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26/09/2011

Mon voyage en Bretagne : 1) le pire

Amis lecteurs, retenez bien ce que j'écris, car avec 38°6 de fièvre, ce qu'on écrit est beaucoup moins inhibé qu'avec une température normale. Beaucoup moins rapide aussi, car je dois revenir sur pratiquement chaque mot, que ma fièvre a fait escagasser.

Orléans le jeudi soir, ce fut bien. Je dois dire que je me suis presque réconcilié avec la ville qui m'y a vu y bosser voici près de 36 ans...

Pas de souci de route, si bien qu'on était "sur place" en Bretagne le vendredi  à 16h30.

Le soir, dîner avec notre fille. L'avant-dîner s'était presque bien passé, car j'avais eu comme idéed'offrir à ma fille des CD qui montraient son jeune âge ( 0 à 18 mois), puis sa communion 1993 où j'avais mis près de 3 heures à expurger Nathalie, et sa communion 1966 que, bien qu'en étant le caméraman, je découvrais.

Puis cela devint, hélas, comme d'habitude. Ma fille et son mec vautrés sur le canapé en regardant des chaînes TV à pleurer. Quand, par hasard, je demandais bêtement s'il n'y avait pas d'autres châines à voir, la réponse était "oui", mais la télécommande ne bougeait pas.

Le lendemain, le souci étant la balade de l'après-midi. Ma fille voulait aller à Dinan (8km), son mec et elle au Mt St Michel (50km). Mon épouse, comme à chaque fois qu'elle était chez sa fille, ne pipait mot.
Bref sans doute devant la tronche de ceux qui étaient logiquement pour elle les deux hommes de sa vie, le Mont St Michel fut décidé.

Le lendemain , les beaux-parents étaient là. Quel contraste avec l'ambiance des deux jours précédents...
On riait, on jouait, notamment à des jeux télévisés dont j'ignorais l'existence.

Un choc pour moi, qui avais toujours pensé que la présence des beaux-parents cassaient l'ambiance !
Là c'était l'inverse. Merci encore à eux....

Le lundi matin allait nous délivrer de tout ça. Entre autres des remarques douces-amères quand il s'agissait de s'essuyer les pieds venant de dehors (il y a des mémoires courtes...) Je sais que ma fille m'en veut parce qu'avaec moi elle a eu une adolecence de merde, j'espère que cela un jour s'arrangera.

Un lundi qui ira crescendo, avec deux visites, l'une somme toute amicale avec quelqu'un que nous connaissions déjà et qui aurait préféré une - ou deux belles nanas - à notre place, et celle du soir un peu surréaliste, qui alait préparer celle du jeudi, sincèrement inimaginable....

Voilà, je n'arrive plus à écrire sans trébucher 4 à 5 fois par mot, je vais donc me coucher en vous disant à demain pour la suite de mes aventures bretonnes.

Je commenterai demain mes commentatrices je n'ai plus aucune force.

Je vous embrasse.

20:45 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (3)

15/09/2011

A dans 10 jours....

Depuis 2007 c'était devenu un rite, notre "tour de Bretagne" de mi-septembre.

L'an passé, notre déménagement-surprise avait fait que ce rite s'était interrompu.

Cette fois, nous y retournons, départ tout à l'heure direction Orléans, où nous ferons étape.

Puis demain soir nous serons auprès de notre fille, jusqu'au lundi matin, où nous nous séparerons. Elle filera plein est direction Dinard là où elle travaille et nous sud-ouest - puis ouest (il est des détours obligatoires à faire...) direction Quimper et Pont l'Abbé où nous retrouverons de vieilles connaissances.

Mardi après-midi, cap sur Lorient, où nous poserons nos valises trois jours, allant visiter les nombreux cousins.

Vendredi matin nous reprendrons la route, cette fois sans s'arrêter (en 2009 nous avions fait un arrêt à Vannes, j'en avais été malade) cap sud-ouest où nous pensons arriver à Guéret en fin d'après-midi.Je tiens à montrer à mon épouse la capitale de la Creuse où j'ai passé un week-end d'enfer en 2007.

Samedi matin, retour par Lons le Saunier, où nous nous arrêterons quelque temps avant de reprendre la route du Odou, route bien connue.

Image (9).jpg

Voilà, voilou, je pense qu'il fera beau - même en Bretagne - et je vous dis à dimanche 25.

Pour seulement 4 jours, puisque jeudi nous repartons pour Paris assister à la Nuit Blanche (pour ma part j'ai "fait " toutes les éditions depuis 2004, sauf l'an passé, même raison.

Je vous embrasse.

26/05/2011

Mes rencontres avec Chamonix : 3 (1976)

 

Là aussi c'est par un hasard inouï que je vais retrouver la cité du Mont-Blanc.

Mont-Blanc que, par beau temps, je vois de la fenêtre de ma cuisine. Un tout petit bout...
J'ai regardé sur les cartes Michelin qui me servent de... tapisserie dans une pièce inoccupée, ça fait 145 km.

J'ai enfin réussi à quitter Paris, et avec ma jeune épouse nous habitons dans un HLM entre Lyon et Grenoble. Je bosse à l'aéroport de Grenoble, à 2km, 3 mn de cyclo. Car nous sommes toujours en cyclo !

Nous prenons des leçons de conduite, et finalement je l'aurai en septembre ce fichu permis, et Mireille, mon ex, ne l'aura qu'en... mai 1979, grâce à moi. Oui, grâce à moi, elle avait passé ses 5 épreuves à Voiron, toutes ratées et en 1977 ne voulait plus entendre parler de l'auto-école du village ni des leçons de conduite.
C'est moi qui, en 1978, l'inscrirai dans une autre auto-école, à 25 km de chez moi. Mise en confiance, elle l'aura alors du premier coup (enfin du 6ème) après seulement 10 leçons. C'est un peu pour ça que j'ai moyennement digéré qu'elle me plaque, 6 mois plus tard...

On n'en est pas là, on est en mai 76 et un soir, vers 21h, j'entends sonner à la porte.

C'est Jean-Yves, mon quasi-frère, avec qui depuis notre majorité j'ai eu des relations oscillant entre chaleur intense et froid glacial. Là je l'avais quitté un an auparavant sur un froid glacial, mal reçu par sa mère (ma cousine germaine) qui ne pouvait pas voir Mireille en peinture. Mireille qui ne s'était pas laissée faire et du coup nous étions tricards à Lorient. Ce sera du reste la plus longue période (avril 1975/juin 1979, 4 ans et deux mois) qui se passera sans que je m'arrête dans la ville de mes vacances d'enfant.

Jean-Yves fait son service militaire. Habitant en Bretagne, on l'a d'abord muté à Mourmelon (c'est logique), puis encore plus loin, près d'Orange ! Du coup il se retrouvait seul lors de ses permissions, et a pensé que je n'étais pas trop loin.  C'est vrai que par rapport à la Bretagne, cela n'avait rien à voir.
170 km dont une grande partie sur autoroute ou une trois voies.
Car mon Jean-Yves était motorisé ! Il avait "emprunté" la vieille 404 de son père, qui était une nouvelle fois à Tahiti avec ses frères et soeur.

Pour moi, double joie : D'abord - et surtout - de savoir que pour cette fois la période de froid est terminée (la prochaine serait 7 ans plus tard), et ensuite qu'avec une voiture nous pouvions faire des tas de choses. Comme - le plus urgent - faire des commissions lourdes, que nous ne pouvions pas effectuer avec nos cyclos.

Il viendra 2 week-ends de suite, et par chance je serai libre pendant ces week-ends. Enfin, si l'on veut car pour le premier j'aurai à faire la nuit de dimanche à lundi, et pour le second, j'aurai fait la nuit de vendredi à samedi.

Pour ce premier week-end, où il fait une chaleur à crever, d'abord l'utile : les courses !
Et c'est avec un coffre plein à rabord de lessive, boîtes de conserve, bouteilles, que nous revenons le samedi soir.
Pour le dimanche, ce sera une petite montée à Chamrousse, car comme tout habitant de la montagne veut voir la mer, tout habitant du bord de mer - surtout les sud-bretons, qui n'en ont que rarement - veulent voir la neige.

C'est le même dimanche que je lui montre en tout petit le Mont-Blanc.
"Et si on y allait la prochaine fois ?" me demande-t'il.

Il prêche un convaincu !!

Nous voilà donc partis ce samedi après-midi vers Chambéry, puis Altbertville, Megève et enfin Chamonix.
Nous sommes émerveillés. Car tout au bout de la route, de temps en temps le Géant se montrera, de plus imposant. Et quand nous quitterons Megève, le specacle sera tel que nous nous arrêterons.

A Chamonix, photo pour immortaliser la chose

7605c.jpg

Puis nous prenons la route du Tunnel du Mont-Blanc. Non, pas pour le traverser, j'avais déjà donné, mais pour s'arrêter au dernier lacet et se garer dans un parking. De là un chemin nous amenait vers le glacier des Bossons.
A cette époque, le glacier descendait jusqu'à 1200 m d'altitude environ. Et de notre point de vue, nous pouvions le voir dans toute sa splendeur.

