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11/12/2010

un bonjour de Bretagne

Un bonjour de chez ma fille.

Le voyage s'est bien passé, avec la combinaison voiture + TGV + métro + TGV + autocar + voiture. Départ dela maison à 9h10, arrivée chez ma fille à 18h15.

Sinon, je ne pourrai pas, d'ici, répondre à vos commentaires.

Car bonjour la discrétion...

Le Pc de ma fille est relié à la télé, une télé de 104 cm, et ce que j'écris s'affiche en grand écran au milieu de la pièce !!!

Donc, je préfère m'abstenir jusqu'à vendredi prochain. A moins que je trouve d'ici là un cyber plus discret!

Je vous embrasse

12:37 Publié dans moi, Voyage | Lien permanent | Commentaires (3)

06/11/2010

Lons la belle

Mes allées et venues font que je redécouvre la ville où j'ai pourtant passé 4 ans.

Au tout début, alors qu'on cherchait à se loger à Lons Le Saunier, je penchais non pas pour un appartement, mais pour une petite maison de ville avec jardinet de l'autre côté.
Avantages : une maison, donc l'indépendance, le côté jardinet  et surtout... habiter le centre-ville. VILLE étant du reste un peu exagéré, pas de circulation infernale dans ce centre-là, ni de problèmes de stationnement.

Et puis, j'ai fini par céder à Madame : une "vraie" maison, avec quelques mètres carrés de pelouse, dans un lotissement à... 2 km du centre en question.
En contrebas une route communale qui, par la grâce d'un bon goudronnage est devenue une excellente déviation pour la nationale. Environ 2000 voitures par heure, et pas mal de camions!

Au début, on a essayé de faire un peu de marche à pied. Mais on s'est vite aperçus que sans une "approche" en voiture, c'était plus pénible qu'autre chose. Et surtout dangereux car pas de trottoirs !

Et du coup on est restés chez nous, mises à part quelques sorties (3 en tout sur 3 ans et demie) et on n'a pas vu Lons évoluer.

Pour mon épouse, ce qu'elle voyait de la ville c'était la rocade à 4 voies qui la menait à Géant ou à Inter.
Et pour moi, la même rocade plus quelques feux tricolores.
Au tout début, j'ai bien essayé, au sortir du taf à 17h, de me balader dans la ville. Mais je me suis fait prestement rappeler à l'ordre par ma chère et tendre, qui soupçonnait là quelque rendez-vous galant...

Et pourtant, tout de suite nous sommes tombés amoureux de cette ville. C'était il y a pile 25 ans. A l'époque je savais que le centre des Hautes-Alpes était condamné, aussi regardai-je où nous pourrions poser nos sacs. Mais hélas, Lons était inaccessible, et le restera. Y compris en 1997 où je pensais pouvoir enfin décrocher la timbale.

J'y viendrai souvent en vacances. Mais l'été seulement. Chez un ami/collègue qui n'habitait pas le centre-ville.

La seule fois où mon épouse et moi aurions pu nous rendre compte de l'ambiance de Lons le Saunier, c'était quand nous cherchions à nous loger, fin 2006.
Mais on était le 31 décembre et depuis 16 heures, tout était fermé ou presque, et le restera durant notre séjour. Lugubre, pour tout dire, et le réveillon se fera... dans une pizzéria !


C'est donc à présent que je n'y habite plus (même si j'y travaille encore) que non pas je découvre, mais je redécouvre Lons le Saunier. Suivant mon programme électoral de mars 2008 (je m'étais présenté aux municipales... oui !) une grande partie des ruelles a été piétonnisée. Le plan de circulation "en entonnoir" que vitupérait l'automobiliste que j'ai été, fait que finalement le centre se trouve à l'écart de toute circulation. Et que dans le calme on peut y trouver une certaine paix, jusqu'à 23h, heure où - comme partout - les loubards des cités viennent fiche leur bordel.

Ainsi je redécouvre cette splendide Rue du Commerce toute en arcades, également les rues adjacentes, avec leurs "traboules" comme à Lyon la voisine. C'est à dire que d'une rue on peut passer à une autre à travers des cours, voire des escaliers.

Le parc des Thermes, dont je m'aperçois tardivement qu'il possède deux petits ruisseaux !
Les petits chemins près de mon lieu de travail tracés au milieu des anciennes vignes...

Hier j'ai découvert au centre-ville un "resto à pâtes" ou, tenez-vous bien, vous pouvez faire un repas complet (avec boisson et dessert, dont des petits fours) pour même pas 6 euros !!
J'y retourne tout à l'heure...

Et puis cette ambiance, cette ambiance dite "provinciale" que seuls les anciens parisiens peuvent apprécier, goûter.

Depuis 12 ans j'habite certes une maison (Séné, Biarritz, Boucau, Lons, Ouhans) mais pour la majorité d'entre elles situées en banlieue. Banlieue de Vannes pour Séné, donc voiture indispensable après les heures des bus. Banlieue de Bayonne à Boucau, même chose. Et idem pour la dernière maison, les confins de Lons le Saunier.

Il n'y qu'à Biarritz (2003) où j'ai pu goûter aux charmes de la ville.

Là, j'habite Ouhans, dans le Odou, dans un petit village où il y a de la vie. C'est un village, avec des maisons du XVème siècle, avec une âme et un passé.
Pas de ces banlieues qui sont considérées comme "cambrousse" par les citadins, et comme "faubourg" par les vrais ruraux. A Ouhans, tout est authentique, et de mon balcon je vois de vraies vaches, et non pas l'usine de la Vache qui rit, longée au hasard des courses.

Je vous embrasse.

21/10/2010

Dernière note avant le Bas Débit :(

De retour, hyper-crevé.

Demain, nouveau lever de bonne heure because déménagement.

