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27/01/2011

La dernière crise de démence de mon épouse

Je vis avec deux grands malades.

Mon chat Bob, diabétique, et mon épouse, atteinte d'une grave maladie neurologique.

Mais d'abord, comment se fait-il que je sois là à cette heure-ci, alors que fort logiquement je devrais monter, à Mouchard (39) dans le TGV Paris-Lausanne ?

Tout simplement parce qu'aujourd'hui il y avait réunion du personnel. Que mon chef était là, ainsi que le Grand Chef qui couvre Alsace - Lorraine - Franche-Comté.
Et qu'il était question du devenir de deux de mes collègues.

Assez vite, le ton est monté, et j'ai senti que mon 3ème collègue, qui avait "osé" demander une mutation pour Lyon, était agressé.
Oh que je me souviens de trop de ces réunions où j'étais sur la sellette...

Et du coup je suis monté au créneau.
Facile, certes, en considérant qu'à partir de ce soir, je ne vais plus au travail par obligation, mais parce que je l'ai décidé. Et oui, j'arrive à la date limite autorisée !

Donc au créneau.

Et tout de go, j'ai dit ma franche pensée au Big Boss, à savoir qu'en fait, la cause de tout cela est le non-remplacement par la direction de notre collègue accidentellement décédé en 2009.
Que si on l'avait remplacé, on ne m'aurait pas "déqualifié" et que, comme je l'avais toujours dit, je serais resté jusqu'à juin 2012, afin d'avoir tous mes trimestres.

Que donc, en ce mois de janvier 2011, en admettant que mon jeune collègue ait maintenu sa mutation (mais ça m'étonnerait, attaché qu'il est à son Jura d'adoption), on aurait fini l'année non pas à deux - comme ça sera le cas- mais à 4.
Et que par conséquent l'avenir de Lons le Saunier n'aurait pas été menacé dans l'immédiat comme il l'est aujourd'hui (on parle de fermer le centre au 1er septembre...)

Sans doute ces propos - je le répète sans danger pour moi - ont eu l'heur de plaire à notre chef de Franche-Comté, si bien qu'il m'a proposé, en revenant à Besançon, de faire le crochet par Pontarlier où je récupérerais ma voiture.

Si bien que je suis arrivé chez moi non pas entre 21h45 et 23h comme les fois précédentes, mais à 19h45 !
Appréciable...
Et apprécié par mon épouse, laquelle m'a montré tout ce qu'elle a fait aujourd'hui dans la maison.

A peu près le même genre de trucs qu'elle avait fait le 10 août dernier, date à laquelle on l'avait retrouvée inanimée dans sa voiture après une crise d'épilepsie.

Je connais bien le "sujet", et je sais qu'elle a deux façons de faire une crise.

Epilepsie d'abord, si le facteur déclenchant est trop grand.
Sinon, de "simples" crises de démence.

"Simples" mais éprouvantes pour l'entourage....

En principe c'est soit notre fille, soit bibi soit les deux qui dégustaient lors de ces crises de démence.

Mais cette fois, ni elle ni moi n'étions là.

Le "facteur déclenchant" fut une crotte de notre chat Bob, trouvée dans la salle de bains.
Chat, qui je le rappelle vit ses derniers mois, étant diabétique au plus haut degré.
Et qui, bien sûr, n'est pas responsable de ses "souillures".

C'est elle-même qui me l'a dit.
D'un accès de folie (je la cite !) elle a pris le chat, a ouvert la fenêtre et l'a jeté dehors.

Cette fenêtre-là :
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Le Dieu des chats a fait que Bob s'en sorte sans dommage.
Physique, car psychologiquement il est traumatisé. Nous regarde d'un air implorant sans comprendre.
Comprendre pourquoi on l'a traité ainsi.

Choc de deux grands malades, l'un qui ne peut s'empêcher de faire ses besoins n'importe où, et l'autre capable, dans un accès de folie, de la pire des choses.
Car si l'on avait habité au 6ème étage d'un immeuble...

 

Saletés de maladies, qui d'un côté vous rend sale, et de l'autre vous rend fou. 

Je vois non plus avec angoisse mais avec horreur le mois de mars, où je serai livré 24 heures sur 24 à elle-même....

Et si rien ne change, je n'aurai pas beaucoup d'alternatives. Une seule :
- soit faire le gros dos dans ma cave en espérant qu'elle se guérisse
- soit si elle ne guérit pas, alors prendre la fuite. Mais où ????? 

Pour l'instant, Dieu soit loué, je ne suis pas malade. C'est je pense ma seule chance de survie !

Je vous embrasse.

21:00 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : hystérie

20/12/2010

Neige : pourquoi un tel chaos ?

D'abord, que l'on s'entende sur un point : Depuis que les relevés existent (1860) il n'a jamais autant neigé sur la moitié nord de la France au cours de cette période (mi-novembre - mi-décembre).
De quoi rabaisser le caquet des croulants du café du commerce qui prétendent que les hivers de leur enfance étaient toujours blancs, et qu'à présent ce n'est plus ça ma bonne dame !

Mais bon. 10 ou 15 cm de neige suffiraient donc à paralyser les airs, les voies ferrées et bien sûr les routes ?

Oui. Parce que nous avons changé de monde, et surtout, de mode de vie..

A présent - et j'ai eu l'occasion de le voir sur les blogs - les gens pensent désormais que tout est planifiable.
Faux ! Certes nous avons fait marcher des hommes sur la lune (voici quand même 41 ans et demie...) nous faisons rouler des trains à 350 km/h. Mais la nature restera toujours maîtresse du jeu.

Alors je vais mettre ma casquette de "vieux con", et vous dire que, par exemple, durant l'hiver 62/63, où il y avait eu 30 cm de neige sur la France pendant près de deux mois, les transports, après un léger flottement, s'étaient très bien adaptés à la chose.

Vous dire qu'ayant bossé à Roissy en 1973/74, j'y avais connu des chutes de neige comparables à celles-là, et que le trafic aérien n'a jamais été trop perturbé.

Vous parler du Québec ou de la Russie, où ces conditions-là sont la norme, et où tout a toujours fonctionné normalement.

Vous dire, enfin, que sans aller si loin, il existe des coins en France où 40 cm de neige, même si ça tombe très tôt dans la saison, ne paralysent pas les activités.
Dans mon nouveau chez moi, par exemple.

Voici une photo datant d'un siècle environ, prise à Pontarlier.
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Je l'admets, ça ne se passe pas comme ça à chaque hiver, mais les habitants du Odou savent que ça peut exister.

 

 

 

Alors, les raisons de ce chaos ?

Mulitples, selon moi.

D'abord la difficulté pour l'être humain d'abandonner un certain confort, que peu à peu il a gagné.

Premier visé : ma pomme ! Et oui, je trouvais normal d'insérer, avec l'ADSL, des chansons dans mes notes en une quinzaine de secondes. A présent que je suis en bas débit, je n'ose même pas essayer cette opération, qui me prendrait au bas mot... presque 20 minutes !
Je m'étais habitué au confort de l'ADSL, et ne songeais même pas que le monde civilisé puisse exister sans ce haut débit !

Idem pour certains Franciliens ou Normands qui se retrouvent désemparés devant un truc qu'ils n'ont pas vu depuis pas mal de temps...

Ensuite, le changement de matériel.

Avant, les trains, avions, voitures étaient certes rustiques, mais ils étaient efficaces. A présent, l'électronique et l'informatique embarquées font que le premier grain de sable rencontré dérègle la machine.
Exemple : un train de voyageurs des années 70 pesait dans les 700 tonnes. Un TGV en pèse la moitié !
Les trains de marchandises n'ont été ralentis par la neige qu'à cause des trains de voyageurs qui, devant eux, leur bouchait la voie...
Idem pour les voitures, et bien sûr les avions.
Quand je bossais à Roissy, voici près de 40 ans (j'en avais fait l'ouverture, en mars 1974) les avions certes volaient moins vite - sauf le Concorde - mais pouvaient atterrir et décoller par presque tous les temps.

Enfin, selon moi, dernier responsable : les pouvoirs publics.

Pas d'argent pour dénéiger. Pas d'argent pour payer les fonctionnaires de l'EX-DDE qui manient les tractopelles. Pas d'argent pour entretenir les voies de chemin de fer.

A force de vouloir faire des économies (sur le dos de la population) on est en train de casser tout le système...

Sans parler de la panique des tout-puissants qui, malgré leurs hélicos, leurs voitures avec girophares/sirène ou leur avion dernier cri avec piscine, se retrouvent au niveau du pékin ordinaire quand la neige tombe.
Et oui, même avec piscine leurs avions sont cloués au sol, et si les routes sont impraticables leurs bagnoles avec chauffeur ne passeront pas.

