07/12/2012
Entre crises et scènes
Je ne mets pas cette note dans la catégorie "détresse", parce que - pour l'instant du moins - je pense que je vais pouvoir supporter la chose durant les deux semaines qui me restent avant d'aller voir ma fille en Bretagne.
Mais j'avoue que depuis la Toussaint (pile la Toussaint, j'ignore pourquoi) Chère et Dure m'en fait voir de toutes les couleurs.... Ca alterne entre débuts de crises d'épilepsie où je prodigue alors toutes les attentions nécessaires à Madame afin qu'elle reprenne ses esprits, et crises d'hystérie, bien plus que des "classiques" scènes de ménage....
Ca donc commencé le 1er novembre, et là pendant 6 jours ce fut hystérie sur hystérie, au point que j'en arrivai à demander de l'aide à ma fille, qui se proposa de la prendre chez elle quelques jours, puis elles reviendraient ensemble où ma fille resterait elle aussi quelques jours.
On est donc le 22 novembre, et il reste 4 jours avant que l'on prenne l'avion pour Porto.
Ces 4 jours je les redoutais, mais apparemment il semblait que Chère et Dure était redevenue raisonnable, RAS.
Puis ce fut Porto, où peu à peu j'arrivai à me reposer pendant la semaine où nous étions là-bas.
Retour sous la neige ici, ce qui nous bloquait quelque peu.
Et depuis, ça recommence. Madame fait de l'acrobatie en montant sur la table pour accrocher ses plantes au plafond.
Pire, Madame - sans me prévenir - veut changer d'ampoule dans la cage d'escalier, et bien sûr se casse la figure. Comme si elle cherchait vraiment à se casser quelque chose. Là elle s'en tirera par un gros hématome.
Avant-hier, début de crise d'épilepsie (en principe ça va avec) et par miracle je suis arrivé à la "récupérer"...
Hier, Madame a vu du Pays : matinée à Pontarlier en taxi aller-retour pour voir sa psy/orthophoniste (pour moi elle est plus psy qu'orthophoniste), puis deux heures au village d'à côté pour voir le toubib, poster un colis et voir la kiné. Ca aurait dû la calmer !
Mais non... Par trois fois hier soir elle est venue dans ma cave en catimini voir ce que je faisais !
Ce matin, la neige recommence, sur des sols déjà verglacés. Aux 14 cm sur les champs (1 cm de glace sur les routes) vient s'ajouter un manteau neigeux de plus en plus dru.
Par ma fenêtre je regarde la route, qui re-blanchit, et où aucune voiture n'ose s'aventurer.
Mais voilà. Madame tient absolument à faire des courses à Pontarlier ! Alors que la dernière fois lors d'un créneau inespéré, nous étions allés là-bas, et je lui avais dit "prends tout ce qu'il te faut car on n'est pas près de revenir...."
Bien sûr, pas question de s'aventurer sur une patinoire avec en plus le blizzard, et une voiture peu fiable (elle m'a déjà laissé 3 fois en rade au cours des 6 derniers mois).
Alors c'est l'hystérie qui revient. Avec les grands gestes habituels : feuilles de maladie déchirées, envoi de divers objets en l'air... Et bien sûr le fameux "je fous rien"....
En ce moment, j'entends les portes qui claquent dans tous les sens...
Je ne vais quand même pas appeler ma fille une nouvelle fois !!
J'avoue que je me demande comment je tiens. Une amie du Net m'a confié hier soir qu'à ma place elle aurait depuis longtemps pété les plombs.
Moi c'est par la tension que c'est sorti. Mais j'avoue que je me pose de plus en plus la question de savoir si ça vaut la peine de le prendre, ce comprimé quotidien..
J'étais si bien à l'hôpital !
Je vous embrasse.
11:12 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (4)
08/11/2012
la paix pour 285 euros....
Mes deux dernières notes (en dehors de la "musicale") ont dû quelque peu en effrayer certains, aussi viens-je vous rassurer ! Depuis que mon épouse sait qu'elle va voir sa fille, tout est rentré dans l'ordre.
Le soir même, elle dormait comme un bébé...
Comme le prétexte de la dispute avait été quelques travaux à faire dans la maison, je m'en suis occupé hier, avec l'aide d'un jeune chômeur recruté via l'ADMR (travail "légal" donc).
Moi j'ai fait les travaux qui ne dépassaient pas mes compétences, à savoir aller en ville et acheter un mitigeur de bonne qualité pour pas trop cher, puis enlever l'ancien et réinstaller le nouveau (quelques tours de pince à donner).
Le jeune (qui s'appelle Patrick) a donc - très lentement il est payé à l'heure - effectué les travaux de menuiserie et d'électricité qu'il y avaient de plus urgent.
Pour 285 euros (182 de billets de train, 46 de mitigeur et 57 de main d'oeuvre) j'ai la paix, je revis dans une atmosphère qui devient celle qu'elle aurait dû toujours être : familiale.
Je n'ai plus peur de descendre dans la salle à manger le matin, n'y d'y remonter après avoir été sur l'ordinateur, chère et tendre ne me demande plus le détail de tout ce que j'y ai fait, et je ne suis pas accueilli le matin avec la soupe à la grimace.
