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09/04/2011

Ma désintoxication

La France est un des plus gros consommateurs d'antidépresseurs et autres antianxiolytiques.

Moi-même, depuis près de 40 ans, je participe au mouvement, cause travail posté. J'ai fait des nuits jusqu'à l'âge de 57 ans, et le début des journées est fixé à 5h45...

Je passe sur ma période 1994/2000, où je prenais 14 comprimés par jour, mais pas n'importe quels comprimés. Par exemple un comprimé de médicament A dosé à 0.75 vaudra trois comprimés dosés à 0.25. Donc, c'est par dizaines qu'il faudrait compter...

Mai 99, j'arrête tout. y compris les somnifères.

Ne tarde pas à arriver une maniaco-dépression, durant laquelle je dois dormir environ 3 à 5 heures maxi par nuit !

Ce n'est qu'après ma TS (février 2003) que je reprends mes doses d'avant 93, mon médecin m'ayant assuré que s'il le fallait, il me mettrait en congé maladie jusqu'à mon départ pour Biarritz.

Biarritz où je suis bien accueilli, ce qui me fait prendre juste une dose de 2.50 de médicament A.
A comme antianxiloytiques.

En octobre 2004, je réussis même un prodige. Ayant fui femme et enfant pour aller me ressourcer dans ma ville natale (la femme était en cure, l'enfant s'était barrée étudier en Bretagne), je me mis à diminuer les doses de A. 2.50 le premier jour, puis 2, puis 1.50, puis 1, puis 0.50 puis...zéro !!!

Ce sera la seule fois de ma vie professionnelle où j'arriverai à cette victoire.
Que je comptais bien exploiter...

Hélas, au boulot la situation se dégrade. D'où un médicament B dosé à 100, en plus de mes 2.50 de A.

En 2005, je commence carrément à grincer des dents ! D'où second médicament B à 100 qui vient s'ajouter aux autres.

2006 : c'est
- la mort de mon père
- la trépanation de mon épouse
- le viol de mon blog au boulot
- l'obligation de partir du Pays Basque.

Là va s'ajouter 1 comprimé de somnifère C et un second A 2.50

Je résume.

A la veille de prendre ma retraite, j'avais

5 mg de A
200 de B
50 de C (somnifère).

A présent que le boulot est fini, je suis en train de redescendre.

Pour B, le plus facile, je suis passé à 175 de B début mars, puis à 150 début avril.

Si tout se passe bien, je devrais me sevrer ainsi :

mai : 125 de B + les autres
juin : 100 de B + les autres
Juillet : 75 de B + les autres
Août : 50 de B + les autres
Septembre : 25 de B + les autres

Fin septembre, ne resteraient que A et C.

octobre et novembre je passerais de 50 à 25 de C.

Puis avant la fin de l'année j'éliminerais le C

Reste le A, que 40 ans de travail posté m'ont obligé à prendre.

Mon but c'est de passer de 5.00 à 2.50. Peut-être moins mais ça serait inespéré

Donc, janvier 4.50
février 4
mars 3.50
avril 3
mai 2.50.

Cela est bien sûr un programme "idéal", qui verrait tout ces mois comme un long fleuve tranquille.

Une crise de mon épouse peut ralentir cette progression.

Mais pour l'instant je suis fier du début de progrès que j'ai fait.

 

Pour les éventuels médecins : A = Témesta, B = Atarax, C = Stilnox.

Je vous embrasse.

 

17:25 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : volonté

25/03/2011

la notion d'"avenir" selon Alain Rémond

Alain Rémond. Après des études de philosophie, il devient professeur d’audiovisuel, puis critique de cinéma. Alain Rémond entre en 1973 comme journaliste à Télérama. Rédacteur en chef adjoint à Paris-Hebdo en 1979, il rejoint Les Nouvelles Littéraires en 1980. C’est à lui que l’on doit la création, en 1981, de la rubrique "Mon Œil" de Télérama, dont il deviendra rédacteur en chef jusqu'en 2002.Alain Rémond a par ailleurs participé pendant six ans à l'émission Arrêt sur images, diffusée sur France 5.Actuellement, il rédige toutes les semaines une chronique dans Marianne et un billet chaque jour dans La Croix.

Comme vous le voyez, ce n'est pas n'importe qui...
Beaucoup de lecteurs de "Marianne" se précipitent en premier sur sa dernière page, pour lire Rémond.

Au sujet de l'"avenir", je me suis longtemps étripé, fâché avec ceux et celles qui prétendaient que notre avenir ne dépendait que de nous-mêmes, que le "Destin" n'existait pas, et que ceux qui prétendaient le contraire étaient des peureux fatalistes.

Moi je prétends le contraire. Si certes nous avons une petite marge de manoeuvre (pas si petite que ça d'ailleurs), le reste de notre avenir nous est dicté par ce que j'appelle le Destin - pour ne pas fâcher personne.

L'exemple de mes vacances à Lisbonne l'an passé peut illustrer mon propos.
Nous avions les billets depuis longtemps à l'avance. Nous avions réservé l'hôtel depuis longtemps également. A part la maladie, rien ne pouvait nous empêcher de passer nos huit jours au soleil.