Et je ne parle pas des médias (du reste, en écrivant cette note, j'en fais partie) qui sont bien contents d'avoir du grain à moudre.

Je sais que beaucoup ne seront pas d'accord avec mon analyse, mais du moins j'espère avoir quand même lancé quelques pistes.

je vous embrasse.

 

 

 

22:14 Publié dans actualité, psy | Lien permanent | Commentaires (6)

04/12/2010

Finirons-nous nos jours dans notre maison ?

Actuellement, quelqu'un qui n'est pas habitué à la conduite de montagne, et bien sûr équipé de pied en cap (pneus neige, couverture de survie, etc) est condamné à rester dans le lotissement. Au moins jusqu'au dégel...
Car tout est verglacé autour de nous. L'épisode Breton dont on rebat des oreilles, et bien depuis 12 jours, c'est comme ça chez nous. Avec 10 à 15 degrés de moins.

Mon épouse, qui d'une part doit conduire "en douce" vu sa maladie, et vu sa voiture (une "citadine" dont je ne sais pas si elle a résisté aux -19° de la nuit de jeudi à vendredi), est clouée ici.
C'est pour cette raison que j'ai choisi - et c'était une pure connerie - de revenir ici avant-hier soir plutôt qu'hier matin. Elle déprime à fond, et ma foi, je commence à me poser des questions...

Certes, on a habité elle et moi pendant 15 ans au-dessus de 750 m d'altitude. Certes la pelle à neige ça nous connaît.
Mais dans le premier cas, où nous étions perchés à plus de 1000m, nous étions jeunes et insouciants.

Et dans le second, à Mende, où il y avait vraiment un paquet de neige, d'abord nous étions en ville et ensuite en appartement.

A l'heure où j'écris ces lignes, et sachant que les hivers seront de plus en plus neigeux et rudes (si..., paradoxalement, un des effets du réchauffement GLOBAL climatique, j'insiste sur le mot "global") , je n'ai que 60 ans, et ma foi, je suis encore "alerte" comme on dit.

Mais quid dans 10 ans ? dans 20 ans ?

Je ne me vois pas, à 80 balais, faire une numéro d'équilibriste à chaque fois que j'irai chercher mon pain...
En plus, je fais partie de ceux qui pensent qu'à 80 ans, il faut savoir lâcher le volant...

Bref, j'avais sous-estimé le "facteur hiver" ici. Je me disais que oui, sur les Hauts Plateaux Jurassiens, ou Lozériens, à 1100m, comme dans le village de mon "premier baiser", il est normal d'avoir de la neige non stop de mi-novembre jusqu'au premier mai.
Mais 500 m plus bas !!!

Je comprends la réaction de mon cousin germain "droit dans ses bottes" lorsque, en juin 2008, il était venu voir la maison, et aussi l'environnement. Il avait dit cette phrase que je pensais être de jalousie "ce n'est pas vour vous...vous n'y arriverez pas..."

Il avait 71 ans à l'époque, et il devait imaginer ce que serait, pour lui, habitant la côte d'Azur, de s'installer ici. Comme pour nous il nous semblerait inimaginable de faire un séjour en Provence entre le 1er mai et le 1er septembre !

Mais plus ça va, plus je pense que la solution "appartement dans un bourg d'au moins 5000 habitants au-dessus de 600m d'altitude, doté d'un hopital, d'une gare et de l'ADSL"" sera l'option finale. On verra avec les années, mais si déjà à 60 balais et une excellente expérience de conduite sur la neige je me sens dépassé, quid dans 20 ans ?

A voir....

Je vous embrasse.

09:03 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (4)

10/11/2010

De nouveau autonome

Donc, vacances en Alsace. Bien entendu, c'est mon épouse qui conduit. Et je me dois de dire qu'elle le fait de façon kamikaze...
Déà, à Vannes, elle roule allègrement à 70/80 en ville, à 140 sur la nationale à 2x2 voies, là on arrive au bouquet avec ce parcours. Elle va bourrer à près de 160 sur l'autoroute, afin de s'éloigner le plus possible de Paris.

Mais bonjour le voyage du lendemain ! Dépassements sans visibilité, excès de vitesse incessants, bref, on réussit à parcourir 450 km en moins de 4h (pause déjeuner déduite).

La location est pourrie, située sous un grenier, et la température sera étouffante, jamais le thermomètre ne voudra descendre, même au petit matin, sous les 20 degrés.

Alors ce sera la montagne. Montagne Allemande d'abord, au-dessus de Freiburg-en Breisgau. A 1200m on respire ! Mais, sur le retour, mon épouse brûle un stop en arrivant sur une nationale très fréquentée. La voirure qui arrivait manquera de faire un tonneau pour nous éviter.  Je pense que l'on aurait été en France, c'était l'accident grave.

Stop. Oui, comme le panneau. Je souhaite mourir, certes, mais pas à finir sur un fauteuil roulant, j'en ai déjà parlé !

Le 15 c'est le corso fleuri de Sélestat, dont elle me parlait sans cesse en en disant que c'était la 8ème merveille du monde. On aime ou on aime pas !

Il y a un monde fou, et c'est toujours sous le cagnard que se déroule la cérémonie. Au bout de deux heures de suée et conversation beauf tendance Sarko avec ses copains Alsaciens connus en cure,  je commence à dire à chère et tendre que bon, ça serait bien qu'on bouge de là.

"Non."

C'est elle la chauffeuse, je ne peux rien faire.

Mais elle va en rajouter, me tendant devant l'assemblée de ses copains alsaciens les clés de contact.

"Prends la voiture, si tu as chaud".
Rire général de l'assemblée, sauf ma fille qui a honte. Honte de son père qui n'est même pas foutu de conduire une bagnole. Quel âge avait-elle la dernière fois que je conduisais avec elle à bord ? 13 ans ? 14 peut être ?

Sans rien dire, et serrant les dents, je me dirige vers le parking. J'ouvre la voiture et m'asseois sur le siège du conducteur.
Je reste un bon quart d'heure à me demander ce que je dois faire. Rentrer la queue basse devant ma chère et tendre, ses copains de boisson et ma fille, ou tenter ma chance ?

Je me souviens de la façon dont j'avais appris à faire du vélo.

Contact. Par chance je n'ai pas à faire de créneau. Je roule en première sur une centaine de mètres, puis, sur la grande avenue, j'ose me mettre en seconde.. Ca klaxonne de partout, mais mon tit gars, quand on est au bal c'est pour danser !

Je sors de Sélestat, et là je fais des pointes à 50/60, jusqu'au rond-point de l'autoroute. Je continue sur ma lancée, et je prends alors sur la gauche une route de montagne.
Sauvé ! Car la montagne, c'est là que je suis né en tant que conducteur, et on ne peut pas y passer la 5ème !

Arrivé en haut, vers 700m d'altitude, je coupe le contact.

Je l'ai fait !

Pendant ce temps, mon épouse s'affole en ne voyant plus la Fiat, et commence à se poser des questions...

La descente se fera encore plus facilement, et quand j'arriverai sur la Nationale, je roulerai presque à vitesse normale (selon le code de la route, pas selon les Alsaciens...)

Et c'est fier comme Artaban que je vais me stationner devant la maison des beaufs, devant ma fille émerveillée et mon épouse très en colère.

Elle le sent, c'est fini, elle n'aura plus cette autorité sur moi. Tel que je me sens, je saurai conduire comme avant d'ici peu.

Je ferai une grande partie de la route du retour, saluant Vitry le François comme ma première ville à traverser en tant que "nouveau" conducteur.

Arrivée le soir à Noisy le Grand, dans notre Formule 1 interface, qui fait communiquer à la fois la route et le RER.

Après 5 ans d'interruption, je sais à nouveau conduire....

Mais le temps a passé aussi pour ma fille, car je découvre dans un cahier normalement destiné au français des mots assez osés concernant notre jeune voisin Florian, qui fait tourner toutes les têtes féminines du lotissement.
Notamment cette phrase : "ah, j'aimerais tant voir ton fier pénis dressé..."

A la fin de ces vacances, deux certitudes : Je sais de nouveau conduire, et ma fille est une pure hétéro!

Au passage à Paris, mon sentiment pour Nat est encore plus fort. Car, j’avais oublié de le préciser, son congé-formation n’a bien sûr pas marché (on ne reprend pas ses études à 29 ans, après une si longue interruption) et elle a dû aller là où personne ne voulait. C'est-à-dire Trappes dans la banlieue parisienne..