Mon appareil à mesurer le stress peut en témoigner :
18 de tension samedi, 14 dimanche (accalmie), 16 lundi et de nouveau 18 mardi matin...
Ce matin, 13/10 !!!!
Je n'enlèverai pas la note "mon épouse veut-elle me tuer", sachant bien qu'elle ne plaît pas à tout le monde. Je pense, à partir du moment où je ne diffame personne, avoir le droit d'écrire ce que je veux sur mon blog.
Du reste, c'est ce que m'avait dit la psy de l'hôpital d'Ornans où je suis resté 15 jours, que j'étais surtout là pour me protéger d'elle, et que je pouvais rester jusqu'à mon départ en vacances, soit 5 semaines. Au départ j'y étais arrivé pour hémorragie due à ma tension, mais celle-ci était restée normale - sans médicament, ceux qu'il me donnaient était des placebos... - jusqu'à l'avant-veille du dépert où elle était tellement remontée en flèche qu'il avait fallu changer le médicament (en gros m'en donner un "vrai" !!!)
Je ne vous cacherai pas que durant l'absence de mon épouse je ne vais pas vivre ici comme un moine. Non, pas ce que vous pensez, je n'ai absolument pas l'intention de faire des folies de mon corps ! Mais plutôt du tourisme !!! Je pense m'octroyer 48 heures de balade en train grâce à ma carte Senior, du vendredi au dimanche. J'ignore où je vais atterrir (j'ai une petite idée), mais je vous tiendrai au courant. Moi aussi j'ai besoin de "vacances" !!!!.
Les "voisins du nord" ont trouvé la parade en prétextant de découvrir un blog qu'ils lisent en fait depuis 2007, moi je ne peux pas couper les ponts avec mon épouse !!!
Enfin bref, retenir de tout ça que ça va mieux....
Je vous embrasse.
11:32 Publié dans détripage, moi, psy | Lien permanent | Commentaires (5)
18/10/2012
Nostalgie....
Un couple d'un certain âge. Lui veut rester à la maison, mais elle tient absolument aller à la "Foire de Saint Luc".
Lui la connaît cette foire, pour l'avoir arpentée l'an passé : 4 km de stands de marchands de fringues. Bref une foire "pour les femmes", ennuyeuse et fatigante. 4 km à piétiner, merci !
Mais elle insiste. En plus c'est son anniversaire !
Alors ils y vont. 18 km de bagnole pour faire plaisir à Madame.
Il la laisse au début de la foire, "rendez-vous dans une heure", lui lance-t'il...
Une heure à perdre. Où va-t'il aller ? Pas grand-chose à visiter dans cette ville...
Et soudain, l'envie le saisit.
Il reprend sa voiture, sort de la ville et parcourt une petite dizaine de kilomètres. Oui, à chaque fois qu'il allait dans cette ville (environ 3 fois par semaine), il était à 10 minutes de ses souvenirs.
Il s'arrête dans un village. Un de ces villages-rues, kilométrique, comme il s'en fait pas mal dans la région...
C'est la première fois depuis 42 ans qu'il ose.
Qu'il ose s'arrêter dans le bas du village.
Oh oui, dix ans auparavant, il y avait été en gîte, mais d'abord c'était dans un nouveau quartier, de plus il était complètement bouffé par une histoire d'amour impossible (il pensait en avoir encore l'âge, des histoires d'amour...) et surtout, surtout, à pied il n'avait jamais dépassé l'Eglise, en plein milieu.
800 m d'un côté, 800 m de l'autre. La "Vraie" frontière, celle avec la Suisse se trouvait à 2 km, pour lui, c'était là la véritable limite à ne pas franchir. Souvenirs, attention danger...
Le vieux monsieur va regarder alors un banc de pierre, près d'un arbre. Ils n'ont pas changé, peut-être l'arbre, qui a quand même 42 ans de plus...
Une larme lui vient, qu'il chasse vite.Puis il remonte doucement le village. Village en plein travaux. Il remonte jusqu'à une maison, devant laquelle il reste un bon moment. C'était là que, 42 ans avant, il était en location avec sa mère.
Il remonte encore, jusqu'à une autre maison, un peu plus haut. Là se trouvait une épicerie jadis, une épicerie où une jeune fille travaillait pendant les vacances. Elle s'appelait Brigitte.
Une jeune fille qui, chaque soir, dévalait la rue pour aller manger à toute vitesse, et rejoindre son amoureux. ils s'aimaient comme peuvent l'être deux gamins qui découvrent l'amour, elle 16 ans lui 19...
Elle lui apportait toujours une grappe de raisin, un rite pensait-il. Ainsi leurs baisers avaient le goût de raisin !
C'était sans doute un de ces "amours de vacances" qui font la joie des paroliers de chansons, mais pour eux, c'était autre chose : la première fois. Non, pas la première fois que beaucoup peuvent penser... Nous étions je le rappelle en 1970. La première fois pour tous les deux de connaître ce sentiment, de sentir le coeur et le corps de l'autre contre soi, qui battaient comme des fous.
Ils n'avaient jamais appris à embrasser quelqu'un du sexe opposé, mais apparemment ils étaient très doués, car cela durait parfois longtemps, très longtemps, et comme tous les amoureux, ils étaient seuls au monde.
