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11/03/2011

Mon épouse enfin raisonnable :)

Alors que j'étais prêt à céder à la laisser conduire sur de petits parcours, malgré l'interdiction tacite de la neurologue, de l'embarras du médecin traitant, et le fait que nos voisines l'aient formellement déconseillé (elles ne tiennent pas à la ramasser dans sa voiture comme ce fut le cas mi-août), d'elle-même mon épouse a décidé de ne plus conduire.

Et m'a demandé de mettre en vente sa voiture sur Internet.

Me voici soulagé d'un poids, et du coup je lui ai annoncé que nous partions une semaine, au printemps prochain à Chamonix.
Chamonix qui n'est qu'à deux heures de route de chez nous.

Ceci grâce à un site que je vous recommande particulièrement

http://www.travelzoo.com/fr/

Sans ce site, nous ne pourrions nous permettre de partir en vacances dans des endroits de rêve.
Grâce à lui, nous avons pu voler de Lyon vers Malte pour le prix d'un trajet SNCF Lyon-Marseille !

Et au, notre séjour nous reviendra nettement moins cher qu'une semaine au Formule 1...

Voici la salle à manger du chalet

 

cham.jpg

 

Vous dire que nous y passerons une semaine de rêve.

Je vous embrasse.

18:54 Publié dans beaux moments, psy, Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chamonix

03/03/2011

Ce soir c'est la quille !

Ma carrière s'est terminée tout à l'heure à 17 heures.

Tel que je me connais, je m’étonne de mon relatif détachement…
Il fut un temps où j’aurais solennellement fait le compte à rebours.

Mon dernier voyage à Lons pour aller bosser, la dernière fois que je me réveille pour accomplir ma journée, mon dernier repas pris là-bas, mon dernier bulletin (et oui, l’avantage de la retraite c’est que dorénavant je suis libéré de toute obligation de réserve. Mais soyons prudent quand même dans un premier temps…), la dernière fois que je classe les papiers avant de partir…

Oui, il fut un temps où j’aurais ressenti tout ça, où cette journée m’aurait torturé, soit en bien soit en mal. Où j’aurais fixé l’horloge.

Or là je me sens détaché, vraiment. Cette journée fut pour moi presque ordinaire, le trajet du retour comme d’habitude.

Du reste tout le monde me le dit, à commencer par ma fille : « alors, comment tu te sens ? » Comme si je venais de passer une épreuve difficile.

 

J’ai quelques éléments de réponse.

La première, la fondamentale, c’est que si professionnellement j’ai fini ma carrière, je n’ai rien accompli d’irréparable.

Je m’explique.
D’abord, pas de déchirement. Cette fin de carrière fut douce, et demain sera la première fois depuis…1979 (!) où je ferai un pot de départ. Je sais que je peux retourner voir les collègues quand je veux, je serai toujours bien accueilli.

Ensuite pas d’éloignement. Je bossais en Franche-Comté, j’habite toujours en Franche-Comté.

Egalement, grâce à Internet, je pourrai – un peu moins bien, c’est vrai – continuer à pratiquer un métier qui a toujours été une passion depuis mes 11 ans.

 

Et puis aussi, j’ai le cuir un peu tanné !

1997, je quittais, par un coup de pied au cul, le département (la Lozère) que je chérissais à l’époque le plus au monde depuis qu’à mes 19 ans je l’avais découvert et où je comptais finir mes jours.

1998, j’allais enterrer ma maman. Je reverrai également toute mon existence ce voyage interminable en deux étapes, passant par Nantes, Niort, Limoges, Brive, Rodez, Millau. 
Cafetaria à Niort, je peux presque détailler le menu, Hôtel à Rodez, je peux aisément décrire la chambre.
Inlassablement, j’avais une petite voix intérieure qui me répétait  «tu es désormais orphelin »
Et oui, même à 47 ans on peut être orphelin. Il n’y a pas d’âge pour de telles choses.
Je reverrai toute ma vie cette camionnette Renault Express grise, de laquelle on a extrait le cercueil, à côté duquel je suis resté assis pendant toute la messe, à côté de mon père et de ma filles effondrés et en larmes. Moi je ne pleurais pas, j’avais dépassé ce stade. Il me faudra attendre quelques mois avant d’y arriver. Je serai du reste un vrai pro ensuite !

Je savais donc que plus jamais je ne pourrai parler avec elle, l’embrasser.

2003. Le jour où j’ai décidé de quitter cette vallée de larmes. La suite logique des deux épisodes précédents.
Certes, quand j’ai avalé – en trois étapes – mes 35 comprimés, je n’avais pas reculé. Mais au moment où je commençais à « plonger », alors là j’ai pris conscience que plus jamais je ne reverrais ma fille. C’était la seule chose qui à l’époque pouvait m’accrocher à la vie. Je me suis alors levé et suis allé dans sa chambre pour l’embrasser. Elle dormait, n’a rien vu. Je pleurais…

Alors, quand on a subi de tels chocs, le reste est finalement secondaire.

Aujourd’hui, si certes une page se tourne, il n’y a pas de véritable «plus jamais ».

Peut-être que je réaliserai dans quelques mois, quand je me dirai que finalement, ces vacances sont vraiment longues…
Mais pour l’instant, pas d’état d’âme. Je ne me sens pas soulagé comme j’aurais pu l’être à Vannes, je me sens pas frustré non plus comme j’aurais pu l’être voici deux ans, quand je pouvais faire mon métier à fond.

Ne manque plus que l’ADSL ! Mme Orange devait m’appeler à 19h, j’ai attendu longtemps son coup de fil…

Demain ça va ch… !

Je vous embrasse. 

21:17 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : retraite

27/01/2011

La dernière crise de démence de mon épouse

Je vis avec deux grands malades.

Mon chat Bob, diabétique, et mon épouse, atteinte d'une grave maladie neurologique.

Mais d'abord, comment se fait-il que je sois là à cette heure-ci, alors que fort logiquement je devrais monter, à Mouchard (39) dans le TGV Paris-Lausanne ?