Je dis "à cette époque", car 35 ans après, ce n'est plus du même tonneau ! Le dit glacier ne descend plus jusqu'à 1200 m mais jusqu'à 1500 ! Et à présent, sauf si on est un randonneur chevronné, on ne peut plus l'admirer. Sauf de loin....
Belle preuve du réchauffement de la planète, avec pour nous un climat qui s'approche de plus en plus du climat Québécois. Froid et neigeux l'hiver, caniculaire l'été.

Enfin j'aurai pu voir le Mont-Blanc !!!

Je vous embrasse

15/05/2011

Mes rencontres avec Chamonix : 1 (1971)

Je ne pensais pas du tout, l'année de mes 20 ans, me retrouver à Chamonix.

A vrai dire, même la veille je n'y aurais jamais songé...

L'histoire commence pourtant bien. Mon père et moi sommes en vacances en Savoie, aux Ménuires, et le temps est parfait. Nous ne nous ennuyons pas car nous disposons de moyens de locomotion.
Non, pas de voiture (mon père n'a jamais eu le permis) mais des cyclos, des "Solex flash"

solex flash.jpgCes engins, fabriqués à la fin des années 60, n'ont pas grand-chose en commun avec leurs cousins noirs, si ce n'est la fameuse "solexine" qu'il fallait à tout prix se procurer.

Sinon, la transmission était assurée par arbre à cardan, la vitesse pouvait atteindre (débridé) 60 km/h, les freins étaient à disque et il y avait un "variateur de vitesse" qui répartissait la force du moteur selon le pourcentage de la côte.

Un jour mon père me parla d'une excursion. Il s'agirait de rejoindre l'Italie en passant par le col du Petit St Bernard (2200m); lequel servirait de "juge de paix". Si nous ne pouvions pas monter le dénivelé de 1300 m entre Bourg St Maurice et ce col, nous ferions tout bonnement demi-tour.

Départ des Menuires vers 10 h (nous n'étions pas matinaux), et belle descente de 1600m vers Moûtiers.
Puis, du semi-plat pendant 27 km jusqu'à Bourg St Maurice où l'on s'offre un bon resto, et ensuite la montée. 31 km de grimpette pour arriver là-haut. Soit du 4.2 % de moyenne, ce que nos montures avalent sans broncher.
Une photo immortalisera l'exploit !
7107c.jpg

Pour la première fois de ma vie, j'entrai en Italie.
Et le premier village rencontré avait des consonances bien françaises : "La Thuile".

Mais la cuisine et l'ambiance était typiquement italiennes, et pour une bouchée de pain, nous fîmes étape dans cette auberge appelée "Albergo Nazionale".

Le lendemain, enhardis par l'exploit de la veille, considérant que l'on n'était qu'à 42 km d'Aoste (ville Italienne qui n'a rien à voir avec le jambon du même nom, fabriqué à Aoste près de Chambéry) et que ma foi, rien ne pressait et que l'on pouvait tenter le coup.

La route descendait moyennement pendant quelques kilomètres, puis la pente devenait nettement plus raide sur 5 km. C'était le moment d'essayer nos fameux freins à disque !
Sans le savoir, nous étions tombés dans une nasse...

En bas de la vallée, une bonne moyenne de 40 km/h nous mena pour l'heure du déjeuner à Aoste, grâce à une route toute neuve, jonchée de tunnels. Ah que je n'aimais pas ça les tunnels...

Nous quittons Aoste vers 16h, en sens inverse. Mais était prévu un petit crochet vers Courmayeur, au pied du Mont-Blanc. Crochet de 10 km.
Là, nous trouvons tous les hôtels complets, et c'est dans un **** que nous dormirons ! Le budget des vacances sera sérieusement écorné cette nuit-là...

Le lendemain, départ vers le col du Petit St Bernard.
Mais.... les solex ne voulaient rien savoir devant la pente de plus de 10% que nous avions dévalé avec insouciance à l'aller.
Trois solutions s'offraient à nous :
- Monter à pied en poussant les machines sur les 5 fameux kilomètres
- Repasser un autre col, mais en regardant la carte, nous ne voyions que des cols à forte pente.
- Prendre le train en mettant les solex dessus, en passant par Turin, le tunnel du Mont-Cenis et Modane où nous reprendrions nos montures.

Mon père avait une autre idée...

Retour vers Courmayeur, où il commeçait à pleuvoir, puis, il continuait la route !!! Route qui pour moi était en cul-de sac puisque elle menait au Tunnel du Mont-Blanc.

Nous arrivons à l'entrée du fameux tunnel, et je vois le paternel, qui parlait assez couramment l'Italien, parlementer avec un mec du péage. Il désignait nos engins et disait "motocicletta francese, si !!!"
Puis je le vis faire une démonstration avec une pointe à 60 km/h.
Le gars dit "va bene", et donna deux bouts de papier à mon père.

Les bouts de papier, que j'ai gardés, étaient... des tickets pour franchir le Tunnel du Mont-Blanc ! Rien que ça...
Mon père était devenu fou. Et moi inconscient car j'ignorais ce que ça pouvait représenter...

Et nous voilà partis.
Le bruit était dantesque, un camion était audible à plusieurs kilomètres. En plus l'éclairage était faiblard, et un trottoir attendait le moindre faux pas que nous ferions.
Mon père m'avait dit qu'il avait graissé la patte au péagier pour qu'il attende deux minutes avant de lâcher un camion. Deux minutes, s'il faisait du 70 et nous du 50, ça nous laissait une petite marge.

Donc, ne pas quitter des yeux le rétroviseur, voir si mon père était toujours derrière moi, et voir également si un camion se rapprochait.

Le début fut "facile". L'aiguille rivée sur 50, je voyais défiler les panneaux, énormes à l'époque : KM 11, KM 10, KM 9...
Puis ça commença à aller moins bien. J'étais obligé de ralentir de temps en temps pour laisser se rapprocher mon père, et les kilomètres paraissaient une éternité. KM 8, KM 7, KM 6.... Tout ça encore!  Et le pire c'est que je voyais se rapprocher derrière un camion... Je calculais qu'il serait sur nous d'ici peu, à moins d'un miracle.
Lequel se produisit.

A un moment donné, je vois le panneau FRANCE et la route commencer à descendre. Cette fois nous étions à près de 70, et la distance avec le bahut restait stable.
Mais je commençais à m'asphyxier grave... Et machinalement j'appuyais à fond sur l'accélérateur. Je pense être arrivé à 85 quand je sors du tunnel côté français, devant des douaniers médusés. Je fais encore quelques centaines de mètres, et je m'arrête, pour reprendre mes esprits et attendre mon père.

J'avais été tellement crispé que j'avais cassé mon guidon...

Ds policiers arrivèrent, et nous demandèrent nos papiers.
"La traversée du tunnel est interdite en cyclomoteur...
Mon père était trop dans le coltard pour répondre, c'est moi qui le fit.
"Ce ne sont pas des cyclomoteurs, mais des prototypes. Aptes à 60 km/h.
- Je ne vous crois pas.
- Regardez notre heure d'entrée dans le tunnel, et vous verrez.

Nous avions mis un peu moins de 13 minutes....
Le flic revient à la charge.
"Attendez là.

Et moi, pas dans mon état normal, je commence à détaler sur la descente. Mon père me suit. Délit de fuite ! Au bout de quelques 500m, après un virage, un sentier nous tend les bras. Nous quittons alors la route, et nos engageons dans le sentier, tandis que je vois les flics, sirènes hurlantes, passer en trombe pour nous pourchasser.
Nous resterons une bonne demie-heure dans ce sentier, avant de tenter notre chance sur la grande route.
Il pleuvait des cordes, et c'est sans doute ce qui nous avait sauvés. Les flics n'avaient pas insisté.

Premier contact avec Chamonix, où j'essaierai vainement de faire réparer mon guidon. Trop de travail pour les garagistes.
Il faudra aller jusqu'à Sallanches, 28 km après, pour que l'on me fasse une soudure au gaz, le temps de me faire dépanner plus "sérieusement".

Du coup, le Mont Blanc, je ne l'ai même pas vu...!

Je vous embrasse

12:21 Publié dans moi, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2)

14/05/2011

De retour

Première "fin de vacances de retraité".

C'est un sentiment étrange.

J'ai connu des rentrées déchirantes, notamment lors de mes "Noëls magiques", ces vacances de fin d'année que je passais chez mes cousins de Bretagne. Chaque jour était rempli, je n'en perdais pas une miette, je savais que ces 13 jours-là m'étaient dévolus pour gommer les 352 autres.
Dans le train du retour il m'arrivait de verser ma larme, surtout à l'approche de la capitale. Une chance pour moi, l'arrivée par Montparnasse se faisait par des paysages assez jolis et vallonnés, pas comme l'arrivée par la gare d'Austerlitz, où le béton succédait directement aux champs de blé.