Elle est donc à moins de 25 km de moi, peut-être même tout près, si jamais elle aussi va passer ce chaud samedi d’été dans la capitale.

Je n’avais pas été à Trappes depuis 1972, j’en avais le souvenir d’une petite cité pavillonnaire sans histoire, à côté duquel notre bâtiment météo des années 20 faisait une grosse tache.


Pour sortir de la Région Parisienne, j'avais prévu l'itinéraire suivant: Mon épouse d’abord au volant, on prend l'A4, à 2 km de l'hôtel, puis l'A86 jusqu'à Palaiseau puis l'A10 et on rejoint la N10 à Rambouillet où on mangera. De Rambouillet au Mans par la nationale, moi au volant puis jusqu'à Vannes par l'autoroute, toujours moi au volant.

Ca commence pas trop mal, la circulation est fluide pour Paris, on suit l'A86 sans encombre.

Jusqu'à Antony.

A86 coupée. Il faut dire (on l'a vu à Paris la veille) que la moitié des lignes RER et métro sont coupées au mois d'août. Paris, première ville touristique du monde, bravo la RATP..
Donc on suit la déviation, on suit, on suit....

Je n'ai pas besoin de lire ma carte pour voir où on va atterrir. Mais je la prends quand même, et je constate qu'effectivement....on va tout droit vers Trappes! Ma fille prend la carte, elle a compris aussi. Mon épouse, elle, ne comprend que lorsqu'on franchit le panneau " Trappes ".

Dieu que ça a changé ! A présent, le bâtiment de l’entreprise non seulement ne fait plus tache, mais « humanise » le décor.
C’est là que je vois dans quel univers évolue ma Nathalie, cette fille du soleil. Curieusement je pense à Pompon, son petit cochon d'Inde, que l'on emmenait souvent faire manger un peu d'herbe dans les prés environnants.
Je pense à son cadre de vie, ces lugubres HLM, qu'elle avait cru quitter en 92, et d'où elle n'ose sûrement pas sortir après huit heures du soir...
Deux vies gâchées, par la faute d'une saloperie.
Je terminais ma lettre à l' "ordure" par  "va voir tes cocotiers et fous moi la paix ".

 

Non.

 

Trop facile.

Je ne lui foutrai pas la paix. Je vais me consacrer désormais à lui bousiller sa vie, comme il a bousillé la mienne. Et celle de Nat. A moins qu’elle s’en soit sortie....

En attendant, à Vannes, c’est reparti avec les réunions ! Pour celle du 27 septembre j’aurais dû prendre un casque….
On me reproche de mettre une mauvaise ambiance avec les chefs de Rennes. Car côté travail, je ne laisse rien passer désormais.
Egalement de téléphoner à mon épouse et à me faire téléphoner par elle. Sic ! Je n’ai hélas rien inventé.
Mais, pire – et là je suis un peu fautif – si je tape mes « mémoires » de chez moi, je tape mon journal « live » de là-bas. Et comme à l’époque je ne connais rien en informatique, bonjour les traces que je laisse ! Il y en a partout…
Enfin le chef me fait savoir qu’il faudrait que j’arrête ma correspondance par mails. Dont celle avec Jean-Yves (mon cousin/frère), qui est heureusement là pour mes fameux « creux ». Il m’est arrivé plusieurs fois de prendre la voiture en pleine nuit pou aller pleurer auprès de lui. Qui est en décalage horaire de 12 heures, ne l’oublions pas.

Bref, on essaie de me couper tous les moyens par lesquels j’essaie de m’en sortir : journal intime, coups de fil, mails. Alors que les autres collègues, eux, ne se gêneront pas.
Mais c’est de bonne guerre : Pour justifier le fait que l’ancien chef devant mon incompétence voulait m’éjecter du centre, à présent que je redeviens compétent il faut trouver d’autres prétextes…

Enfin bref, je ressors de la réunion complètement démoli. Je fais remarquer au passage au tout nouveau chef qui vient d’arriver, et sur lequel j’avais fondé de gros espoirs, qu'à chaque réunion j'ai l'impression de passer au tribunal. Il a l'air très gêné, et ne dit rien.
Un des harceleurs, celui aux doubles initiales, qui avait oublié quelque chose, entend tout ça. Ca ne me gêne pas, et je leur dis "  s'il faut que je parte, je partirai... ".

 

C'est du reste ce que je viens de décider.
Je ne peux pas rester à Vannes, je sais que si je ne demande pas de mutation ou si je ne revois pas Nathalie j’y laisserai ma peau.
Je passerai à l'acte, pour enfin "me reposer", pour qu'on me foute la paix.

Cela devient à présent une question de vie ou de mort...

(à suivre)

18:20 Publié dans beaux moments, moi, psy | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : volonté

08/11/2010

L'énergie du désespoir (début 2000)

Finie ce que j'appelerai "l'embellie inconsciente". A partir de là, je vais crever d'amour pour Nathalie. L'aimer, l'espérer de façon inimaginable. Je dirai même l'idolâtrer, la vénérer comme s'il s'était agi d'une sainte.
Je me sais dès lors en sursis. Je ne vis que sur l'espoir que Nat me revienne. Et si jamais cet espoir vient à disparaître, je sais que j'en mourrai.
La mort, désormais, je ne vais parler que de ça. Elle ne me fait plus peur, la Grande Faucheuse, je la regarde à présent bien en face.

 

Il reste, ne l'oublions pas, l'étape chez mon père. Qui est heureux de nous voir.

Mais je constate qu'il fonctionne comme moi, vis à vis de ma mère. Des portraits d'elle sont accrochés partout, l'urne contenant ses cendres trône toujours sur la cheminée. Lui aussi la vénère, comme je vénère Nathalie, sauf que lui, de son vivant, avait toujours été infect avec elle, allant - devant les yeux de ma fille - jusqu'à la battre !

Nous irons - et cela deviendra un rite - dans le resto le plus renommé de la région pour le soir du réveillon. Et je frémirai quand je verrai le montant de l'addition : environ notre budget nourriture pour un mois. Mais, c'est son seul plaisir, alors je ne vais pas faire la fine bouche.

Il redécouvre sa petite-fille. Jusqu'à notre départ pour la Bretagne, les relations entre eux n'avaient jamais été brillantes. Oui, je sais, mon père était misanthrope et détestait la Terre entière.
Sauf une personne : Nathalie. Va savoir pourquoi ?
Du coup, voyant cette jeune fille qui a cédé la place au bébé vagissant, à la fillette turbulente, à l'ado espiègle, il... la vouvoie ! Mon père qui vouvoie sa petite-fille !!

Le lendemain jour de Noël, après avoir déjeuné dans le même restaurant aux additions pharaoniques, on ira au bord de la mer. A Palavas les flots. Je filmerai la scène avec mon camescope, comme du reste je vais désormais tout filmer.

Le trajet du retour sera très "rock n roll" ! Car si nous avons échappé à l'ouragan "Lothar", nous allons nous trouver en plein dans le second, "Martin". En Vendée surtout, où les bourrasques dépassent les 120 km/h sur l'autoroute. Chère et tendre, malgré les supplications de notre fille, continue malgré les embardées que fait la voiture. Je n'en mène pas large non plus car si, c'est vrai, je ne rêve désormais que de mort, je n'ai pas trop envie de finir en fauteuil...



Et c'est le passage en l'an 2000. Pas de bug informatique, mais pour moi un réel changement d'attitude.


Désormais je vais manger du lion. Faire des courriers à tout le monde, pour n'importe quelle raison. Un livre me plaît ? Hop, j'écris à l'auteur pour lui en faire part. Un problème dans la vie quotidienne ? Je me répands alors dans la presse locale, et aussi dans "Marianne". Courriers aussi à "la vie du rail", quand un article me semble mal - ou très bien - écrit.
Surprise : je serai souvent publié ! Tant dans "Ouest-France" que dans "Marianne" que dans "la vie du Rail" !

Je vais également briguer des mandats. Ainsi je vais être vice-président de la FCPE du Morbihan (j'arriverai même à être administrateur du lycée de ma fille, plus tard), membre du bureau de l'association syndicale de mon lotissement...

Pour réaliser tout cela il me faudrait des journées de 36 heures. Bon, déjà, je ne dors plus. Je me couche souvent après minuit, et tous les jours, même si je ne bosse pas, je suis debout à 5 heures.
Il est loin le zombie qui passait jusqu'à 20 heures par jour dans son lit !!!

Côté boulot, je vais accomplir stage sur stage afin de me remettre à niveau. J'arriverai même à le dépasser, ce fameux niveau. Je veux que Nat soit fière de moi si un jour elle me revient.

