réflexion elle aurait dû te l’envoyer plutôt dans la figure...

Savent-ils tout ça tous ceux qui se sont succédé chez toi depuis 2 ans et demi? Ils doivent avoir une version « adaptée » avec en vedettes le mesquin-fumiste Patrick et l’asociale Nathalie....

Elle et moi étions très bien implantés à Mende. J’y compte 3 ans après de nombreux amis, j’ai pu le vérifier en y venant en décembre dernier. Tu nous a obligés à nous exiler. C’est du beau travail.

3 ans après je n’ai toujours pas compris les raisons de cette persécution et de cet acharnement à vouloir nous faire partir. Jalousie? Méchanceté ? ou simple bêtise ? Je ne sais pas.

Pourtant lorsque tu es venu nous voir à l’hiver 93/94 nous t’avions accueilli les bras ouverts et t’avions (surtout
moi ) encouragé à postuler pour Mende. Je te trouvais dynamique et sympa.

Tu dis que tu as eu la « haine » parce que tu as dû tourner quelques journées tout seul ?  Nathalie  et moi étions épuisés après 4 mois d’efforts intensifs et je pense que nous méritions un peu de vacances.

Pour finir je voudrais te dire deux choses:

Primo: je n’ai nulle besoin de ton autorisation pour venir au centre de Mende. C’est un lieu public et si je veux y passer, j’y passerai . Que ça te plaise ou non. Tu pourras toujours appeler les gendarmes (je sais que tu es un fana) si ça te  fait plaisir. Mais ne t’inquiète surtout pas, j’éviterai d’y venir tant que tu y seras chef, ce n’est pas que j’aie peur de toi mais je n’ai pas envie de faire des cauchemars par la suite.
Selon ton procédé habituel tu pourras toujours « préparer » ton remplaçant à ma venue. je n’en doute pas un seul instant A moins qu’il m’ait connu avant...

Secondo: Tu m’as dit « à jamais » à la fin de ta lettre. C’est ce que tu m’avais dit la dernière fois que l’on s’est vus. Je ne demandais pas mieux. Mais cela ne t’a pas empêché d’envoyer 2 mois après ton mot rempli de fiel à l’ex-DDM 56, et également  ton billet doux du 13 juin.

Alors maintenant je te dis calmement « lâche-moi ». Je sais que tu es quelqu’un de très dangereux mais tu ne me fais plus peur. Qu’on en reste là. J’ai vu ce que tu pensais sur mon compte, moi je n’ose pas en faire de même car tu m’attaquerais en diffamation... Je ne suis plus le Patrick « apathique et larmoyant » que tu as connu, et si tu continues à me faire ch...d’une manière ou d’une autre, je te préviens que je saurai me défendre.

Pas mal se sont déjà cassé les dents ces temps-ci. Je ne sais pas si tu as vu le film « le mouton enragé », mais si tu en as l’occasion tu pourras comprendre mon état d’esprit actuel. J’ai 5 ans de vie à rattraper (sans compter ce que je ne peux plus rattraper) alors va voir tes cocotiers et fous-moi la paix.

Patrick.

P.S. J’ai une adresse, ça n’est pas la peine de venir perturber mon travail au centre. Tu la verras sur le tampon au dos de l’enveloppe. Et puis MOI je ne suis pas  dans  la liste rouge....

 

Ma "Nathalite aiguë" va aller en empirant . J'aime bien ce terme Nathalite aiguë, car pour moi c'est bien une maladie. J'appelle ça aussi "le régime sans elle".

A présent, je rêve d'elle pratiquement tous les jours. Et des rêves hyperprécis, des vrais films de cinéma !

Je vais aller de plus en plus loin dans les "défis". Par exemple, mon père a oublié de remplir sa déclaration d'impôts. Et c'est mon ex, Mireille, qui a arrangé la situation, arguant qu'il était "un parfait honnête homme". Elle a jeté la rancune à la rivière car c'est bien nos paternels qui ont fait tout ce qu'ils ont pu pour que notre couple explose.

19 ans après l'avoir vue - et entendue - pour la dernière fois, je me décide à l'appeler !

"Bonjour, je crois qu'on se connaît, on a été mariés il y a 26 ans... "

Elle a l'air suffoquée. Je lui dis que je viens la remercier pour ce qu'elle a fait pour mon père, elle me répond sèchement "qu'elle n'a fait que son travail."
Elle a peut-être peur d’un retour de flamme ? La pauvre, si elle savait....


Sinon, je suis toujours harcelé par les collègues, qui voient bien à présent que je suis loin d'être un feignant, vu les immenses progrès que je fais côté boulot.
Il en est surtout un qui me harcèle.
C'est le plus vieux de la bande, il a 55 ans. Il me laisse régulièrement des petits messages sur l'écran en guise d'écran de veille. De temps en temps je vois défiler des trucs comme "alors le gros, on va bouger son cul aujourd'hui ?". Bien sûr, je marche dans son jeu, et lui réponds, genre "mais oui papy, n'oublie pas ton Viagra" !

Le point d'orgue arrivera un jour de printemps, où une engueulade plus forte que les habituelles aboutira à ce qu’on en vienne presque aux mains ! Il me dira carrément « enlève tes lunettes et sors dehors qu’on s’explique une fois pour toutes » !!!

Je vais également perdre un bon copain.
Un gars que j’avais connu en 1965, avec qui j’avais fait les 400 coups les 3 étés suivants. On s’était perdus de vue puis avions renoué le contact en 1990. Et ma foi, en dehors de quelques petites fâcheries de ci de là, nous allions environ une fois tous les deux mois chez lui, à Quimper et lui faisait de même.
On passait nos soirées en jouant à la belote. Moi (je sais, c’est nullissime) je me régalais à chaque fois que quelqu’un disait « j’ai un atout ».
Et oui, les liaisons dangereuses…

Mais cette fois, le hasard ayant voulu qu’on se paye une nouvelle voiture en même temps (durant les promotions) lui avait acheté une Opel Astra d’occasion (vu le genre de gars c’était la voiture qui lui allait comme un gant) et moi un break Fiat neuf (que j’ai toujours… et qui marche mieux que ma Seat Diesel beaucoup plus récente)
Il avait dû sans doute qu’il y avait là une relation de cause à effet et avait coupé les ponts, me disant « que je ne fonctionnais que par rapport à l’argent ».
Fâcherie qui durera pendant 10 ans, jusqu’à ce printemps où il me demandera à être son ami sur 'Coapins d'avant" . Il était même prévu, avant que l’on déménage précipitamment, d’aller le voir en septembre, ainsi qu’un autre ami du même endroit.

 

 

a partir de la fin mai je vais également me raconter, écrivant ce que j'appellerai "mes mémoires", afin de laisser une trace, que l'on sache pourquoi - si jamais ça arrive - j'ai voulu en finir. C'est grâce à ces "mémoires" que je peux écrire mes notes avec une précision incroyable.

En juin, c’est mon (unique) cousin germain qui m’appelle. C’est un type que l’on aurait du mal à s’imaginer comme pouvoir devenir un confident, un lieutenant-colonel en retraite, droit dans ses bottes ! Et pourtant, ce sera la première personne à qui j’expliquerai que je ne vais pas bien du tout, et que je suis à deux doigts d’en finir.