Pas toujours. Un jour ils avaient participé à un feu de camp, où avait lieu "l'élection du plus beau couple de l'année". Ils avaient voulu, par bravache, s'inscrire, avec des "vrais" couples de tous âges, des couples bien établis. Ils n'avaient aucune chance, pensaient-ils mais ils s'en fichaient un peu...
C'est transis de froid et serrés l'un contre l'autre qu'ils entendirent leurs prénoms : ils avaient gagné ! Leur jeunesse avait ému le jury...
Puis ce fut la séparation. A son tour elle partait en vacances. Ils se promirent de se revoir, et bien avant l'année d'après. Il ne savait pas comment, mais il y arriverait.
Quand il vit la voiture s'éloigner, et descendre vers la vallée, le jeune homme ne pleura pas.
Non, il tomba malade, terrassé par la fièvre, une fièvre qui devait le clouer au lit trois jours et trois nuits...
Puis ce fut lui qui dut rejoindre la grande ville.
Ils s'écrivaient tous les jours, souvent en cachette car leurs parents étaient contre cette "fréquentation". Ses parents à lui parlaient de "petite paysanne", ses parents à elle parlaient du "hippie de la ville" (car il portait la barbe !)
Des mots maladroits, qui peuvent faire sourire, mais des mots sincères...
Il accomplit un exploit hors du commun pour pouvoir revoir sa belle.
Mais ses parents (à la belle) l'avaient mise en pension, pour la "punir" d'avoir osé fréquenter un "touriste". Et aussi pour éviter des éventuelles retrouvailles.
Ils ne se virent que durant 2 minutes à travers des barreaux... Ils ne purent même pas s'embrasser.
Plus tard, elle épousera un paysan qui avait de la terre et du bétail, comme ses parents.
Lui épousera la fille d'un fonctionnaire, comme son père.
C'était dans l'ordre des choses.
Le vieux monsieur regarda sa montre. Il lui restait 20 minutes. Juste le temps de descendre rejoindre son épouse qui l'attendait, "en bas".
Comme à chaque fois, il eut un haut-le-coeur en passant devant le collège des Augustins. Car vous avez deviné que le vieux monsieur, c'était lui...
C'était moi, tout à l'heure.
Je vous embrasse.
18:32 Publié dans ceux que j'aime, détripage | Lien permanent | Commentaires (10)
09/10/2012
Traumatisme et hypertension (réactualisé)
Voici quelques jours, j'ai appris quelque chose au sujet de l'hypertension.
Qui confirme bien que si j'ai "explosé" le 15 juillet, c'est au bout d'un long trajet...
Du coup j'ai relu mes notes d'avant. Très éloquentes :
• 22 mai : crise de mon épouse, transfert vers Besançon.
Ca, disons, l'habitude....
• 30 mai, départ pour des "mini-vacances" en Ardèche, mon épouse se retrouvant complètement bourrée à cause d'une surdose de gardénal que les infirmières lui avait donné afin de passer le week-end de la Pentecôte tranquille.
Vacances qui vu l'état de mon épouse et aussi celui de ma bagnole dont les freins lâcheront, seront une véritable catastrophe, chose que j'explique dans ma note suivante, du 3 juin.
• 5 juin. Le mardi noir. A force de fatigue, ce jour-là j'ai envie de tout plaquer. De me supprimer. je ne suis d'ailleurs pas le seul dans la blogosphère dans cet état-là. J'écris une note-testament, qui au final m'aidera à surmonter ce cap.
• Puis j'écris des notes qui choquent beaucoup de monde, et du coup je suis obligé de les supprimer.
Mule de plus en plus chargée...
• 9 juin. c'est à présent mon épouse qui parle de se fiche en l'air. Elle confiera à son orthophoniste, qui, affolée, me téléphonera juste après : "je ne suis plus rien, je ne sers à rien, je suis un boulet, je n'en peux plus, si vous saviez..."
• Ma note du 12 juin le confirme: "grand danger pour mon épouse". Elle est à deux doigts de se fiche en l'air.
• le 19 juin, j'annonce que j'arrête mon "sevrage" de médicaments, car je sens que je me mets en danger.
• Le 26 juin, "mini-vacances" en Suisse puis en Autriche, sous le cagnard. Au retour le 29 mon épouse est certes enchantée, ma voiture et moi sommes presque HS...
• Le 5 juillet, horrible révélation. C'est le titre de ma note. J'apprends que mes chères belles-soeurs avaient projeté ni plus ni moins que d'interner mon épouse quand elle avait 18 ans. Cest en me trompant d'endroit pour aller à une consultation psy qu'elle a été horrifiée.
En rentrant elle racontera ça à ses voisins, je ne suis pas certain que cette "anecdote" ne soit pas étrangère à notre mise en quarantaine...
N'empêche, encore un petit coup dans la tronche.
• Dick Rivers, le 8 juillet, sera une superbe parenthèse pour nous deux. Encore merci Dick !
• le 9, j'apprends que note adorable logeuse de Paris, Gaelle, ne peut pas nous recevoir pour septembre. J'ignorais alors pourquoi, mais je le prends en pleine poire.
• le 11, j'écris une note "la cohabitation devient impossible".
http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2012/07/11/la-cohabitation-devient-impossible.html
No comment....
Finalement, le climat va se détendre.