Et du coup, je parle même de revenir à Mende l'été d'après, juste avant que le Tortionnaire ne s'éclipse pour l'outre-mer.

Et un jour je vais recevoir une lettre, de sa main :
"Tu veux passer cet été à Mende ? Tu ne seras pas le bienvenu. Je garderai inexorablement de toi le souvenir d'un fumiste, mesquin et semeur d'embrouilles".
A jamais."

Là, c'en est trop. Lui aussi va avoir droit à une petite lettre, et pas piquée des vers.

La voici, presque en intégralité, avec la même police. Le comic sans ms était très couru à la fin des années 90- début 2000.

______________________________________________________________________________________

 

 

 

                                                         Salut, Monsieur le Directeur

 

 

Je réponds à ta gentille lettre.
Le jour où je l’ai reçue j’avoue qu’ après avoir bien rigolé d’un tel tissu de conneries, ma première pensée a été de la mettre au panier. Puis je me suis dit qu’après tout je devais y répondre, mon silence pouvant passer pour un accusé de réception.

Ainsi serais-je « fumiste, mesquin et semeur d’embrouilles ». Rien que cela. En tout cas c’est un avis d’expert...
En attendant moi au moins je ne suis ni méchant, ni bête ni sadique. C’est déjà ça.

C’est marrant, en lisant ta lettre je me suis revu ce fameux 8 juillet 94 (« va chialer, petit con.. ») où tu avais employé quasiment les mêmes termes, à ma grande surprise, ce qui a déclenché le fameux processus que tu connais et qui a duré 5 ans.
Je précise 5 ans car à présent c’est bien fini et tes pantalonnades ne font plus rire personne. En plus tu n’as plus d’auditoire...
Moralement je ne me sens pas trop mal, professionnellement aussi, malgré tous tes efforts. Je parle -entre autres- de la petite lettre écrite derrière mon dos à mon ex-chef et qui a été expédiée au directeur régional. (je dis l’ex-chef car il a eu quelques « problèmes » (sic) et a été « muté à Rennes à sa demande » (re-sic) il y a un an. Je ne peux pas en dire plus car il va prochainement passer en justice. Ce qui prouve au moins que dans l'ouest, ils ont su, eux, prendre leurs responsabilités.

 Avant de passer aux choses sérieuses, je voudrais analyser les qualificatifs de ta lettre.

« Fumiste », ce n’est pas tout à fait l’avis d’un certain chef de centre, mon notateur en 1994. (ci-joint la photocopie du document). Ne me dis pas que tu n’avais pas cerné ma personnalité à l’époque, ta petite « sortie » date de trois mois avant... Ce n’est pas l’avis non plus des  2 autres qui t’ont précédé (je peux également te faire parvenir les relevés).

 « Mesquin et semeur d’embrouilles ». Je te signale entre parenthèses que depuis 1975, que ce soit à Grenoble, Millau, Embrun, et Mende avant ton arrivée, je me suis entendu avec 95% de mes collègues (on ne peut bien sûr pas plaire à tout le monde). Je n’ai pas à me justifier mais  un petit rappel ne fait pas de mal.

Par contre le souvenir que tu as laissé aux Lozériens n’est pas triste,  j’ai pu m’en rendre compte. Fais un petit sondage autour de toi et tu verras ce que pensent les gens, du moins ceux qui n’ont pas peur.

Mais il y a plus grave.

Ton attitude a abouti à deux résultats:

D’ une part tu m’as plongé au fond du trou, et bien maintenu. A chaque fois que j’avais la velléité de mettre la tête hors de l’eau, je recevais de ta part un coup de marteau. Sans compter les « petites réunions » mensuelles qui n’étaient en fait que prétextes à des sordides règlements de comptes.
(Tiens au fait, j’ai oublié de te dire, j’arrive à l’heure au travail... Et frais et dispos. Et toi, ça va mieux de ce côté-là? ) .
Bref ceci a abouti à bousiller la vie de mes proches (ma mère en est morte, ma fille a eu pendant ces années une scolarité horrible, double redoublement alors qu’elle était une parfaite élève de primaire- elle est très disposée à t’en parler et est à ta disposition).

Tu ne t’es pas contenté de ça, tu m’as poursuivi jusqu’ici et ne m’a laissé aucune chance de m’en sortir.  Je suis arrivé à Vannes dans le même état qu’à Mende (ce n’est pas le changement de département qui aurait pu subitement me guérir) et j’ai eu le malheur de tomber sur un chef du même acabit que toi. Avec ton aide, il a essayé de monter mes collègues contre moi, c’était facile dans l’état où j’étais.
Mais Dieu a voulu que je puisse remonter la pente.  A présent je vais bien. Professionnellement je me débrouille avec Windows ( le 3.1, le 3.11, le NT et le 98 ), les Word, 6 ou 97 (je possède même un PC perso, c’est avec celui-ci que j’ai l’honneur de t’écrire) . A propos  j’ai vu que vous n’aviez pas d’adresse e-mail nominative chez vous? comment se fait-ce?...)

Voilà pour mon humble personne.

Il y a pire, et ça je ne te le pardonnerai jamais.

Je veux parler de Nathalie.

Je ne veux pas parler à sa place. Tout ce que je peux apporter, c’est mon témoignage. J’ai vu dans quel état elle est arrivée à Mende et comment elle était avant ce 1er mars 94 fatidique. Je peux te dire que professionnellement elle était  « au Top » (comme tu dis si bien). Outre que tu l’as détruite moralement tu as réussi le prodige de la dégoûter à jamais du métier. Quelqu’un de compétent dans tous les domaines comme elle croupit à présent dans une bibliothèque de la région parisienne. Je ne sais pas si elle en souffre, ne l’ayant plus revue depuis Mende et parlée depuis à peu près la même époque.
Je pense qu’elle ne veut plus entendre parler de tout ça. Mais pour la Maison, c’est ce qu’on peut appeler une grande perte. Beau résultat...

Petite anecdote pour en finir avec le sujet, un jour je l’ai empêchée in extremis de se foutre en l’air. C’était au début de ton règne, avant ce fameux 8 juillet. Tu lui avais parlé en termes choisis de sa façon d’articuler,  et comme elle pleurait, tu te régalais et tu en remettais une couche.

Je pense qu’elle n’a pas dû apprécier non plus à sa juste valeur le petit rapport que tu as mis 4 heures à taper pour envoyer à M. Le Directeur Régional (le 12 mars 1997) tout simplement parce qu’elle avait eu le courage (que moi je n’ai pas eu) de ne plus te serrer la main. (qui a parlé de « mesquinerie? »)
A la réflexion elle aurait dû te l’envoyer plutôt dans la figure...

Savent-ils tout ça tous ceux qui se sont succédé chez toi depuis 2 ans et demi? Ils doivent avoir une version « adaptée » avec en vedettes le mesquin-fumiste Patrick et l’asociale Nathalie....

Elle et moi étions très bien implantés à Mende. J’y compte 3 ans après de nombreux amis, j’ai pu le vérifier en y venant en décembre dernier. Tu nous a obligés à nous exiler. C’est du beau travail.

3 ans après je n’ai toujours pas compris les raisons de cette persécution et de cet acharnement à vouloir nous faire partir. Jalousie? Méchanceté ? ou simple bêtise ? Je ne sais pas.

Pourtant lorsque tu es venu nous voir à l’hiver 93/94 nous t’avions accueilli les bras ouverts et t’avions (surtout
moi ) encouragé à postuler pour Mende. Je te trouvais dynamique et sympa.

Tu dis que tu as eu la « haine » parce que tu as dû tourner quelques journées tout seul ?  Nathalie  et moi étions épuisés après 4 mois d’efforts intensifs et je pense que nous méritions un peu de vacances.

Pour finir je voudrais te dire deux choses:

Primo: je n’ai nulle besoin de ton autorisation pour venir au centre de Mende. C’est un lieu public et si je veux y passer, j’y passerai . Que ça te plaise ou non. Tu pourras toujours appeler les gendarmes (je sais que tu es un fana) si ça te  fait plaisir. Mais ne t’inquiète surtout pas, j’éviterai d’y venir tant que tu y seras chef, ce n’est pas que j’aie peur de toi mais je n’ai pas envie de faire des cauchemars par la suite.
Selon ton procédé habituel tu pourras toujours « préparer » ton remplaçant à ma venue. je n’en doute pas un seul instant A moins qu’il m’ait connu avant...