J'ai connu en revanche des rentrées de joie. Notamment en avril/mai 1993, où j'étais sur les mêmes lieux que lors de mes vacances magiques (Lorient) mais où me manquait l'être aimé. Déjà 24h sans elle c'était dur, je vous raconte pas deux semaines...

Mais là ?

Oui, j'étais à Chamonix. Oui j'avais devant moi des paysages de rêve. Voici ce que je voyais de mon balcon :

DSCN7486.JPG

Mais contrairement aux fois que je citais, il y a eu peu de contraste entre ces "vacances" et ce qui les entouraient. Quand j'allais en Bretagne, je quittais un monde gris, puant, avec des heures de classe interminables et éprouvantes, ponctuées des disputes incessantes entre mes parents, pour arriver dans une ville alors pimpante, joliment parée pour les fêtes, avec la mer en toile de fond, tout cela au milieu de mes cousins, de la joie de vivre qu'il y avait dans la famille qui m'accueillait.

Là je quittais mon village, ma belle maison, où je pouvais faire de belles balades, écouter de la musique et surfer sur la Toile, pour arriver dans un endroit certes unique au monde, que la planète nous envie, mais qui, finalement, au bout de 48 heures s'est révélé... ennuyeux !

Non je ne fais pas le difficile. Simplement, il faut le savoir (ce qui expliquait sans doute le tarif sans concurrence du gîte) en mai, tout, mais absolument tout est fermé là-bas. Le train, que la propriétaire nous vantait "en bas de sa porte", fermé, soi-disant pour travaux
Le tramway du Mont-Blanc, serpentant de St Gervais jusqu'à mi-hauteur du Mont-Blanc, fermé.
Le téléphérique de l'aiguille du Midi, fermé aussi.
Idem pour accéder au glacier des Bossons, lequel a reculé de près de 500 m par rapport à la première fois que je l'ai vu, le télécabine était en travaux.
La mer de Glace (ou plutôt ce qu'il en reste) était certes approchable en train, mais pas plus. Fermé aussi.
Le téléphérique du Brévent, closed également.

En fait, ne restait que les balades à pied dans les quelques endroits emménagés, ou la bagnole.

Si bien que dès le mardi, si certes je n'éprouvais pas de hâte à rentrer comme en 1993, je ne peux pas dire que j'aurais été déçu si j'avais dû rentrer dans la minute...

Bref, bien content de retrouver - même sous la pluie - mon village, les paysages du Haut-Doubs peut-être moins majestueux, mais qui ont aussi leur charme, mon chat, mes voisins, mon chez-moi, vous....

Je me suis aperçu que finalement, j'ai connu Chamonix par 3 fois dans ma jeunesse, en 1971, 1974, 1976, dans des conditions particulières que bien entendu je vous narrerai.

je vous embrasse.

19:21 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (5)

07/05/2011

Une semaine de vacances

Météo France, MétéoCiel, la chaîne Météo, enfin bref toutes les boîtes qui s'occupent de nos nuages sont d'accord : la semaine qui s'annonce sera estivale.

Nous avions pris une option (annulable) sur une chalet à Chamonix, je pense que l'on ne va pas l'annuler bien au contraire.
Ma chère et tendre et moi avons besoin de repos, aussi bizarre que cela puisse paraître pour des retraités !

Car durant le mois d'avril nous n'avons pas chômé : élaboration d'une terrasse autour de la maison, puis nous avons décidé de transformer le toit sud de la maison en centrale électrique.

Chère et Tendre est actuellement sur les nerfs, ne dort pas (moi je fais chambre à part deux nuits sur 3), et donc, ça nous fera du bien d'aller là-bas, d'autant que par la Suisse ça ne fait que 180 km !

Départ tout à l'heure vers 13h30 pour une arrivée à 15h30/16h, je vous dis à samedi prochain, et je vous embrasse.

PS Johnny sera là dimanche, par le biais de la programmation.

11:42 Publié dans moi, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

15/04/2011

Mon voyage au Québec (1989) jours 6 et 7

Dimanche 29 octobre.  A 8 h du mat, il fait déjà très doux. Et après avoir retrouvé notre petit déj à 1.99 (je n'y ai presque pas touché, ce qui signifie que je me suis quasiment "recalé") nous nous rendons à la gare routière "Voyageur", et c'est là que je me rends compte que les Américains - ceux du nord au moins - n'ont pas la même culture que nous de ce côté là.  Cette gare routière nous fait l'effet d'une aérogare. Un monde fou, une quantité incroyable de bus partant dans toutes les directions. A présent je comprends mieux l'impression désertique que nous avait donné la gare Centrale...
Chaque siège est équipé d'une mini-télévision !!!

PLATTSBURGH 10 h 00 Voie G, nous y allons.
Le car (ils disent "bus" pour car, le contraire des Bretons) est là, un de ces engins des années 50/60 que l'on voit dans les films ricains de série B. Dans les fameuses scènes où le héros - où l'héroïne - monte dans le fameux car, sans un sou en poche, pour conquérir la Grande Ville.  Nous c'est pas loin finalement, car, tout de même... nous allons aux Etats-Unis ! Rien qu'en l'écrivant, ça me fait frissonner...

Départ à l'heure. Je vous épargnerai le descriptif de la sortie de Montréal, la banlieue sud, tout ça... Tout ce que je peux dire c'est que nous avons le coeur battant. Quand là-bas ils sauront ça...

Des gosses, on est de vrais gosses, trépignant de patience en attendant l'arrivée. Je me revois, à 10 ans, dans les derniers kilomètres, ouvrant la vitre de la micheline le plus bas possible, et passant la tête dehors pour bien me pénétrer de cette sensation, d'arriver en vacances, après 10 mois de grisaille infernale.

11h, ça y est, je vois des barrières, des guérites, c'est les States !!! Tout le monde doit descendre. C'est qu'on n'entre pas aux USA comme ça, et je suppose que le car de Montréal doit apporter son lot de clandestins ! Nous sortons fièrement notre passeport tout neuf et le tendons à un policier, rigoureusement du même modèle que ceux des séries télé, brdé d'insignes et de pistolets. Il nous toise d'un regard méprisant, et bougonne un truc de ce genre :

"Pépeurs, yore pésspo't and yore vaïza, pliz...
- euh...

Je lui tends nos passeports.

Le mec commence à monter le ton, il hurle quasiment:

"ZATITSSPASSPO'T, AYEWOONTVAIIIZAAAAA !!! "

Et là, devant nos regards apeurés, un autre flic arrive, et nous fait entrer dans une salle. Je vois la photo de Bush, un drapeau US, ça y est, on y est !! Le flic est nettement plus sympa et s'explique en français, assez correct.

"Il vous faut un visa pour entrer.
- mais je pensais que c'était supprimé pour les Français !!
- Oui, si vous arrivez directement. Mais là, vous êtes considérés comme Canadiens !

Devant nos mines déconfites, il commence à nous proposer un marché :

"Vous pouvez obtenir un visa temporaire, ça ne coûte que 50 pièces.
50 dollars US. Chacun, bien sûr."

Je calcule mentalement, ça nous ferait 100 dollars soit 450 balles de l'époque. Environ le prix de 20 nuits d'hôtel. Je regarde ma femme, et lui demande ce qu'elle en pense. Et là, furieuse, elle me lance.

"tu ne crois pas que je vais payer pour aller dans ce pays de voleurs ?"

Houlala... Je ne sais pas s'ils ont bien saisi le sens du mot "voleur", mais à ce moment précis je vois que tous les flics se retournent vers nous. Impassibles et mâchant du chewing-gum. Nooon ! ce n'est pas un cliché, moi-même j'ai presque souri en les voyant, je ne raconte pas de salades pour faire joli.

Bon, ceci dit, je connais ma femme, elle est du genre - elle le fera 7 ans plus tard - à déchirer un PV dans un commissariat de police, et j'ai un peu la trouille de ses réactions. D'autant qu'un collègue m'a parlé des méthodes employées par les "cow-boys" US, ce ne sont pas spécialement des tendres. Alors, déjà écoeuré par ces méthodes, et aussi finalement plus trop décidé à pénétrer plus avant dans le territoire de l'Oncle Sam, je décline la proposition.

Alors le flic se lève et fait un signe. Et le car s'en va... Tandis que nous voyons arriver celui en sens inverse, qui revient à Montréal.  Bon, je me dis que nous aurons toujours franchi la fameuse frontière, même pour quelques minutes.