Sinon, Malte c'était super. Mais il fallait "forcer le destin" pour y arriver.
Je m'explique. La note qui a eu ici le plus de commentaires fut "destinée".

J'y expliquais, en gros, que l'avenir ne nous appartient pas, que les grandes lignes de notre vie étaient déjà tracées, et que si on pouvait agir, c'était sur des choses "secondaires".

Par exemple, mon séjour Maltais.
J'avais tout prévu depuis des mois et des mois, train à 15h20, avion 9h55 le lendemain, retour 10h30 à Lyon, train 15h58 Lons le Saunier.

Tout prévu.... sauf la grève des trains !!!
Alors, si je m'étais contenté de me faire balloter par les évènements, comme le pensent certains qui n'ont pas compris ma théorie, j'aurais dit "bon, pas la peine d'insister, on reste là".

Mais je me suis accordé une chance supplémentaire. A savoir prendre la voiture pour aller à Lyon. La garer à l'hôtel, puis prendre l'avion.
Je téléphone à l'hôtel le mercredi soir, je tombe sur une centrale de réservation qui me dit que le parking est complet. Aïe... Ca se précise !

Mais le lendemain, jour du départ, c'est sur un employé de l'hôtel que je tombe, lequel me dit que oui, il y a des places.

Départ donc pour Lyon.
Puis envol comme prévu pour Malte.

Là où j'aurais pu me dire que "je ne devais pas y aller", c'était tout simplement si le vol avait été purement et simplement annulé. Là effectivement je n'aurais pas insisté, "c'était écrit" que je devais rester dans l'Hexagone pendant cette semaine de vacances.

Donc, mon séjour, en images, pour cette dernière note ADSL :

 

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Personnellement, j'aime bien la troisième, les matelas de plage à baldaquin !


Je vous embrasse.

 

Greetings from Malta

C est bien la que je suis alle en vacances. Scuse me for ponctuation but using QWERTY clavier !

The big bordel comme la conduite a gauche pour un pieton !

La j attends non pas Madeleine mais mon vol qui va passer par le chemin des ecoliers : Toulouse et Lyon ou j arriverai vers 10h30, ce me fera environ 13h30 - 14h chez moi, ou je vous ferai une note plus longue et ou je repondrai a tous vos commentaires. Tout ce aue je peux dire c est que ce sejour a calme Madame!

D autant que la saga ne s arrete pas la, je n atteindrai le fond du trou qu en fevrier 2003. De nombreuses notes en perspective.....

A cet apres midi , dernier jour avec ADSL avant un bon moment.

Je vous embrasse

05:36 Publié dans actualité, moi, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : malte

13/10/2010

Vacances !

Je pars tout à l'heure pour Lyon, où je coucherai, avant de prendre l'avion demain.

En voiture, because grève SNCF.


Où vais-je ?

Ceux qui me connaissent le savent, ma destination d'octobre favorite.

Pour les autres, un indice :

Supposons que je parte de Paris en avion.
Je survolerai alors Auxerre, Bourg en Bresse, Chambéry, Briançon.

Et quand je serai à Briançon, je n'aurai fait que le tiers du parcours !!

A vos cartes...

 

Je vous embrasse, à jeudi prochain (si j'ai encore internet)

14:04 Publié dans Loisirs, Voyage | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : malte

19/09/2010

Finalement on s'habitue (1985/1991)

C'est le titre d'une chanson de Guichard, mais le sens des paroles n'est pas du tout le même.

Peu à peu le calme reviendra, ponctué de crises de plus en plus espacées.

Nous quittons Embrun en 1987, sachant que ce centre est condamné à fermer. Et c'est en Lozère, à Mende, que nous atterrirons.

Ville qui a besoin qu'on gratte un peu pour se donner entièrement. J'en connais des comme ça... Le touriste pressé qui traversera Mende un guide à la main n'aura rien vu de ses secrets, comme par exemple certaines cours intérieures ou des escaliers monumentaux. Sans parler des toits, il faut lever les yeux quand on se balade dans Mende ! Voire dans certains cas les baisser

6595113.jpgne serait-ce que pour accéder à ceci, les eaux souterraines se faufilant parmi les vieilles maisons.

Pendant 5 ans, à chaque fois que j'irai au boulot (à pied) je me dirai "mais qu'est-ce que tu as comme chance d'habiter un endroit pareil" !

La montagne et le midi, tout ça réuni. La Montagne parce que Mende se situe à 750m d'altitude. On le sent bien l'hiver !

Le Midi parce que Mende est plus au sud que Montélimar.

 

Je ne mettrai pas longtemps à me retrouver derrière les platines, d'abord dans une locale, Mende-Radio, puis carrément sur Nostalgie-Lozère où j'animerai une émission intitulée "la nostalgie des auditeurs".

Je me ferai aussi des amis, surtout un qui sera en plus mon collègue de boulot. Je serai témoin à son mariage en 1990.

Le boulot, pépère. On n'est que trois (plus le chef) et grâce à un savant saucissonnage des heures, on arriver à bosser 5 jours par semaine, tout en commençant à 6h15 !
En 1989 je passerai un concours, l'équivalent de celui de directeur d'école, et je serai 4ème.
Cela aura un effet immédiait sur la paye....

Notre fille a trouvé une école, une petite école située à quelques centaines de mètres de chez nous.

8703.JPGOn la voit ci-dessous faire sa première rentrée, en mars 1987.
Elle n'a même pas deux ans et demie, mais semble ravie de l'expérience !

Nous habitons dans un superbe duplex, que nous louons pour une bouchée de pain (l'équivalent de 400 euros actuels), avec une superbe vue sur les montagnes toutes proches.

Oh, certes beaucoup moins spectaculaires que celles des Hautes-Alpes, mais aussi plus accessibles.