Secondo: Tu m’as dit « à jamais » à la fin de ta lettre. C’est ce que tu m’avais dit la dernière fois que l’on s’est vus. Je ne demandais pas mieux. Mais cela ne t’a pas empêché d’envoyer 2 mois après ton mot rempli de fiel à l’ex-DDM 56, et également  ton billet doux du 13 juin.

Alors maintenant je te dis calmement « lâche-moi ». Je sais que tu es quelqu’un de très dangereux mais tu ne me fais plus peur. Qu’on en reste là. J’ai vu ce que tu pensais sur mon compte, moi je n’ose pas en faire de même car tu m’attaquerais en diffamation... Je ne suis plus le Patrick « apathique et larmoyant » que tu as connu, et si tu continues à me faire ch...d’une manière ou d’une autre, je te préviens que je saurai me défendre.

Pas mal se sont déjà cassé les dents ces temps-ci. Je ne sais pas si tu as vu le film « le mouton enragé », mais si tu en as l’occasion tu pourras comprendre mon état d’esprit actuel. J’ai 5 ans de vie à rattraper (sans compter ce que je ne peux plus rattraper) alors va voir tes cocotiers et fous-moi la paix.

Patrick.

P.S. J’ai une adresse, ça n’est pas la peine de venir perturber mon travail au centre. Tu la verras sur le tampon au dos de l’enveloppe. Et puis MOI je ne suis pas  dans  la liste rouge....

 

Ma "Nathalite aiguë" va aller en empirant . J'aime bien ce terme Nathalite aiguë, car pour moi c'est bien une maladie. J'appelle ça aussi "le régime sans elle".

A présent, je rêve d'elle pratiquement tous les jours. Et des rêves hyperprécis, des vrais films de cinéma !

Je vais aller de plus en plus loin dans les "défis". Par exemple, mon père a oublié de remplir sa déclaration d'impôts. Et c'est mon ex, Mireille, qui a arrangé la situation, arguant qu'il était "un parfait honnête homme". Elle a jeté la rancune à la rivière car c'est bien nos paternels qui ont fait tout ce qu'ils ont pu pour que notre couple explose.

19 ans après l'avoir vue - et entendue - pour la dernière fois, je me décide à l'appeler !

"Bonjour, je crois qu'on se connaît, on a été mariés il y a 26 ans... "

Elle a l'air suffoquée. Je lui dis que je viens la remercier pour ce qu'elle a fait pour mon père, elle me répond sèchement "qu'elle n'a fait que son travail."
Elle a peut-être peur d’un retour de flamme ? La pauvre, si elle savait....


Sinon, je suis toujours harcelé par les collègues, qui voient bien à présent que je suis loin d'être un feignant, vu les immenses progrès que je fais côté boulot.
Il en est surtout un qui me harcèle.
C'est le plus vieux de la bande, il a 55 ans. Il me laisse régulièrement des petits messages sur l'écran en guise d'écran de veille. De temps en temps je vois défiler des trucs comme "alors le gros, on va bouger son cul aujourd'hui ?". Bien sûr, je marche dans son jeu, et lui réponds, genre "mais oui papy, n'oublie pas ton Viagra" !

Le point d'orgue arrivera un jour de printemps, où une engueulade plus forte que les habituelles aboutira à ce qu’on en vienne presque aux mains ! Il me dira carrément « enlève tes lunettes et sors dehors qu’on s’explique une fois pour toutes » !!!

Je vais également perdre un bon copain.
Un gars que j’avais connu en 1965, avec qui j’avais fait les 400 coups les 3 étés suivants. On s’était perdus de vue puis avions renoué le contact en 1990. Et ma foi, en dehors de quelques petites fâcheries de ci de là, nous allions environ une fois tous les deux mois chez lui, à Quimper et lui faisait de même.
On passait nos soirées en jouant à la belote. Moi (je sais, c’est nullissime) je me régalais à chaque fois que quelqu’un disait « j’ai un atout ».
Et oui, les liaisons dangereuses…

Mais cette fois, le hasard ayant voulu qu’on se paye une nouvelle voiture en même temps (durant les promotions) lui avait acheté une Opel Astra d’occasion (vu le genre de gars c’était la voiture qui lui allait comme un gant) et moi un break Fiat neuf (que j’ai toujours… et qui marche mieux que ma Seat Diesel beaucoup plus récente)
Il avait dû sans doute qu’il y avait là une relation de cause à effet et avait coupé les ponts, me disant « que je ne fonctionnais que par rapport à l’argent ».
Fâcherie qui durera pendant 10 ans, jusqu’à ce printemps où il me demandera à être son ami sur 'Coapins d'avant" . Il était même prévu, avant que l’on déménage précipitamment, d’aller le voir en septembre, ainsi qu’un autre ami du même endroit.

 

 

a partir de la fin mai je vais également me raconter, écrivant ce que j'appellerai "mes mémoires", afin de laisser une trace, que l'on sache pourquoi - si jamais ça arrive - j'ai voulu en finir. C'est grâce à ces "mémoires" que je peux écrire mes notes avec une précision incroyable.

En juin, c’est mon (unique) cousin germain qui m’appelle. C’est un type que l’on aurait du mal à s’imaginer comme pouvoir devenir un confident, un lieutenant-colonel en retraite, droit dans ses bottes ! Et pourtant, ce sera la première personne à qui j’expliquerai que je ne vais pas bien du tout, et que je suis à deux doigts d’en finir.

Et il sera suffoqué d’apprendre pourquoi ! Lui pensait – comme le reste de la famille – que Nathalie me faisait marcher, et que c’était un amour à sens unique. Quand je lui parle « du mariage et des beaux bébés » alors là il me dit « mon pauvre vieux, tu dois souffrir atrocement… »

Sinon côté boulot, malgré l’arrivée d’un nouveau chef, les réunions mensuelles continuent, demandées par les collègues. Et je suis toujours mis sur la sellette d’une façon ou d’une autre dans les « questions diverses…. »

Pour me consoler, j’achète une superbe chaîne hifi, qui peut jouer des disques, des cassettes, des CD et qui possède un tuner. Elle aussi m’a bien aidé pendant ces années-là…

Grande première (je viens de le voir dans mes « mémoires » ) le 22 juillet j’écris mon premier mail ! Mon pseudo est inspiré de celui des années-minitel où je m’appelais Gévaudan. Pas bête, non ?
Là, ce sera gevaudan@netcourrier.com. Premier mail, qui sera suivi de dizaines de milliers d’autres.

Juillet toujours, je me fais draguer. Invités chez une amie de mon épouse, on y rencontre Véronique, la quarantaine raffinée, qui me fait du rentre-dedans pas possible. Mais moi, je suis toujours dans mon trip, mon cœur est fermé à double tour.

Juillet encore. Mon second confident sera un collègue qui était devenu un ami. Il souffrait énormément de sa solitude affective, il aurait donné n’importe quoi pour se mettre en couple. Moi je lui disais toujours « ça viendra quand tu t’y attendras le moins ».
Et là, je n’en peux tellement plus  que je lui demande de venir à la maison ! Depuis Grenoble !
Un ami c’est un ami, il accourt aussitôt.

Bien lui en fera car du coup il ira au festival Interceltique de Lorient, où… il fera une galante connaissance !
Suivront pour lui sept ans de bonheur. A distance, mais de bonheur. Pas plus car il mourra brutalement à l’été 2007. Et ça, ça me secouera énormément…

Nos vacances sont prévues encore en Alsace, où je vais faire quelque chose d’extraordinaire.
De VRAIMENT extraordinaire.

(à suivre)

 

 

 

18:16 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : maniaco-dépression

06/11/2010

Le réveil brutal (décembre 1999)

En ce mois de décembre, je pense donc fort naïvement être sorti de ma dépression. Certes je vois apparaître de temps en temps quelques "trous", mais je remonte vite à la surface. J'ignorais ce qu'on appelait "maniaco-dépression".

Et c'est ce que je vais tester en ce mois de décembre 1999, ayant choisi de revenir à Mende, afin de montrer à tous que le "zombie" est guéri. Puis au Vigan, chez mon père, voir comment je réagis à son cadre de vie, que je n'ai pas vu depuis près de deux ans.

Départ donc le 20, coucher où ????

A Limoges, gagné !

Repas à Aurillac, je vérifie qu'il n'y fait pas aussi froid qu'ils le disent à la télé ;-)

Puis c'est St Flour, St Chély et Mende, où l'on arrive juste avant la tombée de la nuit.
Nous sommes accueillis par un couple d'amis, qui semble étonné de ma "résurrection". Et de fait, je vais beaucoup parler à table, aidé en cela par un bon petit vin des côtes de Millau.