Tout simplement parce qu'aujourd'hui il y avait réunion du personnel. Que mon chef était là, ainsi que le Grand Chef qui couvre Alsace - Lorraine - Franche-Comté.
Et qu'il était question du devenir de deux de mes collègues.

Assez vite, le ton est monté, et j'ai senti que mon 3ème collègue, qui avait "osé" demander une mutation pour Lyon, était agressé.
Oh que je me souviens de trop de ces réunions où j'étais sur la sellette...

Et du coup je suis monté au créneau.
Facile, certes, en considérant qu'à partir de ce soir, je ne vais plus au travail par obligation, mais parce que je l'ai décidé. Et oui, j'arrive à la date limite autorisée !

Donc au créneau.

Et tout de go, j'ai dit ma franche pensée au Big Boss, à savoir qu'en fait, la cause de tout cela est le non-remplacement par la direction de notre collègue accidentellement décédé en 2009.
Que si on l'avait remplacé, on ne m'aurait pas "déqualifié" et que, comme je l'avais toujours dit, je serais resté jusqu'à juin 2012, afin d'avoir tous mes trimestres.

Que donc, en ce mois de janvier 2011, en admettant que mon jeune collègue ait maintenu sa mutation (mais ça m'étonnerait, attaché qu'il est à son Jura d'adoption), on aurait fini l'année non pas à deux - comme ça sera le cas- mais à 4.
Et que par conséquent l'avenir de Lons le Saunier n'aurait pas été menacé dans l'immédiat comme il l'est aujourd'hui (on parle de fermer le centre au 1er septembre...)

Sans doute ces propos - je le répète sans danger pour moi - ont eu l'heur de plaire à notre chef de Franche-Comté, si bien qu'il m'a proposé, en revenant à Besançon, de faire le crochet par Pontarlier où je récupérerais ma voiture.

Si bien que je suis arrivé chez moi non pas entre 21h45 et 23h comme les fois précédentes, mais à 19h45 !
Appréciable...
Et apprécié par mon épouse, laquelle m'a montré tout ce qu'elle a fait aujourd'hui dans la maison.

A peu près le même genre de trucs qu'elle avait fait le 10 août dernier, date à laquelle on l'avait retrouvée inanimée dans sa voiture après une crise d'épilepsie.

Je connais bien le "sujet", et je sais qu'elle a deux façons de faire une crise.

Epilepsie d'abord, si le facteur déclenchant est trop grand.
Sinon, de "simples" crises de démence.

"Simples" mais éprouvantes pour l'entourage....

En principe c'est soit notre fille, soit bibi soit les deux qui dégustaient lors de ces crises de démence.

Mais cette fois, ni elle ni moi n'étions là.

Le "facteur déclenchant" fut une crotte de notre chat Bob, trouvée dans la salle de bains.
Chat, qui je le rappelle vit ses derniers mois, étant diabétique au plus haut degré.
Et qui, bien sûr, n'est pas responsable de ses "souillures".

C'est elle-même qui me l'a dit.
D'un accès de folie (je la cite !) elle a pris le chat, a ouvert la fenêtre et l'a jeté dehors.

Cette fenêtre-là :
DSCN2398a.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Dieu des chats a fait que Bob s'en sorte sans dommage.
Physique, car psychologiquement il est traumatisé. Nous regarde d'un air implorant sans comprendre.
Comprendre pourquoi on l'a traité ainsi.

Choc de deux grands malades, l'un qui ne peut s'empêcher de faire ses besoins n'importe où, et l'autre capable, dans un accès de folie, de la pire des choses.
Car si l'on avait habité au 6ème étage d'un immeuble...

 

Saletés de maladies, qui d'un côté vous rend sale, et de l'autre vous rend fou. 

Je vois non plus avec angoisse mais avec horreur le mois de mars, où je serai livré 24 heures sur 24 à elle-même....

Et si rien ne change, je n'aurai pas beaucoup d'alternatives. Une seule :
- soit faire le gros dos dans ma cave en espérant qu'elle se guérisse
- soit si elle ne guérit pas, alors prendre la fuite. Mais où ????? 

Pour l'instant, Dieu soit loué, je ne suis pas malade. C'est je pense ma seule chance de survie !

Je vous embrasse.

21:00 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : hystérie

20/12/2010

Neige : pourquoi un tel chaos ?

D'abord, que l'on s'entende sur un point : Depuis que les relevés existent (1860) il n'a jamais autant neigé sur la moitié nord de la France au cours de cette période (mi-novembre - mi-décembre).
De quoi rabaisser le caquet des croulants du café du commerce qui prétendent que les hivers de leur enfance étaient toujours blancs, et qu'à présent ce n'est plus ça ma bonne dame !

Mais bon. 10 ou 15 cm de neige suffiraient donc à paralyser les airs, les voies ferrées et bien sûr les routes ?

Oui. Parce que nous avons changé de monde, et surtout, de mode de vie..

A présent - et j'ai eu l'occasion de le voir sur les blogs - les gens pensent désormais que tout est planifiable.
Faux ! Certes nous avons fait marcher des hommes sur la lune (voici quand même 41 ans et demie...) nous faisons rouler des trains à 350 km/h. Mais la nature restera toujours maîtresse du jeu.

Alors je vais mettre ma casquette de "vieux con", et vous dire que, par exemple, durant l'hiver 62/63, où il y avait eu 30 cm de neige sur la France pendant près de deux mois, les transports, après un léger flottement, s'étaient très bien adaptés à la chose.

Vous dire qu'ayant bossé à Roissy en 1973/74, j'y avais connu des chutes de neige comparables à celles-là, et que le trafic aérien n'a jamais été trop perturbé.

Vous parler du Québec ou de la Russie, où ces conditions-là sont la norme, et où tout a toujours fonctionné normalement.

Vous dire, enfin, que sans aller si loin, il existe des coins en France où 40 cm de neige, même si ça tombe très tôt dans la saison, ne paralysent pas les activités.
Dans mon nouveau chez moi, par exemple.

Voici une photo datant d'un siècle environ, prise à Pontarlier.
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Je l'admets, ça ne se passe pas comme ça à chaque hiver, mais les habitants du Odou savent que ça peut exister.