Tiens, pour répondre à Cri-Cri sur son com du 17, il m'arrivait souvent de grimper en haut de ladite montagne (1045 m) par un chemin de croix, et de redescendre par la route. Route que les cyclistes connaissent bien sous le nom de "montée Jalabert"...

Deux points noirs ont jalonné ces 5 années 87/91 : d'abord ma santé, une anémie causée par des hémorragies anales, qui me verra passer 8 jours à l'hôpital pour me faire transfuser. Mais une fois l'anémie passée on s'attaquera au vif du sujet, c'est à dire...mon anus. 
A présent je peux le dire, à tous ceux qui l'envisagent, que ce soit vraiment une question de vie ou de mort. Car cela fait horriblement mal, et pendant des mois et des mois.

Et aussi, comme je l'avais dit, l'éviction de mes parents par ma chère et tendre, qui se sont retrouvés dehors sous la neige le jour de Noël qui ont dû prendre un taxi pour revenir chez eux.
C'est ce jour-là que je me suis dit que tôt ou tard, je me séparerais de on épouse. Mais avant cela, il faudra la fin des crises, et surtout l'accord de ma fille. C'était du long terme, l'horizon 2000 environ.

Mais on n'en était pas encore là. Néanmoins je cessai tout contact charnel avec elle. Pas si difficile finalement à supporter pour un homme, pour peu qu'il ait de bonnes revues à sa disposition !

Sinon, un truc qui apparemment ne m'avait pas trop marqué : le passage à la télé en juin 1991. Tous les midis je regardais sur la 5 "que le meilleur gagne", et je me surprenais à répondre à toutes les questions. "si tu es si malin, inscris-toi" me dit aimablement mon épouse, persuadée que je ferai un bide devant les caméras. Or c'est le contraire, les caméras me stimulent !.
Je m'inscris donc et me retrouve avec 199 autres personnes dans un immense studio à Paris.
Je me hisse sans trop de peine dans les 10. Puis avec encore moins de peine dans les deux finalistes. Et c'est moi qui - en me fichant tant que je pouvais de Nagui au passage - répondrai au plus de questions....

Bref, en ce mois de décembre 1991, mon ami-collègue est muté pour Toulouse. Et à partir de janvier, ma collègue Christine et moi allons en baver...

Mais c'est une autre histoire !

13/09/2010

Twist SNCF

J'ai voulu, tout à l'heure, réserver un billet de train de Rennes à Paris pour le 13 décembre.
Sachant que les offres "prem's" sont proposées 3 mois avant le jour du voyage, et qu'en général, ces tarifs ne durent guère plus de quelques heures.

Ainsi, vendredi, j'ai pu réserver mon aller pour le 10 décembre. Il ne restait plus que quelques places..

Aujourd'hui, fort logiquement, je demande l'horaire de retour.

Aucun train ne circule au-delà de l'horaire du trajet aller que vous avez indiqué. Veuillez modifier l'heure de votre trajet aller pour afficher plus de propositions.

Bon. Si j'ai bien compris, une grève serait prévue le 13/12 et on me l'aurait caché ???

Plus sérieusement, j'ai alors composé le fameux "3635". Du boulot, car je n'ai nullement l'intention de surpayer pour réserver un billet. 0.34 centimes la minute, faut pas déconner !

Je n'ai pas été déçu.

Je suis tombé sur une machine, qui ne me disait pas de taper un ou de taper 2 enfin taper quoi que ce soit, mais de dire mon souhait à haute et intelligible voix !

"si vous voulez acheter un billet, dites "BILLET".

Oui, c'est ça, je vais dire "billet" à mon téléphone devant mes collègues ahuris, il y en a qui se sont retrouvés à Ste Anne pour moins que ça !

"si vous voulez connaître l'évolution du trafic, dites "TRAFIC"
"si vous voulez connaître des horaires, dites "HORAIRES".

Hé, ho.... c'est quoi ce bintz ? Moi je veux juste parler à quelqu'un pour acheter un billet Rennes-Paris le 13 décembre ! Comme on pouvait le faire il n'y a pas si longtemps, et gratuitement en plus.

"je n'ai rien entendu....
Je répète les propositions.

Si vous voulez acheter un billet "dites" BILLET.

Arggghhhh !

"je suis extremement désolée mais je n'ai toujours rien entendu... je répète pour la dernière fois...

Et si on ne répond pas il se passe quoi ? On saute ? La préposée se suicide ?

"Manifestement, il n'a pas été possible de dialoguer. J'en suis fort désolée, et je vous passe un conseiller".

Au bout de 3 minutes et 10 secondes, soit quand même 1,36 euro , j'obtiens ce que je voulais depuis le début...!

Oui je sais, il doit y avoir des combines. Il doit suffire de taper tel ou tel chiffre pour couper à la litanie de la demoiselle. Comme ça se fait dans pas mal d'entreprises, dont la mienne.

Donc, 1 euro 36 pour m'entendre dire... que le 13 décembre est considéré comme "période de vacances" et que les réservations ne pourront se faire non pas trois mois à l'avance, mais deux !!!!

La logique de la SNCF : Peu de monde, on peut réserver 3 mois avant. C'est bourré, et le délai est ramené à deux mois !!!

Je pense que je vais partir dimanche 12....

 

PS : J'ai l'impression d'être sur mon ancien site : 7 tentatives échouées pour publier ma note....

18:03 Publié dans arnaques, Voyage | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sncf

09/09/2010

Voyage de noces au Tyrol...en mob (1974) - II

Lundi 15 juillet 1974.
Il nous reste 5 jours et 328 F (328 euros actuels) pour boucler notre voyage de noces.  Plus question d'arriver en cyclo dans les Cévennes, on sait dores et déjà, ma petite épouse (18 ans je le rappelle) et moi que nous devrons désormais finir ce voyage comme on l'a commencé, c'est à dire par les bons soins de la SNCF.
Mais on ignore encore dans quelle gare nous prendrons le train et où nous laisserons les cyclos en "bagages accompagnés".