Le lendemain matin 22, j'entreprends de faire un tour de Mende.

Je commence par le plus près, à savoir la radio, où je leur déballe tout ce qui m'était arrivé, ce qui expliquait ma triste élocution des trois dernières années.
"Tu as repris la radio là-bas ?
- Non, et je n'en referai plus jamais".

Comment leur expliquer pourquoi cette affirmation.... Moi seul savais que vers la fin, je ne faisais mes émissions qu'en fonction de ce qu'une jeune femme blonde aimait. 
Et, très furtivement, j'allais quelques minutes chez elle après l'émission, afin de se donner du courage.
C'est grâce à ces émissions, grâce à elle donc, que je n'ai pas complètement renoncé à conduire. Mais pas plus que le trajet domicile / travail.

Je passe également chez l'ex-employeur de mon épouse. Et là j'assiste à une scène incroyable.

Le mec est en train de draguer une cliente. Mais cette cliente n'est autre que.... ma fille ! Elle a tellement changé en deux ans et demie...
"Tiens, salut Patrick, tu vas bien ?
- ben oui, nickel...
- et ton épouse ?
- elle va passer te voir.
- Bien... et ta gamine ?  Elle doit avoir grandi !
- Oui, et tu l'as devant toi ! "

Estomaqué le mec, autant que ma fille est fière. Ma fille qui, pendant que je me battais avec ma maladie, était passée du statut d'ado boutonneuse à lunettes à celui de vamp !

Je parcours ensuite les rues, non sans éprouver un petit pincement au coeur. Qui grandit.

Je marche seul le long des rues où nous allions tous deux avant
A chaque pas je me souviens comme on s'aimait auparavant
Comment pouvoir t'oublier ? Il y a toujours un coin qui me rappelle
Je suis né pour t'aimer et je serai toujours ainsi
Tu restes la vie de ma vie...

Tout Eddy ;-)


Et c'est alors que ma vie va basculer.
Par ma faute. Trop "bravache"...!
Car je veux vérifier une chose. L'autre enfoiré de tortionnaire avait prétexté que nous étions fichus à la porte par la mairie pour déménager en haut d'une montagne battue par les vents.
J'arrive donc là-bas, franchis le portail, arrive jusqu'à nos anciens locaux, et m'aperçois qu'ils sont bel et bien inoccupés. Quel salaud, quand même... En plus, il n'a pas fait long feu à Mende, s'étant fait muter pour les Antilles.




                                                 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥





Tous les pompiers du monde vous le diront : il ne faut jamais considérer des braises non définitivement éteintes comme un feu circonscrit. Car le moindre coup de vent peut les raviver, et faire repartir l'incendie de plus belle.

C'est sur le chemin entre les locaux et la sortie que ça me prend.

Clac ! Tout me revient à la figure instantanément. Notamment que la dernière fois où j'avais parcouru cette allée se trouvait à mes côtés une jeune fille en pleurs, qui me disait des "je t'aime" à corps perdu. Pour une fois, pour la dernière fois, sans se cacher.

Ainsi j'avais tout gardé en moi, et il ne manquait qu'un déclic pour que tout ressorte.

Et là, en quelques secondes, je réalise vraiment ma situation, et me dis que si je n'arrive pas à la faire revenir, ce sera la mort au programme. C'est pour moi d'une immense évidence.

La mort, le mot qui me viendra le plus à la bouche et à l'esprit pendant très exactement 38 mois....

(à suivre)

21:27 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (4)

05/11/2010

Le début de la maniaco (1999)

Résumons ma situation en ce début avril 1998 :

1) Nathalie s'est découragée.
2) ma mère vient de mourir.
3) mon épouse, inconsciente, s'est lancée dans des investissements (construction d'une maison) qui fort logiquement nous envoient droit dans le mur.
4) ma famille commence à s'éloigner et notamment
5) mon cousin/frère, à qui ont vient de suspendre le RMI est sur le départ. Canada le plus près, Tahiti autrement.
6) mon chef me prend pour un incapable. Ce que je suis, d'ailleurs, en ce début avril, tant j'ai perdu côté boulot.
7) la majorité de mes collègues ne peut plus voir en peinture le "boulet" que je sus.

A part ça, tout va très bien Madame la Marquise !

Je me stupéfie moi-même. Les effets des médicaments que je prends à double dose sont si importants que ma foi, je ne me désole pas tant que ça. Alors que, livré à moi-même, sans ces airbags chimiques, avec toutes ces "casseroles" je me serai jeté illico dans le port de Vannes, devant lequel je passe tous les jours où je bosse.

 

Fin 1998, c'est le déménagement pour la petite maison que nous sommes faits construire. 72 mètres carrés habitables, pour un remboursement de 5200 francs par mois. Soit le tiers de ma paye, l'équivalent de 1200 euros 2010 à sortir chaque mois. Pour commencer !

Nos pères respectifs, se retrouvant veufs, vont avoir autre chose à faire que de nous venir en aide.

Néanmoins, le mien, je continue à l'appeler tous les soirs à 19h.
Pas à 18h59, car il a encore la télé à fond et n'entendra pas la sonnerie, mais pas à 19h02 non plus, car après deux minutes, il pense que je l'ai oublié et remet sa télé à fond.

Mon père, qui commence à être "pris en main" par sa femme de ménage, et son voisin du dessus. Ensemble, ils vont réussir à lui voler 80% de ce qu'il possède :(

En janvier nous pendrons la crémaillère !

En avril, mon nouveau chef me donnera ma note 1998 : "élément médiocre, s'est fourvoyé en venant à Vannes, est plein de bonne volonté, fait ce qu'il peut, mais il laisse du travail à ses collègues."

En clair, pour lui - qui n'a même pas pris la peine de regarder mes notations précédentes - je suis un parfait incapable. En 4 ans je suis passé du summum au plus bas.

Et quand il me tend la note pour la signer, je n'ai alors aucun mouvement de protestation... Je suis d'accord avec lui, je ne vaux plus un clou.

Du reste, il me cantonnera désormais dans des emplois de bureau.

Mes collègues, devant ma "nonchalance", n'hésiteront pas à me traiter de "fainéant". Surtout un, qui a les mêmes doubles initiales que moi...

Et puis soudain, ma chance : ce chef est débarqué car il a harcelé sexuellement sa secrétaire. Les collègues ne veulent plus entendre parler de lui.
Il se retrouvera à Rennes, dans un poste subalterne.

Pour le remplacer, les règles ne seront pas respectées, car ce devrait être moi suivant le fameux règlement "plus ancien dans le grade le plus élévé".

C'est le collègue à doubles initiales qui prendra le relais. Et qui, contrairement à moi 5 ans plus tôt, se montrera nullissime à ce poste, criant "maman" au bout de deux mois. Il sera alors remplacé par un jeune venu de Rennes, qui ma foi ne sera guère meilleur. Pour diriger une équipe, il faut d'abord dialoguer avec cette équipe.

 

Et moi, devant cette chance qui m'est offerte, j'obéis à la Vox Populi qui me dit "d'arrêter toutes ces saloperies de médicaments qui me transforment en légume."

Je stoppe net tous mes médicaments. sauf le témesta, que je prends depuis 1973 à cause de mes foutus horaires décalés.

Et ma foi, au départ il me semble que ça ne se passe pas trop mal.
Peu à peu je "dézombize".

Et si je pense désormais que côté amour c'est à jamais fini, côté boulot j'enchaine les stages pour me remettre à niveau.
Côté voiture, je commence à faire quelques incursions en dehors de ma ligne droite qui mène au boulot.

Mais ma chère et tendre, elle, reste la même. En août 1999, elle se barre avec ma fille pour trois jours en Normandie. 50 ans de sa soeur.

Pendant ces trois jours, en dehors du travail, je resterai cloîtré dans la maison, ne mangeant pas une seule bouchée. A tel point que les voisins penseront que j'étais mort...

 

Mais, quand même, le moral va nettement mieux. Même si cela est assorti d'un mal de tête permanent, dont personne ne saura l'origine, malgré scanners et IRM.

Début septembre, vacances en Alsace. Nos dernières vacances remontent à 1996, également en Alsace.

Mais contrairement à la fois précédente, je participerai entièrement à ces vacances, en n'oubliant pas de me rendre tous les soirs à 19h dans l'unique cabine téléphonique du village, afin de prendre des nouvelles de mon père.

Mon père, qui voudrait que l'on vienne le voir pour Noël.
Ma foi, pourquoi pas ? Je me sens désormais la force de pénétrer dans cette "maison de la mort".

Et, mieux, sur le trajet, m'arrêter deux jours à Mende !