Et c'st alors que je vais "exploser", développer une hypertension soudaine qui tournera mal un mois après.
La psy de l'hôpital d'Ornans où je vais rester 15 jours (eux voulaient 30) m'a bien dit que j'avais pété les plombs plus ou moins à cause de mon épouse. La preuve, sans médicament (c'était un placebo), je retrouverai une tension normale là-bas.... sauf les deux derniers jours.
Donc, pourquoi cette note ?
Parce que d'abord voici trois jours j'avais appris quelque chose.
Nos voisins de Lons devaient venir nous voir l'été dernier, mais ils ne l'ont pas fait. Mon épouse leur a téléphoné pour savoir pourquoi.
Leur fille, âgée de 39 ans, après une séparation douloureuse en 2010, s'était remise avec un autre compagnon. Lequel l'a plaquée en juillet.
La jeune femme a réagi exactement comme moi, mais en pire : Tension montée à 24, avec évanouissements, puis diabète sévère (à 4.5) nécessitant des piqûres d'insuline.
J'avais encore des doutes quand à l'origine pyschique de mon hypertension, malgré l'épisode du 14 août (une voisine vient m'annoncer que je suis désormais mis en quarantaine dans le quartier suite à mon blog -> hémorragie nasale très importante), à présent, c'est démontré.
D'autant qu'à Lorient, pendant les trois jours où nous y sommes restés, je n'ai jamais dépassé les 12...
Mais quand même... après mes vacances, tout allait pour le mieux entre mon épouse et moi qui semblait avoir "digéré" cette mise à l'écart. Et moi je voguais entre 13 et 15 de maxi, 8 et 10 de mini. Pas le top mais enfin, mieux que cette jeune femme et mieux qu'avant pour ma pomme.
Hier matin, crise d'hystérie de mon épouse (à ce sujet, je précise ce que j'appelle une crise d'hystérie : des signes de démence, avec les yeux sortant presque de leurs orbites, et des cris, des insultes, sans qu'il n'y ait eu de déclencheur apparent à l'origine, les mots-clés étant invariablement "tu fous rien, tu es devant ton ordinateur et y a que moi qui bosse j'en ai marre marre marre". Ca peut aller jusqu'au "j'fous le camp", et dans une crise extrême, comme celle du 15 août, mettre sa menace à exécution.
Puis claquement de portes et mutisme avec crises de larmes, cela passe en général quand elle peut parler à une tierce personne. Et là elle redevient instantanément "la petite rigolote" que la plupart des gens - sauf nos voisins - connaissent. Ce qui me fait dire que c'est une crise d'épilepsie avortée. Inutile de vous dire qu'il est hors de question pour moi de quitter le village tant qu'elle sera sous l'emprise de ces crises.)
Une heure après je sens ma tête tourner. Prise de tension : 17.5/11.5 !!!
La démonstration est donc plus que parfaite.
Je ne prends - comme je le fais depuis ma sortie de l'hosto - ma tension que le soir, le calme étant revenu depuis 18h dans la maison, et là, je vois : 16/11.
Ce qui veut dire que non seulement le stress me provoque une montée de tension immédiate, mais qu'elle dure. Ce matin encore 15/10.
Heureusement que je suis sous médicament, lequel fait baisser les chiffres d'environ 5 crans pour le premier chiffre, et 2 pour le second.
Demain, cardiologue, on verra bien ce qu'il me dira.
Je vous embrasse.
10:40 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (10)
02/10/2012
Une hirondelle ne fait pas le printemps...
Et 4 personnes ne font pas un village !
Depuis notre retour, que j'appréhendais un petit peu, nous ne marchons pas sous les huées ou les quolibets, mais plutôt sous les encouragements.
D'abord, une chaîne hi-fi que j'avais commandée et livrée pendant notre absence, s'est retrouvée chez les seuls voisins avec qui j'avais été un peu "sévère" lors de ma note choisir son camp, laquelle a fait couler beaucoup d'encre - et occasionnellement beaucoup de sang, en l'occurence le mien...
Puis quand mon épouse est allée dimanche chez la fromagère, aucun changement d'attitude par rapport à "avant". Avant ma note.
Une autre voisine est allée le même jour au-devant de mon épouse pour demander si les vacances s'étaient bien passées.
Un bon copain du mari à l'ex-amie à mon épouse nous a fait un grand salut en nous voyant tout à l'heure.
Et, alors que nous dînions, c'est la Présidente de la bibliothèque municipale qui a téléphoné pour avoir de mes nouvelles....
Tous ces gens lisent-ils mon blog ? Savent-ils que se livre une lutte acharnée entre d'un côté mon épouse et presque toute la famille, et de l'autre moi, quasiment tout seul, quand à savoir le moment où nous déménagerons pour Morlaix ? Eux préconisant la vente sur le champ de la maison, moi n'étant pas du tout pressé de quitter cette magnifique région ? Sans doute pas !
Morlaix est une nécessité, je le sais, je l'ai écrit souvent ici "sans voiture on est mort". Mais pour l'instant il n'y a pas le feu au lac, quand mon épouse aura passé son année probatoire (après sa crise) on pourra conduire tous les deux, on peut encore grimper nos deux étages sans problème.