Bon, alors nous sommes à Aarberg (Suisse) et le temps est plutôt frisquet.
J'ai discuté avec mon épouse, elle tient à voir "les lieux", que j'évite soigneusement depuis quatre ans.
En fait elle veut voir celle que j'ai embrassé pour la première fois.
Celle qui m'a fait accomplir - selon elle - un exploit hors du commun. 

Mais ça, pas question... en plus dans notre voyage de noces, cela me parait totalement déplacé !
Je veux bien aller jusqu'à la frontière, Ste Croix, mais pas plus loin. Là-bas, je verrai...

Donc, départ vers l'ouest. Première étape, Neuchâtel, 37 km.

J'adore ! On ne peut résister à la tentation de prendre un vieux tramway qui nous hisse 200 mètres plus haut, d'où on a une vue géniale sur la ville et le lac.
Lac que nous longeons ensuite pour atteindre Yverdon.
Yverdon où mes parents avaient pour projet d'ouvrir un mini-restaurant pour leur retraite...

Deux ans auparavant nous y avions couché mon père et moi, le projet n'était pas abandonné, mais qui aurait pu croire que, deux ans après, ils se serait installé dans les Cévennes (où il allait passer le plus clair de sa vie - 34 ans) et que moi je serais marié...?

Bon, c'est pas le tout, mais il faut l'attaquer, cette côte de Ste Croix, cette côte que j'ai tant et tant de fois gravie avec mon solex, 4 ans plus tôt, sachant que de l'autre côté de la montagne une jeune fille m'attendait, avec une grappe de raisins à la main...
Là, personne ne m'attendait, et c'est avec mon épouse que j'allais monter ces 17 kilomètres.


Pas de doute, le Peugeot 104 est supérieur dans les côtes au solex "flash" !. Les dix-sept bornes - avec 700 m de dénivelé - sont parcourues en même pas une demie-heure, et c'est sous la pluie que nous nous engouffrons dans le premier hôtel qui nous tend les bras, l' hôtel de la gare.

Pluie que je prends comme prétexte pour ne pas aller plus avant, c'est à dire vers la France, que nous avons quittée à Vintimille depuis à présent 8 jours, et qui n'est plus qu'à 9 kilomètres.
L'ennui, c'est qu'il y a beaucoup plus qu'une frontière à passer pour moi...

                                                *******************

Le lendemain matin, il fait beau, presque chaud, et après avoir pesé le pour et le contre, nous décidons de... faire demi-tour, direction Lausanne.

Lausanne où nous ferons des achats fort intéressants ! Car si le franc Suisse est à 1.65 FF, certains articles sont hypercompétitifs malgré le change. C'est ainsi que nous faisons l'emplette d'un magnétophone à F 90.- (c'est comme ça qu'ils marquent les prix là-bas !) un "minicassette" valant en France plus de 400 ! Et d'une cellule photo-électrique pour ma Rétinette Kodak, introuvable chez nous...

Et puis - après celui de Neuchâtel la veille, c'est le Léman que nous longeons à présent.

Direction Genève, puis Annecy, espérant arriver à St Etienne de St Geoirs, l'endroit où nous devons habiter d'ici peu, après le "purgatoire" de Roissy.

Mais la température devient de plus en plus dure à supporter, ainsi que la circulation quasi infernale. C'est un camion qui, en me faisant déporter vers le bas-côté (j'évite la chute de justesse) qui nous fait complètement changer de cap.
Ce sera dans les montagnes Jurassiennes que nous finirons notre voyage de noces...

Il nous reste 202 francs (soit 200 de nos euros) pour finir le périple, et connaissant les prix pratiqués en Haute-Savoie (déjà !) nous savons qu'en deux jours ils seraient bouffés. Alors si on peut faire durer...
Et donc à Nyon, nous entamons la grimpette vers la montagne. La canicule laisse place à une bonne douceur, puis à une relative fraîcheur, puis... à un crachin glacial ! Le thermomètre que j'ai placé sur mon phare avant m'indique 11 degrés :(

Ce sera aux Rousses que nous franchirons la frontière.

Le douanier ne tient pas à quitter sa guérite pour contrôler deux petits cyclos inoffensifs, et, comme la veille, le premier hôtel est le bon.
Le bon dans tous les sens du terme, car cet hôtel (de la Redoute, ça ne s'invente pas !) ne nous coûte que vingt petits francs (ce qui signifie un jour de plus... peut-être ?) avec un très bon confort  (douche-WC) et nous ne pouvons éviter, en bons franchouillards qui viennent de quitter 8 jours leur pays, de comparer la chambre que nous avons avec le semi-grenier de la veille, qui nous avait coûté deux fois plus de fric.

Nous ne pensons évidemment pas au magnétophone et à la cellule, qui en revanche, nous avait fait économiser un bon petit paquet...

                                      **********************

Mercredi 17 juillet. Il fait beau et frais. Très frais même ! C'est avec 6 petits degrés au thermomètre que nous descendons vers Morez, ville que les passionnés de train ne doivent pas rater, avec les trois viaducs  et qui est également le berceau de la lunetterie française.

Au cours du déjeuner revient la question de Brigitte.
Bon, OK, pour aller de nouveau par là-bas...!

Seconde tentative, attaque cette fois par le flanc sud !!!

Ce sera par une route "blanche" liserée de vert sur la carte Michelin ("route tranquille et pittoresque") que nous quitterons la nationale à Morbier pour nous diriger vers le Haut-Doubs.

Je retrouve le lac de St Point, qui émerveille ma jeune épouse, laquelle tient absolument à ce qu'on passe la nuit dans ce coin !
Mais les tarifs sont implacables... A Malbuisson, les rares hôtels qui n'affichent pas complet n'ont que des chambres "bains-WC" à 50 balles ! Je sais, je sais, 50 euros pour une chambre bains WC au même endroit, je sauterais dessus tout de suite ! Si la moyenne des prix, depuis 1974, a été multipliée par 6 ou 7, pour l'hôtellerie je dirais bien par 20 !