Et il sera suffoqué d’apprendre pourquoi ! Lui pensait – comme le reste de la famille – que Nathalie me faisait marcher, et que c’était un amour à sens unique. Quand je lui parle « du mariage et des beaux bébés » alors là il me dit « mon pauvre vieux, tu dois souffrir atrocement… »

Sinon côté boulot, malgré l’arrivée d’un nouveau chef, les réunions mensuelles continuent, demandées par les collègues. Et je suis toujours mis sur la sellette d’une façon ou d’une autre dans les « questions diverses…. »

Pour me consoler, j’achète une superbe chaîne hifi, qui peut jouer des disques, des cassettes, des CD et qui possède un tuner. Elle aussi m’a bien aidé pendant ces années-là…

Grande première (je viens de le voir dans mes « mémoires » ) le 22 juillet j’écris mon premier mail ! Mon pseudo est inspiré de celui des années-minitel où je m’appelais Gévaudan. Pas bête, non ?
Là, ce sera gevaudan@netcourrier.com. Premier mail, qui sera suivi de dizaines de milliers d’autres.

Juillet toujours, je me fais draguer. Invités chez une amie de mon épouse, on y rencontre Véronique, la quarantaine raffinée, qui me fait du rentre-dedans pas possible. Mais moi, je suis toujours dans mon trip, mon cœur est fermé à double tour.

Juillet encore. Mon second confident sera un collègue qui était devenu un ami. Il souffrait énormément de sa solitude affective, il aurait donné n’importe quoi pour se mettre en couple. Moi je lui disais toujours « ça viendra quand tu t’y attendras le moins ».
Et là, je n’en peux tellement plus  que je lui demande de venir à la maison ! Depuis Grenoble !
Un ami c’est un ami, il accourt aussitôt.

Bien lui en fera car du coup il ira au festival Interceltique de Lorient, où… il fera une galante connaissance !
Suivront pour lui sept ans de bonheur. A distance, mais de bonheur. Pas plus car il mourra brutalement à l’été 2007. Et ça, ça me secouera énormément…

Nos vacances sont prévues encore en Alsace, où je vais faire quelque chose d’extraordinaire.
De VRAIMENT extraordinaire.

(à suivre)

 

 

 

18:16 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : maniaco-dépression

06/11/2010

Le réveil brutal (décembre 1999)

En ce mois de décembre, je pense donc fort naïvement être sorti de ma dépression. Certes je vois apparaître de temps en temps quelques "trous", mais je remonte vite à la surface. J'ignorais ce qu'on appelait "maniaco-dépression".

Et c'est ce que je vais tester en ce mois de décembre 1999, ayant choisi de revenir à Mende, afin de montrer à tous que le "zombie" est guéri. Puis au Vigan, chez mon père, voir comment je réagis à son cadre de vie, que je n'ai pas vu depuis près de deux ans.

Départ donc le 20, coucher où ????

A Limoges, gagné !

Repas à Aurillac, je vérifie qu'il n'y fait pas aussi froid qu'ils le disent à la télé ;-)

Puis c'est St Flour, St Chély et Mende, où l'on arrive juste avant la tombée de la nuit.
Nous sommes accueillis par un couple d'amis, qui semble étonné de ma "résurrection". Et de fait, je vais beaucoup parler à table, aidé en cela par un bon petit vin des côtes de Millau.

Le lendemain matin 22, j'entreprends de faire un tour de Mende.

Je commence par le plus près, à savoir la radio, où je leur déballe tout ce qui m'était arrivé, ce qui expliquait ma triste élocution des trois dernières années.
"Tu as repris la radio là-bas ?
- Non, et je n'en referai plus jamais".

Comment leur expliquer pourquoi cette affirmation.... Moi seul savais que vers la fin, je ne faisais mes émissions qu'en fonction de ce qu'une jeune femme blonde aimait. 
Et, très furtivement, j'allais quelques minutes chez elle après l'émission, afin de se donner du courage.
C'est grâce à ces émissions, grâce à elle donc, que je n'ai pas complètement renoncé à conduire. Mais pas plus que le trajet domicile / travail.

Je passe également chez l'ex-employeur de mon épouse. Et là j'assiste à une scène incroyable.

Le mec est en train de draguer une cliente. Mais cette cliente n'est autre que.... ma fille ! Elle a tellement changé en deux ans et demie...
"Tiens, salut Patrick, tu vas bien ?
- ben oui, nickel...
- et ton épouse ?
- elle va passer te voir.
- Bien... et ta gamine ?  Elle doit avoir grandi !
- Oui, et tu l'as devant toi ! "

Estomaqué le mec, autant que ma fille est fière. Ma fille qui, pendant que je me battais avec ma maladie, était passée du statut d'ado boutonneuse à lunettes à celui de vamp !

Je parcours ensuite les rues, non sans éprouver un petit pincement au coeur. Qui grandit.

Je marche seul le long des rues où nous allions tous deux avant
A chaque pas je me souviens comme on s'aimait auparavant
Comment pouvoir t'oublier ? Il y a toujours un coin qui me rappelle
Je suis né pour t'aimer et je serai toujours ainsi
Tu restes la vie de ma vie...

Tout Eddy ;-)


Et c'est alors que ma vie va basculer.
Par ma faute. Trop "bravache"...!
Car je veux vérifier une chose. L'autre enfoiré de tortionnaire avait prétexté que nous étions fichus à la porte par la mairie pour déménager en haut d'une montagne battue par les vents.
J'arrive donc là-bas, franchis le portail, arrive jusqu'à nos anciens locaux, et m'aperçois qu'ils sont bel et bien inoccupés. Quel salaud, quand même... En plus, il n'a pas fait long feu à Mende, s'étant fait muter pour les Antilles.




                                                 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥





Tous les pompiers du monde vous le diront : il ne faut jamais considérer des braises non définitivement éteintes comme un feu circonscrit. Car le moindre coup de vent peut les raviver, et faire repartir l'incendie de plus belle.

C'est sur le chemin entre les locaux et la sortie que ça me prend.

Clac ! Tout me revient à la figure instantanément. Notamment que la dernière fois où j'avais parcouru cette allée se trouvait à mes côtés une jeune fille en pleurs, qui me disait des "je t'aime" à corps perdu. Pour une fois, pour la dernière fois, sans se cacher.

Ainsi j'avais tout gardé en moi, et il ne manquait qu'un déclic pour que tout ressorte.

Et là, en quelques secondes, je réalise vraiment ma situation, et me dis que si je n'arrive pas à la faire revenir, ce sera la mort au programme. C'est pour moi d'une immense évidence.

La mort, le mot qui me viendra le plus à la bouche et à l'esprit pendant très exactement 38 mois....

(à suivre)

21:27 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (4)

05/11/2010

Le début de la maniaco (1999)

Résumons ma situation en ce début avril 1998 :

1) Nathalie s'est découragée.
2) ma mère vient de mourir.
3) mon épouse, inconsciente, s'est lancée dans des investissements (construction d'une maison) qui fort logiquement nous envoient droit dans le mur.
4) ma famille commence à s'éloigner et notamment
5) mon cousin/frère, à qui ont vient de suspendre le RMI est sur le départ. Canada le plus près, Tahiti autrement.
6) mon chef me prend pour un incapable. Ce que je suis, d'ailleurs, en ce début avril, tant j'ai perdu côté boulot.
7) la majorité de mes collègues ne peut plus voir en peinture le "boulet" que je sus.

A part ça, tout va très bien Madame la Marquise !

Je me stupéfie moi-même. Les effets des médicaments que je prends à double dose sont si importants que ma foi, je ne me désole pas tant que ça. Alors que, livré à moi-même, sans ces airbags chimiques, avec toutes ces "casseroles" je me serai jeté illico dans le port de Vannes, devant lequel je passe tous les jours où je bosse.