Patatras ! La grève des trains !
C'est là qu'intervient "la marge de manoeuvre" dont je parlais plus haut. Soit j'annulais tout, soit je prenais ma voiture pour rejoindre Lyon. Ce qui ne m'arrangeait pas du tout, vu comment conduisent nos amis du Rhône, et le problème du stationnement.

J'ai choisi la seconde solution. Mais, entre-temps, il y avait ce fameux problème du volcan Islandais qui clouait au sol de plus en plus d'appareils. Belle intox, cette affaire d'ailleurs, on en reparlera.
Et là je ne pouvais rien faire, sinon prier pour que l'aéroport de Lyon soit ouvert (il avait déjà fermé) et que celui de Lisbonne ne soit pas touché.

Il s'en est fallu d'un cheveu, mais nous avons pu faire le voyage sans encombre. Une place de parking s'est libérée "comme par magie" lors de notre arrivée à l'hôtel...
Mais je le répète, cela ne dépendait en aucun cas de nous et de notre volonté, aussi grande fût-elle.

Jusqu'à présent je n'avais guère trouvé de partisans de ma notion d'avenir guidée plus ou moins par le destin, mais cette semaine, c'est M. Rémond en personne qui en parle, mieux que je ne pourrais le faire moi-même :

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rémond.jpg

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A méditer, pour les "destino-sceptiques" !

Je vous embrasse.

18/03/2011

Les infos au JT de 20h

20 février

LYBIE

 

25 février

LYBIE

 

1er mars

LYBIE

 

6 mars

LYBIE

 

11 mars

LYBIE
JAPON

 

16 mars

JAPON
LYBIE

 

21 mars

LYBIE
JAPON

 

........

20:49 Publié dans actualité, psy | Lien permanent | Commentaires (1)

11/03/2011

Mon épouse enfin raisonnable :)

Alors que j'étais prêt à céder à la laisser conduire sur de petits parcours, malgré l'interdiction tacite de la neurologue, de l'embarras du médecin traitant, et le fait que nos voisines l'aient formellement déconseillé (elles ne tiennent pas à la ramasser dans sa voiture comme ce fut le cas mi-août), d'elle-même mon épouse a décidé de ne plus conduire.

Et m'a demandé de mettre en vente sa voiture sur Internet.

Me voici soulagé d'un poids, et du coup je lui ai annoncé que nous partions une semaine, au printemps prochain à Chamonix.
Chamonix qui n'est qu'à deux heures de route de chez nous.

Ceci grâce à un site que je vous recommande particulièrement

http://www.travelzoo.com/fr/

Sans ce site, nous ne pourrions nous permettre de partir en vacances dans des endroits de rêve.
Grâce à lui, nous avons pu voler de Lyon vers Malte pour le prix d'un trajet SNCF Lyon-Marseille !

Et au, notre séjour nous reviendra nettement moins cher qu'une semaine au Formule 1...

Voici la salle à manger du chalet

 

cham.jpg

 

Vous dire que nous y passerons une semaine de rêve.

Je vous embrasse.

18:54 Publié dans beaux moments, psy, Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chamonix

03/03/2011

Ce soir c'est la quille !

Ma carrière s'est terminée tout à l'heure à 17 heures.

Tel que je me connais, je m’étonne de mon relatif détachement…
Il fut un temps où j’aurais solennellement fait le compte à rebours.

Mon dernier voyage à Lons pour aller bosser, la dernière fois que je me réveille pour accomplir ma journée, mon dernier repas pris là-bas, mon dernier bulletin (et oui, l’avantage de la retraite c’est que dorénavant je suis libéré de toute obligation de réserve. Mais soyons prudent quand même dans un premier temps…), la dernière fois que je classe les papiers avant de partir…

Oui, il fut un temps où j’aurais ressenti tout ça, où cette journée m’aurait torturé, soit en bien soit en mal. Où j’aurais fixé l’horloge.

Or là je me sens détaché, vraiment. Cette journée fut pour moi presque ordinaire, le trajet du retour comme d’habitude.

Du reste tout le monde me le dit, à commencer par ma fille : « alors, comment tu te sens ? » Comme si je venais de passer une épreuve difficile.

 

J’ai quelques éléments de réponse.

La première, la fondamentale, c’est que si professionnellement j’ai fini ma carrière, je n’ai rien accompli d’irréparable.

Je m’explique.
D’abord, pas de déchirement. Cette fin de carrière fut douce, et demain sera la première fois depuis…1979 (!) où je ferai un pot de départ. Je sais que je peux retourner voir les collègues quand je veux, je serai toujours bien accueilli.

Ensuite pas d’éloignement. Je bossais en Franche-Comté, j’habite toujours en Franche-Comté.

Egalement, grâce à Internet, je pourrai – un peu moins bien, c’est vrai – continuer à pratiquer un métier qui a toujours été une passion depuis mes 11 ans.

 

Et puis aussi, j’ai le cuir un peu tanné !

1997, je quittais, par un coup de pied au cul, le département (la Lozère) que je chérissais à l’époque le plus au monde depuis qu’à mes 19 ans je l’avais découvert et où je comptais finir mes jours.