Départ fixé le 20 décembre.

(à suivre)

17:26 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : maniaco-dépression

10/10/2010

L'acharnement - 3

La preuve qu'elle ne m'en voudra pas trop , c'est qu'on se téléphonera tous les soirs.
Et elle le fera de chez moi...! Haut-parleur ouvert, bien sûr et à partir de ce jour, mon épouse exigera que j'ouvre le haut-parleur lorsque je recevrai une communication téléphonique, même personnelle.

Depuis mon nouveau "traitement" désormais, quand je ne travaille pas, je dors jusqu'à 11heures - mon épouse sonne le réveil - et l'après-midi, sieste - limitée de 13h30 à 16h30 par la même épouse.
Mais 16h30, ce ne sera pas 16h32 :(

15 ans après, je n'ai toujours pas compris ces "limitations", ce non-respect de la maladie. Alors que moi j'ai toujours été à ses petits soins pour la sienne, de maladie !
Mais ce ne sera que le début en ce qui concerne l'attitude de mon épouse, qui sera complètement pourrie durant ma maladie.
Odieuse, même.

Pendant ce temps-là, au boulot nous arrive un nouveau logiciel, qui achève de me laisser en rade. Jusque-là j'avais essayé de ne pas trop me faire lâcher, mais là c'en était trop. Pour moi, les point.ini et les point.dot, ça me passait complètement au-dessus du crâne.
Je lâche tout !!!

Et les réunions se succèdent, toujours impitoyables. Nat est à chaque fois en larmes quand nous en ressortons, tandis que moi, je m'enfonce, je m'installe toujours un peu plus dans la dépression.
Le scénario est immuable : Ordre du jour, questions diverses. Dans l'ordre du jour, notre tortionnaire fait semblant de demander notre avis à tous les 4.
Systématiquement c'est deux contre deux, "Patrick et Nathalie" d'un côté, les deux autres collègues de l'autre. Et à chaque fois ce pauvre chef adoré devra trancher, la mort dans l'âme... En se ralliant systématiquement à l'avis des deux autres.
Et les "questions diverses", ce seront les règlements de comptes...
Tout cela au bureau, mais pas décompté en heures supplémentaires !

Mars. Mon épouse tente de passer le BAFA. Pour cela elle doit être une semaine en internat. Cette fois, pas question de me laisser notre fille, vu mon état. Mes parents la récupèrent avec joie.
Et Nat me demande une faveur : Qu'on aille passer une nuit en bord de mer. Le top serait une chambre sur la plage même.
Pas de problème, direction le Sud, direction Agde, le littoral le plus proche. Au Grau d'Agde nous dénichons un petit hôtel, pile sur la plage. Et c'est sur cette plage que je vais commettre LA gaffe. Due à ma maladie, oui, mais gaffe quand même.
Car Nat, en pleine dérive, veut avoir une preuve que je l'aime. Et pour elle la meilleure preuve serait que je l'embrasse en public. Que notre amour se voie devant tout le monde.
Je suis très surpris de sa demande, car jusqu'à présent elle ne l'avait pas trop souhaité, ce baiser en public. Il faut dire que nos baisers durent au minimum 3 à 4 minutes, et durant ces moments-là nous ne touchions plus terre. Dur ensuite d'y revenir, sur la Planète !

Et là donc, j'ai merdé. Oui, je l'ai embrassée fougueusement sur la plage, mais... j'ai voulu que ce soit la nuit. Pour que ce soit plus romantique, c'est vrai mais aussi pour être seuls, sans les autres, ces autres qui nous fusillaient du regard quand on "osait" marcher main dans la main.
Nat en aura beaucoup de peine, de ce semi-refus.

Pour moi c'est net, cette attitude, ce n'est pas moi, moi qui l'été d'avant à Briançon l'avais enlacée en pleine rue, dans une ville où j'étais connu comme le loup blanc !  Quelle dégringolade... De l'irresponsabilité à la couardise.

Autre dégringolade, c'est au volant. J'ai de plus en plus de mal à conduire, j'ai l'impression bizarre que je suis "tiré" vers le milieu de la route. Au départ je mets ça sur le compte de la direction (de la voiture lol), mais très vite je me rends compte que la voiture n'est pas en cause.

En mai nous allons en Bretagne, avec le Futuroscope prévu au retour. Je ne verrai rien, me traînant  lamentablement dans les stands en regardant ma montre, attendant la fermeture, attendant le retour à l'hôtel, attendant mon lit...

Un jour de juin, pendant ma sieste, mon épouse reçoit un coup de fil. C'est notre tortionnaire, qui ORDONNE que je vienne vider mon armoire au bureau, car elles doivent disparaître le soir même.
Ces armoires, fermées à clé, où Nat et moi avions accumulé nos trèsors, il nous faut les vider devant tout le monde, notamment mon épouse. Inutile de dire combien le monsieur jubilait en nous voyant faire...
Et c'est dans la précipitation que j'ai vidé mon armoire, et que j'ai rempli 3 cartons avec leur contenu.
Dont la disquette où Nat et moi avions écrit nos poèmes. Disquette que je vais chercher ensuite des années durant...

Juillet. Nat emménage dans son nouvel appart. Plus grand, plus clair, et surtout pas si loin que ça. Certes, ce sera beaucoup moins facile qu'avant de nous voir, mais nous restons à côté, c'est l'essentiel.

Enfin, nous croyons rester, car le jour où elle emménage, c'est nous qui recevons une lettre recommandée stipulant que notre bail n'est pas renouvelé.
Bref, qu'on est à notre tour fichus à la porte...

Vous avez dit "acharnement" ?

(à suivre)

14:02 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : dépression, harcèlement

22/09/2010

Vers les étoiles - 6

Le 17 mars au matin, mon épouse monte dans ma chambre et me tend une enveloppe.
"c'est pour toi"..
Je reconnais tout de suite l'écriture. J'avoue que j'hésite à l'ouvrir, car connaissant Nathalie, ça peut être tout bon ou tout mauvais.

Bah, dans les deux cas ça précipiterait les choses...

C'est du bon.
Du très bon même, inespéré dirai-je. Une carte de bonne fête où elle a écrit un petit poème :

"En ce jour aussi joli / Je fais un gros bibi / A mon meilleur ami / De toute une vie"

Son meilleur ami de toute une vie. Il faut connaître le contexte pour comprendre ce que ses mots veulent exprimer. En me hissant au grade de "meilleur ami de toute sa vie", cela signifie tout bonnement que je suis la personne qui compte le plus pour elle. Elle ne peut pas faire plus...

Car je le répète, Nat n'a encore jamais éprouvé de l'amour pour un homme, elle ne sait donc pas par quoi ça peut se traduire. Elle "se sent bien avec moi" - elle me l'a souvent dit - et a de plus en plus de mal à être séparée de moi. C'est quoi docteur ? C'est pas de l'amour ?

A la manière de Mr Jourdain, Nathalie était depuis longtemps amoureuse de moi sans le savoir. Mais d'autres - comme Michel, notre chef - le savaient déjà...

A propos de docteur, mon corps va réagir très positivement à cette annonce. Déjà le soir même je sors de ma chambre, et descends dans la salle, chose que je n'avais pas faite depuis plus d'une semaine.
Le lendemain je fais quelques pas dehors, et le surlendemain, je téléphone au boulot pour leur dire que je peux reprendre doucettement.
Ma fièvre tombera très vite, en deux jours, tandis que ma toux s'estompera en quelques semaines.

Le docteur "pessimiste" confiera à mon épouse qu'il n'a jamais vu ça de sa vie.

Et pourtant....
Il aurait dû lire le magazine Psychologies de janvier 1992 - 13 mois auparavant - qui expliquait ce phénomène :

psycho2.jpg

 

 

 




Donc voilà.
Je l'aime et elle m'aime. Elle ne peut pas me le dire "directement", aussi use-t'elle d'autres mots pour l'exprimer. Pour ma part, c'est tout ce que je demande. De savoir qu'elle a les mêmes sentiments que moi, et que par la double grâce du travail et de l'immobilier, on aura des tas d'occasion de se voir.

En cette fin mars, je suis le plus heureux des hommes. Certes, je ne pourrai pas la prendre dans mes bras, certes je ne pourrai pas l'embrasser - voire plus - mais ce statut de "meilleur ami" nous satisfait très bien l'un et l'autre.


En fait il va nous satisfaire... pendant 3 petits mois.

Moi qui suis la politique à fond, les législatives me passent complètement à côté, alors que pourtant, et à mon grand désespoir, la droite est revenue au pouvoir. Et pour longtemps.