Lisent-ils mon blog ? Impossible de le savoir. Tous les internautes du village (que je ne nommerai pas because Google, j'aurais au moins appris ça, être discret quand on fait un blog "spontané"....) sont localisés à Dijon !!! De même que mon cousin/frère Jean-Yves est localisé dans la banlieue de Nantes.
Mais en tout cas, cela me renforce. Je contemple toujours mes montagnes avec enchantement, lesquelles changent de couleur tous les jours à mesure qu'approche l'hiver, mais ça on est très peu à s'en rendre compte...
Bientôt les sommets blancs, puis dans un mois et demie voire moins la neige viendra s'inviter chez nous.
C'est sûr, la neige c'est beau mais pose problème s'il advient un coup dur. Pour l'instant je ne pense pas à ça, je vis au jour le jour comme je le fais depuis à présent 15 ans. Pour moi, la neige éclairée par le soleil, c'est avant tout magnifique, pas dangereux.
Que sera sera...
Je vous embrasse.
21:17 Publié dans ceux que j'aime, détripage, moi | Lien permanent | Commentaires (2)
05/09/2012
Folle nuit à Pontarlier
Ca se passe mardi 14 août, jour où mon épouse se met à faire une de ces crises d'hystérie dont elle a le secret.
Je vous rappelle la note que j'avais écrite le 4, émotions attention danger
http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2012/08/04/emotio...
Et ce qui devait alors arriver arriva. Une hémorragie.
Fort heureusement par le nez.
Pendant plus d'une heure, je vais pisser le sang, en perdant (vu les analyses pratiquées avant et après) plus d'un litre et demie.
Pendant ce temps-là, je vois chère et tendre avec un seau et une serpillière qui non seulement n'appelle pas les secours, mais se plaint... que je salis le carrealge !!!
C'est une voisine, Lucienne, qui a assisté à tout ça, qui appellera le 15 pour que vers 21h une équipe d'ambulanciers n'arrivent.
Tension : 20/13.
Pulsations : 115.
Direction les urgences de Pontarlier.
Nouvelle prise de tension à 23h (plus de trois heures après), qui donnait encore du 19/11...
Devant ma pâleur on m'assigne un box, on me prend la tension toutes les demi-heures, plus de nouvelles prises de sang, et à 1h du matin, le docteur des urgences me dit "c'est bon, vous pouvez sortir....
- Comment ?
- A vos frais, par un taxi..."
Pas de taxi à cette heure-là durant ce week-end prolongé et j'appelle alors mon épouse, en lui expliquant la situation. En grommelant elle me dit "rendez-vous devant les urgences, d'ci une bonne demie-heure".
C'est ce que je fais. Avec mon t-shirt maculé de sang, mon pantalon déchiré (j'ignore pourquoi) et le sac de plage (sic) contenant mon pyjama, sans portable, j'attends 3/4 d'heure devant les urgences. Les chiens me tournent de plus en plus autour, et du coup je reviens aux urgences.
"Votre voisine a téléphoné, elle interdit à votre épouse de venir vous chercher..."
Je tente une nouvelle fois de faire appeler mon épouse, elle ne répond pas.
Ne me reste que la solution "hôtel".
Je vais alors parcourir Pontarlier de part en part, sur 4 km, entre 2h15 et 3h. Tout est éteint. Pas le moindre endroit où je pourrais, ne serait-ce que ça, téléphoner.
Enfin, au bout de 4 km, après m'être fait contrôler par la police, je vois quelque chose de lumineux.
C'est l'hôtel Ibis.
Il reste des chambres. A 71 euros la nuit mais tant pis. Je demande au veilleur de nuit s'il peut m'en donner une, il me demande une carte bancaire...
Surprise ! Plus de Cb.... On me l'aura piquée à l'hôpital ? Alors, en liquide, je sais qu'il me reste deux billets de 50.
Volés eux aussi !
Il ne me reste plus, après avoir perdu 1 litre et demie de sang, qu'à faire les 14 km restants à pied, en espérant (l'éspérais-je vraiment, à ce stade... ?) d'abord ne pas me faire faucher par une voiture ou un camion, et ensuite ne pas trouver ma porte close.
Mais, dans un ultime réflexe, je demande si je peux téléphoner.
Oui....!
Je tente le numéro de chez moi, et miracle ça répond.
Je demande une fois de plus à mon épouse de venir me chercher.
Il faudra que j'attende une heure sur le trottoir pour qu'elle vienne me récupérer et les quelques 15 minutes où elle conduira seront dignes d'un film d'horreur. Virages pris à 110, quelques bas-côtés, je ne peux m'empêcher de faire le signe de croix en arrivant.
Le lendemain, nouvelle crise d'hystérie de mon épouse, qui fait carrément ses bagages et s'en va. A pied car je lui ai planqué les clés. Je téléphone illico à notre fille, qui me dit d'attendre, qu'elle a souvent fait ça à Vannes, et qu'elle va finir par revenir.
Je descends da ma cave pour chercher mon portable, et là je tombe nez à nez avec l'amie de mon épouse qui me dit "ta femme est partie depuis 20 mn et toi tu es à l'ordinateur ???"
Inutile d'essayer de me justifier, je décide de me mettre à sa recherche, tout en appelant les gendarmes.