C'est à Chaon que nous trouverons "la perle".
Un petit hôtel "simple et confortable", qui nous propose des chambres à ...15 F ! Et des repas à 15 - les deux - aussi si nous y passons au moins 3 nuits. Je suis repassé il a quelques jours devant cet hôtel. Du reste he passe souvent par là, c'est presque la route entre Ouhans et Lons le Saunier. Et bien les prix des chambres sont loin, très loin, d'être à 15 euros ! Même 30...

Nous en passerons finalement...quatre, notre voyage de noces s'achèvera donc par des mini-vacances dans le Haut-Doubs !

chaon.jpg

 

                                                                                                                                        

Le jeudi 18 sera le jour du "test"...

Ayant absolument besoin de vêtements propres, et Pontarlier à l'époque ne disposant pas encore de ses 3 hypermarchés, il nous faut nous rendre en Suisse pour cela. Et oui, côté vêtements, la Suisse était encore très compétitive il y a 36 ans ! Alors, c'est soit Neuchâtel, soit Yverdon.

Yverdon nécessitant le passage par le village que j'essaie d'éviter depuis 4 ans.

C'est une réflexion un peu agacée de Mireille qui me fait choisir cette solution la mort dans l'âme :
"Tu ne dois pas m'aimer tant que ça si tu as si peur de passer là-haut"...

Oui, "là-haut", le "toit du Haut-Doubs à près de 1200 m d'altitude. Deux fois plus haut que mon futur petit village, si près quand on y pense.

Elle ne comprend pas que ce n'est pas une question d'amour, mais tout autre chose. J'avais tellement vécu de trucs justement "là-haut"...

C'est en montant la côte que je commence à avoir cette sale envie de vomir que je connais bien. Tout seul, j'aurais largement fait demi-tour, mais là pas question. Du reste Mireille le sait. Elle reste soigneusement derrière au cas où j'aie des velléités de fuir...

La traversée du village (deux bons kilomètres) est un véritable calvaire. Je fonce tant que je peux, espérant ne pas croiser celle qui aurait pu être mon épouse à la place de Mireille. Et c'est soulagé que je parviens au poste de douane.

La Suisse, de nouveau.
Qui, ce jour-là signifiait un énorme soulagement...
Mon épouse est compréhensive, elle est d'accord pour que le retour se passe par Vallorbe !

 

La fin de ce voyage approche.
Le vendredi 19 et le samedi 20 seront employés à nous balader dans ce coin si magnifique.
En évitant soigneusement d'aller "côté est" !

La gare d'où nous partirons sera donc celle de Pontarlier.
Nous avions dépassé de 114 francs notre fameux budget, mais ces 15 jours resteront à jamais gravés dans nos deux mémoires.

Je vous embrasse.

08/09/2010

Voyage de noces au Tyrol...en mob (1974) - I

Ce voyage de noces 1974, avec ma première épouse Mireille, nous l'avions préparé de longue date.
Munis d'une carte très précise que nous avions acheté à prix d'or, nous en avions fixé le tracé, lequel ne faisait pas moins de 2000 km à travers la France, l'Italie, l'Autriche et la Suisse.
Au départ ma jeune promise n'était pas chaude, mais mon père et moi avions fini par la convaincre en lui parlant longuement du périple que nous avions effectué deux ans plus tôt en solex.

En fait, sur les 2000 km, il n'était prévu de n'en faire que la moitié sur nos deux-roues
(Mobylette classique pour elle, Peugeot 104 pour moi). Nous partirions de chez nos parents avec, mais seulement sur 85 km qui nous mèneraient à la gare de Nîmes où là nous prendrions le train jusqu'à Innsbruck, en Autriche.

C'est là que commencerait la partie "cyclo", qui devait nous ramener dans nos Cévennes, en passant par le lac de Constance, Lucerne, Berne, Lausanne, Genève, St Eienne de St Geoirs (ma future affectation) et donc Le Vigan.
Avec un budget "hôtellerie" de 1000 F maxi (l'équivalent de 1000 de nos euros actuels). Il était bien entendu que nous interromprions ce voyage dès ce chiffre atteint.

Avant de commencer ce récit, je voudrais remercier...
Un petit cahier jaune carnet jaune.jpg que je viens de retrouver en faisant mes cartons et  qui m'a permis de reconstituer ce périple (j'avoue que je m'étais un peu emmêlé les pinceaux, l'âge sans doute lol) autant géographiquement que "financièrement" !
C'est celui où je notais, au jour le jour nos "frais de bouche".

C'est donc le lundi 8 juillet 1974 que nous enfourchons nos engins, sous l"oeil embué de nos 4 parents, affolés de laisser leur progéniture (41 ans à nous deux) s'élancer dans pareille aventure.
Avec le recul je me dis qu'effectivement  à cette époque-là, sans portable, sans le net, sans western union, c'était vraiment gonflé !

Ce sera le jour où nous ferons le plus de kilomètres, près de 600, qui nous mèneront à Gênes le soir même.

Une heure et quart pour parcourir en cyclo les 85 km jusqu'à Nîmes. Nous sommes heureux, Mireille et moi, avec nos morceaux de voile accrochés à nos cyclos, pour bien montrer qu'on est en voyage de noces. Ne manque que la plaque JUST MARRIED sur les sacoches !
Puis le train, sous un soleil étouffant. Les cyclos (chose impensable aujourd'hui) sont dans notre train!
Marseille, Toulon, Nice, Vintimille où nous attendons plus d'une heure dans le train.
Les trains italiens à cette époque avaient la particularité d'être en retard systématique, y compris les grands rapides internationaux comme celui où nous trouvions (le Bordeaux-Munich).