 

 

 

Alors, les raisons de ce chaos ?

Mulitples, selon moi.

D'abord la difficulté pour l'être humain d'abandonner un certain confort, que peu à peu il a gagné.

Premier visé : ma pomme ! Et oui, je trouvais normal d'insérer, avec l'ADSL, des chansons dans mes notes en une quinzaine de secondes. A présent que je suis en bas débit, je n'ose même pas essayer cette opération, qui me prendrait au bas mot... presque 20 minutes !
Je m'étais habitué au confort de l'ADSL, et ne songeais même pas que le monde civilisé puisse exister sans ce haut débit !

Idem pour certains Franciliens ou Normands qui se retrouvent désemparés devant un truc qu'ils n'ont pas vu depuis pas mal de temps...

Ensuite, le changement de matériel.

Avant, les trains, avions, voitures étaient certes rustiques, mais ils étaient efficaces. A présent, l'électronique et l'informatique embarquées font que le premier grain de sable rencontré dérègle la machine.
Exemple : un train de voyageurs des années 70 pesait dans les 700 tonnes. Un TGV en pèse la moitié !
Les trains de marchandises n'ont été ralentis par la neige qu'à cause des trains de voyageurs qui, devant eux, leur bouchait la voie...
Idem pour les voitures, et bien sûr les avions.
Quand je bossais à Roissy, voici près de 40 ans (j'en avais fait l'ouverture, en mars 1974) les avions certes volaient moins vite - sauf le Concorde - mais pouvaient atterrir et décoller par presque tous les temps.

Enfin, selon moi, dernier responsable : les pouvoirs publics.

Pas d'argent pour dénéiger. Pas d'argent pour payer les fonctionnaires de l'EX-DDE qui manient les tractopelles. Pas d'argent pour entretenir les voies de chemin de fer.

A force de vouloir faire des économies (sur le dos de la population) on est en train de casser tout le système...

Sans parler de la panique des tout-puissants qui, malgré leurs hélicos, leurs voitures avec girophares/sirène ou leur avion dernier cri avec piscine, se retrouvent au niveau du pékin ordinaire quand la neige tombe.
Et oui, même avec piscine leurs avions sont cloués au sol, et si les routes sont impraticables leurs bagnoles avec chauffeur ne passeront pas.

Et je ne parle pas des médias (du reste, en écrivant cette note, j'en fais partie) qui sont bien contents d'avoir du grain à moudre.

Je sais que beaucoup ne seront pas d'accord avec mon analyse, mais du moins j'espère avoir quand même lancé quelques pistes.

je vous embrasse.

 

 

 

22:14 Publié dans actualité, psy | Lien permanent | Commentaires (6)

04/12/2010

Finirons-nous nos jours dans notre maison ?

Actuellement, quelqu'un qui n'est pas habitué à la conduite de montagne, et bien sûr équipé de pied en cap (pneus neige, couverture de survie, etc) est condamné à rester dans le lotissement. Au moins jusqu'au dégel...
Car tout est verglacé autour de nous. L'épisode Breton dont on rebat des oreilles, et bien depuis 12 jours, c'est comme ça chez nous. Avec 10 à 15 degrés de moins.

Mon épouse, qui d'une part doit conduire "en douce" vu sa maladie, et vu sa voiture (une "citadine" dont je ne sais pas si elle a résisté aux -19° de la nuit de jeudi à vendredi), est clouée ici.
C'est pour cette raison que j'ai choisi - et c'était une pure connerie - de revenir ici avant-hier soir plutôt qu'hier matin. Elle déprime à fond, et ma foi, je commence à me poser des questions...

Certes, on a habité elle et moi pendant 15 ans au-dessus de 750 m d'altitude. Certes la pelle à neige ça nous connaît.
Mais dans le premier cas, où nous étions perchés à plus de 1000m, nous étions jeunes et insouciants.

Et dans le second, à Mende, où il y avait vraiment un paquet de neige, d'abord nous étions en ville et ensuite en appartement.

A l'heure où j'écris ces lignes, et sachant que les hivers seront de plus en plus neigeux et rudes (si..., paradoxalement, un des effets du réchauffement GLOBAL climatique, j'insiste sur le mot "global") , je n'ai que 60 ans, et ma foi, je suis encore "alerte" comme on dit.

Mais quid dans 10 ans ? dans 20 ans ?

Je ne me vois pas, à 80 balais, faire une numéro d'équilibriste à chaque fois que j'irai chercher mon pain...
En plus, je fais partie de ceux qui pensent qu'à 80 ans, il faut savoir lâcher le volant...

Bref, j'avais sous-estimé le "facteur hiver" ici. Je me disais que oui, sur les Hauts Plateaux Jurassiens, ou Lozériens, à 1100m, comme dans le village de mon "premier baiser", il est normal d'avoir de la neige non stop de mi-novembre jusqu'au premier mai.
Mais 500 m plus bas !!!

Je comprends la réaction de mon cousin germain "droit dans ses bottes" lorsque, en juin 2008, il était venu voir la maison, et aussi l'environnement. Il avait dit cette phrase que je pensais être de jalousie "ce n'est pas vour vous...vous n'y arriverez pas..."

Il avait 71 ans à l'époque, et il devait imaginer ce que serait, pour lui, habitant la côte d'Azur, de s'installer ici. Comme pour nous il nous semblerait inimaginable de faire un séjour en Provence entre le 1er mai et le 1er septembre !

Mais plus ça va, plus je pense que la solution "appartement dans un bourg d'au moins 5000 habitants au-dessus de 600m d'altitude, doté d'un hopital, d'une gare et de l'ADSL"" sera l'option finale. On verra avec les années, mais si déjà à 60 balais et une excellente expérience de conduite sur la neige je me sens dépassé, quid dans 20 ans ?

A voir....

Je vous embrasse.

09:03 Publié dans psy | Lien permanent | Commentaires (4)

13/09/2010

Gros ou mince ?

Je suis passé par tous les stades.