 

Fin 1998, c'est le déménagement pour la petite maison que nous sommes faits construire. 72 mètres carrés habitables, pour un remboursement de 5200 francs par mois. Soit le tiers de ma paye, l'équivalent de 1200 euros 2010 à sortir chaque mois. Pour commencer !

Nos pères respectifs, se retrouvant veufs, vont avoir autre chose à faire que de nous venir en aide.

Néanmoins, le mien, je continue à l'appeler tous les soirs à 19h.
Pas à 18h59, car il a encore la télé à fond et n'entendra pas la sonnerie, mais pas à 19h02 non plus, car après deux minutes, il pense que je l'ai oublié et remet sa télé à fond.

Mon père, qui commence à être "pris en main" par sa femme de ménage, et son voisin du dessus. Ensemble, ils vont réussir à lui voler 80% de ce qu'il possède :(

En janvier nous pendrons la crémaillère !

En avril, mon nouveau chef me donnera ma note 1998 : "élément médiocre, s'est fourvoyé en venant à Vannes, est plein de bonne volonté, fait ce qu'il peut, mais il laisse du travail à ses collègues."

En clair, pour lui - qui n'a même pas pris la peine de regarder mes notations précédentes - je suis un parfait incapable. En 4 ans je suis passé du summum au plus bas.

Et quand il me tend la note pour la signer, je n'ai alors aucun mouvement de protestation... Je suis d'accord avec lui, je ne vaux plus un clou.

Du reste, il me cantonnera désormais dans des emplois de bureau.

Mes collègues, devant ma "nonchalance", n'hésiteront pas à me traiter de "fainéant". Surtout un, qui a les mêmes doubles initiales que moi...

Et puis soudain, ma chance : ce chef est débarqué car il a harcelé sexuellement sa secrétaire. Les collègues ne veulent plus entendre parler de lui.
Il se retrouvera à Rennes, dans un poste subalterne.

Pour le remplacer, les règles ne seront pas respectées, car ce devrait être moi suivant le fameux règlement "plus ancien dans le grade le plus élévé".

C'est le collègue à doubles initiales qui prendra le relais. Et qui, contrairement à moi 5 ans plus tôt, se montrera nullissime à ce poste, criant "maman" au bout de deux mois. Il sera alors remplacé par un jeune venu de Rennes, qui ma foi ne sera guère meilleur. Pour diriger une équipe, il faut d'abord dialoguer avec cette équipe.

 

Et moi, devant cette chance qui m'est offerte, j'obéis à la Vox Populi qui me dit "d'arrêter toutes ces saloperies de médicaments qui me transforment en légume."

Je stoppe net tous mes médicaments. sauf le témesta, que je prends depuis 1973 à cause de mes foutus horaires décalés.

Et ma foi, au départ il me semble que ça ne se passe pas trop mal.
Peu à peu je "dézombize".

Et si je pense désormais que côté amour c'est à jamais fini, côté boulot j'enchaine les stages pour me remettre à niveau.
Côté voiture, je commence à faire quelques incursions en dehors de ma ligne droite qui mène au boulot.

Mais ma chère et tendre, elle, reste la même. En août 1999, elle se barre avec ma fille pour trois jours en Normandie. 50 ans de sa soeur.

Pendant ces trois jours, en dehors du travail, je resterai cloîtré dans la maison, ne mangeant pas une seule bouchée. A tel point que les voisins penseront que j'étais mort...

 

Mais, quand même, le moral va nettement mieux. Même si cela est assorti d'un mal de tête permanent, dont personne ne saura l'origine, malgré scanners et IRM.

Début septembre, vacances en Alsace. Nos dernières vacances remontent à 1996, également en Alsace.

Mais contrairement à la fois précédente, je participerai entièrement à ces vacances, en n'oubliant pas de me rendre tous les soirs à 19h dans l'unique cabine téléphonique du village, afin de prendre des nouvelles de mon père.

Mon père, qui voudrait que l'on vienne le voir pour Noël.
Ma foi, pourquoi pas ? Je me sens désormais la force de pénétrer dans cette "maison de la mort".

Et, mieux, sur le trajet, m'arrêter deux jours à Mende !

Départ fixé le 20 décembre.

(à suivre)

17:26 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : maniaco-dépression

10/10/2010

L'acharnement - 3

La preuve qu'elle ne m'en voudra pas trop , c'est qu'on se téléphonera tous les soirs.
Et elle le fera de chez moi...! Haut-parleur ouvert, bien sûr et à partir de ce jour, mon épouse exigera que j'ouvre le haut-parleur lorsque je recevrai une communication téléphonique, même personnelle.

Depuis mon nouveau "traitement" désormais, quand je ne travaille pas, je dors jusqu'à 11heures - mon épouse sonne le réveil - et l'après-midi, sieste - limitée de 13h30 à 16h30 par la même épouse.
Mais 16h30, ce ne sera pas 16h32 :(

15 ans après, je n'ai toujours pas compris ces "limitations", ce non-respect de la maladie. Alors que moi j'ai toujours été à ses petits soins pour la sienne, de maladie !
Mais ce ne sera que le début en ce qui concerne l'attitude de mon épouse, qui sera complètement pourrie durant ma maladie.
Odieuse, même.

Pendant ce temps-là, au boulot nous arrive un nouveau logiciel, qui achève de me laisser en rade. Jusque-là j'avais essayé de ne pas trop me faire lâcher, mais là c'en était trop. Pour moi, les point.ini et les point.dot, ça me passait complètement au-dessus du crâne.
Je lâche tout !!!

Et les réunions se succèdent, toujours impitoyables. Nat est à chaque fois en larmes quand nous en ressortons, tandis que moi, je m'enfonce, je m'installe toujours un peu plus dans la dépression.
Le scénario est immuable : Ordre du jour, questions diverses. Dans l'ordre du jour, notre tortionnaire fait semblant de demander notre avis à tous les 4.
Systématiquement c'est deux contre deux, "Patrick et Nathalie" d'un côté, les deux autres collègues de l'autre. Et à chaque fois ce pauvre chef adoré devra trancher, la mort dans l'âme... En se ralliant systématiquement à l'avis des deux autres.
Et les "questions diverses", ce seront les règlements de comptes...
Tout cela au bureau, mais pas décompté en heures supplémentaires !

Mars. Mon épouse tente de passer le BAFA. Pour cela elle doit être une semaine en internat. Cette fois, pas question de me laisser notre fille, vu mon état. Mes parents la récupèrent avec joie.
Et Nat me demande une faveur : Qu'on aille passer une nuit en bord de mer. Le top serait une chambre sur la plage même.
Pas de problème, direction le Sud, direction Agde, le littoral le plus proche. Au Grau d'Agde nous dénichons un petit hôtel, pile sur la plage. Et c'est sur cette plage que je vais commettre LA gaffe. Due à ma maladie, oui, mais gaffe quand même.
Car Nat, en pleine dérive, veut avoir une preuve que je l'aime. Et pour elle la meilleure preuve serait que je l'embrasse en public. Que notre amour se voie devant tout le monde.
Je suis très surpris de sa demande, car jusqu'à présent elle ne l'avait pas trop souhaité, ce baiser en public. Il faut dire que nos baisers durent au minimum 3 à 4 minutes, et durant ces moments-là nous ne touchions plus terre. Dur ensuite d'y revenir, sur la Planète !

Et là donc, j'ai merdé. Oui, je l'ai embrassée fougueusement sur la plage, mais... j'ai voulu que ce soit la nuit. Pour que ce soit plus romantique, c'est vrai mais aussi pour être seuls, sans les autres, ces autres qui nous fusillaient du regard quand on "osait" marcher main dans la main.
Nat en aura beaucoup de peine, de ce semi-refus.