Je passe devant l'attroupement de mes voisins, l'amie de mon épouse continue de me houspiller, tandis que le vieux couple (celui qui me lisait depuis 2007) lance à la cantonade "laisse, c'est leurs histoires, il ne faut pas s'en mêler...
Finalement les gendarmes me retrouvent (appelés de leur côtés pour moi par ma fille). et retrouvent mon épouse.
C'est sûr que l'arrivée entre deux gendarmes a dû frapper les esprits..
Je me reprends la tension : 19/13. Je suis à deux doigts d'un nouveau saignement. Je sens du reste l'odeur du sang dans mon nez, qui ne demande qu'à sortir. Vite, un comprimé et je vais me coucher.
Le lendemain 16 août je vais voir mon médecin traitant qui me fait hospitaliser d'urgence. Il sait que ma vie est en danger, et de deux façons différentes.
Pontarlier ne veut pas, complet, ce sera Ornans, à peu près à la même distance de chez moi.
J'y resterai deux semaines.
Voilà.
Je vous embrasse.
18:37 Publié dans détresse, détripage | Lien permanent | Commentaires (17)
Vers la fin de mon blog ?
Mon blog m'a énormément apporté.
Grâce à lui j'ai pu sortir en douceur d'une période de maniaco dépression. J'ai pu lui confier mes peines, mes joies....
A présent, ce blog commence à me desservir. Certes, je ne parle jamais assez précisément des gens qui s'y trouvent pour qu'ils puissent se reconnaître, mais force est de m'apercevoir que c'est le cas, et pour peu que les gens comprennent mal, ils m'en veulent.
Deux choses feraient que j'arrête mon blog sur cette plateforme (mais que j'en recommence un ailleurs)
• le fait est que ce blog est désormais lu par des personnes que je connais "en vrai", et ça me fait perdre énormément d'authenticité.
• la dégringolade d'audience.
Montée régulière pendant la première année, passant de 40 lectures/jour à 100.
Montée plus forte de juillet à novembre 2011, où je passe de 100 à 140 lectures/jour.
Montée encore plus forte de décembre 2011 à mi-février 2012 où j'atteins les 250 lecteurs quotidiens
Plus stagnation de mi-février 2012 jusqu'à fin-mai.
Une période de "folie" due à des évènements tragiques en juin m'ont valu des scores faramineux (340 lecteurs/jour durant ce mois, puis depuis le début de l'été une décrue légère mais régulière :
Je perds 1 lecteur par jour depuis le début de l'été.
Oh certes, ce n'est rien sauf que si cette tendance se confirme, je serai à zéro d'ici 8 mois...
Enfin, pas tout à fait, ça s'amortira.
Autant vous dire que je n'attendrai pas ce moment.
Quand le nombre de mes lecteurs descendront au-dessous de 100, je saborderai ce blog.
Si je suis encore là pour le faire, bien sûr...
D'autant que ce blog est plus devenu une réponse à des questions Google qu'autre chose.
Si je prends, par exemple, la période couvrant tout l'été, du 1er juilet au 31 août, voilà ce que me donne Google Analytics :
• 17% de mes lecteurs vont sur "mais quel âge ont nos chanteurs"
• 5% vont sur "i love your attitude"
• 9% vont sur des notes musicales
• 3% sur des notes "arnaques".
Etc...
Un bon tiers des lecteurs de juillet m'ont pris pour Wikipédia !!
Reste à savoir si c'est à cause de l'été (dont mon hospitalisation), à cause de moi, ou à cause d'autres facteurs.
J'espère que (si la courbe suit son cours), je n'aurai pas, aux environs du 10/20 janvier à vous annoncer que ce blog s'arrête...
Je vous embrasse.
13:15 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (23)
14/08/2012
Clean.....
Quinze mois après mon arrivée, j'ai fini de ranger ma "cave", la pièce où je vis.
Les quelques revues ou cassettes compromettantes sont bien planquées.
Mon PC est débarrassé de tous les fichiers qui eux aussi pourraient êres compromettants (tout est sur clés USB, bien enfouies).
J'ai même fait (pour les connaisseurs) une dégragmentation profonde de mon disque, suvie d'un "nettoyage d'espace libre" avec Ccleaner.
Tout est à présent en règle :)
Je vous embrasse.
13:44 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (5)
20/07/2012
Parlons franchement
On l'a sans doute remarqué, souvent reproché, mais j'ai une âme de statisticien.
De plus, j'ai plein de bouquins de médecine, offerts par mon père qui aurait rêvé de faire le métier de son propre père, professeur de médecine, spécialiste des maladies infectieuses.
Bref, j'en arrive à penser, que je ne sais pas ce que je veux !!!
A la suite de l'hospitalisation de mon épouse, en mai dernier, ils me l'ont rendue dans un état épouvantable.
Déjà hyper-fatigué des aller-retours sous une chaleur accablante, ne voulant pas prendre ma voiture car le parking était à dache, et payant, j'ai tout fait en transports en commun.
Puis, afin de lui changer les idées, j'ai maintenu nos vacances en sud-Ardèche qui se sont révélées catastrophiques, du fait de la canicule de là-bas et de son état qui faisait penser à de l'ébriété.
Plus une grosse panne d'automobile qui n'a rien arrangé non plus.