Je me lève, afin de me diriger vers le car, mais brutalement un autre flic me remet sur la chaise. "DONTTTMOUV !!!" 
Mais heu... et le car ???  Le flic sympa nous explique qu'il y a des "formalités" et que nous devons nous rendre... au bureau de l'immigration Canadien !! En attendant je vais aux WC, où je constate que les indications sont portées en deux langues. Non, la seconde n'est pas celle à laquelle logiquement on pourrait s'attendre à la frontière d'un pays francophone, c'est... l'espagnol !!! "SENORAS" et "CABALLEROS"...
On voit à quel point on est aimés là-bas ;-)

Au bureau d'immigration, on nous fait poireauter une bonne demie-heure, pendant laquelle ma femme ronge son frein. Finalement on est reçus, et le préposé nous explique que depuis que Bush a supprimé les visas obligatoires pour les français, nous sommes environ une bonne dizaine par semaine à nous faire piéger comme ça. Pour ceux qui se rendent à Boston, ou New-York, pas de problème, ils n'hésitent pas à verser les "50 pièces", mais les "banlieusards d'un jour" comme nous préfèrent renoncer.

C'est ainsi que sur notre passeport est inscrit la mention "Immigré canadien" !!!!

Ca ne s'invente pas.

Le car de Montréal est bien entendu parti, et nous demandons à quelle heure est le suivant.
18h !
Et Il n'est même pas 13 heures... Et je ne nous vois pas attendre ici pendant 5 heures, mais alors pas du tout.  On va commencer par manger un morceau, ça sera ça de pris. Un resto est en face, style celui de Bagdad café, il ne manque plus que la dame à la poitrine opulente...

On se décide à faire du stop. Mais, peu de voitures s'arrêtent, ce qui est logique à côté d'une frontière. Moi-même, je le confesse, s'il m'arrive deprendre pas mal de stoppeurs et stoppeuses, jamais quand je reviens de Suisse, pas avant Pontarlier en tout cas.

C'est un camion, tel qu'on peut en voir dans les magazines spécialisés, qui enfin s'arrête. Le chauffeur n'est pas "ricain", il est québécois, et du coup la conversation est plus facile. Il transporte du fuel, ce qui l'autorise à rouler le dimanche. Il n'y a pas de place pour trois, alors... j'ai trois solutions : soit je laisse ma femme et j'essaie de me débrouiller tout seul. Soit je décline l'offre. Soit je consens à voyager sur le moteur chauffé à blanc !!!
Ce sera la réponse C. Et c'est quasiment accroupi que je ferai les 60 bornes ! Enfin 55 car dès que j'aperçevrai une station de métro, je lui dirai de nous déposer.

Il aura été ravi de discuter avec des maudits français, et grâce à lui je saurai le pourquoi de cette expression et du Je me souviens écrit sur les plaques d'immatriculation. 
Ils étaient fiers d'être Français, au XVIIème siècle, de très exactement "La nouvelle France" et ils n'ont guère apprécié le Traité de Paris de 1763 où la France devait choisir entre les Antilles et le Québec. Elle a choisi les Antilles, pour de sordides histoires économiques. Pour eux, c'est clair, on les a laissés tomber, mais... ils se souviennent de leurs racines !

A peine descendu (environ 1m50) je prends son camion en photo. Dès que je mets la main dessus, promis, je l'expose dans la note. Il fait chaud, et je me mets carrément en T-shirt.

Nous finissons l'après-midi à Montréal, toujours en t-shirt, et, passant devant un des innombrables thermomètres de la ville, je regarde, ébahi : 25 degrés !!!

Vous ne me croyez pas ? J'en étais sûr. C'est pour ça que j'ai demandé à mon épouse de me prendre en photo, afin d'immortaliser cet instant :

8910e.jpg

Et c'est sous une chaleur étouffante que nous nous rendons à l'hôtel (enfin , si on peut appeler ça comme ça !) 
Quand nous retrouvons notre "placard", ma femme s'aperçoit que son pyjama a disparu. Là elle voit rouge ! Déjà payer un tel prix pour une telle "prestation", mais si en plus ils piquent des trucs, là ça va plus. Crevé des évènements de la journée, et par la chaleur inhabituelle (encore 24 sur mon thermo à fil) je reste à l'attendre.

J'entends des cris dans l'escalier. Ma femme et une dame qui s'engueulent. Apparemment c'est la patronne de l'hôtel. C'est bien une française, le Routard avait dit vrai. La seule chose de vraie au sujet de l'hotel, mais vraie quand même. Ma femme tient le pyjama, très très retréci ! Il avait été pris dans les draps à laver, et s'est fait laver avec, à 90 degrés. Même avec le change, le pyjama n'a pas apprécié !

Lundi 30 . "Demain Halloween", c'est écrit sur toutes les vitrines. Mais nous n'y serons pas, du moins... on espère, car nous devons récupérer être absolument en Normandie le 1er à midi, les beaux-parents donnent un déjeuner kilométrique, et ça ne se rate sous aucun prétexte, sous peine de représailles.
Déjeuner kilométrique ? Vous ne connaissez pas ? C'est quand on se met à table à midi, devant un apéro déjà interminable, le hors d'oeuvre étant servi vers 13h, le plat de résistance à 14, la salade à 16, le fromage à 17 et le dessert à 18 heures.  Juste avant ... de manger les restes à 19 h !!!

Mais si, ça se fait dans beaucoup de familles ! Surtout en Normandie...

A propos de repas, mon estomac est désormais bien "calé" sur l'heure canadienne, je prends plus désormais qu'une tasse de café le matin. Et si vous allez au Québec, évitez le "café régulier"...

En attendant, nous devons nous inscrire sur une liste en vue de prendre l'avion de 20h30 ce soir.

Travaillant dans le milieu aéronautique, je sais qu'il est nettement plus facile de revenir à cette période-là. Logiquement, nous devrions "passer" sans problème. Mais... l'hôtesse d'Air France - avec un "accent français" auquel je n'étais plus habitué nous dit que l'avion est complet, cause congrès de médecins à Paris. "Essayez tout de même", nous dit-elle, pas très convaincue.

Là je commence à baliser sec. Bon, déjà, une "solution de repli" s'impose. C'est à dire une chambre d'hôtel. Car si jamais on n'a pas l'avion, le bus ne pourra pas nous ramener à Montréal avant 21h30, et ce n'est pas l'heure idéale pour chercher - et pour trouver - une chambre.

Chance ! On ne met même pas une heure pour trouver une petite chambre sympa, que l'on visite quand même. 25 dollars, tout le confort. Dommage qu'on ne l'ait pas connue plus tôt... On paye la chambre d'avance, et direction la gare routière pour déposer nos valises à la consigne. La température est du même tonneau que la veille, les 25 seront encore dépassés.

Vu la chaleur, nous décidonc d'aller vers l'extérieur. Vers les rapides de Lachine, qui sont paraît-il une curiosité. Métro jusqu'au bout de la ligne, puis un bus nous dépose à 500 m des fameux rapides. 

Effectivement un grondement se fait entendre, qui s'amplifie au fur et à mesure que nous approchons. Le spectacle est grandiose. La "chute" du St Laurent n'est pas très spectaculaire, quelques mètres, mais sur une largeur de plus d'un kilomètre, ça vaut le coup d"oeil .

Ensuite, c'est le dernier repas dans le Belle Province, que l'on prend copieux car le soir, le repas à bord sera servi assez tard.  Quelques achats dont un sac de voyage bleu (que je possède toujours ! Il en a vu de belles choses, celui-là), récupération des bagages à la gare routière où, à 16h30, nous montons dans la navette pour l'aéroport. Les fameuses "trois heures avant", toujours...

17h30, tremblant comme des jeunes mariés, nous nous pointons devant le comptoir Air France avec nos billets à tarif défiant toute concurrence.  Surprise, est affiché un second vol pour Paris, d'Air Canada. Toujours à cause du "congrès"... Nous tendons nos billets à l'hôtesse. Nous nous attendons à la phrase rituelle, que tout "GP" connaît par coeur : "attendez que tous les passagers soient enregistrés, nous verrons s'il reste des places".

Mais non ! Elle prend nos billets, comme si nous étions des passagers "plein pot", et nous tend le fameux sésame, la carte d'embarquement !!!

Là, nous prend une douce euphorie, qui compense la peine que nous avons de quitter ce pays si attachant. Nous avions ( si j'ose dire dans un aéroport ) tant la trouille de ne pas rentrer  "à temps"...

20h30. Nous décollons. Au-revoir la Belle-Province !

Et je suis content d'avoir payé mon assurance-santé pour rien, ma femme n'a pas fait de crise.
Mais sa mine dans l'avion ne laisse guère de doute :

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Elle attendra sagement d'être à Paris, et le soir, après avoir passé une nuit blanche (nous étions calés sur l'heure de là-bas) elle s'effondrera sur un trottoir près de la gare Montparnasse.

Ce sera la plus grosse crise que je la verrai faire, et de celle-là, après 48 heures d'hôpital (pas plus, à Paris les places sont chères, du reste son lit est resté dans un couloir...) elle gardera des séquelles pendant près d'un mois...