1998, j’allais enterrer ma maman. Je reverrai également toute mon existence ce voyage interminable en deux étapes, passant par Nantes, Niort, Limoges, Brive, Rodez, Millau. 
Cafetaria à Niort, je peux presque détailler le menu, Hôtel à Rodez, je peux aisément décrire la chambre.
Inlassablement, j’avais une petite voix intérieure qui me répétait  «tu es désormais orphelin »
Et oui, même à 47 ans on peut être orphelin. Il n’y a pas d’âge pour de telles choses.
Je reverrai toute ma vie cette camionnette Renault Express grise, de laquelle on a extrait le cercueil, à côté duquel je suis resté assis pendant toute la messe, à côté de mon père et de ma filles effondrés et en larmes. Moi je ne pleurais pas, j’avais dépassé ce stade. Il me faudra attendre quelques mois avant d’y arriver. Je serai du reste un vrai pro ensuite !

Je savais donc que plus jamais je ne pourrai parler avec elle, l’embrasser.

2003. Le jour où j’ai décidé de quitter cette vallée de larmes. La suite logique des deux épisodes précédents.
Certes, quand j’ai avalé – en trois étapes – mes 35 comprimés, je n’avais pas reculé. Mais au moment où je commençais à « plonger », alors là j’ai pris conscience que plus jamais je ne reverrais ma fille. C’était la seule chose qui à l’époque pouvait m’accrocher à la vie. Je me suis alors levé et suis allé dans sa chambre pour l’embrasser. Elle dormait, n’a rien vu. Je pleurais…

Alors, quand on a subi de tels chocs, le reste est finalement secondaire.

Aujourd’hui, si certes une page se tourne, il n’y a pas de véritable «plus jamais ».

Peut-être que je réaliserai dans quelques mois, quand je me dirai que finalement, ces vacances sont vraiment longues…
Mais pour l’instant, pas d’état d’âme. Je ne me sens pas soulagé comme j’aurais pu l’être à Vannes, je me sens pas frustré non plus comme j’aurais pu l’être voici deux ans, quand je pouvais faire mon métier à fond.

Ne manque plus que l’ADSL ! Mme Orange devait m’appeler à 19h, j’ai attendu longtemps son coup de fil…

Demain ça va ch… !

Je vous embrasse. 

21:17 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : retraite

27/01/2011

La dernière crise de démence de mon épouse

Je vis avec deux grands malades.

Mon chat Bob, diabétique, et mon épouse, atteinte d'une grave maladie neurologique.

Mais d'abord, comment se fait-il que je sois là à cette heure-ci, alors que fort logiquement je devrais monter, à Mouchard (39) dans le TGV Paris-Lausanne ?

Tout simplement parce qu'aujourd'hui il y avait réunion du personnel. Que mon chef était là, ainsi que le Grand Chef qui couvre Alsace - Lorraine - Franche-Comté.
Et qu'il était question du devenir de deux de mes collègues.

Assez vite, le ton est monté, et j'ai senti que mon 3ème collègue, qui avait "osé" demander une mutation pour Lyon, était agressé.
Oh que je me souviens de trop de ces réunions où j'étais sur la sellette...

Et du coup je suis monté au créneau.
Facile, certes, en considérant qu'à partir de ce soir, je ne vais plus au travail par obligation, mais parce que je l'ai décidé. Et oui, j'arrive à la date limite autorisée !

Donc au créneau.

Et tout de go, j'ai dit ma franche pensée au Big Boss, à savoir qu'en fait, la cause de tout cela est le non-remplacement par la direction de notre collègue accidentellement décédé en 2009.
Que si on l'avait remplacé, on ne m'aurait pas "déqualifié" et que, comme je l'avais toujours dit, je serais resté jusqu'à juin 2012, afin d'avoir tous mes trimestres.

Que donc, en ce mois de janvier 2011, en admettant que mon jeune collègue ait maintenu sa mutation (mais ça m'étonnerait, attaché qu'il est à son Jura d'adoption), on aurait fini l'année non pas à deux - comme ça sera le cas- mais à 4.
Et que par conséquent l'avenir de Lons le Saunier n'aurait pas été menacé dans l'immédiat comme il l'est aujourd'hui (on parle de fermer le centre au 1er septembre...)

Sans doute ces propos - je le répète sans danger pour moi - ont eu l'heur de plaire à notre chef de Franche-Comté, si bien qu'il m'a proposé, en revenant à Besançon, de faire le crochet par Pontarlier où je récupérerais ma voiture.

Si bien que je suis arrivé chez moi non pas entre 21h45 et 23h comme les fois précédentes, mais à 19h45 !
Appréciable...
Et apprécié par mon épouse, laquelle m'a montré tout ce qu'elle a fait aujourd'hui dans la maison.

A peu près le même genre de trucs qu'elle avait fait le 10 août dernier, date à laquelle on l'avait retrouvée inanimée dans sa voiture après une crise d'épilepsie.

Je connais bien le "sujet", et je sais qu'elle a deux façons de faire une crise.

Epilepsie d'abord, si le facteur déclenchant est trop grand.
Sinon, de "simples" crises de démence.

"Simples" mais éprouvantes pour l'entourage....

En principe c'est soit notre fille, soit bibi soit les deux qui dégustaient lors de ces crises de démence.