Par chance, le soir tombe nettement plus vite (40 minutes de décalage) et c'est à Gênes que se passera la première étape de notre voyage de noces.
Mireille commence à faire grise mine en voyant la laideur du quartier de la Gare, la saleté du seul hôtel que nous avons trouvé -  à prix d'or - et le repas certes copieux que nous avaient concocté un couple de restaurateurs qui nous avaient dit "faites-nous confiance, on aime bien les petits mariés".
La"confiance" nous avait coûté 8400 lires, soit l'équivalent d'un jour de mon salaire...

Cette première nuit de notre voyage de noces allait être sinistre. Par chance, ça allait être la seule.
"C'est ça ton Italie ?" me lancera-t'elle, déçue.
Non, et elle n'allait pas tarder à s'en apercevoir.

                                        ***************

Mardi 9 .C'est un peu "zombies" que ma jeune mariée et moi nous retrouvons dans l'express de Milan le lendemain matin.
Nous dormons l'un contre l'autre, attendrissant les Mamas du wagon...
Changement à Milan, il fait de plus en plus chaud et nous ne sommes pas fâchés, quand, à partir de la ville de Roméo et Juliette, le train pique vers le nord, vers les montagnes rafraîchissantes...
En même pas deux heures, changement radical de décor. A la plaine monotone et industrielle succède une vallée verdoyante, puis carrément la montagne. Du coup on savoure le paysage, penchés à travers la vitre. Le train roule à 70/80 km/h, on est bien, l'air est enfin devenu respirable...
Une chose quand même me rend perplexe, c'est de voir des panneaux inscrits en allemand. Je regarde bien ma carte, la frontière est pourtant encore loin....?

Et ça aussi ça nous inquiète, car le train a pris un gros retard, notre arrivée à Innsbruck prévue à 19h est bien compromise.
De plus le train s'arrête désormais dans toutes les gares, comme le fait notre TGV Méditerrannée, direct de Paris à Marseille (800 bornes) et qui s'arrête à presque toutes les gares en fin de parcours !

Les villages que nous traversons sont magnifiques, très "typiques". Mais, toujours cette interrogation, pourquoi cette architecture qui n'a rien de l'Italie du Nord, et pourquoi ces panneaux en allemand ?
A 19h, alors que le jour décline énormément, nous décidons Mireille et moi de descendre à la prochaine gare qui sera proche d'un village. L'arrivée à Innsbruck - que nous ne connaissons pas - risquant de ne se produire qu'à près de 22 heures, pas question de faire comme la veille.

Et c'est à Klausen que nous décidons de faire étape.
Klausen/Chiusa comme le montre l'affichage en gare.
Quand nous parcourons le village, nous avons vraiment du mal à nous imaginer que nous sommes en Italie.
In-den-Gassen-von-Klausen-Suedtirol.jpg

Tout le monde parle Allemand, les "strade" sont devenues "straat",  les "gasthaus" onr remplacé les "ristorantes" !
Et c'est dans une auberge à l'architecture très tyrolienne que nous dégusterons des... raviolis à la bolognaise qui compteront parmi mes meilleurs souvenirs gustatifs.
Quand même, nous paierons en lires !!

Le soir, nous nous baladons dans le village, émerveillés.
Rien, mais alors rien à voir avec la veille...
Pour nous, le voyage de noces a vraiment commencé là, dans cette bourgade Italienne où tout le monde parle allemand, à seulement 150 km de Venise...
C'est là que nous apprendrons l'existence du "tyrol du Sud", une partie de l'Italie qui a tenu à ne pas se séparer de ses origines. Des "deux côtés" on vit de la même façon, on parle la même langue. Un idéal pour les Basques !
Et ce soir là, la fraîcheur aidant (nous sommes à 800 m d'altitude) c''est enchantés et émerveillés que nous plongerons dans les bras de Morphée.

Il fallait dormir, car le lendemain, "la grande aventure" commençait. 1000 km en deux-roues à travers 5 pays !

Mercredi 10 .Tellement enchantés par cette petite ville, nous décidons de ne reprendre le train qu'en début d'après-midi.

Innsbrück est atteinte vers 15h, nous récupérons nos fidèles destriers.
Mais... il manque une bougie à celui de Mireille, et tout de suite nous nous mettons en quête d'en trouver une. En France, ce genre de choses ne nous prendrait qu'un quart d'heure, mais manifestement notre petit couple ne plaît pas aux gens du cru qui n'essaient même pas de comprendre ce qu'on essaie de leur dire...

On devra se résoudre à pousser les cyclos jusqu'à ce qu'on trouve une station-service. Il nous faudra pousser pendant 3/4 d'heure, pour en trouver une qui dispose de bougies pour les "moped" (c'est ainsi qu'on nomme les cyclos dans la langue de Goethe).

Il n'est pas encore trop tard, on peut encore trouver une chambre chez l'habitant, comme il s'en trouve à foison au Tyrol. Mais les petits lits verts sont rares, et ce n'est que dans la banlieue - très coquette - que nous verrons enfin apparaître le premier grand lit vert, qui signifie "chambre libre".

Là aussi je m'étais renseigné, ce mode d'hébergement est confortable et bon marché. Et ça tombe bien vu les 90 F maxi (environ 90 euros actuels) que nous nous sommes fixés comme somme quotidienne à ne pas dépasser pour le gîte et le couvert. En dehors des sites hyper touristiques, on peut trouver en effet des zimmer pas trop chères. Attention !!! Comme dans tous les pays anglo-saxons, le prix est indiqué "par personne sur la base de deux personnes". C'est à dire qu'en fait ils n'indiquent que la moitié du prix.
Mais, peut-être l'heure tardive (16h30) peut-être qu'on ne leur plaît pas, les prix proposés sont exorbitants. Nous décidons alors (surtout Mireille, qui rongeait de plus en plus son frein) de faire l'impasse sur Innsbruck - que ne verra donc jamais ma première épouse - et de commencer notre parcours.