Pour moi c'est net, cette attitude, ce n'est pas moi, moi qui l'été d'avant à Briançon l'avais enlacée en pleine rue, dans une ville où j'étais connu comme le loup blanc !  Quelle dégringolade... De l'irresponsabilité à la couardise.

Autre dégringolade, c'est au volant. J'ai de plus en plus de mal à conduire, j'ai l'impression bizarre que je suis "tiré" vers le milieu de la route. Au départ je mets ça sur le compte de la direction (de la voiture lol), mais très vite je me rends compte que la voiture n'est pas en cause.

En mai nous allons en Bretagne, avec le Futuroscope prévu au retour. Je ne verrai rien, me traînant  lamentablement dans les stands en regardant ma montre, attendant la fermeture, attendant le retour à l'hôtel, attendant mon lit...

Un jour de juin, pendant ma sieste, mon épouse reçoit un coup de fil. C'est notre tortionnaire, qui ORDONNE que je vienne vider mon armoire au bureau, car elles doivent disparaître le soir même.
Ces armoires, fermées à clé, où Nat et moi avions accumulé nos trèsors, il nous faut les vider devant tout le monde, notamment mon épouse. Inutile de dire combien le monsieur jubilait en nous voyant faire...
Et c'est dans la précipitation que j'ai vidé mon armoire, et que j'ai rempli 3 cartons avec leur contenu.
Dont la disquette où Nat et moi avions écrit nos poèmes. Disquette que je vais chercher ensuite des années durant...

Juillet. Nat emménage dans son nouvel appart. Plus grand, plus clair, et surtout pas si loin que ça. Certes, ce sera beaucoup moins facile qu'avant de nous voir, mais nous restons à côté, c'est l'essentiel.

Enfin, nous croyons rester, car le jour où elle emménage, c'est nous qui recevons une lettre recommandée stipulant que notre bail n'est pas renouvelé.
Bref, qu'on est à notre tour fichus à la porte...

Vous avez dit "acharnement" ?

(à suivre)

14:02 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : dépression, harcèlement

22/09/2010

Vers les étoiles - 6

Le 17 mars au matin, mon épouse monte dans ma chambre et me tend une enveloppe.
"c'est pour toi"..
Je reconnais tout de suite l'écriture. J'avoue que j'hésite à l'ouvrir, car connaissant Nathalie, ça peut être tout bon ou tout mauvais.

Bah, dans les deux cas ça précipiterait les choses...

C'est du bon.
Du très bon même, inespéré dirai-je. Une carte de bonne fête où elle a écrit un petit poème :

"En ce jour aussi joli / Je fais un gros bibi / A mon meilleur ami / De toute une vie"

Son meilleur ami de toute une vie. Il faut connaître le contexte pour comprendre ce que ses mots veulent exprimer. En me hissant au grade de "meilleur ami de toute sa vie", cela signifie tout bonnement que je suis la personne qui compte le plus pour elle. Elle ne peut pas faire plus...

Car je le répète, Nat n'a encore jamais éprouvé de l'amour pour un homme, elle ne sait donc pas par quoi ça peut se traduire. Elle "se sent bien avec moi" - elle me l'a souvent dit - et a de plus en plus de mal à être séparée de moi. C'est quoi docteur ? C'est pas de l'amour ?

A la manière de Mr Jourdain, Nathalie était depuis longtemps amoureuse de moi sans le savoir. Mais d'autres - comme Michel, notre chef - le savaient déjà...

A propos de docteur, mon corps va réagir très positivement à cette annonce. Déjà le soir même je sors de ma chambre, et descends dans la salle, chose que je n'avais pas faite depuis plus d'une semaine.
Le lendemain je fais quelques pas dehors, et le surlendemain, je téléphone au boulot pour leur dire que je peux reprendre doucettement.
Ma fièvre tombera très vite, en deux jours, tandis que ma toux s'estompera en quelques semaines.

Le docteur "pessimiste" confiera à mon épouse qu'il n'a jamais vu ça de sa vie.

Et pourtant....
Il aurait dû lire le magazine Psychologies de janvier 1992 - 13 mois auparavant - qui expliquait ce phénomène :

psycho2.jpg

 

 

 




Donc voilà.
Je l'aime et elle m'aime. Elle ne peut pas me le dire "directement", aussi use-t'elle d'autres mots pour l'exprimer. Pour ma part, c'est tout ce que je demande. De savoir qu'elle a les mêmes sentiments que moi, et que par la double grâce du travail et de l'immobilier, on aura des tas d'occasion de se voir.

En cette fin mars, je suis le plus heureux des hommes. Certes, je ne pourrai pas la prendre dans mes bras, certes je ne pourrai pas l'embrasser - voire plus - mais ce statut de "meilleur ami" nous satisfait très bien l'un et l'autre.


En fait il va nous satisfaire... pendant 3 petits mois.

Moi qui suis la politique à fond, les législatives me passent complètement à côté, alors que pourtant, et à mon grand désespoir, la droite est revenue au pouvoir. Et pour longtemps.

Le vendredi 9 avril, soudain changement d'attitude : elle ne veut plus me parler.
La raison : conversation téléphonique avec sa mère, qui n'apprécie pas le nouveau meilleur ami de sa fille. Qui continue son credo : je n'ai qu'une idée en tête, et je ne suis qu'un porc comme les autres mâles de la planète.
Madame aurait-elle oublié ce qu'était l'amour ? L'a-t'elle au moins connu....?
Pour être trivial, de quelle façon a-t'elle conçu sa fille ?

Je mettrai des heures et des heures pour la remettre en confiance, mais pas de doute, Nat est comme moi : écartelée. Hélas ça ne suffit pas de s'aimer, il faut l'être en communion avec les autres. Et là c'est loin d'être le cas.

Les vacances de Pâques sont un formidable test pour mesurer l'intensité de nos sentiments : J'ai réservé une maison, sur la plage, près de Lorient, au milieu de tous mes cousins/cousines.
Et pas pour une semaine, pour 15 jours.

Il fera un super beau-temps pendant ce séjour. Ma famille - tous confondus - me réservera un accueil chaleureux. Nous irons même faire des escapades, notamment à Rennes, St Malo, Dinan, Brest, Quimper, Pointe du Raz...
Cependant, durant ces vacances qui en d'autres temps auraient pu être exceptionnelles, moi, je...compterai les jours. Les jours qui me séparent du retour. Qui me séparent d'elle.

Et elle ? Et bien, elle me demandera de l'appeler d'une cabine tous les jours où elle bossera !! Et ces conversations sans fin.

Retour - enfin ! - au bercail.
Trimestre décisif pour notre fille, qui doit cravacher si elle ne veut pas redoubler son CE2. Il lui faut à tout prix un soutien scolaire, ce sera... Nathalie qui se proposera ! Entre les deux règne une complicité de plus en plus évidente.

Mais mon épouse commence à se douter de quelque chose. Déjà les 9 kilos que j'ai perdus depuis septembre ne sont pas tous à mettre sur le compte de la maladie, et elle le sait.

Mais c'est "autre chose", la fameuse intuition féminine...Toujours est-il qu'elle me fait de plus en plus de scènes, sur tout et n'importe quoi. Ce qui m'enlève du même coup pas mal de remords, d'oser ressentir des sentiments pour "une autre". Comment rester avec une telle mégère, même si je suis conscient que c'est la maladie qui l'a rendue comme ça ?

Et puis, désolé, mais je n'ai rien demandé, rien recherché... Ca serait bien si on disposait d'un petit bouton "reset" que l'on actionne lorsqu'on tombe amoureux alors que c'est règlementairement interdit, vous ne croyez pas ? Hélas ça n'existe pas...