Dommage que ça se soit fini de cette manière :(

Je vous embrasse.

13/04/2011

Mon voyage au Québec (1989) jours 4 et 5

Vendredi 27. Cette fois, on a fait de nets progrès, ce n'est qu'à 6 heures du matin que nous sortons du lit. Soit 13h en France. Toujours l'animateur de télé qui nous parle des "accords du lac meech", accords qui ont l'air très importants là-bas. On commence à prendre nos habitudes, direction le café au petit-déj si copieux et pas très dispendieux... A ce sujet cet accent nous énerve nettement moins. Et (ça m'arrive systématiquement, je ne sais pas pourquoi, va falloir que je consulte !) je commence moi-même à parler de la même manière. Tenez, là, en ce moment, quand je tape, je pense avec l'accent québécois !!! Si ! Et ça m'aide pour retrouver mes souvenirs.

Rassasiés nous sortons vers les 8 heures, et nous nous demandons comment aller à Québec (300 km)  Nous avons le choix entre le car - c'est le moyen de transport préféré des canadiens - et le train. Le car n'est pas cher mais aléatoire. Le trajet peut durer entre 3 heures et ...7 heures s'il y a des encombrements. Et puis, faut aimer ce genre de moyen de transport. Ma femme et moi adorons les trains, du coup on se renseigne à la gare.

Pas si cher que ça, pas si "lent" que ça (comme le mentionnait le Routard) à peine 3h pour la totalité du parcours avec un seul arrêt. 
Banco ! Le train est prévu pour 11 heures, arrivée 14 heures, et nous descendons sur le quai ad hoc. Déjà, nous avions été surpris par l'absence de foule dans la gare elle-même (moins chargée qu'une aérogare de province) mais quand nous montons dans le wagon - où nous attend un accompagnateur, comme dans les sleepings, nous constatons que nous sommes les seuls voyageurs !

Grosse surprise aussi quand on viendra nous apporter du café. A la question "combien on vous doit ?" la réponse sera : mais c'est compris dans le billet monsieur...  Et quand ce sera deux solides sandwiches pour chacun, plus de nouveau du café, au même "tarif", alors on va littéralement glorifier la SNCF de là-bas (qui se nomme VIA-RAIL) ! Le sourire de mon épouse n'est pas forcé...

 

Un seul arrêt, Drummondsville, où personne ne descend et personne ne monte.  Et, au bout d'un voyage de 3h20 (le train n'en finissait pas d'accompir les derniers kilomètres) très confortable, et ... nourrissant, nous voici à la gare de Québec. Toute neuve !!! La "gare du palais" était désaffectée depuis des années (ce qui peut expliquer le peu d'entrain des Québécois à prendre le chemin de fer, l'autre gare étant carrément excentrée) vient juste de réouvrir. Du reste, notre Routard de l'année ne la mentionne même pas !

Problème, la nouvelle gare du Palais, si elle est assez près du Québec Intra Muros, est située dans la "ville basse". Ce qui veut dire qu'il va falloir grimper ! Pas le moindre bus à l'horizon, et nous nous décidons à prendre nos deux lourdes valises (ne pas oublier que nous n'avons pas de port d'attache) direction le centre-ville. Le premier hôtel pas trop cher fera l'affaire. Nous sommes même prêts à aller jusqu'à 30 dollars la chambre (soit, pour l'époque, l'équivalent d'un *** en France) .

La "côte du palais" mérite bien son nom ! Et c'est, malgré les 10 petits degrés ambiants, en sueur que nous pénétrons dans le Centre Ville. Les hôtels sont tous complets. On va marcher comme ça une bonne demie-heure avant de trouver une chambre chez l'habitant. Chez l'habitante, car c'est une dame d'un certain âge - enfin, celui que j'ai à présent ! - qui nous reçoit. Il ne reste plus qu'une seule et unique chambre, et , nous dit-elle, c'est à cause d'un désistement ! Il y a un congrès à Québec et toutes les chambres sont prises d'assaut. En plus, elle ne pourra nous loger que pour une nuit. Le tout pour 45 dollars. Bien entendu, et malgré qu'on air largement dépassé le "budget-hébergement" de la journée, on accepte, bien contents d'avoir trouvé un toit, et vite, direction la douche...

Une nuit, ça veut dire seulement 24 heures à Québec. A moins de trouver un point de chute pour le lendemain.  Et c'est ainsi qu'une bonne partie de ce qui reste de l'après-midi sera consacrée à la recherche d'une chambre, qu'on ne trouvera évidemment pas.

C'est seulement en sortant de l' "hôtel" qu'on réalise. Québec ne nous dépayse pas !!! Autant l'arrivée à Montréal avait été écrasante, étouffante, autant ici on se croit dans une ville moyenne de Bretagne ou de Normandie ! Rues tortueuses, maisons de granit à deux étages... C'est seulement le gigantesque Hôtel Frontenac avec son toit vert qui nous fait prendre conscience qu'on est "de l'autre côté" !

En bas, le funiculaire nous dépose sur une petite place qui pourrait très bien se trouver à Vannes ou à Laval. Des vieilles maisons, très bien conservées, et j'apprends - je ne le savais pas - que ces maisons sont les toutes premières construites en Amérique du Nord.  Celle par où l'on sort à été construite sous... Louis XIV ! Elle date de 1683, soit à la même époque que le château de Versailles...

Mon épouse veut traverser le St Laurent, par le fameux traversier de Lévis. Mais mon Routard, que j'écoute religieusement (malgré son plantage magistral sur la gare) me dit qu'il faut le faire le matin, à cause de la position du soleil. En plus ça commence à cailler sec, et aussi la fatigue se fait sentir.

Comme la veille, elle nous tombe brusquement dessus avec le crépuscule. On décide alors de téléphoner à nos parents respectifs. Pour ça tout "naturellement" (je rappelle qu'on est en 1989) nous entrons dans un bureau de Poste, où nous faisons la queue sagement derrière cette fameuse petite ligne jaune déjà repérée dans pas mal d'endroits, à commencer par l'aéroport. A présent, cette ligne jaune qui simplifie les files d'attente est entrée dans les moeurs, mais il y a 22 ans, on se demandait bien ce que pouvait être ce truc-là ! 
Quand notre tour arrive, nous demandons benoîtement à téléphoner. Regard médusé de la postière, qui nous explique qu'au Québec, la poste et le téléphone, ce sont deux choses bien différentes ! Et que pour téléphoner, il faut passer par les cabines. Là encore, les jeunes qui vont lire ce passage vont se demander pourquoi on voulait passer par la poste pour téléphoner ! Drôle d'idée...

Les cabines téléphoniques... Là ça vaudrait une note entière pour en parler ! D'abord... les cabines ne fonctionnent pas à carte (alors qu'en 89 la moitié des cabines françaises étaient déjà équipées) mais avec des pièces... de 20 cents (l'équivalent de 15 centimes d'euro actuels) ! Le système n'est pas du tout le même qu'en France, où (je le rappelle) on mettait un certain nombre de pièces, lesquelles étaient avalées progressivement, durant la conversation.  Au Québec ce n'était pas du tout comme ça que ça marchait. C'était une opératrice qui donnait le montant à verser dans la machine (qui n'accepte que les pièces de 20 cents je le rappelle) pour une durée fixée à 3 minutes.

Alors nous nous mettons en quête de ces fameuses pièces, nous doutant bien qu'il en faudrait une bonne quantité pour une appel intercontinental. Nous savons (là encore la jeune génération, qui peut à l'aide de ces fameuses cartes prépayées appeler les USA d'une cabine pour 1 centime d'euros la minute va hurler en lisant ce chiffre) que de France, appeler le Québec coûte dans les 10 balles/minute. 10 balles de l'époque, soit environ 2.20 euros... Quand même. Donc 10 x 3 = 30 balles, soit à peu près 9 dollars (ah oui, j'avais oublié de préciser que c'était l'époque où le dollar canadien était au plus bas) . 9 dollars ça fait donc 45 pièces de 20 cents à trouver !!!

On finit par les trouver, mais là nous hésitons. Il est 19h, soit une heure du matin en France. J'avais bien averti mes parents qu'on risquait de les appeler à une heure "peu habituelle", mais une heure du mat, quand même ! D'un autre côté cela fait trois jours que nous n'avons pas donné signe de vie. Alors on y va, lestés de nos 50 pièces - on a prévu une "marge" au cas où...

- Bonsoir, c'est pour appeler la France. Le Gard.
- Oui, donne-moi le numéro
(ce tutoiement, à chaque fois il me fait sursauter)... OK.. alors ça fait 28 pièces pour trois minutes ! (on se regarde, beaucoup moins cher qu'on pensait)
- Allo, bonsoir maman...
- C'est toi, on se faisait du souci !