Le vendredi 9 avril, soudain changement d'attitude : elle ne veut plus me parler.
La raison : conversation téléphonique avec sa mère, qui n'apprécie pas le nouveau meilleur ami de sa fille. Qui continue son credo : je n'ai qu'une idée en tête, et je ne suis qu'un porc comme les autres mâles de la planète.
Madame aurait-elle oublié ce qu'était l'amour ? L'a-t'elle au moins connu....?
Pour être trivial, de quelle façon a-t'elle conçu sa fille ?

Je mettrai des heures et des heures pour la remettre en confiance, mais pas de doute, Nat est comme moi : écartelée. Hélas ça ne suffit pas de s'aimer, il faut l'être en communion avec les autres. Et là c'est loin d'être le cas.

Les vacances de Pâques sont un formidable test pour mesurer l'intensité de nos sentiments : J'ai réservé une maison, sur la plage, près de Lorient, au milieu de tous mes cousins/cousines.
Et pas pour une semaine, pour 15 jours.

Il fera un super beau-temps pendant ce séjour. Ma famille - tous confondus - me réservera un accueil chaleureux. Nous irons même faire des escapades, notamment à Rennes, St Malo, Dinan, Brest, Quimper, Pointe du Raz...
Cependant, durant ces vacances qui en d'autres temps auraient pu être exceptionnelles, moi, je...compterai les jours. Les jours qui me séparent du retour. Qui me séparent d'elle.

Et elle ? Et bien, elle me demandera de l'appeler d'une cabine tous les jours où elle bossera !! Et ces conversations sans fin.

Retour - enfin ! - au bercail.
Trimestre décisif pour notre fille, qui doit cravacher si elle ne veut pas redoubler son CE2. Il lui faut à tout prix un soutien scolaire, ce sera... Nathalie qui se proposera ! Entre les deux règne une complicité de plus en plus évidente.

Mais mon épouse commence à se douter de quelque chose. Déjà les 9 kilos que j'ai perdus depuis septembre ne sont pas tous à mettre sur le compte de la maladie, et elle le sait.

Mais c'est "autre chose", la fameuse intuition féminine...Toujours est-il qu'elle me fait de plus en plus de scènes, sur tout et n'importe quoi. Ce qui m'enlève du même coup pas mal de remords, d'oser ressentir des sentiments pour "une autre". Comment rester avec une telle mégère, même si je suis conscient que c'est la maladie qui l'a rendue comme ça ?

Et puis, désolé, mais je n'ai rien demandé, rien recherché... Ca serait bien si on disposait d'un petit bouton "reset" que l'on actionne lorsqu'on tombe amoureux alors que c'est règlementairement interdit, vous ne croyez pas ? Hélas ça n'existe pas...


(à suivre)

13/09/2010

Gros ou mince ?

Je suis passé par tous les stades.

Illustration par des photos :

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Bibi en juillet 1974. Photo prise avec mon amie.

Attention !!! Mon amie dans le sens de ces années-là, c'est à dire la VRAIE signification de ce mot.

Cela valait mieux, d'ailleurs, vu que la photo a été prise le jour de mon mariage, ce qui explique le noeud pap ' qui vraiment n'était pas mon genre !

Mon amie, donc, depuis les vendanges, vu qu'elle était la fille des viticulteurs, et après une longue période d'observation, elle a vu que je n'étais pas fainéant à la tâche, on a sympathisé et quand elle a su pourquoi j'étais là avec un sécateur à la main, elle n'en est pas revenue !

"ça existe encore des hommes romantiques? "

Et oui, déjà en 1970 le romantisme n'était plus ce qu'il était ! Bref, une grande amitié est née entre nous. Et - du moins en ce qui me concerne - pas la moindre arrière pensée pendant ce temps-là.
Cette amitié a duré 7 ans, balayée par la jalousie de mon ex....

Mais revenons au sujet, ma minceur de 1974.

Voilà ce que je suis devenu 5 ans et demie plus tard7906a.jpg,
après un régime de nuits et donc de vie décalée.

C'est une des seules photo que j'ai de cette période, tellement j'avais honte de mon corps, je frisais les 80 kilos... pour 1m67, ce n'est pas le top on le devinera.

Entre le "c'est quand l'accouchement ? " de mes collègues, le regard effaré de ma mère à chaque fois que je venais lui rendre visite, le médecin que l'on allait voir pour une rhino ou une allergie et qui vous tendait une feuille de "régime type", les quolibets de ma famille - ils sont été toujours été extrêmement soucieux de leur apparence - qui me traitaient de "Bouddha " et surtout, surtout, ce que me renvoyait mon miroir à longueur de repas mon moral en prenait un sacré coup, j'en avais ma claque.

Mais le physique lui était de plus en plus en forme ! Plus je grossissais, plus j'arrivais à accomplir des exploits sportifs - dans le but de maigrir justement - que je n'aurais jamais pensé réussir dans les années de "vaches maigres" (sourire).
Pendant ces années je ne suis jamais tombé malade, à l'exception d'un gros rhume !

Mais, je me sentais mal dans ma peau, à cause du regard des autres. je n'osais même plus me faire prendre en photo ! Bien entendu, en dehors des marches, je me tapais des exercices intensifs qui étaient censés me rendre mon ventre plat en 15 jours... Mais va lutter entre une vie décalée !

Cependant, en décembre 1979, j'avais, en 3 mois, réussi à perdre un kilo. Non seulement j'avais arrêté la montée, mais j'entamais - lentement - la descente.
80 kilos en septembre, 79 en décembre, je pouvais à ce "régime" espérer 75 kilos fin 80,
71 fin 81,
67 fin 82,
63 fin 83,
59 fin 84....
Et je m'arrêterais là, 59 kilos pour 1m67, ça faisait un IMC de 21, impeccable...



Mais ça ne se passera pas tout à fait comme ça.

6 mois plus tard, je serai à...50 kilos !

Et par quel prodige ?
Simple : l'abandon de mon épouse....

Mon épouse qui avait été "prise en main" par son père alors qu'elle était en pleine dépression consécutive à la perte de son emploi.
Je n'insisterai pas sur ces détails sordides.


Ce jour-là le monde s'écroule pour moi. Et à partir de là...  je deviens incapable d'avaler un seul morceau. Si je m'y risque, je vomis instantanément. Je ne pourrai, dès cet instant, ne me nourrir que de mars et de jus d'orange. Parfois, je sens qu'il y a une "ouverture" côté nausées, et j'en profite pour manger le plus possible. Le monde à l'envers !

Fin janvier, j'ai déjà perdu 10 kilos.

Un mois plus tard, 8 supplémentaires viendront s'y ajouter.

Fin mars j'en suis à 56, et... je vois alors avec horreur mes cheveux disparaître !
A partir de là je vais voir les regards changer. L'obèse qui devient rachitique !

On parle de cancer, de plein de trucs... Moi je sais bien que ce n'est que de l'anorexie. Mais on m'évite, on ne sait jamais... Mon "presque-frère", mon cousin Jean-Yves vient passer 15 jours chez moi, et là miracle, je recommence à grignoter ! Je me crois sauvé, d'autant que la balance repasse le cap des 60.

Mais, quand ils s'en vont, c'est pire, et de nouveau moins 7 kilos le mois d'après... Plus ça va, plus je me traîne. et je vais alors choper plein de maladies : grippe, bronchite, hépatite virale. Pour moi monter des escaliers relève du 100m olympique. Et ma tonsure qui se voit de plus en plus !

Je commence à réaliser que je risque de mourir. C'est ce que me confirment les médecins, notamment celui qui était mon médecin traitant, et que je n'avais plus vu depuis le mois de décembre. Quand il entre dans la chambre et me voit il me dit "Mais tu ne peux pas rester comme ça ? Tu vas crever si tu ne manges plus !!! Et je ne peux résister au plaisir de lui répliquer "alors là écoutez, il faudrait savoir ce que vous voulez !! Mauvaise foi, oui, mais quand même, c'était si tentant...

je ne devrai mon salut qu'à une mutation "sanitaire" dans les Hautes Alpes.

J'avais perdu 30 kilos, et perdu la moitié de mes cheveux, la moitié de mes défenses immunitaires, et presque toutes mes forces. En 6 mois j'étais passé du stade de l'obèse à celui de rachitique.

Moralement, cette séparation allait vite être oubliée, la peine se transformant en colère, puis en dédain.

Mais je dois reconnaître que le regard des autres n'était plus le même, la photo ci-dessous prise début 82 tendrait à penser que je recommençais à avoir du succès auprès du beau sexe !

 

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Je vous embrasse.

 

05:30 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : régime, divorce