(à suivre)

13/09/2010

Gros ou mince ?

Je suis passé par tous les stades.

Illustration par des photos :

7407c.jpg

Bibi en juillet 1974. Photo prise avec mon amie.

Attention !!! Mon amie dans le sens de ces années-là, c'est à dire la VRAIE signification de ce mot.

Cela valait mieux, d'ailleurs, vu que la photo a été prise le jour de mon mariage, ce qui explique le noeud pap ' qui vraiment n'était pas mon genre !

Mon amie, donc, depuis les vendanges, vu qu'elle était la fille des viticulteurs, et après une longue période d'observation, elle a vu que je n'étais pas fainéant à la tâche, on a sympathisé et quand elle a su pourquoi j'étais là avec un sécateur à la main, elle n'en est pas revenue !

"ça existe encore des hommes romantiques? "

Et oui, déjà en 1970 le romantisme n'était plus ce qu'il était ! Bref, une grande amitié est née entre nous. Et - du moins en ce qui me concerne - pas la moindre arrière pensée pendant ce temps-là.
Cette amitié a duré 7 ans, balayée par la jalousie de mon ex....

Mais revenons au sujet, ma minceur de 1974.

Voilà ce que je suis devenu 5 ans et demie plus tard7906a.jpg,
après un régime de nuits et donc de vie décalée.

C'est une des seules photo que j'ai de cette période, tellement j'avais honte de mon corps, je frisais les 80 kilos... pour 1m67, ce n'est pas le top on le devinera.

Entre le "c'est quand l'accouchement ? " de mes collègues, le regard effaré de ma mère à chaque fois que je venais lui rendre visite, le médecin que l'on allait voir pour une rhino ou une allergie et qui vous tendait une feuille de "régime type", les quolibets de ma famille - ils sont été toujours été extrêmement soucieux de leur apparence - qui me traitaient de "Bouddha " et surtout, surtout, ce que me renvoyait mon miroir à longueur de repas mon moral en prenait un sacré coup, j'en avais ma claque.

Mais le physique lui était de plus en plus en forme ! Plus je grossissais, plus j'arrivais à accomplir des exploits sportifs - dans le but de maigrir justement - que je n'aurais jamais pensé réussir dans les années de "vaches maigres" (sourire).
Pendant ces années je ne suis jamais tombé malade, à l'exception d'un gros rhume !

Mais, je me sentais mal dans ma peau, à cause du regard des autres. je n'osais même plus me faire prendre en photo ! Bien entendu, en dehors des marches, je me tapais des exercices intensifs qui étaient censés me rendre mon ventre plat en 15 jours... Mais va lutter entre une vie décalée !

Cependant, en décembre 1979, j'avais, en 3 mois, réussi à perdre un kilo. Non seulement j'avais arrêté la montée, mais j'entamais - lentement - la descente.
80 kilos en septembre, 79 en décembre, je pouvais à ce "régime" espérer 75 kilos fin 80,
71 fin 81,
67 fin 82,
63 fin 83,
59 fin 84....
Et je m'arrêterais là, 59 kilos pour 1m67, ça faisait un IMC de 21, impeccable...



Mais ça ne se passera pas tout à fait comme ça.

6 mois plus tard, je serai à...50 kilos !

Et par quel prodige ?
Simple : l'abandon de mon épouse....

Mon épouse qui avait été "prise en main" par son père alors qu'elle était en pleine dépression consécutive à la perte de son emploi.
Je n'insisterai pas sur ces détails sordides.


Ce jour-là le monde s'écroule pour moi. Et à partir de là...  je deviens incapable d'avaler un seul morceau. Si je m'y risque, je vomis instantanément. Je ne pourrai, dès cet instant, ne me nourrir que de mars et de jus d'orange. Parfois, je sens qu'il y a une "ouverture" côté nausées, et j'en profite pour manger le plus possible. Le monde à l'envers !

Fin janvier, j'ai déjà perdu 10 kilos.

Un mois plus tard, 8 supplémentaires viendront s'y ajouter.

Fin mars j'en suis à 56, et... je vois alors avec horreur mes cheveux disparaître !
A partir de là je vais voir les regards changer. L'obèse qui devient rachitique !

On parle de cancer, de plein de trucs... Moi je sais bien que ce n'est que de l'anorexie. Mais on m'évite, on ne sait jamais... Mon "presque-frère", mon cousin Jean-Yves vient passer 15 jours chez moi, et là miracle, je recommence à grignoter ! Je me crois sauvé, d'autant que la balance repasse le cap des 60.

Mais, quand ils s'en vont, c'est pire, et de nouveau moins 7 kilos le mois d'après... Plus ça va, plus je me traîne. et je vais alors choper plein de maladies : grippe, bronchite, hépatite virale. Pour moi monter des escaliers relève du 100m olympique. Et ma tonsure qui se voit de plus en plus !

Je commence à réaliser que je risque de mourir. C'est ce que me confirment les médecins, notamment celui qui était mon médecin traitant, et que je n'avais plus vu depuis le mois de décembre. Quand il entre dans la chambre et me voit il me dit "Mais tu ne peux pas rester comme ça ? Tu vas crever si tu ne manges plus !!! Et je ne peux résister au plaisir de lui répliquer "alors là écoutez, il faudrait savoir ce que vous voulez !! Mauvaise foi, oui, mais quand même, c'était si tentant...

je ne devrai mon salut qu'à une mutation "sanitaire" dans les Hautes Alpes.

J'avais perdu 30 kilos, et perdu la moitié de mes cheveux, la moitié de mes défenses immunitaires, et presque toutes mes forces. En 6 mois j'étais passé du stade de l'obèse à celui de rachitique.

Moralement, cette séparation allait vite être oubliée, la peine se transformant en colère, puis en dédain.

Mais je dois reconnaître que le regard des autres n'était plus le même, la photo ci-dessous prise début 82 tendrait à penser que je recommençais à avoir du succès auprès du beau sexe !

 

8204b.jpg

Je vous embrasse.

 

05:30 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : régime, divorce

10/09/2010

Mes années vélo (1962/1969)

Sur une idée d'Alain !

Commencée à Lorient, et finie à Lorient. Mais entre les deux, mes roues ont vu une bonne dizaine de départements : Morbihan bien sûr, mais aussi Haute-Vienne, Vaucluse, Drôme, Finistère, Saône et Loire, Ain, Charente, et j'en passe.

L'histoire commence en 1962, donc.

Nous sommes en vacances à Lorient, ma mère s'est mise en tête de m'apprendre à faire du vélo. Et, justement, un vélo à ma taille est à ma disposition, celui d'un petit cousin.

Mais rien à faire, c'est dans la tête, pas question de monter sur ce truc qui ma-thé-ma-thi-que-ment ne peut pas tenir sur deux roues ! Mais pourtant, moi qui suis depuis déjà quelques années le Tour de france, je me dis comment font-ils ???

Vers le milieu du mois, nous allons à la plage. Méga-coup de soleil pour moi, qui se traduit par une poussée de fièvre.
Or, le lendemain, je devais aller à Quimper avec ma mère, ma tante, une cousine et sa fille. 5 places pour la 203, c'était le max !

Je savais que le choix qui s'était porté sur moi faisait des jaloux, notamment un certain Bernard, le propriétaire du vélo. Qui avait fini par.... ne plus me le prêter pour apprendre à en faire.
Moi j'étais soulagé, ces leçons de vélo me fichaient de plus en plus la trouille. Un peu comme la natation 6 mois avant, avec des "béquilles" ça passe, mais sans, pas question.