Illustration par des photos :

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Bibi en juillet 1974. Photo prise avec mon amie.

Attention !!! Mon amie dans le sens de ces années-là, c'est à dire la VRAIE signification de ce mot.

Cela valait mieux, d'ailleurs, vu que la photo a été prise le jour de mon mariage, ce qui explique le noeud pap ' qui vraiment n'était pas mon genre !

Mon amie, donc, depuis les vendanges, vu qu'elle était la fille des viticulteurs, et après une longue période d'observation, elle a vu que je n'étais pas fainéant à la tâche, on a sympathisé et quand elle a su pourquoi j'étais là avec un sécateur à la main, elle n'en est pas revenue !

"ça existe encore des hommes romantiques? "

Et oui, déjà en 1970 le romantisme n'était plus ce qu'il était ! Bref, une grande amitié est née entre nous. Et - du moins en ce qui me concerne - pas la moindre arrière pensée pendant ce temps-là.
Cette amitié a duré 7 ans, balayée par la jalousie de mon ex....

Mais revenons au sujet, ma minceur de 1974.

Voilà ce que je suis devenu 5 ans et demie plus tard7906a.jpg,
après un régime de nuits et donc de vie décalée.

C'est une des seules photo que j'ai de cette période, tellement j'avais honte de mon corps, je frisais les 80 kilos... pour 1m67, ce n'est pas le top on le devinera.

Entre le "c'est quand l'accouchement ? " de mes collègues, le regard effaré de ma mère à chaque fois que je venais lui rendre visite, le médecin que l'on allait voir pour une rhino ou une allergie et qui vous tendait une feuille de "régime type", les quolibets de ma famille - ils sont été toujours été extrêmement soucieux de leur apparence - qui me traitaient de "Bouddha " et surtout, surtout, ce que me renvoyait mon miroir à longueur de repas mon moral en prenait un sacré coup, j'en avais ma claque.

Mais le physique lui était de plus en plus en forme ! Plus je grossissais, plus j'arrivais à accomplir des exploits sportifs - dans le but de maigrir justement - que je n'aurais jamais pensé réussir dans les années de "vaches maigres" (sourire).
Pendant ces années je ne suis jamais tombé malade, à l'exception d'un gros rhume !

Mais, je me sentais mal dans ma peau, à cause du regard des autres. je n'osais même plus me faire prendre en photo ! Bien entendu, en dehors des marches, je me tapais des exercices intensifs qui étaient censés me rendre mon ventre plat en 15 jours... Mais va lutter entre une vie décalée !

Cependant, en décembre 1979, j'avais, en 3 mois, réussi à perdre un kilo. Non seulement j'avais arrêté la montée, mais j'entamais - lentement - la descente.
80 kilos en septembre, 79 en décembre, je pouvais à ce "régime" espérer 75 kilos fin 80,
71 fin 81,
67 fin 82,
63 fin 83,
59 fin 84....
Et je m'arrêterais là, 59 kilos pour 1m67, ça faisait un IMC de 21, impeccable...



Mais ça ne se passera pas tout à fait comme ça.

6 mois plus tard, je serai à...50 kilos !

Et par quel prodige ?
Simple : l'abandon de mon épouse....

Mon épouse qui avait été "prise en main" par son père alors qu'elle était en pleine dépression consécutive à la perte de son emploi.
Je n'insisterai pas sur ces détails sordides.


Ce jour-là le monde s'écroule pour moi. Et à partir de là...  je deviens incapable d'avaler un seul morceau. Si je m'y risque, je vomis instantanément. Je ne pourrai, dès cet instant, ne me nourrir que de mars et de jus d'orange. Parfois, je sens qu'il y a une "ouverture" côté nausées, et j'en profite pour manger le plus possible. Le monde à l'envers !

Fin janvier, j'ai déjà perdu 10 kilos.

Un mois plus tard, 8 supplémentaires viendront s'y ajouter.

Fin mars j'en suis à 56, et... je vois alors avec horreur mes cheveux disparaître !
A partir de là je vais voir les regards changer. L'obèse qui devient rachitique !

On parle de cancer, de plein de trucs... Moi je sais bien que ce n'est que de l'anorexie. Mais on m'évite, on ne sait jamais... Mon "presque-frère", mon cousin Jean-Yves vient passer 15 jours chez moi, et là miracle, je recommence à grignoter ! Je me crois sauvé, d'autant que la balance repasse le cap des 60.

Mais, quand ils s'en vont, c'est pire, et de nouveau moins 7 kilos le mois d'après... Plus ça va, plus je me traîne. et je vais alors choper plein de maladies : grippe, bronchite, hépatite virale. Pour moi monter des escaliers relève du 100m olympique. Et ma tonsure qui se voit de plus en plus !

Je commence à réaliser que je risque de mourir. C'est ce que me confirment les médecins, notamment celui qui était mon médecin traitant, et que je n'avais plus vu depuis le mois de décembre. Quand il entre dans la chambre et me voit il me dit "Mais tu ne peux pas rester comme ça ? Tu vas crever si tu ne manges plus !!! Et je ne peux résister au plaisir de lui répliquer "alors là écoutez, il faudrait savoir ce que vous voulez !! Mauvaise foi, oui, mais quand même, c'était si tentant...

je ne devrai mon salut qu'à une mutation "sanitaire" dans les Hautes Alpes.

J'avais perdu 30 kilos, et perdu la moitié de mes cheveux, la moitié de mes défenses immunitaires, et presque toutes mes forces. En 6 mois j'étais passé du stade de l'obèse à celui de rachitique.

Moralement, cette séparation allait vite être oubliée, la peine se transformant en colère, puis en dédain.

Mais je dois reconnaître que le regard des autres n'était plus le même, la photo ci-dessous prise début 82 tendrait à penser que je recommençais à avoir du succès auprès du beau sexe !

 

8204b.jpg

Je vous embrasse.

 

05:30 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : régime, divorce

10/09/2010

Mes années vélo (1962/1969)

Sur une idée d'Alain !