Et je continue à parler avec ma mère, un oeil sur le chrono. En fait, pas besoin ! Toutes les 30 secondes, la voix de l'opératrice nous avertit : "Plus que 2 minutes 30... Plus que deux minutes"... Ma mère finit par me demander qui est la dame à l'accent étrange qui nous interrompt comme ça.
- "Etrange ? Ben dis voir on aura tout entendu... 1 minute 40 en attendant, dépêche-toi !"
Je sens à la voix paniquée de ma mère qu'elle ne comprend rien à ce qui se passe, tandis que ma femme et moi nous nous tordons de rire ! Je rassure quand même ma pauvre maman, lui disant que tout est OK, et qu'on s'éclate comme des fous. Et qu'ils le disent aux parents de mon épouse (on n'a pas l'intention de recommencer cette équipée !) .
- Terminé, mets 28 pièces si tu veux continuer..." Ma parole, on se croirait dans le sketch d'Yves Montand et Simone Signoret ! Elle l'a vu, c'est pas possible... "Non, c'est bon... Je t'embrasse maman".

Là, on prend une méga claque ! On vient de rompre cette ambiance dans laquelle nous étions baignés depuis 48 heures. Une parenthèse française qui va peu à peu s'estomper. Le Québec va vite nous récupérer". Un resto propose du caribou en sauce à 5 dollars, on se laisse vite tenter !  Il est 8 heures du soir locales, peu à peu nous refaisons notre "décalage"... On est bien, Tintin !

La météo nous gâte, il est prévu carrément 16 degrés pour le lendemain, et même 18 à Montréal. Les québécois commencent à parler de l'été des indiens, (et non pas de l'été indien connu grâce à Dassin) . Un petit vent frisquet nous fait vite rejoindre nos pénates, dodo à 22h. Bien entendu on n'aura pas besoin de berceuse...

 

Samedi 28. Encore en progrès, c'est à 8 heures que nous émergeons. Je pense avec effroi qu'il est deux heures de l'après-midi chez nous, on va rigoler pour se "recaler". Un ami qui avait fait le voyage nous a prévenus, bien dit que c'était redoutable. 3 jours pour s'y faire dans un sens, une bonne semaine dans l'autre. Vu qu'il a raison pour la première partie de sa prédiction, on tremble un peu...

Nous avons choisi la solution risquée pour le programme de cette journée. Afin de profiter le plus possible de Québec, nous prendrons le train de 15h qui nous fait arriver à 18h à Montréal. et là, nous chercherons une chambre. C'est la nuit du samedi au dimanche, ça ne doit logiquement pas poser problème. Nous essayerons de la garder deux ou trois nuits, afin de ne pas être encombrés pas ces fichus bagages. Notre logeuse est compréhensive et consent à nous garder les valises jusqu'à 14h. Sympa !

Et donc, comme on a dit, le traversier de Lévis. Effectivement, c'est là que je regrette de ne pas avoir pas voulu prendre mon appareil avec zoom. Pour m'alléger, j'ai acheté des jetables, j'ai eu tort. De plus les photos ont été très mal tirées et le résultat très décevant... Nous avons le soleil dans le dos, qui donne à Québec émergeant du brouillard un aspect irréel.



De toutes façons, même au bout de 4 jours, je continue à considérer comme "irréel" le fait qu'on soit en Amérique. Ma femme, au contraire, ne réalise pas ! Vu qu'on parle français, on est en France, ou pas très loin ! Elle est complètement paniquée dans une ville comme Bâle, à quelques minutes à pied de la Mère Patrie - normal tout est écrit en "étranger" - mais là, no problem!

Donc, la traversée du St Laurent, dans les deux sens, est bien évidemment magnifique. Je me dis même que c'est la meilleure façon d'aborder Québec, en arrivant par Lévis, et en prenant le bateau, la ville se laissant découvrir peu à peu. Pendant le trajet, je "cogite" pour le lendemain. J'ai toujours mes USA en tête, je me dis que c'est vraiment trop bête de se trouver à 60 km du pays le plus prestigieux du monde, et ne pas y faire une petite incursion ! Bien évidemment, il n'est pas question d'aller à New York (650 km quand même) même pas à Boston (350) mais tout simplement à la première ville que l'on trouvera, à savoir Plattsburgh. 20 km après la frontière, cette ville de 30.000 habitants nous donnera une idée de l'ambiance des USA. Donc, à voir, se renseigner sur les trains en direction de cette ville.

De retour, nous nous engageons "hors les murs", dans un immense parc dénommé le parc des champs de bataille. Bof... pas terrible. Nous regagnons vite les remparts pour passer le temps qui nous reste avant le déjeuner dans la ville haute.

Puis, resto, les valises qui nous attendent, le train avec une nouvelle fois la collation, nous sommes dans la gare centrale de Montréal à 18h pile. Cette fois le train était .. en avance !

Priorité à l'hôtel ! Là pas question de se trimbaler avec les valises dans une recherche hypothétique, c'est par téléphone que je ferai. Et pour ça mon fameux guide ! Que j'arrête de nommer car on va croire à une pub clandestine (alors que je ne suis pas spécialement tendre avec eux !) .

Je trouve tout de suite. L'établissement s'appelle "hôtel Alpes Touriste", ça fleure bon le pays natal de ma fille... 35 dollars la chambre, mais avec salle de bains et WC ! Après tout, on n'est pas au Canada tous les jours...

Salle de bains et WC. Oui, on ne peut pas nier que la chambre en soit dépourvue. Mais, là on quitte Yves Montand pour Patrick Timsit : la chambre elle-même (je l'ai mesurée) ne dépasse pas 5 mètres carrés de surface, la salle de bains est en fait une douche - sans lavabo - de 60 cm sur 60, quand aux WC, lilliputiens eux aussi, ils ont le privilège... de se situer à 50 centimètres de la tête de lit, et je précise qu'il n'y a pas de porte !!!
Si je dois prendre en compte la surface, je paye le prix du Hilton ! Canada oblige la télé est quand même là, mais accrochée au mur, comme je le verrai un mois plus tard dans un hôtel révolutionnaire qui commence à apparaître en France : le Formule 1.

Nous quittons vite ce "bouge", pour nous diriger vers la gare routière (car pas de ligne de chemin de fer pour Plattsburgh) afin de regarder les horaires. Un départ à 10 heures, arrivée midi nous convient très bien, et le retour (in petto je me dis que si on trouve un hôtel pas trop cher là bas, on y reste dormir) est à 17 heures, arrivée 19h.  On prends les billets - toujours ça de fait - et on se balade un peu dans Montréal. Etonnante sentation que nous avons : il fait chaud !

Mon thermomètre à fil me le confirmera, 21 degrés.

A 10 heures du soir.     Un 28 octobre.       Et au Canada !

Le bulletin météorologique parle d'ailleurs de "situation exceptionnelle", prévoit 23 degrés pour le lendemain dimanche, et n"hésite pas à évoquer les 25 pour la veille d'Halloween.

Le pire, c'est qu'il aura raison !

(à suivre)

12/04/2011

Mon voyage au Québec (1989) jours 1 à 3

En octobre, cela fera 22 ans que ma femme et moi sommes allés passer quelques jours au Québec. 

Profitant de billets d'avion à prix imbattables, un des rares avantages de mon ex-entreprise, nous avons donc traversé pour la première fois l'Océan pour nous rendre aux Amériques.

Départ prévu à Roissy le mardi 24 octobre 1989. L'avion est à 12h30, avec en poche des "billets GP" (tarif spécial pour ceux qui de près ou de loin travaillent pour l'aéronautique - à ce propos, mon métier, c'était... météorologue à Météo-France - et avec une bonne vingtaine de "collègues" dans notre cas nous attendons - depuis trois heures - que les derniers passagers aient pris place, afin de "boucher les trous". 

Pour la première fois donc - ce ne sera pas la dernière - nous assistons au "cérémonial ", une sorte de distribution des prix, sauf que ne sont pas des livres qu'on reçoit, mais des cartes d'embarquement. Nettement plus utile dans un aéroport !   Hélas... nous ne ferons pas partie de la fournée, et dépités, nous regagnons la capitale. Il fait beau, il fait chaud - 25 degrés - et ma foi, on se dit que demain est un autre jour et qu'on tentera de nouveau notre chance. Mais... qu'il ne faudra pas rater, car à cette époque reculée il n'y a pas encore d'avion quotidien pour la Belle Province !

Mercredi 25, l'anniversaire (36 ans) de mon épouse, et nous sommes de nouveau devant le comptoir, à neuf heures du mat. Nous nous sommes cette fois levés à 6 heures, et nous espérons bien que ce ne sera pas pour rien... Bingo ! C'est bon.. Super cadeau d'anniversaire pour ma femme, un baptême de l'air à bord d'un 747 elle ne pouvait rêver mieux comme présent. Quand à moi, c'est la première fois que je grimpe à bord d'un "jumbo", prélude au gigantisme américain qui nous attend. 