Coup de théâtre, vu que j'étais "malade" - je le mets bien entre parenthèses - plus question pour moi d'aller à Quimper !! Alors qu'on m'avait alléché avec cette ville, qui n'avait rien, mais rien à voir avec Lorient. C'est le petit-cousin qui ira à ma place !

Alors, au cours de cette journée, je vais sortir de la cave le vélo du voleur de voyages, et je me jurai que, à la fin de la journée, je saurais en faire !

Et je m'élance sur l'immense trottoir en pente de la Cité. Une chute. je me relève. Seconde chute. je me relève. Et peu à peu les chutes s'espacent, et à un moment donné, ça y est, je roule...

C'est cette vision qu'aura mon teigneux de petit cousin quand, tout fier, il rentrera de Quimper.
"Rends-moi mon vélo...
- Avec joie, de toutes façons il est désormais trop petit pour moi ! "

Cependant, les années passent, et je n'arrive pas à "concrétiser" avec un vélo de taille normale. Logique, il me manque quelques centimètres, une bonne quinzaine !

Durant le printemps 65, je commence à grandir, et je peux alors m'élancer avec un vélo d'adulte. Pas facile, mais j'y arrive.

Mes parents du coup me promettent un vélo neuf si je réussi au BEPC, ayant (voir une note précédente) très peu de chances de passer en classe supérieure.

J'obtiens le fameux examen, et le vélo est acheté, à Valréas, dans le Vaucluse. Le même endroit que deux ans auparavant, où j'avais pris conscience qu'une petite fille de Toulon représentait quelque chose d'énorme pour moi, sans savoir encore qu'elle était ma soeur cachée....

C'est au cours de ce mois d'août que je ferai le plus de balades, prenant soin d'acheter une carte postale dans chaque village que je traverserai.
Valréas était une géniale piste d'entraînement, il y avait toutes les routes possibles !
Ma préférée était la route de Nyons : Un long plat, où je pouvais dépasser le 60 km/h, puis une côte de plus en plus serrée, avec un point culminant à 423 m (200 m au-dessus de mon point de départ). Puis la descente jusqu'à Nyons, régulière, située au même niveau que valréas. Là aussi je dépassais le 60 sur presque tout le parcours.
Visite du village de Barjavel, petit perrier-menthe au café, et retour.

Puis je me lançai dans les grands cols.  Le col d'Aleyrac sur la route de Crest. Entre Salles sous bois (254m) et Aleyrac (481m), seulement 7 km ! Un bon pourcentage, que j'avalai sans problème.
J'allais de plus en plus loin, jusqu'à Orange, Vaison la Romaine, Malaucène...

Malaucène, le point de départ du fameux Ventoux. Pourquoi pas essayer ?

Un jour je dis à ma mère que je ferai de la bécane toute la journée, et que je prendrai un sandwich.
"Où tu vas ?"
Je le lui dis. Et là elle me rigole au nez.

Raison de plus pour tenter la chose.
C'est à Malaucène que je me restaurai, et en avant pour la bataille !

Route large, mais pentue comme pas possible. Je ne m'attendais vraiment pas à ça . Au bout d'une demie-heure je n'avais fait que 5 kilomètres. La borne m'annonçait "altitude 650m". Je n'étais jamais grimpé aussi haut ! En plus j'étais encouragé par des automobilistes...

Je n'allai pas plus loin que 850 m d'altitude. Un panorama sur la gauche, duquel je me sentais incapable de repartir en montée. Mais, là, déjà, la vue était époustouflante. On pouvait distinguer facilement Avignon, on voyait assez bien les Cévennes et on devinait la mer...

Il fallait savoir jusqu'où on pouvait aller, ce qui ne fut pas le cas d'un collègue, l'an passé, qui fièrement passa au sommet, avant de mourir, victime d'un infarctus massif.


En 1966, tout autre décor : La Haute-Vienne. Première balade : Oradour sur Glane. J'y reviendrai un jour sur deux. Mais je grimpai aussi quelques sommets à 700m et plus.

Août : la Saône et Loire. J'étais basé à Serrières (300m) et je commençai avec un col à 550 m, puis un autre à 614 pour finir avec un sommet, la Mère Boîtier à 758m.
J'étais récompensé par la vue magnifique, dont le Mont-Blanc. C'est depuis ce jour que je le cherche partout où je vais (dans les limites du raisonnable, sachant très bien qu'au-delà de 300 km il n'est plus visible à cause de la rotondité de la Terre).

67 fut vélocipèdement une super-année. Là j'étais à Brest, et je me servais de mon biclou pour aller voir Nadine, une allumeuse de première, qui était en vacances à 20 km de là.
C'est à cette occasion -j'avais un compteur - que j'atteignis le 80 sur la nationale. J'allais aussi voir mon copain Bernard, qui avait déjà commencé l'apprentissage ! A 14 ans....
En septembre, tours de roue à Lorient, retour aux sources.

68 me vit avec mon vélo à Pâques dans le Limousin. Idem, beaucoup de trajets sur Oradour, d'autant qu'il y avait un col assez costaud à se taper. On y revient l'été, où il m'attendait sagement dans la cave de la dame qui nous louait. Laquelle, qui n'avait pourtant que 40 ans, se souvenait très bien d'Oradour, où sans l'avertissement d'un soldat allemand, elle allait droit vers la boucherie.

Même chose en 69, et là j'étais devenu presque un pro. Pour Limoges (45 km) je ne mettais même pas une heure ! J'étais sur mon petit nuage, et je me pensais le roi du monde ! Je n'hésitais pas à emprunter les boulevards de cette grande ville, sans paniquer le moins du monde. Quelle différence avec 1965...
Je faisais des courses avec des jeunes du village !

A Lorient, j'avais encore moins peur de la circulation, et je n'hésitais pas à emprunter les plus grands axes sans vraiment trop faire attention.

Mais j'étais trop sûr de moi.

Le 23 décembre, alors que je fonçai pour aller voir une grande surface qui venait d'ouvrir, un camion me coupa la route et ce fut la chute, la lourde chute. J'étais en sang. Rien de cassé mais pendant un mois je ne pourrai plus marcher ou presque.

Ce sera la dernière fois que je ferai du vélo. A quelques 800 m de l'endroit où j'avais appris !

Je vous embrasse.

20:58 Publié dans Loisirs, moi, psy, Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vélo, lorient

Pas loin de craquer....

Je rappelle mes occupations des 7 derniers jours :

- vendredi dernier, départ pour Colmar, boulot là-bas.
- samedi dernier, boulot à Colmar
- dimanche dernier, boulot à Colmar
- lundi dernier, cartons
- mardi dernier, boulot ici
- mercredi dernier, aller à Ouhans pour réceptionner le lit et le matelas
- jeudi dernier (hier) boulot ici.

Attention: quand je dis "boulot ici", ça veut dre entouré de marteau-piqueurs en tout genre car ils "réhabilitent" l'immeuble. Et depuis deux mois, c'est notre étage qui est "réhabilité"

Tout cela sans compter les différentes tractations diverses et variées, avec les déménageurs entre autres.

Ce matin, "chère et dure" est en hystérie, envoyant balader tout ce qu'elle peut, et téléphonant tous azimuts pour trouver quelqu'un pour l'amener là-bas afin de.... tondre la pelouse. Je vous assure, c'est vrai ! Son obsession actuelle est l'état de la pelouse qu'une maison que nous n'habiterons que dans 6 semaines !

Elle insiste pour qu'on y aillle demain.
Pas question.

Et quand je peux souffler moi ?????