Mais cette fois, ni elle ni moi n'étions là.

Le "facteur déclenchant" fut une crotte de notre chat Bob, trouvée dans la salle de bains.
Chat, qui je le rappelle vit ses derniers mois, étant diabétique au plus haut degré.
Et qui, bien sûr, n'est pas responsable de ses "souillures".

C'est elle-même qui me l'a dit.
D'un accès de folie (je la cite !) elle a pris le chat, a ouvert la fenêtre et l'a jeté dehors.

Cette fenêtre-là :
DSCN2398a.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Dieu des chats a fait que Bob s'en sorte sans dommage.
Physique, car psychologiquement il est traumatisé. Nous regarde d'un air implorant sans comprendre.
Comprendre pourquoi on l'a traité ainsi.

Choc de deux grands malades, l'un qui ne peut s'empêcher de faire ses besoins n'importe où, et l'autre capable, dans un accès de folie, de la pire des choses.
Car si l'on avait habité au 6ème étage d'un immeuble...

 

Saletés de maladies, qui d'un côté vous rend sale, et de l'autre vous rend fou. 

Je vois non plus avec angoisse mais avec horreur le mois de mars, où je serai livré 24 heures sur 24 à elle-même....

Et si rien ne change, je n'aurai pas beaucoup d'alternatives. Une seule :
- soit faire le gros dos dans ma cave en espérant qu'elle se guérisse
- soit si elle ne guérit pas, alors prendre la fuite. Mais où ????? 

Pour l'instant, Dieu soit loué, je ne suis pas malade. C'est je pense ma seule chance de survie !

Je vous embrasse.

21:00 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : hystérie

20/12/2010

Neige : pourquoi un tel chaos ?

D'abord, que l'on s'entende sur un point : Depuis que les relevés existent (1860) il n'a jamais autant neigé sur la moitié nord de la France au cours de cette période (mi-novembre - mi-décembre).
De quoi rabaisser le caquet des croulants du café du commerce qui prétendent que les hivers de leur enfance étaient toujours blancs, et qu'à présent ce n'est plus ça ma bonne dame !

Mais bon. 10 ou 15 cm de neige suffiraient donc à paralyser les airs, les voies ferrées et bien sûr les routes ?

Oui. Parce que nous avons changé de monde, et surtout, de mode de vie..

A présent - et j'ai eu l'occasion de le voir sur les blogs - les gens pensent désormais que tout est planifiable.
Faux ! Certes nous avons fait marcher des hommes sur la lune (voici quand même 41 ans et demie...) nous faisons rouler des trains à 350 km/h. Mais la nature restera toujours maîtresse du jeu.

Alors je vais mettre ma casquette de "vieux con", et vous dire que, par exemple, durant l'hiver 62/63, où il y avait eu 30 cm de neige sur la France pendant près de deux mois, les transports, après un léger flottement, s'étaient très bien adaptés à la chose.

Vous dire qu'ayant bossé à Roissy en 1973/74, j'y avais connu des chutes de neige comparables à celles-là, et que le trafic aérien n'a jamais été trop perturbé.

Vous parler du Québec ou de la Russie, où ces conditions-là sont la norme, et où tout a toujours fonctionné normalement.

Vous dire, enfin, que sans aller si loin, il existe des coins en France où 40 cm de neige, même si ça tombe très tôt dans la saison, ne paralysent pas les activités.
Dans mon nouveau chez moi, par exemple.

Voici une photo datant d'un siècle environ, prise à Pontarlier.
cartes-postales-photos-La-Grande-Rue-en-temps-de-neige-PONTARLIER-25300-7556-20071021-e5p3o1i4x9d0g5o8i0o7.jpg-1-maxi.jpg
Je l'admets, ça ne se passe pas comme ça à chaque hiver, mais les habitants du Odou savent que ça peut exister.

 

 

 

Alors, les raisons de ce chaos ?

Mulitples, selon moi.

D'abord la difficulté pour l'être humain d'abandonner un certain confort, que peu à peu il a gagné.

Premier visé : ma pomme ! Et oui, je trouvais normal d'insérer, avec l'ADSL, des chansons dans mes notes en une quinzaine de secondes. A présent que je suis en bas débit, je n'ose même pas essayer cette opération, qui me prendrait au bas mot... presque 20 minutes !
Je m'étais habitué au confort de l'ADSL, et ne songeais même pas que le monde civilisé puisse exister sans ce haut débit !

Idem pour certains Franciliens ou Normands qui se retrouvent désemparés devant un truc qu'ils n'ont pas vu depuis pas mal de temps...

Ensuite, le changement de matériel.

Avant, les trains, avions, voitures étaient certes rustiques, mais ils étaient efficaces. A présent, l'électronique et l'informatique embarquées font que le premier grain de sable rencontré dérègle la machine.
Exemple : un train de voyageurs des années 70 pesait dans les 700 tonnes. Un TGV en pèse la moitié !
Les trains de marchandises n'ont été ralentis par la neige qu'à cause des trains de voyageurs qui, devant eux, leur bouchait la voie...
Idem pour les voitures, et bien sûr les avions.
Quand je bossais à Roissy, voici près de 40 ans (j'en avais fait l'ouverture, en mars 1974) les avions certes volaient moins vite - sauf le Concorde - mais pouvaient atterrir et décoller par presque tous les temps.