En avant donc sur la N171, le futur axe européen E60, reliant Brest à Vienne.
Pas pour longtemps, une petite route bucolique qui serpente entre les clochers à bulbe et les prés d'un vert de carte postale nous fait "coucou, venez"..

C'est la première "entorse" à notre planning, et ce ne sera pas la dernière !  Les villages se raréfient, tandis que nous grimpons en altitude. Les forêts de sapins ont succédé aux pâturages et nous arrivons au col de Kuhtai, à 2100 m d'altitude. Les cyclos sont crevés, et nous aussi !

Il est tard, la question de pose de savoir si l'on continue ou l'on fait escale. Vu l'allure des hôtels *** ou **** qui peuplent l'endroit, on ne se fait pas trop d'illusions sur les prix !
On se dit que si la chambre chez l'habitant est proposée à 200 schillings (100 euros), dans des hôtels de cette classe ça doit bien avoisiner le triple.

Ca ne coûte rien de demander, et malgré la multitude de panonceaux de rotary clubs et autres lion's clubs, nous entrons dans celui qui nous semble le plus "modeste" (trois étoiles quand même) et nous dirigeons vers la caisse.

Mireille, fine mouche, explique la situation à l'homme aux clés d'or. A savoir que nous ne sommes pas en voiture, mais en cyclomoteur. Qu'en outre nous sommes mariés d'il y a 4 jours... Je ne sais pas si c'est cela qui fait fondre le concierge, mais celui-ci nous propose une chambre à 220 schillings pour nous deux. Soit l'équivalent de 44 euros actuels.
C'est bien évidemment largement au-dessus de la "norme" que nous nous sommes fixée. Mais d'une part ce n'est pas tous les jours qu'on fait son voyage de noces et surtout que nous pouvons passer la nuit dans un décor pareil.

C'est en visitant la chambre qui nous est proposée que nous craquons, littéralement. Grande chambre, salle de bain WC, avec terrasse plein sud qui donne sur le lac et les montagnes. Vue magique, quoi...

On ne met pas longtemps à se décider. Adjugé vendu, c'est là qu'on dormira, quitte à "serrer les boulons" sur le reste du voyage.

Ce sera l'endroit le plus élévé où j'aurai passé la nuit !

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Jeudi 11. Rebelote, c'est à nouveau un peu dans les vapes que nous entamons la descente vers la vallée. Nous rejoignons très vite la route qui vient de St Moritz, sans savoir que cette route-là me sera familière une dizaine d'années plus tard, mais empruntée cette fois avec une autre épouse... Les petits clins d'oeil de la vie !

Nous filons à un bon 70/80 vers la ville industrielle de Landeck ou ne daignons même pas nous arrêter! 10 km après cette ville, nous prend à nouveau l'envie de faire la route buissonnière, pour cette fois jouir du panorama sur le Massif de la Silvretta. Nous passons sous un pont feroviaire de légende, celui de la Trisanna.

C'est cette rivière Trisanna que nous allons suivre, jusqu'au col Bielher qui culmine à 2035 m. Au bout de 35 km nous avons la surprise de voir un... passage à niveau ! Et oui, les 9 derniers km sont à péage... Et pas donné en plus !
Nous avons alors le choix entre refaire les 35 km en sens inverse, c'est à dire avoir perdu deux bonnes heures, ou de cracher au bassinet. Ce que nous faisons.

On ne le regrettera pas trop, car du Bielerhöhe la vue est magnifique.

Nous laissons reposer nos montures, le temps d'acheter des cartes postales, puis re-descente (toujours à péage). A Bludenz nous prenons une voie-express (en principe interdite aux 2 roues) une des deux voies de l'autoroute en construction, qui nous fera avaler les 20 km qui nous séparent de Feldkirch en 18 minutes!

Feldkirchi sera notre dernière étape autrichienne. Nous y trouvons une "zimmer" comme jamais je n'en trouverai plus tard. Un luxe incroyable et un petit déj' qui vaut un "grand", pour 130 schillings seulement (26 euros actuels). Comme il nous manque pas mal d'heures de sommeil "au compteur", nous ne nous faisons pas prier pour visiter le Pays des Songes.

Le lendemain, ce sera le Liechsteintein puis la Suisse.

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Vendredi 12 juillet 1974. Nous quittons donc Feldkirch (Autriche) pour le Liechtenstein.
Mireille est très excitée à l'idée de pénétrer dans cette principauté.
En 20 minutes, nous y sommes. Le jeune marié de 23 ans est encore plus critique que le jeune homme de 21 sur ce Pays d'opérette !
Bien sûr les décors sont jolis mais je sens encore plus que tout cela est "faux", comme l'est Monaco.
La monnaie est Suisse, on y parle Allemand comme dans la Suisse Alémanique, et la frontière entre les deux pays est toute symbolique...

Après avoir fait l'emplette de timbres (mon beau- père m'a re-converti à la philatélie) nous enfourchons nos fidèles destriers direction le Sud.

Au passage je remarque que le franc Suisse a fait un "petit bond" depuis deux ans, il vaut à présent 1,65 franc français ! (aujourd'hui, septembre 2010...5,05 !) Donnée non prise en compte avant le voyage et dont il va falloir s'accommoder...
Nous passons la "frontière" à Buchs (rien à voir avec George) et pénétrons assez vite dans des paysages encore merveilleux. Le long d'une vallée très "roulante", nous longeons un lac sur dix kilomètres et nouvelle grimpette par le Klausenpass (1948 m) qui a l'avantage de faire plus court et surtout...plus joli.