Le voyage de Ouhans, ça fait 9 fois qu'on se le tape. La dernière fois c'était pour réceptionner notre literie, la fois d'avant pour installer des tringles à rideaux.

Je le vois bien, ma conduite sur cette route devient de plus en plus rapide, tant d'une part je la connais par coeur, et d'autre part j'en ai marre de la faire. j'en connais le moindre mètre !

Pas la peine d'aller chez le psy si elle lui raconte ses dernières vacances. Mon épouse est malade, c'est évident. Et pas seulement côté neurologique, mais aussi côté mental.

C'est comme ça à chaque déménagement, et c'est pour ça que je lui avais proposé de s'occuper nous-même des cartons, et de le faire petit à petit.

Mais apparemment, cela n'a servi à rien, mon épouse est incurable, et je sais pertinemment que s'annoncent trois mois d'enfer, après les deux que je viens de passer.

Finalement, le fameux scanner thoracique, je ne le ferai pas...

Je vous embrasse

12:04 Publié dans psy, Ras-le bol | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : hystérie

06/09/2010

Première grosse épreuve : le service militaire (1972/73)

Les années passèrent, et je finis par rencontrer une jeune fille dont les parents ne me rejetaient pas. C'était en 1972, elle avait 16 ans et moi 21.

Très vite nous nous aperçûmes que nos étions rigoureusement les mêmes personnes, mais de sexe différent. Elle adorait faire du cyclomoteur, moi aussi. Elle adorait écouter les hit-parades tous les dimanches, moi aussi. Elle avait été un enfant " de remplacement", moi aussi.

A cette époque, j'avais enfin réussi à quitter Paris. Enfin, je le pensais.
Je me trouvais alors en montagne dans le Gard, au point le plus haut du département. Mon père, profitant de sa retraite toute neuve, vint passer quelque temps dans la vallée, qu'il trouva à son goût.
A tel point qu'il prit cette affectation "provisoire" comme étant définitive, et déménagea de paris, avec femme, bagage, et chat.

 

Mais pour décembre, autre chose m'attendait : le service militaire.

Je n'avais pas trop d'appréhension là-dessus, malgré tout ce qu'on m'en avait dit. Je savais que je pouvais dire adieu à ma longue chevelure, mais sinon, pour le reste, les "3 jours" que j'avais faits à Vincennes avaient fini par me convaincre que l'Armée n'était pas si terrible que ça, pourvu qu'on y aille la fleur au fusil. Qu'il suffisait de se plier à certaines règles et ne pas jouer les matamores. Se faire discret pendant un an.

Seul (et énorme) problème : la séparation d'avec ma petite fiancée Mireille.

Le 30 novembre au matin, je pris l'autocar qui devait m'amener à Sommières, puis un autre autocar qui lui me déposerait à Montpellier, de là je prendrais un train jusqu'à Toulouse, puis un autre jusqu'à Bordeaux, et enfin, un autre train de Bordeaux à Rochefort sur Mer où j'arrivai à 2h30 du matin. C'était l'heure normale !

C'est là que je compris que les permissions de moins de 72h ne me serviraient à rien, vu les 20 heures de voyage (19 dans l'autre sens : 2h30/20h56)


Il ne me fallut pas moins de 24h pour me rendre compte que j'avais pénétré en Enfer.

Qu'un appelé, en 1972, était traité comme un chien. Humilié, maltraité.


La journée type : lever à 5h avec un coup de sifflet strident (moi qui pensais au son du clairon...). Puis douche, mais pas le temps de se sécher. C'est donc mouillé que l'on s'alignait face au drapeau pour la cérémonie du matin. Je rappelle qu'on est en décembre.

Puis à 17h30, ces messieurs les engagés qui nous traînaient dans la boue (au sens propre) se transformaient en travailleurs ordinaires et prenaient leur petite voiture pour aller gentiment s'agglutiner dans les bouchons Rochefortais. je suis sûr qu'à la maison ils devaient être tendres comme des agneaux, bons pères et bons maris.

Enfin un moment pour souffler ? Erreur, car c'est là que le calvaire allait s'accentuer.
Ces engagés étaient remplacés par des Kapos. Oui, j'insiste sur ce mot, des soldats même pas de première classe, mais qui étaient plus anciens et faisaient fonction de caporal.

Avec ceux-là, pas de pitié à attendre. Les "FFC" comme on devait les nommer repéraient vite quels étaient les plus fragiles et ceux-là allaient déguster. Dans notre chambrée, ce fut un ingénieur de 26 ans qui fut pris pour tête de turc, et bien souvent je le vis pleurer... J'en verrai du reste pas mal des collègues sangloter.

Pas une larme en ce qui me concerna.
Car j'avais déjà disjoncté. Je ne me considérais plus comme un être humain parmi d'autres humains, mais comment dire... un zombie chez des fous.

7212.jpgOn voit du reste ma mine réjouie sur la photo, au premier rang à gauche de l'image...

Des fous, ils en fabriquaient à la pelle. Déjà en nous interdisant de sortir pendant 4 semaines ! Des garçons en pleine force de l'âge ...
Ne nous restait que l'alcool et le tabac (qui lui au contraire était encouragé !!) , même la branlette était impossible, car aucune porte ne fermait. Pour aller aux WC il fallait tenir la porte...

Ceux qui tombaient malades devaient s'inscire la veille pour une "visite médicale". Je mets des guillemets car c'était un élève aide-soignant qui faisait office de médecin-trieur (on avait du bol ils auraient pu prendre un charcutier) pour séparer ceux qui pourraient enfin recevoir des soins, et les autres, ceux qui ne lui semblaient pas malades. Ils repartaient alors sans avoir consulté, avec en prime un bon pour une, voire deux corvées.

Je pourrais en raconter baucoup des comme ça...

Et c'est alors que je me mis à écrire. A tour de bras. A ma fiancée, à mes parents.
Ma fiancée me reçut 5 sur 5, et il n'était pas rare que je reçoive deux, voire trois lettres par jour pour me réconforter. Des lettres roses ce qui faisait doucement rire mes compagnons d'infortune. Et qui n'arrangeait pas mon cas.

Je recevrai pendant ce mois de décembre une quarantaine de ces lettres, et... deux de mes parents. La première qui essayait de me "raisonner" du style "montre que tu es un homme, ne nous fais pas honte..." et une seconde où ils m'annonçaient qu'ils allaient déménager !

 Perte brutale de deux illusions.

Dans le fait que, d'une part, j'avais découvert que l'être humain pouvait être un fauve pour ses semblables, et surtout que mes parents se fichaient pas mal de ce qu'endurais.

Je tombai vraiment de très très haut....

"Petite" chute (par rapport à ce que j'allais subir dans ma vie) mais marquante.

 
Heureusement, les choses allaient petit à petit s'améliorer. Après les classes, je rejoignis la base la plus proche de mon domicile, c'est à dire Istres. Là-bas, le soleil aidant, ce n'était déjà plus pareil. Ce fini les "une-deux, une-deux", j'étais là pour bosser. Et dans ma branche.

Certes j'y perdais côté salaire, 32 francs mensuels (l'équivalent de 40 euros) au lieu de 2000. Mais j'y gagnais en liberté puisque mes collègues étaient des pères de famille comme tout le monde, avec un uniforme dessus qui ne leur déteignait pas (trop) sur le cerveau, rien à voir avec les cinglés Charentais...