C'est dans un état désespéré que je suis rentré de ces vacances le samedi 2 juin, devant une épouse avec laquelle plus aucune communication était possible.
En plus j'étais déprimé à mort, la preuve en était à l'importance exagérée que je donnais à un espace privé sur Facebook. Je n'y supportais plus la moindre remarque, surtout venant de gens que j'appréciais depuis longtemps.
Le lundi 4 je suis allé chercher le chat chez sa gardienne, et une fois de plus j'ai dû enlever des choses trop chères de son panier. Désormais nous n'avons droit qu'aux promotions, (y compris les hôtels *** Suisses et Autrichiens). Là encore j'ai mal réagi, en allant pleurer dans les WC du supermarché. Je trouvais profondément injuste de priver mon épouse, elle qui déjà n'avait plus droit à pas grand-chose.
Le mardi 5 ça allait de moins en moins, j'avais des envies de plus en plus noires, je me sentais incapable de supporter la cohabitation avec mon épouse si elle devait rester comme ça à vie.
Si vous ne voulez plus lire ces lignes, déjà maintes fois répétées, tapez sur la touche "dièse" la prochaine fois ;-)))..
Le déclic, car il y a toujours la fameuse "goutte d'eau", ce furent des mots amers de ce que je croyais une amie sur mon mur Facebook ("je constate que finalement tu n'as pas changé") mots qu'elle coucha juste avant de quitter l'espace privé dont je parlais peu avant.
Et là, une envie irrépressible de me fiche en l'air me vint, fruit d'une longue réflexion, comme le fut ma TS ratée de 2003. Un peu les mêmes causes : fatigué je n'en voyais pas le bout !
Réflexe de survie et non pas appel au-secours, je l'écrivis sur mon blog, et les mots de raison que j'y reçus me calmèrent, me firent entrevoir un espoir et surseoir à ma décision.
Parallèlement, et je ne le savais pas, un ami blogueur était aussi dans le même état que moi, et passera à l'acte le soir même...
Depuis, j'ai lutté à fond pour sortir de là. Pour d'abord sortir de la dépendance vis à vis de Facebook. J'y joue en revanche de plus en plus ! C'est moins "dangereux" !!!!
Avec l'accord du médecin nous avons baissé peu à peu le gardénal qui rendait mon épouse telle une ivrogne qui cherchait ses mots.
Nous avons été en Autriche passer quelques jours pour lui changer les idées.
Mais hélas, j'ai découvert un passé horrible chez elle : sa famille avait voulu l'interner en hôpital psychiatrique, et cela m'a fait un véritable choc.
Nous avons tous les deux remonté la pente, l'état de mon épouse s'est amélioré, elle est revenue au niveau d'avant son hospitalisation.
On pouvait donc souffler. Et pour fêter l'évènement, j'ai réservé deux nuits en Suisse voisine, du 16 au 18.
Mais, le dimanche 15, alors que je grimpais mon escalier, je fus d'un coup au bord de l'évanouissement.
Il s'avéra que c'était un pic de tension, qu'un médoc devait faire passer.
Hélas...
Si le médoc a bien fonctionné au début, depuis avant-hier ce n'est plus ça.
Hier matin, réveil à 4h, alors que me sentais pris comme dans un étau : 18/11 de tension...
Baisse dans la journée, grâce au médoc mais remontée à 17 l'après-midi.
Appel au toubib qui me dit de doubler la dose (un épicier je vous dis...) et si ça ne va pas mieux, RDV dans 8 jours, en vue de prendre encore RDV pour des examens qui n'auront sûrement pas lieu d'ici un mois...
En attendant encore un 18 ce matin...
On en revient au début de ma note. Statistiquement, mes pics deviennent de plus en plus rappochés, malgré des doses de médocs de plus en plus fortes.
J'ai discuté avec un copain toubib, qui m'a dit qu'avec le cholestérol que j'avais (entre 3 et 4), l'hypothèse d'une artère bouchée n'était pas à excure. L'effort de monter l'escalier aurait provoqué le phénomène, qui aurait pu m'être fatal si je n'étais pas hypotendu de nature.
Parlons franchement : le 5 juin je voulais mourir.
Aujourd'hui je ne suis plus en dépression, je ne veux plus mourir, mais je sais que je vais mourir. Comme tout le monde me dira-t'on, mais ce que je ressens chaque matin est indescriptible. Enfin si, il a été décrit par des gens qui ont eu des attaques. Si rien ne change, je ne passerai pas l'été.
Et ce serait dommage car j'ai réservé un charmant studio à Paris pour septembre...
Blague à part, je "sens" la mort arriver, mais je ne la souhaite pas. Je n'en ai pas peur, surtout a vu de mes croyances dont j'ai pas mal parlé dans mon blog, mais je ne la souhaite pas. Pas maintenant. Mon épouse a besoin de moi. Beaucoup plus que je n'aurai pu l'imaginer voici un mois...
Alors voilà ce que je ressens, bien que je ne me classe pas parmi les hypocondriaques mais déjà de voir la façon dont me regardent les gens, j'ai compris. Le même regard qu'à l'hôpital de Montpellier où à l'été 1981 j'avais une vilaine tuberculose.
Je vous tiendrai au courant, je vous embrasse.