Commencée à Lorient, et finie à Lorient. Mais entre les deux, mes roues ont vu une bonne dizaine de départements : Morbihan bien sûr, mais aussi Haute-Vienne, Vaucluse, Drôme, Finistère, Saône et Loire, Ain, Charente, et j'en passe.

L'histoire commence en 1962, donc.

Nous sommes en vacances à Lorient, ma mère s'est mise en tête de m'apprendre à faire du vélo. Et, justement, un vélo à ma taille est à ma disposition, celui d'un petit cousin.

Mais rien à faire, c'est dans la tête, pas question de monter sur ce truc qui ma-thé-ma-thi-que-ment ne peut pas tenir sur deux roues ! Mais pourtant, moi qui suis depuis déjà quelques années le Tour de france, je me dis comment font-ils ???

Vers le milieu du mois, nous allons à la plage. Méga-coup de soleil pour moi, qui se traduit par une poussée de fièvre.
Or, le lendemain, je devais aller à Quimper avec ma mère, ma tante, une cousine et sa fille. 5 places pour la 203, c'était le max !

Je savais que le choix qui s'était porté sur moi faisait des jaloux, notamment un certain Bernard, le propriétaire du vélo. Qui avait fini par.... ne plus me le prêter pour apprendre à en faire.
Moi j'étais soulagé, ces leçons de vélo me fichaient de plus en plus la trouille. Un peu comme la natation 6 mois avant, avec des "béquilles" ça passe, mais sans, pas question.

Coup de théâtre, vu que j'étais "malade" - je le mets bien entre parenthèses - plus question pour moi d'aller à Quimper !! Alors qu'on m'avait alléché avec cette ville, qui n'avait rien, mais rien à voir avec Lorient. C'est le petit-cousin qui ira à ma place !

Alors, au cours de cette journée, je vais sortir de la cave le vélo du voleur de voyages, et je me jurai que, à la fin de la journée, je saurais en faire !

Et je m'élance sur l'immense trottoir en pente de la Cité. Une chute. je me relève. Seconde chute. je me relève. Et peu à peu les chutes s'espacent, et à un moment donné, ça y est, je roule...

C'est cette vision qu'aura mon teigneux de petit cousin quand, tout fier, il rentrera de Quimper.
"Rends-moi mon vélo...
- Avec joie, de toutes façons il est désormais trop petit pour moi ! "

Cependant, les années passent, et je n'arrive pas à "concrétiser" avec un vélo de taille normale. Logique, il me manque quelques centimètres, une bonne quinzaine !

Durant le printemps 65, je commence à grandir, et je peux alors m'élancer avec un vélo d'adulte. Pas facile, mais j'y arrive.

Mes parents du coup me promettent un vélo neuf si je réussi au BEPC, ayant (voir une note précédente) très peu de chances de passer en classe supérieure.

J'obtiens le fameux examen, et le vélo est acheté, à Valréas, dans le Vaucluse. Le même endroit que deux ans auparavant, où j'avais pris conscience qu'une petite fille de Toulon représentait quelque chose d'énorme pour moi, sans savoir encore qu'elle était ma soeur cachée....

C'est au cours de ce mois d'août que je ferai le plus de balades, prenant soin d'acheter une carte postale dans chaque village que je traverserai.
Valréas était une géniale piste d'entraînement, il y avait toutes les routes possibles !
Ma préférée était la route de Nyons : Un long plat, où je pouvais dépasser le 60 km/h, puis une côte de plus en plus serrée, avec un point culminant à 423 m (200 m au-dessus de mon point de départ). Puis la descente jusqu'à Nyons, régulière, située au même niveau que valréas. Là aussi je dépassais le 60 sur presque tout le parcours.
Visite du village de Barjavel, petit perrier-menthe au café, et retour.

Puis je me lançai dans les grands cols.  Le col d'Aleyrac sur la route de Crest. Entre Salles sous bois (254m) et Aleyrac (481m), seulement 7 km ! Un bon pourcentage, que j'avalai sans problème.
J'allais de plus en plus loin, jusqu'à Orange, Vaison la Romaine, Malaucène...

Malaucène, le point de départ du fameux Ventoux. Pourquoi pas essayer ?

Un jour je dis à ma mère que je ferai de la bécane toute la journée, et que je prendrai un sandwich.
"Où tu vas ?"
Je le lui dis. Et là elle me rigole au nez.

Raison de plus pour tenter la chose.
C'est à Malaucène que je me restaurai, et en avant pour la bataille !

Route large, mais pentue comme pas possible. Je ne m'attendais vraiment pas à ça . Au bout d'une demie-heure je n'avais fait que 5 kilomètres. La borne m'annonçait "altitude 650m". Je n'étais jamais grimpé aussi haut ! En plus j'étais encouragé par des automobilistes...

Je n'allai pas plus loin que 850 m d'altitude. Un panorama sur la gauche, duquel je me sentais incapable de repartir en montée. Mais, là, déjà, la vue était époustouflante. On pouvait distinguer facilement Avignon, on voyait assez bien les Cévennes et on devinait la mer...

Il fallait savoir jusqu'où on pouvait aller, ce qui ne fut pas le cas d'un collègue, l'an passé, qui fièrement passa au sommet, avant de mourir, victime d'un infarctus massif.


En 1966, tout autre décor : La Haute-Vienne. Première balade : Oradour sur Glane. J'y reviendrai un jour sur deux. Mais je grimpai aussi quelques sommets à 700m et plus.

Août : la Saône et Loire. J'étais basé à Serrières (300m) et je commençai avec un col à 550 m, puis un autre à 614 pour finir avec un sommet, la Mère Boîtier à 758m.
J'étais récompensé par la vue magnifique, dont le Mont-Blanc. C'est depuis ce jour que je le cherche partout où je vais (dans les limites du raisonnable, sachant très bien qu'au-delà de 300 km il n'est plus visible à cause de la rotondité de la Terre).