A peine avons- nous eu le temps de nous installer, que l'hôtesse nous annonce "nous sommes en ce moment en train de survoler Amiens, et nous nous dirigeons vers l'Angleterre, puis l 'Islande." Détour imposé par les vents en altitude, qui évite de consommer trop de carburant.  De l'Angleterre en fait nous ne verrons que des cumulus...

Nous c'est le plateau-repas qu'on regarde ! Du **** !!! , langouste, foie gras, sanglier sauce grand veneur... Avec champagne s'il vous plaît !  Ensuite...petite sieste ! Et quand je me réveille, plus de nuage, c'est l'Océan qui défile en-dessous. C'est beau, l'Atlantique vu à 10.000 mètres d'altitude.  Mais... au bout de deux heures, je dois quand même dire que c'est un peu lassant.

Soudain, à ces deux heures de vert - l'océan apparaît de cette couleur vu de là-haut - va succéder... une heure de blanc ! Mais pas le blanc Anglais, cette fois, c'est ...Le Groenland !  Après l'émerveillement ce blanc non-stop finit aussi par nous lasser. Mais on finit également par en sortir et après un court moment de vert, on arrive au-dessus du Labrador enneigé. Ca y est, nous sommes enfin au Canada, en Amérique... Mais loin d'être arrivés ! Et sur l'écran face à nous, qui montre - génial ça - la position de l'avion sur une carte de l'hémisphère Nord, nous conctatons bien en effet qu'il nous reste une certaine quantité de "nautiques" ( 1km862 ) à parcourir ! Pour être exact, 1500 kilomètres quand même, soit ce qui sépare Rome de Brest!!! 

L'avion entame finalement sa descente, et la neige qui dominait largement jusque là,  est devenue nettement minoritaire, on distingue nettement plus de marron que de blanc. Et c'est l'arrivée à l'aéroport de Mirabel.  Mirabel... ce nom "bien de chez nous" est rassurant, après 8 heures d'avion. Car la fatigue aidant j'ai pleinement (un peu trop peut-être) conscience que je suis EN AMERIQUE et d'entendre parler français, même pas prononcé de la même façon, oui, ça réconforte quand même...

Hélas... L'aéroport de Mirabel n'a rien à voir avec Orly ou Roissy, aéroports pleins de vie où grouille toute une population cosmopolite. Je n'ai pas eu l'honneur de visiter celui de Moscou pendant la guerre froide, mais l'aéroport de Montréal de 89 me fait réellement cet effet. Déjà on nous avait fait signer des drôles de papiers avant l'atterrissage, du style "je certifie que je ne transporte pas de drogue ni de bombe" . Authentique... Puis nos passeports tout neufs sont épluchés, et c'est avec presque un regret que le préposé y laisse son empreinte... Il est 20h30 à ma montre, mais l'horloge que je vois dans le hall affiche 14h30.

Un car-express, qui mérite bien son nom, nous transporte style "taxi 2 "dans la cité de Charlebois. Des autoroutes, des échangeurs, et enfin nous stoppons (pardon, nous nous arrêtons) dans une rue sombre entourée de gratte-ciel. Il fait froid, quelques plaques de neige en attestent. Nous sommes fatigués, dépaysés, et ne savons pas où aller. Bien sûr, nous avons notre Routard, mais va chercher une adresse dans une ville de deux millions d'habitants... Il nous indique une adresse, que nous n'arrivons pas à trouver. Finalement nous nous engouffrons dans le premier hôtel venu, tellement nous avons hâte de déposer nos bagages.

"C'est 25 piastres la nuit"... nous dit avec cet accent "spécial" le tenancier du premier hôtel correct que nous finissons par trouver. Cet accent que nous trouvions si "typique" en descendant de l'avion, devient peu à peu agaçant, voire... inquiétant. Il nous montre bien que si, tout est bien écrit en français, nous sommes loin, très loin de la mère patrie. Passe pour les gratte-ciel, à la Défense on a presque les mêmes. Mais les voitures, déjà... on se croirait dans Dallas ! En dehors de la plaque minéralogique où est inscrit systématiquement, en dessous du numéro : Je me souviens. Les immeubles aussi sont là pour nous rappeler qu'on est bien en Amérique.  Chacun a son petit escalier extérieur de secours, et pour accéder à la porte, il faut passer par le petit pont typique US.   Pas de panneaux STOP mais ... des panneaux ARRET. De temps en temps on entend des sirènes stridentes qui nous font penser que nous sommes en plein film US. Ou sont nos petits PIN-PON PIN-PON parisiens ?? Et puis, toujours ce décalage (le mot est juste !) entre ce que je lis sur ma montre (23h) et le jour, toujours là bien que décliant sérieusement...  Notre estomac s'en fiche du soleil canadien, lui il crie famine ! Mais on ne va quand même pas s'installer dans un resto à même pas 6 heures du soir ?

Et bien si !  Et c'est là que je découvre l'un des avantages non négligeables du Québec, c'est qu'on peut y manger à n'importe quelle heure ! Et grâce à ce système, nos estomacs "décalés" vont pouvoir, se recaler peu à peu... jusqu'au moment de repartir ! 

Je l'avoue honnêtement : quand, à 18 heures (locales) , crevés par les 8 heures d'avion, frigorifiés avec les trois petits degrés que nous annonce le thermomètre clignotant d'une pharmacie, dépaysés par cette ville et surtout cet accent que l'on commence à présent à prendre en grippe, nous errons - c'est bien le mot - dans la rue Sainte Catherine à la recherche d'un restaurant, on nous proposerait immédiatement le billet de retour que nous accepterions sans la moindre hésitation!  Réaction typique de petits français frileux que nous étions, ceux qui n'ont vu de l' Italie que San Remo, de l'Espagne que San Sebastian, et de l'Allemagne que Fribourg en Brisgau !

L'air "enthousiaste" de ma femme en atteste !
Mais la suite va vite nous démontrer le contraire. On aurait eu vraiment tort de le prendre ce billet de retour. Ca commence quand je pousse la porte du premier resto que j'aperçois, qui affiche un menu à 3.95 (*). Tous les menus sont à 3.95 là-bas !!  "on peut manger ? - mais bien sûr, assieds-TOI " !  Tout de suite ce tutoiement me réchauffe. Le patron et la patronne sont fiers de servir des maudits français. En plus la nourriture ne se révèle pas si redoutable que les guides nous l'avaient fait appréhender.  A côté de chaque table se trouvent des mini-juke boxes comme on en voyait énormément dans les années 60. Et là j'entends passer un certain Rock (sic) Voisine. Seul dans le sable, les yeux dans l'eau... mon rêve était trop beau. Je ne vais pas jouer les découvreurs, j'avais déjà entendu cette mélodie en France. C'est du reste notre pays qui découvrira Roch Voisine, et c'est grâce à la France qu'il accomplira - chez lui notamment - la carrière que l'on sait.  Mais dans ce contexte,  SON contexte à lui, à la chanson, celle-ci me paraît nettement plus belle. Et du coup je la repasse 4 fois ! Le patron est enthousiasmé : "Et ben, suis contin k' t'apprécie notre "hockeyeur chintin"... T' vas voir, y va faire du malheur..."

Et c'est là que je réalise. Je ne suis pas en train de regarder un téléfilm, j'y suis. J'y suis enfin, depuis le temps que j'en rêvais, et... je suis finalement heureux d'y être ! Sans savoir que les jours à venir seront inoubliables...


Première nuit à Montréal. On se couche comme les poules, vers les 21 heures. Nos montres - que nous avons toujours laissées à l'heure de Paris - marquent quand à elles 3 heures du mat !  On s'endort comme des masses, et - il fallait s'y attendre - l'horloge biologique se rappelle à notre bon souvenir. C'est à 9h30 que je m'éveille, après avoir fait le tour du cadran, , et, comme dans les dessins animés, je ne réalise pas tout de suite. Oui, je suis dans une chambre d'hôtel, oui elle est assez bizarre (surtout les fenêtres) mais... il fait nuit noire !  En un éclair je reviens sur Terre. 9h30 à ma montre mais 3h30 où je me trouve...
à Montréal !

Alors je vais allumer la petite télé noir et blanc en attendant que ma femme se réveille je la laisse dormir car je sais que la fatigue peut engendrer une crise d'épilepsie. Nous sommes bardés d'assurances médicales mais j'aimerais que le souvenir qu'elle ait du Québec ne soit pas uniquement celui d'une chambre d'hôpital...
Et aussi...que les commerces ouvrent leur portes.
Vers les 6h - de là-bas - , on sort de l'hôtel dans le but de se payer un méga petit déjeuner. D' habitude je ne prends jamais de petit déj, seule une tasse de café me suffit, et encore ! Mais là mon estomac ne badine pas avec ces choses-là, on ne lui la fait pas, pour lui est midi, point-barre !