Enfin, selon moi, dernier responsable : les pouvoirs publics.

Pas d'argent pour dénéiger. Pas d'argent pour payer les fonctionnaires de l'EX-DDE qui manient les tractopelles. Pas d'argent pour entretenir les voies de chemin de fer.

A force de vouloir faire des économies (sur le dos de la population) on est en train de casser tout le système...

Sans parler de la panique des tout-puissants qui, malgré leurs hélicos, leurs voitures avec girophares/sirène ou leur avion dernier cri avec piscine, se retrouvent au niveau du pékin ordinaire quand la neige tombe.
Et oui, même avec piscine leurs avions sont cloués au sol, et si les routes sont impraticables leurs bagnoles avec chauffeur ne passeront pas.

Et je ne parle pas des médias (du reste, en écrivant cette note, j'en fais partie) qui sont bien contents d'avoir du grain à moudre.

Je sais que beaucoup ne seront pas d'accord avec mon analyse, mais du moins j'espère avoir quand même lancé quelques pistes.

je vous embrasse.

 

 

 

22:14 Publié dans actualité, psy | Lien permanent | Commentaires (6)

08/12/2010

Post - TS (mars à mai 2003)

Me voici rentré chez moi. Pour deux jours car après-demain direction la Bretagne voir notre fille. J'ai retrouvé Ouhans je dirai presque... sous la chaleur ! Il faisait encore 13 degrés hier soir, et en ce moment c'est pareil... Mais qu'est-ce qu'il pleut !! On a même eu droit hier soir à un bel orage, avec des éclairs dignes d'un été....

 

Sinon pour les nombreuses (très exactement 92) personnes qui ont lu ma note "l'espérance folle", il n'y a pas trop eu de suspense, puisque je suis là, encore là, à écrire.

J'aurai des réactions différentes après ma TS.

La plus fréquente sera celle du boulot, et de certains membres de ma famille : tout cela est bidon !

Celle du docteur qui à l'opposé me donnera deux mois d'arrêt ensuite : je suis un miraculé. Quand il m'a vu le 24 au matin, avec des pulsations à 220, il a fortement pensé que au minimum j'aurais de graves séquelles, et au maximum je n'y survivrais pas. Ce qui m'a sauvé, d'après lui ? La dernière "rasade" de comprimés.
A 25, j'y passais. 35 en revanche, c'était trop ! Va comprendre la médecine...

Enfin la réaction de ceux qui tiennent à moi : la culpabilité. A fond. Ma fille écrira même une lettre très dure à Nathalie. Malgré que je lui aie dit qu'elle n'était pas la principale responsable. Que n'a t-elle pas écrit à mes chers supérieurs ??? En tout cas, avec cette lettre, il était désormais inutile d'espérer quoi que ce soit.

Un conseil à ceux qui font une TS tout en sachant qu'ils ne passeront pas l'arme à gauche, ceux qui tentent un appel au-secours sans trop de risques: surtout abstenez-vous !!!  Car en plus du fardeau qui est le "facteur déclenchant", va alors s'ajouter un double fardeau : celui de ceux qui vous en voudront à mort de ne pas avoir pensé à eux, et celui qui crieront au bidonnage...
A l'enfer d'"avant" succèdera alors l'enfer au carré !

Pour moi, c'était donc net, j'avais fait une connerie en prenant ces comprimés, et il me fallait quelque chose de plus décisif...

Qui, cette fois ne pardonnerait pas.
tgv.jpg(Photo prise par bibi...)
 

Il m'avait enlevé ma raison de vivre, qu'il finisse son travail, ce maudit cheval de fer, en m'enlevant la vie.

Je vais passer des semaines et des semaines de préparation, guettant l'endroit qui serait le plus propice.

Mais, en attendant, "la vie continue", et je reçois - chez moi - un coup de fil de la DRH qui me dit que si je voulais, en guise de "compensation" du poste qu'on m'avait volé, une place était libre à Biarritz. Sans passer comme à Millau par la case "cas social". J'avais assez d'ancienneté pour pouvoir y prétendre.

Ma foi je me dis pourquoi pas, pensant au fond de moi que je n'aurai guère le temps de goûter à cette nouvelle affectation ! Surtout que ma fille me dit d'emblée "pas question que je quitte la Bretagne"...

Entre-temps je passe voir mes cousins, les parents de mon filleul. Et ma cousine Emmanuelle me cuisine jusqu'à que je lui dise pourquoi cette TS. Et dans la foulée, je lui montre la lettre de Nat par laquelle tout est parti. Cette cousine est très "nature", si elle est parfois sans-gêne, elle ira toujours droit au but.
Et quand elle me tend la lettre après l'avoir lue, elle me dit :
"Cette lettre est une lettre d'amour, elle t'aime toujours..."


Je me dois cependant de citer quelqu'un qui me fera un temps hésiter dans mes funestes projets.

Une jeune Mexicaine, reçue chez nous dans le cadre d'un échange international. L'année suivante, c'est notre fille qui doit (devait, si on va à Biarritz) aller chez elle.