67 fut vélocipèdement une super-année. Là j'étais à Brest, et je me servais de mon biclou pour aller voir Nadine, une allumeuse de première, qui était en vacances à 20 km de là.
C'est à cette occasion -j'avais un compteur - que j'atteignis le 80 sur la nationale. J'allais aussi voir mon copain Bernard, qui avait déjà commencé l'apprentissage ! A 14 ans....
En septembre, tours de roue à Lorient, retour aux sources.

68 me vit avec mon vélo à Pâques dans le Limousin. Idem, beaucoup de trajets sur Oradour, d'autant qu'il y avait un col assez costaud à se taper. On y revient l'été, où il m'attendait sagement dans la cave de la dame qui nous louait. Laquelle, qui n'avait pourtant que 40 ans, se souvenait très bien d'Oradour, où sans l'avertissement d'un soldat allemand, elle allait droit vers la boucherie.

Même chose en 69, et là j'étais devenu presque un pro. Pour Limoges (45 km) je ne mettais même pas une heure ! J'étais sur mon petit nuage, et je me pensais le roi du monde ! Je n'hésitais pas à emprunter les boulevards de cette grande ville, sans paniquer le moins du monde. Quelle différence avec 1965...
Je faisais des courses avec des jeunes du village !

A Lorient, j'avais encore moins peur de la circulation, et je n'hésitais pas à emprunter les plus grands axes sans vraiment trop faire attention.

Mais j'étais trop sûr de moi.

Le 23 décembre, alors que je fonçai pour aller voir une grande surface qui venait d'ouvrir, un camion me coupa la route et ce fut la chute, la lourde chute. J'étais en sang. Rien de cassé mais pendant un mois je ne pourrai plus marcher ou presque.

Ce sera la dernière fois que je ferai du vélo. A quelques 800 m de l'endroit où j'avais appris !

Je vous embrasse.

20:58 Publié dans Loisirs, moi, psy, Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vélo, lorient

Pas loin de craquer....

Je rappelle mes occupations des 7 derniers jours :

- vendredi dernier, départ pour Colmar, boulot là-bas.
- samedi dernier, boulot à Colmar
- dimanche dernier, boulot à Colmar
- lundi dernier, cartons
- mardi dernier, boulot ici
- mercredi dernier, aller à Ouhans pour réceptionner le lit et le matelas
- jeudi dernier (hier) boulot ici.

Attention: quand je dis "boulot ici", ça veut dre entouré de marteau-piqueurs en tout genre car ils "réhabilitent" l'immeuble. Et depuis deux mois, c'est notre étage qui est "réhabilité"

Tout cela sans compter les différentes tractations diverses et variées, avec les déménageurs entre autres.

Ce matin, "chère et dure" est en hystérie, envoyant balader tout ce qu'elle peut, et téléphonant tous azimuts pour trouver quelqu'un pour l'amener là-bas afin de.... tondre la pelouse. Je vous assure, c'est vrai ! Son obsession actuelle est l'état de la pelouse qu'une maison que nous n'habiterons que dans 6 semaines !

Elle insiste pour qu'on y aillle demain.
Pas question.

Et quand je peux souffler moi ?????

Le voyage de Ouhans, ça fait 9 fois qu'on se le tape. La dernière fois c'était pour réceptionner notre literie, la fois d'avant pour installer des tringles à rideaux.

Je le vois bien, ma conduite sur cette route devient de plus en plus rapide, tant d'une part je la connais par coeur, et d'autre part j'en ai marre de la faire. j'en connais le moindre mètre !

Pas la peine d'aller chez le psy si elle lui raconte ses dernières vacances. Mon épouse est malade, c'est évident. Et pas seulement côté neurologique, mais aussi côté mental.

C'est comme ça à chaque déménagement, et c'est pour ça que je lui avais proposé de s'occuper nous-même des cartons, et de le faire petit à petit.

Mais apparemment, cela n'a servi à rien, mon épouse est incurable, et je sais pertinemment que s'annoncent trois mois d'enfer, après les deux que je viens de passer.

Finalement, le fameux scanner thoracique, je ne le ferai pas...

Je vous embrasse

12:04 Publié dans psy, Ras-le bol | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : hystérie

06/09/2010

Première grosse épreuve : le service militaire (1972/73)

Les années passèrent, et je finis par rencontrer une jeune fille dont les parents ne me rejetaient pas. C'était en 1972, elle avait 16 ans et moi 21.

Très vite nous nous aperçûmes que nos étions rigoureusement les mêmes personnes, mais de sexe différent. Elle adorait faire du cyclomoteur, moi aussi. Elle adorait écouter les hit-parades tous les dimanches, moi aussi. Elle avait été un enfant " de remplacement", moi aussi.

A cette époque, j'avais enfin réussi à quitter Paris. Enfin, je le pensais.
Je me trouvais alors en montagne dans le Gard, au point le plus haut du département. Mon père, profitant de sa retraite toute neuve, vint passer quelque temps dans la vallée, qu'il trouva à son goût.
A tel point qu'il prit cette affectation "provisoire" comme étant définitive, et déménagea de paris, avec femme, bagage, et chat.

 

Mais pour décembre, autre chose m'attendait : le service militaire.

Je n'avais pas trop d'appréhension là-dessus, malgré tout ce qu'on m'en avait dit. Je savais que je pouvais dire adieu à ma longue chevelure, mais sinon, pour le reste, les "3 jours" que j'avais faits à Vincennes avaient fini par me convaincre que l'Armée n'était pas si terrible que ça, pourvu qu'on y aille la fleur au fusil. Qu'il suffisait de se plier à certaines règles et ne pas jouer les matamores. Se faire discret pendant un an.

Seul (et énorme) problème : la séparation d'avec ma petite fiancée Mireille.

Le 30 novembre au matin, je pris l'autocar qui devait m'amener à Sommières, puis un autre autocar qui lui me déposerait à Montpellier, de là je prendrais un train jusqu'à Toulouse, puis un autre jusqu'à Bordeaux, et enfin, un autre train de Bordeaux à Rochefort sur Mer où j'arrivai à 2h30 du matin. C'était l'heure normale !

C'est là que je compris que les permissions de moins de 72h ne me serviraient à rien, vu les 20 heures de voyage (19 dans l'autre sens : 2h30/20h56)


Il ne me fallut pas moins de 24h pour me rendre compte que j'avais pénétré en Enfer.