Ces pères de famille ne rêvaient que de week-end, moi de liberté. Nous devions faire 45 heures par semaine à l'époque, le dimanche étant bonifié à 30%. C'est ainsi que je ferai leur week-end et que j'aurai la semaine de libre !
Semaine type : Journée le jeudi, après-midi du vendredi, matinée du samedi, nuit du samedi au dimanche, et après-midi du dimanche.  J'étais libre du dimanche soir au jeudi matin. Parfois je demandais à ce que les "tours" soient plus resserrés, avec deux nuits de suite, ce qui me faisait gagner un jour.

7311a.jpg

Bref, je n'étais pas malheureux, et c'est avec une légère déception que, le 1er septembre, je fus "muté" à Orange. Un peu plus loin de chez moi (135 km), mais entre le train et le stop, il me fallait parfois moins de deux heures...

 

Sur cette photo je fête le "père Cent", date où le nombre de jours à effectuer devanient inférieurs à 100.

On notera ma sveltesse, c'est vrai que côté bouffe, j'espère qu'ils ne servent pas le même rata à leurs professionnels, car d'une part il y aura des ruptures de contrat en masse, et aussi des organismes très affaiblis.

 

Mais cette vie militaire m'aura quand même énormément marqué.

Pendant trois ans, je ne pourrai m'empêcher de marcher au pas, et de sursauter au moindre képi ou à la moindre casquette.

Quand je pense que lors de ma première permission, j'ai salué un... contrôleur SNCF !!!
Vu qu'il fallait saluer tout ce qui portait autre chose qu'un calot sur la tête, j'étais déjà bien formaté !

 

On dit que le service militaire "fabrique des Hommes". Moi je dirai "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, et les 93% qui réchappent de ce régime (oui je sais il reste 7% de pertes "autorisées") sont certes plus aptes à affronter les vicissitudes de la vie. Laquelle à côté de ce qu'ils auront vécu pendant 12 mois leur paraîtra de l'eau de rose.

Il y aussi le fameux "brassage" des jeunes gens, l'aristo du XVIème et l'agriculteur qui n'a jamais quitté son patelin. Là je répondrai que c'est comme les fruits : quand on mélange un fruit pourri à 10 autres sains, ce n'est pas le fruit pourri qui va devenir sain, mais l'inverse.

Moi j'aurai appris à boire, à boire des bières à la queue-leu-leu pour oublier où j'étais. Par chance, allergique au tabac je ne pouvais pas profiter des 10 paquets de clopes qui accompagnaient la "solde" en fin de mois.

Enfin, je trouve que priver des jeunes gens en pleine force de l'âge du sexe opposé pendant 4 semaines de suite est ni plus ni moins qu'aberrant.

Merci, Monsieur Chirac, d'avoir supprimé cette école du vice.

 

A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

15:40 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : armée

27/08/2010

Destinée

Ma fille vient de décrocher un emploi. Elles étaient 200 à postuler, il y a eu une présélection de 15, puis de 3 (non ce n'est pas Miss France), et c'est elle qui a été prise.

C'est près de Dinard, si bien que pour avoir des trajets moins longs, elle et son copain ont décidé de s'établir à Dinan.
DSCN3101.JPGCertes on a vu pire comme lieu de villégiature, et pour ma part Dinan est la ville de Bretagne que je trouve la plus magnifique.

 

L'embêtant.... c'est que nous, nous sommes à Ouhans, à quelques 900 km de là.

Et cette fois, les situations risquent d'être figées, car quand elle parle de '"s'établir" ça veut dire acheter ou faire construire. Car son mec n'est pas con. Il sait que nous, les "beaux-parents" sommes ancrés en Franche-Comté, alors que notre fille n'a pas d'attaches en Bretagne, sauf sentimentales.
Là, il voit le CDI de sa nana, et du coup saute sur l'occasion pour établir un lien définitif entre notre fille et la Bretagne, quitte à faire lui-même un trajet de 40 km. Mais la situation est sauvée.

Mais, comme on dit dans certaines émissions de télé, comment en est-on arrivés là ?


La destinée. Les grands carrefours qui s'offrent à nous, dont on doit choisir une des routes, sans savoir où elles aboutissent.

Je peux dater de 1997 le fait que ma fille soit en Bretagne.

Et de 2004 celui que nous soyions dans le haut-Doubs.

Pour ce dernier lieu j'ai expliqué pourquoi dans une note récente (la chaleur excessive de l'été 2004 au Pays Basque, les vacances dans le Haut-Doubs en septembre, la quête d'un terrain en février, l'achat de ce terrain, la construction de la maison...)


En ce qui concerne ma fille à Dinan, cela vient donc de 1997. Mars 1997.

 

L'ambiance devenait irrespirable au boulot, et - pour des raisons que je vous donnerai dans quelque temps - je posai une mutation, après 11 ans de Lozère.

1er carrefour. J'avais le choix entre Lons Le Saunier (où je suis actuellement ) Briançon, Vannes, Belfort...

Ca a été Vannes. On m'avait dit qu'il y avait peu de chances que je l'aie, car cela dépendait... du succès d'un collègue de là-bas à un concours ! Qu'il tentait en pensant n'avoir aucune chance.

Il l'a eu.

Nous sommes allés en Bretagne.

Où ma fille s'est fait des connaissances, alors que moi je vivais un calvaire pas possible.

Bref, en 2003, nous sommes mutés à Biarritz.
Notre fille suit, mais de mauvaise grâce. Car parmi les connaissances qu'elle s'était faites se trouvait un certain Max. Avec qui elle "sortait" depuis 2 ans.

L'année scolaire 2003/2004 fut pourrie à cause de ça, notre fille ne parlant que de revenir en Bretagne.

Elle décroche son bac de justesse, puis s'inscrit - en douce - à la fac de Rennes.


Mais, second carrefour, en décembre 2004, alors que je suis avec elle pour quelques jours à Paris, elle nous annonce que :

1) les études, finalement c'est pas ça.
2) la Bretagne c'est bien mais nous lui manquons.
3) c'est fini avec Max.

Donc elle nous revient au bercail, un mois à Rennes pour faire illusion à la fac, un mois avec nous.

C'est tous les trois que nous craquons pour le petit village du haut-Doubs. Surtout elle.

Mais, troisième carrefour,  en mars elle tombe amoureuse d'un Rennais. Lequel ira à Lamballe, et notre fille le suivra.

Et enfin, quatrième carrefour, elle trouve un emploi stable. Si par exemple on lui aurait proposé un CDI à Paris voire à Lyon, je ne pense pas qu'elle l'ait refusée.

Voilà pourquoi les 900 km.

En fait, tout cela a dépendu non pas de nous, mais

1) de la réussite ou non à un concours pour un collègue.

2) de sa réussite dans les études supérieures.

3) de la rencontre de son copain actuel.

4) de son futur patron ( et donc de l'échec des postulantes).


Je pourrais faire un schéma de tout ça, mais dans un blog ce n'est pas très facile.

Mais plein de combinaisons sont possibles :

- échec du collègue -> nous mutés ailleurs -> notre fille ne connaîtra donc pas la Bretagne, et risquera fort de sortir avec un Briançonnais, ou un Jurassien, un Belfortain... Et donc de s'établir là où j'aurais été muté.

- réussite du collègue, échec des études de notre fille, mais pas de nouveau copain Breton, donc des chances qu'elle nous suive un peu plus ( sans jouer les Tanguy) et qu'elle arrive par atterrir ailleurs.

- Notre fille à Lamballe mais décrochant un super job ailleurs (ce qu'au fond de moi j'espérais).


Notre pouvoir décisionnaire - tant celui de notre fille que nous ses parents - est donc très limité..
CQFD !


Heureusement bientôt il y aura le TGV Rhin-Rhône !!

 

Je vous embrasse.

18:20 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : destinée