Cette jeune fille, à qui je ferai visiter plein de coins autour de chez moi, avec qui j'essaierai un dialogue pas très facile (car elle ne parlait pas un mot d'anglais et un poquito le français) dira à la fin de son séjour à ma fille : tu as de la chance d'avoir un papa comme ça.

Car c'est surtout pour cela que je voulais me supprimer. J'avais une vraiment piètre opinion de moi-même, la personne que j'étais non seulement souffrait mais je la détestais. En fait, je voulais autant tuer cette personne-là, bien dépeinte par Michel Sardou en 1981, ce Mauvais homme, Mauvais mari, mauvais amant Qui tient debout, évidemment, Entre l'alcool et les calmants que d'arrêter de souffrir.
Et Nuria, cette jeune Mexicaine, qui n'avait aucun a-priori sur moi avant d'arriver en France, qui ne connaissait absolument pas ma vie, avait jugé que j'étais quelqu'un de bien...

Et du coup, je vais faire une folie. Tenter une dernière fois ma chance après de Nathalie. Mon ordinateur, celui que j'avais payé à ma fille en 2001, possédait un graveur de CD. Alors je vais faire des aller-retour entre chez moi et la médiathèque de Vannes pour faire des copies. Le but étant de créer pour Nathalie un CD avec des chansons qui reflètent ce que je pense. 
Mais je ne l'enverrai pas ! Non, j'irai carrément... le mettre dans sa boite aux lettres ! Et pour cela, je n'hésiterai pas à faire, dans la journée, entre l'embauche de mon épouse et sa "débauche" un aller-retour vers chez elle. Personne ne saura que j'ai été dans les Yvelines !
Chez elle où je suis vers les 13h, où je dépose mon CD et repars. Juste pour lui montrer ce que je suis capable de faire pour elle...

Mais tombent les résultats des mutations, le 20 mai.


Je quitte Vannes !!! Et j'apprends que je suis muté à Biarritz.

Tandis que Nathalie, elle, arrive en Bretagne...

Maudit, je suis maudit, notre couple est maudit !!!!!
Et je vais de nouveau me tourner vers les passages à niveau.  Je ne sais pas quand je me jetterai sous le TGV, mais ce que je sais, c'est que ce jour-là viendra.

Je n'en peux plus, je ne veux plus de cette vie injuste où je souffre et fais souffrir les autres, et sauf miracle, je ne verrai jamais Biarritz.

 

Mais ce miracle, il va se produire.
Non, Nathalie ne reviendra pas, c'est encore plus "merveilleux" que ça.

La suite demain.

Je vous embrasse.

 

 

 

 

 

15:20 Publié dans détresse, moi, psy, Ras-le bol | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : suicide

04/12/2010

Finirons-nous nos jours dans notre maison ?

Actuellement, quelqu'un qui n'est pas habitué à la conduite de montagne, et bien sûr équipé de pied en cap (pneus neige, couverture de survie, etc) est condamné à rester dans le lotissement. Au moins jusqu'au dégel...
Car tout est verglacé autour de nous. L'épisode Breton dont on rebat des oreilles, et bien depuis 12 jours, c'est comme ça chez nous. Avec 10 à 15 degrés de moins.

Mon épouse, qui d'une part doit conduire "en douce" vu sa maladie, et vu sa voiture (une "citadine" dont je ne sais pas si elle a résisté aux -19° de la nuit de jeudi à vendredi), est clouée ici.
C'est pour cette raison que j'ai choisi - et c'était une pure connerie - de revenir ici avant-hier soir plutôt qu'hier matin. Elle déprime à fond, et ma foi, je commence à me poser des questions...

Certes, on a habité elle et moi pendant 15 ans au-dessus de 750 m d'altitude. Certes la pelle à neige ça nous connaît.
Mais dans le premier cas, où nous étions perchés à plus de 1000m, nous étions jeunes et insouciants.

Et dans le second, à Mende, où il y avait vraiment un paquet de neige, d'abord nous étions en ville et ensuite en appartement.

A l'heure où j'écris ces lignes, et sachant que les hivers seront de plus en plus neigeux et rudes (si..., paradoxalement, un des effets du réchauffement GLOBAL climatique, j'insiste sur le mot "global") , je n'ai que 60 ans, et ma foi, je suis encore "alerte" comme on dit.

Mais quid dans 10 ans ? dans 20 ans ?

Je ne me vois pas, à 80 balais, faire une numéro d'équilibriste à chaque fois que j'irai chercher mon pain...
En plus, je fais partie de ceux qui pensent qu'à 80 ans, il faut savoir lâcher le volant...

Bref, j'avais sous-estimé le "facteur hiver" ici. Je me disais que oui, sur les Hauts Plateaux Jurassiens, ou Lozériens, à 1100m, comme dans le village de mon "premier baiser", il est normal d'avoir de la neige non stop de mi-novembre jusqu'au premier mai.
Mais 500 m plus bas !!!

Je comprends la réaction de mon cousin germain "droit dans ses bottes" lorsque, en juin 2008, il était venu voir la maison, et aussi l'environnement. Il avait dit cette phrase que je pensais être de jalousie "ce n'est pas vour vous...vous n'y arriverez pas..."