11:54 Publié dans détripage, non politiquement correct | Lien permanent | Commentaires (9)
05/07/2012
Horrible révélation cet après-midi
Cet après-midi, rendez-vous chez la psy pour mon épouse. Rendez-vous pris depuis 5 semaines, depuis sa sortie du CHU. Elle était "suivie" jusqu'en mai dernier par une psy "de ville", à qui elle servait de variable d'ajustement pour ses rendez-vous. Jamais le même jour de la semaine, jamais la même heure, et surtout 10 minutes de "consultation". Enfin si l'on peut appeler ça comme ça...
10 minutes de papotage, le plus souvent au sujet de mon boulot, ou alors des horaires des trains...
J'avais essayé de la faire suivre par le second psy "de ville", M. A.... mais celui-ci m'a quasiment envoyé balader, me demandant pourquoi c'était moi qui étais à l'initiative de ce rendez-vous ! Comme si à chaque fois que j'appelais le SAMU pour mon épouse (je dois en être à 50 ou 60 fois) ils me disaient que c'était elle qui devait appeler !
Bref, ne me restaient que les 3 autres psys, toutes les trois basées à l'hôpital.
Quand j'ai pris rendez-vous, j'avais bien demandé si les consultations se faisaient à l'hôpital, il m'a été répondu que non, que c'était au centre médico-psychologique.
J'ai regardé à quoi correspondait le numéro de téléphone, c'était l'hôpital psychiatrique. J'ai pensé que c'était ça, tout en trouvant la chose bizarre, mais en cette période où l'hôpital public doit être "rentable" (j'espère que là aussi le changement ça va être maintenant !) ma foi, pourquoi pas ?
C'est donc là-bas que je me rends tout à l'heure.
Je voyais bien (et les voisins aussi) que mon épouse avait un caractère de chien (encore plus que d'habitude c'est tout dire) depuis le retour d'Autriche, et j'ai très vite compris pourquoi.
Dès que nous sommes entrés elle a été prise de panique.
"Non, non, pas toi, pas là-dedans, ne fais pas comme eux.."
Je suis resté bouche bée devant cette phrase, j'ai failli faire demi-tour, mais quand même, muni de ma feuille de rendez-vous, je suis entré dans l'établissement.
Où on m'a dit que non, c'était au centre médico psychologique.
Je suis comme vous, je savais par exemple que je devais payer mes impôts, mais j'ignorais toujours si c'était à la perception, au centre des impôts, au service des contributions ou au Trésor public...
Là, itou.
Devant l'état de mon épouse qui ne s'arrangait pas, j'ai commencé à m'énerver.
Alors ils m'ont expliqué que c'était une annexe de l'hôpital. Où nous nous sommes rendus illico.
Après une bonne demie-heure d'attente, la psy nous a reçus.
Très bonne psy, car en même pas 20 minutes elle a réussi à faire "cracher" deux choses à mon épouse, deux choses que j'ignorais totalement.
1) Quand elle avait 2/3 ans, on l'avait "enfermée dans des cages en bois" à l'hôpital. Sans doute la réponse de la médecine d'alors à l'épilepsie. J'allais dire "dans la France profonde". Non.... à 300m du jardin du Luxembourg à Paris, dans une maternité qui aujourd'hui porte le nom d'une convention annuelle, mon frère y est passé et j'ai failli le suivre.
2) Plus tard, juste après ses 18 ans, ses parents avaient voulu la faire interner...
Et c'était sa petite soeur, sa chère petite soeur qu'elle a toujours appelée affectueusement "tit bout" qui conduisait la voiture...
Je savais qu'elle avait absolument voulu se faire émanciper à 19 ans, à présent j'ai compris.
D'un coup, ça m'est rentré dedans comme un coup de poing.
Je savais sa famille capable de beaucoup de saloperies, mais alors ça...
J'ignorais en plus que même la soeur cadette était au courant. Mon épouse aussi, j'imagine, mais le choc ressenti en entrant dans l'enceinte de l'hôpital psychiatrique a tout fait resurgir.
Bravo Mme la psy, mais.... tout ça pour rien !
Car elle nous a annoncé qu'elle-même ne pouvait plus faire de consultations externes (j'ai compris "pour les cas "légers" comme la dépression... ), sauf le premier contact, et que ce boulot était confié à des infirmiers.
J'ai réalisé cet après-midi que:
1) L'hôpital public est malade en France. Très malade.
2) Ma belle-famille est à vomir. Pas un scoop mais là on arrive aux tréfonds du sordide. Je comprends pourquoi mon épouse a "boudé" hier à la télé l'étape du Tour qui passait chez elle.
3) Elle avait vraiment beaucoup de choses à "sortir", et que le fait d'être aphasique devait pour elle encore plus terrible.
4) Que finalement, à bien y réfléchir, en dehors de nos amis/voisins nous sommes vraiment tout seuls. Les coups de fil des uns et des autres, ça donne bonne conscience mais ce n'est finalement que du "virtuel"...
Et qu'elle ne peut compter que sur moi. Et donc qu'avoir voulu me fiche en l'air le 5 juin dernier est finalement un luxe que je dois éviter car je ne peux plus me permettre.
Je vous embrasse.
P.S. Pour Janine : tu ne consultes plus ???
21:00 Publié dans détripage | Lien permanent | Commentaires (7)