Mais à la descente, un orage nous surprend. Il nous fait perdre deux bonnes heures, si bien que nous devons nous résigner à coucher dans le village de Guillaume Tell, Altdorf.
L'Office du Tourisme nous annonce que tous les hôtels à portée de bourse (c'est à dire moins de 35 francs Suisses - 58 FF soit l'équivalent de 58 euros actuels) sont complets. Ne reste qu'un seul endroit, assez "spécial" nous précise-t'on et à un prix défiant toute concurrence, à 20 FS.
On n'a pas le choix, on prend.
Et c'est alors que je découvre... que la chambre en question est une caravane !
Mireille est aux anges, moi qui n'ai jamais couché dans ces trucs-là un peu moins...

La nuit est agitée.
D'abord l'orage qui revient, puis le vacarme incessant des trains de marchandises qui nous rappelle qu'Altdorf est située sur une très grande ligne de chemin de fer. Du coup ni elle ni moi ne fermerons l'oeil...

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Samedi 13.
C'est une matinée de rêve qui nous attend, car nous allons longer le lac des quatre-cantons sur 40 km. Rêve qui au début est un cauchemar, vu la circulation infernale. 14 km d'enfer, où nous sommes léchés par des camions fonçant sans même nous voir, et je ne parle pas des tunnels...
A Brunnen, c'est de nouveau le paradis, car la petite route que nous prenons est interdite aux poids-lourds. C'est une route hypertouristique, avec des Gasthof et Gasthaus très typiques, comme celui-là
dont nous consultons l'ardoise juste pour rigoler. On sait bien qu'à moins de gagner au loto nous ne sommes pas prêts de fréquenter ce genre d'endroit. Et comme le loto n'est pas inventé, alors ;)

Nous atteignons Lucerne à midi pétantes.

Pas de problème de stationnement avec les cyclos, c'est à la gare que nous attachons nos bécanes. La première chose que je veux montrer à ma jeune épouse, et sans savoir que plus jamais elle ne pourra le revoir (il brûlera entièrement 15 ans après) c'est le vieux pont.  Elle est époustouflée, il y a de quoi.

Puis nous enfourchons nos bécanes, cap à l'ouest-sud-ouest, vers Berne que je ne connais pas. Je connais beaucoup de villes Suisses mais pas la capitale ! Cette fois-ci pas de nationale à camions, mais les petites routes.
Le paysage peu à peu devient moins typique, moins "Suisse". Finies les hautes montagnes et leurs chalets, place à un genre... d'Auvergne, puis carrément de Limousin...!
Le ciel devient de concert de plus en plus sombre, présage de la pluie. Effectivement, à l'entrée d'une bourgade appelée Hutwill, les premières gouttes nous cinglent le visage.

Hutwill, c'est là que nous ferons étape. Et quelle étape....

Nous resterons près de 24 heures dans cette bourgade franchement pas... terrible par rapport à ce que nous venons de voir ! Nous ne connaissions pas les perturbations pluvieuses
Suisses !!

En plus côté hôtel, le choix est vite fait ! Seul l'hôtel de la gare - à 37 FS - est accessible. C'est ça ou rouler sous la pluie.
Dîner également à l'hôtel de la gare, pour pas trop cher il faut le reconnaître (l'équivalent de 20 de nos euros actuels)

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Le lendemain dimanche 14 juillet, il continue de pleuvoir à verse.  Le repas de midi se fera une fois de plus à l'hôtel de la Gare, tandis que nous regardons vers l'ouest, dans l'espoir de voir le ciel s'éclaircir. Mais tintin !
Pendant cette inactivité forcée, nous cogitons. Plus que 6 jours et 418 F... Je pense que raisonnablement, il nous faut renoncer au trajet initial.

Mireille est une des rares femmes qui sait lire les cartes routières.

Elle ne met pas longtemps à se rendre compte que le fameux lac de Neuchâtel dont parlent sans cesse mes parents (ils avaient comme projet de retraite de monter un petit snack français au bord de ce lac) n'est qu'à quelques encâblures. Et, finaude, me demande si on ne pourrait pas faire route plein ouest plutôt que sud-ouest...

Elle a "quelque chose" en tête, mais je ne le sais pas sur le moment.

Va donc pour Neuchâtel ! Ce n'est que vers 16h que, profitant d'une petite accalmie, nous reprenons nos bécanes.

Coucher à AArberg. Pas de Berne, car nous sommes affolés par la circulation ! On voit la ville aux Ours, de loin. Je me dis que ça sera pour la prochaine fois, sans savoir que la fois en question sera 28 ans plus tard !!
Et là le ciel se déchire sur l'ouest, nous montrant le soleil se coucher sur les montagnes.

Une chaîne de montagnes que je connais trop bien : Le Jura....

Et c'est en regardant ma carte de plus près que je m'aperçois qu'on se dirige tout droit... vers Pontarlier ! Pontarlier dont, depuis 4 ans, je ne veux absolument pas entendre parler à cause d'un conte de fées bousillé par les adultes. Pontarlier dont j'ai beaucoup parlé à mon épouse, qui rêve de voir l' "endroit" de mon premier baiser. Pontarlier qui n'est qu'à 80 km...

C'est certain que la France sera atteinte le lendemain, mais pour l'instant, je ne sais pas à quel point frontière...

(à suivre)

 

 

02/09/2010

A dimanche soir

Mission à Colmar ce week-end. Probablement ma dernière.

J'ai bien compris la leçon de la dernière fois, et même s'il s'agit de quelques 60 heures, j'emmène mon épouse avec moi.

Financièrement, ça sera une opération "blanche", même négative, mais je n'ai pas envie que mon épouse se tape une crise.

Fatalement, le cyber sera impossible, aussi vous dis-je à dimanche soir, pour évoquer Frank Alamo !

Je vous embrasse

19:55 Publié dans moi, Voyage | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : colmar