Il avait 71 ans à l'époque, et il devait imaginer ce que serait, pour lui, habitant la côte d'Azur, de s'installer ici. Comme pour nous il nous semblerait inimaginable de faire un séjour en Provence entre le 1er mai et le 1er septembre !

Mais plus ça va, plus je pense que la solution "appartement dans un bourg d'au moins 5000 habitants au-dessus de 600m d'altitude, doté d'un hopital, d'une gare et de l'ADSL"" sera l'option finale. On verra avec les années, mais si déjà à 60 balais et une excellente expérience de conduite sur la neige je me sens dépassé, quid dans 20 ans ?

A voir....

Je vous embrasse.

09:03 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (4)

10/11/2010

De nouveau autonome

Donc, vacances en Alsace. Bien entendu, c'est mon épouse qui conduit. Et je me dois de dire qu'elle le fait de façon kamikaze...
Déà, à Vannes, elle roule allègrement à 70/80 en ville, à 140 sur la nationale à 2x2 voies, là on arrive au bouquet avec ce parcours. Elle va bourrer à près de 160 sur l'autoroute, afin de s'éloigner le plus possible de Paris.

Mais bonjour le voyage du lendemain ! Dépassements sans visibilité, excès de vitesse incessants, bref, on réussit à parcourir 450 km en moins de 4h (pause déjeuner déduite).

La location est pourrie, située sous un grenier, et la température sera étouffante, jamais le thermomètre ne voudra descendre, même au petit matin, sous les 20 degrés.

Alors ce sera la montagne. Montagne Allemande d'abord, au-dessus de Freiburg-en Breisgau. A 1200m on respire ! Mais, sur le retour, mon épouse brûle un stop en arrivant sur une nationale très fréquentée. La voirure qui arrivait manquera de faire un tonneau pour nous éviter.  Je pense que l'on aurait été en France, c'était l'accident grave.

Stop. Oui, comme le panneau. Je souhaite mourir, certes, mais pas à finir sur un fauteuil roulant, j'en ai déjà parlé !

Le 15 c'est le corso fleuri de Sélestat, dont elle me parlait sans cesse en en disant que c'était la 8ème merveille du monde. On aime ou on aime pas !

Il y a un monde fou, et c'est toujours sous le cagnard que se déroule la cérémonie. Au bout de deux heures de suée et conversation beauf tendance Sarko avec ses copains Alsaciens connus en cure,  je commence à dire à chère et tendre que bon, ça serait bien qu'on bouge de là.

"Non."

C'est elle la chauffeuse, je ne peux rien faire.

Mais elle va en rajouter, me tendant devant l'assemblée de ses copains alsaciens les clés de contact.

"Prends la voiture, si tu as chaud".
Rire général de l'assemblée, sauf ma fille qui a honte. Honte de son père qui n'est même pas foutu de conduire une bagnole. Quel âge avait-elle la dernière fois que je conduisais avec elle à bord ? 13 ans ? 14 peut être ?

Sans rien dire, et serrant les dents, je me dirige vers le parking. J'ouvre la voiture et m'asseois sur le siège du conducteur.
Je reste un bon quart d'heure à me demander ce que je dois faire. Rentrer la queue basse devant ma chère et tendre, ses copains de boisson et ma fille, ou tenter ma chance ?

Je me souviens de la façon dont j'avais appris à faire du vélo.

Contact. Par chance je n'ai pas à faire de créneau. Je roule en première sur une centaine de mètres, puis, sur la grande avenue, j'ose me mettre en seconde.. Ca klaxonne de partout, mais mon tit gars, quand on est au bal c'est pour danser !

Je sors de Sélestat, et là je fais des pointes à 50/60, jusqu'au rond-point de l'autoroute. Je continue sur ma lancée, et je prends alors sur la gauche une route de montagne.
Sauvé ! Car la montagne, c'est là que je suis né en tant que conducteur, et on ne peut pas y passer la 5ème !

Arrivé en haut, vers 700m d'altitude, je coupe le contact.

Je l'ai fait !

Pendant ce temps, mon épouse s'affole en ne voyant plus la Fiat, et commence à se poser des questions...

La descente se fera encore plus facilement, et quand j'arriverai sur la Nationale, je roulerai presque à vitesse normale (selon le code de la route, pas selon les Alsaciens...)

Et c'est fier comme Artaban que je vais me stationner devant la maison des beaufs, devant ma fille émerveillée et mon épouse très en colère.

Elle le sent, c'est fini, elle n'aura plus cette autorité sur moi. Tel que je me sens, je saurai conduire comme avant d'ici peu.

Je ferai une grande partie de la route du retour, saluant Vitry le François comme ma première ville à traverser en tant que "nouveau" conducteur.

Arrivée le soir à Noisy le Grand, dans notre Formule 1 interface, qui fait communiquer à la fois la route et le RER.

Après 5 ans d'interruption, je sais à nouveau conduire....

Mais le temps a passé aussi pour ma fille, car je découvre dans un cahier normalement destiné au français des mots assez osés concernant notre jeune voisin Florian, qui fait tourner toutes les têtes féminines du lotissement.
Notamment cette phrase : "ah, j'aimerais tant voir ton fier pénis dressé..."