Qu'un appelé, en 1972, était traité comme un chien. Humilié, maltraité.


La journée type : lever à 5h avec un coup de sifflet strident (moi qui pensais au son du clairon...). Puis douche, mais pas le temps de se sécher. C'est donc mouillé que l'on s'alignait face au drapeau pour la cérémonie du matin. Je rappelle qu'on est en décembre.

Puis à 17h30, ces messieurs les engagés qui nous traînaient dans la boue (au sens propre) se transformaient en travailleurs ordinaires et prenaient leur petite voiture pour aller gentiment s'agglutiner dans les bouchons Rochefortais. je suis sûr qu'à la maison ils devaient être tendres comme des agneaux, bons pères et bons maris.

Enfin un moment pour souffler ? Erreur, car c'est là que le calvaire allait s'accentuer.
Ces engagés étaient remplacés par des Kapos. Oui, j'insiste sur ce mot, des soldats même pas de première classe, mais qui étaient plus anciens et faisaient fonction de caporal.

Avec ceux-là, pas de pitié à attendre. Les "FFC" comme on devait les nommer repéraient vite quels étaient les plus fragiles et ceux-là allaient déguster. Dans notre chambrée, ce fut un ingénieur de 26 ans qui fut pris pour tête de turc, et bien souvent je le vis pleurer... J'en verrai du reste pas mal des collègues sangloter.

Pas une larme en ce qui me concerna.
Car j'avais déjà disjoncté. Je ne me considérais plus comme un être humain parmi d'autres humains, mais comment dire... un zombie chez des fous.

7212.jpgOn voit du reste ma mine réjouie sur la photo, au premier rang à gauche de l'image...

Des fous, ils en fabriquaient à la pelle. Déjà en nous interdisant de sortir pendant 4 semaines ! Des garçons en pleine force de l'âge ...
Ne nous restait que l'alcool et le tabac (qui lui au contraire était encouragé !!) , même la branlette était impossible, car aucune porte ne fermait. Pour aller aux WC il fallait tenir la porte...

Ceux qui tombaient malades devaient s'inscire la veille pour une "visite médicale". Je mets des guillemets car c'était un élève aide-soignant qui faisait office de médecin-trieur (on avait du bol ils auraient pu prendre un charcutier) pour séparer ceux qui pourraient enfin recevoir des soins, et les autres, ceux qui ne lui semblaient pas malades. Ils repartaient alors sans avoir consulté, avec en prime un bon pour une, voire deux corvées.

Je pourrais en raconter baucoup des comme ça...

Et c'est alors que je me mis à écrire. A tour de bras. A ma fiancée, à mes parents.
Ma fiancée me reçut 5 sur 5, et il n'était pas rare que je reçoive deux, voire trois lettres par jour pour me réconforter. Des lettres roses ce qui faisait doucement rire mes compagnons d'infortune. Et qui n'arrangeait pas mon cas.

Je recevrai pendant ce mois de décembre une quarantaine de ces lettres, et... deux de mes parents. La première qui essayait de me "raisonner" du style "montre que tu es un homme, ne nous fais pas honte..." et une seconde où ils m'annonçaient qu'ils allaient déménager !

 Perte brutale de deux illusions.

Dans le fait que, d'une part, j'avais découvert que l'être humain pouvait être un fauve pour ses semblables, et surtout que mes parents se fichaient pas mal de ce qu'endurais.

Je tombai vraiment de très très haut....

"Petite" chute (par rapport à ce que j'allais subir dans ma vie) mais marquante.

 
Heureusement, les choses allaient petit à petit s'améliorer. Après les classes, je rejoignis la base la plus proche de mon domicile, c'est à dire Istres. Là-bas, le soleil aidant, ce n'était déjà plus pareil. Ce fini les "une-deux, une-deux", j'étais là pour bosser. Et dans ma branche.

Certes j'y perdais côté salaire, 32 francs mensuels (l'équivalent de 40 euros) au lieu de 2000. Mais j'y gagnais en liberté puisque mes collègues étaient des pères de famille comme tout le monde, avec un uniforme dessus qui ne leur déteignait pas (trop) sur le cerveau, rien à voir avec les cinglés Charentais...

Ces pères de famille ne rêvaient que de week-end, moi de liberté. Nous devions faire 45 heures par semaine à l'époque, le dimanche étant bonifié à 30%. C'est ainsi que je ferai leur week-end et que j'aurai la semaine de libre !
Semaine type : Journée le jeudi, après-midi du vendredi, matinée du samedi, nuit du samedi au dimanche, et après-midi du dimanche.  J'étais libre du dimanche soir au jeudi matin. Parfois je demandais à ce que les "tours" soient plus resserrés, avec deux nuits de suite, ce qui me faisait gagner un jour.

7311a.jpg

Bref, je n'étais pas malheureux, et c'est avec une légère déception que, le 1er septembre, je fus "muté" à Orange. Un peu plus loin de chez moi (135 km), mais entre le train et le stop, il me fallait parfois moins de deux heures...

 

Sur cette photo je fête le "père Cent", date où le nombre de jours à effectuer devanient inférieurs à 100.

On notera ma sveltesse, c'est vrai que côté bouffe, j'espère qu'ils ne servent pas le même rata à leurs professionnels, car d'une part il y aura des ruptures de contrat en masse, et aussi des organismes très affaiblis.

 

Mais cette vie militaire m'aura quand même énormément marqué.

Pendant trois ans, je ne pourrai m'empêcher de marcher au pas, et de sursauter au moindre képi ou à la moindre casquette.

Quand je pense que lors de ma première permission, j'ai salué un... contrôleur SNCF !!!
Vu qu'il fallait saluer tout ce qui portait autre chose qu'un calot sur la tête, j'étais déjà bien formaté !

 

On dit que le service militaire "fabrique des Hommes". Moi je dirai "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, et les 93% qui réchappent de ce régime (oui je sais il reste 7% de pertes "autorisées") sont certes plus aptes à affronter les vicissitudes de la vie. Laquelle à côté de ce qu'ils auront vécu pendant 12 mois leur paraîtra de l'eau de rose.