Et on aura un bol monstre. Car on va trouver un établissement qui deviendra notre quartier général, un resto qui sert des collations copieuses pour presque rien (1 dollar 99*).  Et, sous l'oeil effaré de mon épouse, j'engloutis petits beurrés, bacon, oeufs à la coque, café, jus d'orange ! Puis, enfin rassasiés, on sort.

Il fait beau en ce jeudi 26, la météo locale prévoit 10 degrés sur Montréal, ce qui n'est pas si mal pour cette période d'Halloween. Nous prenons le métro, histoire de nous tremper dans l'atmosphère Montréalaise. Je ne me sens pas dépaysé, car c'est à la station... Champ de Mars que nous nous engouffrons sous terre ! Pas de Tour Eiffel à l'horizon mais des gratte-ciel, dont un... fumant ! Je me suis toujours demandé pourquoi de la vapeur se dégageait du haut de cette Tour ! 

Tout de suite quelque chose va nous frapper : la mendicité. Et surtout la façon de demander l'aumône. Les mendiants sont insistants (je parle de 1989, les choses ont peut-être changé depuis) et à la limite de l'agressivité. Ce qui tranchera étonnamment avec le sentiment de sécurité que l'on aura en se baladant dans la ville (à l'exception de Chinatown, que notre hôtelier nous a expressément conseillé d'éviter la nuit). Nous descendons quelques stations plus loin, et vu le froid - s'il est prévu 10 degrés l'après-midi, à 8 heures et demie on est nettement plus près du zéro - nous décidons de pénétrer dans le fameuse "ville souterraine".   En bon Parisien (bien qu'habitant la Lozère à ce moment-là) je me dis que bof, ça doit être un truc style Forum des Halles.

Tu parles... Pour établir une comparaison, la ville souterraine est au forum parisien ce que le dit forum est à la galerie marchande du Champion de La Cluse et Mijoux ! 1700 boutiques, 200 restaurants... Même Le Colombo,  à Lisbonne, qui est impressionnant de gigantisme, fait pâle figure à côté de cette ville souterraine, où l'on peut parcourir en ligne droite plusieurs kilomètres. C'est d'ailleurs génial, on y entre d'un côté, on ressort par un autre, et là on est complètement perdu. Pour les parisiens, un exemple : Vous entreriez disons au Louvre, et vous ressortiriez à La République ou à la Place d'Italie !!!
J'adore cette sensation, se sentir perdu alors qu'on sait qu'en fait on ne craint strictement rien.


 Sur la photo, juste en sortant de la ville souterraine, ça fait drôle de se retrouver écrasé par les gratte-ciel ! 

Un mot revient, partout, dans tous les magasins: HALLOWEEN. Nous voyons des citrouilles et des sorcières un peu partout ! Nous apprendrons qu'il s'agit d'une coutume américaine..

Un peu lassés de cette agitation (Montréal est une ville très bruyante) nous décidons de nous rendre sur le fameux Mont-Royal. En passant nous sommes surpris par certains commerces. Sur la façade d'un café, écrit en grand : CHIENS CHAUDS, SOUS-MARINS. Tous ceux à qui j'ai raconté cette anecdote m'ont dit " faut quand même pas pousser ", et c'est pour ça que je l'ai pris en photo ! Pas moyen de mettre la main dessus, mais dès que je la retrouve, promis je l'exhibe ! Egalement une pharmacie, mais... en libre-service ! On prend son petit chariot, et on peut y déposer tous les médicaments qui se trouvent exposés en rayon  ! Ainsi pour l'aspirine, il y a le choix, et on n'est pas obligé de demander, comme chez nous "c'est combien la boîte ? " se faisant passer aux yeux du pharmacien pour un pingre qui est regardant pour sa santé !

Il est 13 heures, un petit resto sympa nous tend les bras, avec, bien évidemment le fameux menu à 3.95 ! Pour nous, pas de décalage, c'est l'heure du dîner... Là encore rien à dire que la qualité de la nourriture, mais en demandant l'addition, nous faisons une gaffe. Pour ne pas s'encombrer de liquide, nous avons décidé de payer tout ce que nous pouvons par carte bleue. Nous donnons donc notre carte à la serveuse, qui fait marcher son "fer à repasser", et là j'appose ma signature.  Pour moi, tout ce qu'il y a d'habituel. Et je vois la serveuse qui nous fusille du regard !  Les Québécois ne sont pas des hypocrites, et quand ils ont des choses à dire, ils le disent. " ben dis voir, tu oublies pas le pourboire par hasard ? "
Toujours ce "tu" qui me ravit, même prononcé en colère. Qui me rappelle qu'au fond, sur cette Planète, on est tous des cousins...
J'ignorais - dès lors je le saurai - que le pourboire était plus ou moins obigatoire là-bas. Et que, sur la facturette CB, il y avait une colonne réservée à cet effet ! Figure le montant de l'addition, puis en dessous la case "tipp/pourboire" où l'on inscrit la somme que l'on veut, et c'est au client de faire son addition et de signer. Ne le sachant pas, j'avais signé directement !

Et nous partons à l'assaut des pentes du Mont Royal. Cette fois, j'ai mis ma montre à l'heure Canadienne, ma femme préférant garder la "sienne" ! Le parc en lui-même ne paye pas de mine, c'est un parc style Buttes-Chaumont, à la différence près... que les écureuils y abondent ! Et non seulement ils abondent, mais viennent de temps en temps nous taquiner gentiment ! Ma femme, qui assimile tout rongeur à un rat commence vite à paniquer, et se met à courir en criant ! Tandis que moi, rigolard, je prends la photo qui s'impose (mais qui ne donnera rien, trop sombre !) ...

Au bout de quand même une bonne demie-heure de marche, nous arrivons à une terrasse qui livre un panorama exceptionnel de Montréal et des alentours.

montréal.jpg

Le jour décline, on le voit, et nous aussi. 16h et quelques là-bas, 22 et quelque en France, cependant on sent que notre horloge interne a de la bonne volonté, et commence à s'adapter. On ne "ressent pas" 22h, mais que la nuit ne soit pas tombée nous semble quand même bizarre. 

Pour le soir, on fera un effort, et on s'attablera à 19h . Nous n'avons pas faim, ni l'un ni l'autre. Alors on grignote, tout en parlant déjà de ce que l'on compte faire le lendemain. Les prévisions météo sont bonnes, l'anticyclone s'installe et il est prévu 14 degrés à Montréal, 11 à Québec.

Québec  ! Cette ville fait partie de nos "étapes" prévues canadiennes. Ainsi qu'une petite virée aux USA, qui ne sont qu'à 60 km... cela nous sera possible grâce à une nouvelle loi US, qui vient juste de permettre aux Français de pénétrer sur leur territoire sans visa.  Québec, les States, aurons-nous le temps de tout faire avant le 1er novembre, où nous devons impérativement être de retour ?  D 'autant que l'on a perdu une journée ! Bon, les Etats-Unis, après tout c'est de l'exotisme, mais Québec c'est à voir. Donc il est décidé que nous partirions le lendemain matin, et que nous y passerions deux nuits. Ensuite, qui vivra verra...

Et c'est à 22h locales que nous franchissons la porte de notre hôtel, très fatigués mais la tête remplie d'une foule de choses...

(*) 3.95 dollars canadiens = 12 francs de l'époque. Soit 2.65 euros actuels. Pas cher pour un repas...
1.99 , ça fait la moitié donc 1.35 euro....
Quand à l'hôtel, 25 "piastres" ou dollars canadiens, ça fait l'équivalement de 80 francs de 1989 .
Donc un peu plus cher - toujours à l'époque - que nos hôtels français.
Lesquels se sont bien rattrapés depuis !

Je vous embrasse.

 

11/03/2011

Mon épouse enfin raisonnable :)

Alors que j'étais prêt à céder à la laisser conduire sur de petits parcours, malgré l'interdiction tacite de la neurologue, de l'embarras du médecin traitant, et le fait que nos voisines l'aient formellement déconseillé (elles ne tiennent pas à la ramasser dans sa voiture comme ce fut le cas mi-août), d'elle-même mon épouse a décidé de ne plus conduire.

Et m'a demandé de mettre en vente sa voiture sur Internet.

Me voici soulagé d'un poids, et du coup je lui ai annoncé que nous partions une semaine, au printemps prochain à Chamonix.
Chamonix qui n'est qu'à deux heures de route de chez nous.

Ceci grâce à un site que je vous recommande particulièrement

http://www.travelzoo.com/fr/

Sans ce site, nous ne pourrions nous permettre de partir en vacances dans des endroits de rêve.
Grâce à lui, nous avons pu voler de Lyon vers Malte pour le prix d'un trajet SNCF Lyon-Marseille !

Et au, notre séjour nous reviendra nettement moins cher qu'une semaine au Formule 1...

Voici la salle à manger du chalet

 

cham.jpg

 

Vous dire que nous y passerons une semaine de rêve.

Je vous embrasse.

18:54 Publié dans beaux moments, psy, Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chamonix