A la fin de ces vacances, deux certitudes : Je sais de nouveau conduire, et ma fille est une pure hétéro!

Au passage à Paris, mon sentiment pour Nat est encore plus fort. Car, j’avais oublié de le préciser, son congé-formation n’a bien sûr pas marché (on ne reprend pas ses études à 29 ans, après une si longue interruption) et elle a dû aller là où personne ne voulait. C'est-à-dire Trappes dans la banlieue parisienne..

Elle est donc à moins de 25 km de moi, peut-être même tout près, si jamais elle aussi va passer ce chaud samedi d’été dans la capitale.

Je n’avais pas été à Trappes depuis 1972, j’en avais le souvenir d’une petite cité pavillonnaire sans histoire, à côté duquel notre bâtiment météo des années 20 faisait une grosse tache.


Pour sortir de la Région Parisienne, j'avais prévu l'itinéraire suivant: Mon épouse d’abord au volant, on prend l'A4, à 2 km de l'hôtel, puis l'A86 jusqu'à Palaiseau puis l'A10 et on rejoint la N10 à Rambouillet où on mangera. De Rambouillet au Mans par la nationale, moi au volant puis jusqu'à Vannes par l'autoroute, toujours moi au volant.

Ca commence pas trop mal, la circulation est fluide pour Paris, on suit l'A86 sans encombre.

Jusqu'à Antony.

A86 coupée. Il faut dire (on l'a vu à Paris la veille) que la moitié des lignes RER et métro sont coupées au mois d'août. Paris, première ville touristique du monde, bravo la RATP..
Donc on suit la déviation, on suit, on suit....

Je n'ai pas besoin de lire ma carte pour voir où on va atterrir. Mais je la prends quand même, et je constate qu'effectivement....on va tout droit vers Trappes! Ma fille prend la carte, elle a compris aussi. Mon épouse, elle, ne comprend que lorsqu'on franchit le panneau " Trappes ".

Dieu que ça a changé ! A présent, le bâtiment de l’entreprise non seulement ne fait plus tache, mais « humanise » le décor.
C’est là que je vois dans quel univers évolue ma Nathalie, cette fille du soleil. Curieusement je pense à Pompon, son petit cochon d'Inde, que l'on emmenait souvent faire manger un peu d'herbe dans les prés environnants.
Je pense à son cadre de vie, ces lugubres HLM, qu'elle avait cru quitter en 92, et d'où elle n'ose sûrement pas sortir après huit heures du soir...
Deux vies gâchées, par la faute d'une saloperie.
Je terminais ma lettre à l' "ordure" par  "va voir tes cocotiers et fous moi la paix ".

 

Non.

 

Trop facile.

Je ne lui foutrai pas la paix. Je vais me consacrer désormais à lui bousiller sa vie, comme il a bousillé la mienne. Et celle de Nat. A moins qu’elle s’en soit sortie....

En attendant, à Vannes, c’est reparti avec les réunions ! Pour celle du 27 septembre j’aurais dû prendre un casque….
On me reproche de mettre une mauvaise ambiance avec les chefs de Rennes. Car côté travail, je ne laisse rien passer désormais.
Egalement de téléphoner à mon épouse et à me faire téléphoner par elle. Sic ! Je n’ai hélas rien inventé.
Mais, pire – et là je suis un peu fautif – si je tape mes « mémoires » de chez moi, je tape mon journal « live » de là-bas. Et comme à l’époque je ne connais rien en informatique, bonjour les traces que je laisse ! Il y en a partout…
Enfin le chef me fait savoir qu’il faudrait que j’arrête ma correspondance par mails. Dont celle avec Jean-Yves (mon cousin/frère), qui est heureusement là pour mes fameux « creux ». Il m’est arrivé plusieurs fois de prendre la voiture en pleine nuit pou aller pleurer auprès de lui. Qui est en décalage horaire de 12 heures, ne l’oublions pas.

Bref, on essaie de me couper tous les moyens par lesquels j’essaie de m’en sortir : journal intime, coups de fil, mails. Alors que les autres collègues, eux, ne se gêneront pas.
Mais c’est de bonne guerre : Pour justifier le fait que l’ancien chef devant mon incompétence voulait m’éjecter du centre, à présent que je redeviens compétent il faut trouver d’autres prétextes…

Enfin bref, je ressors de la réunion complètement démoli. Je fais remarquer au passage au tout nouveau chef qui vient d’arriver, et sur lequel j’avais fondé de gros espoirs, qu'à chaque réunion j'ai l'impression de passer au tribunal. Il a l'air très gêné, et ne dit rien.
Un des harceleurs, celui aux doubles initiales, qui avait oublié quelque chose, entend tout ça. Ca ne me gêne pas, et je leur dis "  s'il faut que je parte, je partirai... ".

 

C'est du reste ce que je viens de décider.
Je ne peux pas rester à Vannes, je sais que si je ne demande pas de mutation ou si je ne revois pas Nathalie j’y laisserai ma peau.
Je passerai à l'acte, pour enfin "me reposer", pour qu'on me foute la paix.

Cela devient à présent une question de vie ou de mort...

(à suivre)

18:20 Publié dans beaux moments, moi, psy | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : volonté