Il y aussi le fameux "brassage" des jeunes gens, l'aristo du XVIème et l'agriculteur qui n'a jamais quitté son patelin. Là je répondrai que c'est comme les fruits : quand on mélange un fruit pourri à 10 autres sains, ce n'est pas le fruit pourri qui va devenir sain, mais l'inverse.

Moi j'aurai appris à boire, à boire des bières à la queue-leu-leu pour oublier où j'étais. Par chance, allergique au tabac je ne pouvais pas profiter des 10 paquets de clopes qui accompagnaient la "solde" en fin de mois.

Enfin, je trouve que priver des jeunes gens en pleine force de l'âge du sexe opposé pendant 4 semaines de suite est ni plus ni moins qu'aberrant.

Merci, Monsieur Chirac, d'avoir supprimé cette école du vice.

 

A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

15:40 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : armée

27/08/2010

Destinée

Ma fille vient de décrocher un emploi. Elles étaient 200 à postuler, il y a eu une présélection de 15, puis de 3 (non ce n'est pas Miss France), et c'est elle qui a été prise.

C'est près de Dinard, si bien que pour avoir des trajets moins longs, elle et son copain ont décidé de s'établir à Dinan.
DSCN3101.JPGCertes on a vu pire comme lieu de villégiature, et pour ma part Dinan est la ville de Bretagne que je trouve la plus magnifique.

 

L'embêtant.... c'est que nous, nous sommes à Ouhans, à quelques 900 km de là.

Et cette fois, les situations risquent d'être figées, car quand elle parle de '"s'établir" ça veut dire acheter ou faire construire. Car son mec n'est pas con. Il sait que nous, les "beaux-parents" sommes ancrés en Franche-Comté, alors que notre fille n'a pas d'attaches en Bretagne, sauf sentimentales.
Là, il voit le CDI de sa nana, et du coup saute sur l'occasion pour établir un lien définitif entre notre fille et la Bretagne, quitte à faire lui-même un trajet de 40 km. Mais la situation est sauvée.

Mais, comme on dit dans certaines émissions de télé, comment en est-on arrivés là ?


La destinée. Les grands carrefours qui s'offrent à nous, dont on doit choisir une des routes, sans savoir où elles aboutissent.

Je peux dater de 1997 le fait que ma fille soit en Bretagne.

Et de 2004 celui que nous soyions dans le haut-Doubs.

Pour ce dernier lieu j'ai expliqué pourquoi dans une note récente (la chaleur excessive de l'été 2004 au Pays Basque, les vacances dans le Haut-Doubs en septembre, la quête d'un terrain en février, l'achat de ce terrain, la construction de la maison...)


En ce qui concerne ma fille à Dinan, cela vient donc de 1997. Mars 1997.

 

L'ambiance devenait irrespirable au boulot, et - pour des raisons que je vous donnerai dans quelque temps - je posai une mutation, après 11 ans de Lozère.

1er carrefour. J'avais le choix entre Lons Le Saunier (où je suis actuellement ) Briançon, Vannes, Belfort...

Ca a été Vannes. On m'avait dit qu'il y avait peu de chances que je l'aie, car cela dépendait... du succès d'un collègue de là-bas à un concours ! Qu'il tentait en pensant n'avoir aucune chance.

Il l'a eu.

Nous sommes allés en Bretagne.

Où ma fille s'est fait des connaissances, alors que moi je vivais un calvaire pas possible.

Bref, en 2003, nous sommes mutés à Biarritz.
Notre fille suit, mais de mauvaise grâce. Car parmi les connaissances qu'elle s'était faites se trouvait un certain Max. Avec qui elle "sortait" depuis 2 ans.

L'année scolaire 2003/2004 fut pourrie à cause de ça, notre fille ne parlant que de revenir en Bretagne.

Elle décroche son bac de justesse, puis s'inscrit - en douce - à la fac de Rennes.


Mais, second carrefour, en décembre 2004, alors que je suis avec elle pour quelques jours à Paris, elle nous annonce que :

1) les études, finalement c'est pas ça.
2) la Bretagne c'est bien mais nous lui manquons.
3) c'est fini avec Max.

Donc elle nous revient au bercail, un mois à Rennes pour faire illusion à la fac, un mois avec nous.

C'est tous les trois que nous craquons pour le petit village du haut-Doubs. Surtout elle.

Mais, troisième carrefour,  en mars elle tombe amoureuse d'un Rennais. Lequel ira à Lamballe, et notre fille le suivra.

Et enfin, quatrième carrefour, elle trouve un emploi stable. Si par exemple on lui aurait proposé un CDI à Paris voire à Lyon, je ne pense pas qu'elle l'ait refusée.

Voilà pourquoi les 900 km.

En fait, tout cela a dépendu non pas de nous, mais

1) de la réussite ou non à un concours pour un collègue.

2) de sa réussite dans les études supérieures.

3) de la rencontre de son copain actuel.

4) de son futur patron ( et donc de l'échec des postulantes).


Je pourrais faire un schéma de tout ça, mais dans un blog ce n'est pas très facile.

Mais plein de combinaisons sont possibles :

- échec du collègue -> nous mutés ailleurs -> notre fille ne connaîtra donc pas la Bretagne, et risquera fort de sortir avec un Briançonnais, ou un Jurassien, un Belfortain... Et donc de s'établir là où j'aurais été muté.

- réussite du collègue, échec des études de notre fille, mais pas de nouveau copain Breton, donc des chances qu'elle nous suive un peu plus ( sans jouer les Tanguy) et qu'elle arrive par atterrir ailleurs.

- Notre fille à Lamballe mais décrochant un super job ailleurs (ce qu'au fond de moi j'espérais).


Notre pouvoir décisionnaire - tant celui de notre fille que nous ses parents - est donc très limité..
CQFD !


Heureusement bientôt il y aura le TGV Rhin-Rhône !!

 

Je vous embrasse.

18:20 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : destinée