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12/07/2012

le climat se détend...

Troisième jour à trois.

Serait-ce l'"effet orthophoniste" (cette semaine c'était un jeudi) ou l' "effet fille à la maison", ou bien les deux, mais le climat est à la détente.

Et du coup je peux souffler un peu...

Mais que se passera-t'il demain après 16h27, après que nous ayons accompagné notre fille à la gare ?

Sachant aussi que son amie Lucienne ne pourra pas l'aider cette fois, et que c'est même mon épouse qui devra l'aider car notre voisine et amie vient de perdre son petit-fils de 18 ans, fauché par une voiture dimanche matin à la sortie d'une fête de village...

Oui, il lui faudra aider Lucienne, car à Ouhans - et surtout dans le lotissement - on se serre les coudes. Quand l'un(e) est à terre, c'est l'autre qui réconforte. Et ainsi de suite.

Lucienne a tenu mon épouse à bout de bras pendant des jours et des jours, à présent c'est à elle de le faire. J'y veillerai.

Sinon, bonne nouvelle, mon épouse a accepté les entretiens infirmiers psy, RDV est fixé le lundi 30.

Mes finances vont mieux, digérant peu à peu les caprices de la voiture (près de 400 euros entre le freinage et la révision), je ne suis plus dans le rouge écarlate mais dans le rouge orangé.
Et du coup, si une autre occasion de nous évader se profile, nous saurons l'exploiter. La liste des hôtels en promo sort demain...

Voilà les (bonnes) nouvelles. En plus côté température on respire, on est dans les moyennes d'avril, et la nuit ça fait du bien.

Je vous embrasse.

16:45 Publié dans moi | Lien permanent | Commentaires (2)

23/06/2012

72 mes 21 ans

72, c'était l'année où Delpech chantait 62 nos 15 ans. Il avait 26 ans en cette année 62, et là il arrivait à 36, âge canonique où certains commencent à penser "ah, c'était mieux aaavant !"

Mais au fond, qu'en est-il ? Je vais essayer de répondre le plus objectivement possible.

Financièrement, pour moi c'était un plus indéniable.

Je venais de commencer à bosser, c'était ma première année en tant que titulaire et je touchais l'équivalent de 1800 euros 2012 par mois ! soit 10 % de plus que ma retraite ! J'étais nourri logé et du coup je ne savais pas trop quoi faire de mon argent, à tel point que j'en versais la moitié à mes parents...

Un repas au resto, avec entrée + plat + dessert (et non pas l'un des deux, comme je le vois de plus en plus proposer) : 9 euros.
Une nuit dans un hôtel une étoile ? 16 euros actuels.
Le prix du super était à 1.10 euro, mais bon, ça on l'avait déjà vu en 2007...

Se loger ? Je me souviens que cette année-là, mes parents avaient déménagé au Vigan, dans les Cévennes. Mon père partait en retraite (avec l'équivalent de 3000 euros mensuels !) et il avait refusé de racheter le F2 où l'on vivait à Paris. Le proprio en demandait "3 unités", soit 30.000 francs.
L'équivalement de 27.000 euros.
Rue de Buci, à St Germain des Prés, sous les toits donc au calme, allez trouver un trente mètres carrés à 27.000 euros ! On peut à l'aise ajouter un zéro...

On me dira, "oui, mais Paris est à part."
OK. Ils sont arrivés au Vigan, et se sont installés dans un F2 bis de standing (plafonds à moulures) de 70 m2, avec toutes les commodités, plein centre ville, pour un loyer de 160 euros mensuels !! Là on peut multiplier par 3 voire par 4...

Pour se distraire le cinéma à 3 euros la séance nous offrait des films "sortie nationale".
Un livre de poche valait moins de 1 euro...

Bon, en revanche, un poste de télé noir et blanc coûtait 2400 euros ! Couleur dans les 7000...

Un 45 tours, c'était 6.50.
Pas de magnétoscope.
Pas de cassettes vidéo.
Pas évidemment de lecteur CD, d'ordinateur, de DVD...

La photo revenait (pellicule plus développement) à 60 centimes d'euro plus 8 jours d'attentre (10 cts aujourd'hui).

Le film super 8, c'était 45 euros les 3 mn, donc 15 euros la mn ! A présent, un film sur carte SD revient à quelques centimes la minute...

Pour les loisirs donc on repassera !

 

Pour la qualité de vie c'était couci-couça...

A Paris, la pollution était à son maximum, beauoup plus que maintenant.
Les registres météo en font foi : De Roissy, l'été, on voyait la Tour Eiffel environ 1 fois par semaine dans les années 70, à présent c'est quasiment tous les jours !

Les immeubles et les monuments étaient noirs, de même que nos poumons....

Mais c'est vrai que pour le prix d'un ticket de métro (le même prix qu'aujourd'hui, la RATP a toujours suivi l'inflation) on pouvait se retrouver dans la campagne ! A présent, le Parisien, s'il veut voir des vaches doit aller à Vauboyen, après Versailles, sur la ligne de Massy-Palaiseau. 25 bornes quand même.


Côté "province", même s'ils étaient lents, chaque village était relié à la ville la plus proche par un autocar, voire un train.  Comme c'est le cas actuellement à 25 km de chez moi, en Suisse :))

A présent, terminé. Sans voiture on reste "prisonnier" si on n'habite pas au minimum un bourg de 3000 habitants.

Mais il faut dire que les routes de 1972 (la moitié étaient pourtant classées "nationales") n'étaient pas de la même qualité que celles de 2012.
J'avais, avec des collègues de travail, fait la distance Lorient-Trappes en voiture. Le copain n'était pas du genre à rouler doucement, d'autant que la vitesse n'était pas limitée. N'empêche qu'il a fallu près de 10 heures...
En 2003, pour faire la même distance (moins 50 km) j'ai mis 4h30, sans prendre l'autoroute. Donc 5h pour Lorient, la moitié de temps (en risquant mon permis, c'est vrai).

Pour se ravitailler, 1972 voyait l'âge d'or des hypermarchés et des supermarchés, qui se montaient à toute vitesse. Ici (Ouhans) se trouvaient 10 commerces. Un seul subsiste, l'été : le magasin de souvenirs, près de la source. C'est vrai que 170.000 visiteurs annuels ça ne se loupe pas !

Pour se soigner, c'était l'âge d'or pour la médecine de ville.
Au Vigan (4400 habitants) 14 praticiens... la moitié aujourd'hui, alors que la population a vieilli.

Pas problème pour aller à l'hôpital, il y avait des places, mais c'était vraiment très spartiate et les soins étaient moins "de pointe" qu'aujourd'hui.

C'était l'âge d'or aussi pour les maladies mortelles. Disons l'absence de maladies mortelles.  Ces grandes maladies qui faisaient peur avant 1900 avaient presque toutes disparu, bien sûr il restait ce maudit cancer.

Mais le Sida est arrivé en force dès le début des années 80, et le concept "d'amour vraiment libre" n'existe plus. Pour moi, mettre le machin divise le romantisme par 10, et que dire pour la demoiselle...
Mais c'est obligatoire, même si le Sida tue nettement moins qu'aujourd'hui (impossible de trouver les vrais chiffres sur la Toile...)


En revanche, dans un tout autre domaine, si je voulais téléphoner en 1972, il y avait une cabine téléphonique locale dans chaque village (mais dans chaque village il y avait une poste.... un bureau de poste pour 10 villages aujourd'hui !) et les fameuses "cabines jaunes" interurbaines étaient très disséminées. La plus proche du Vigan se trouvait à Sumène (10 km) et il fallait donc faire ces 10 km pour téléphoner loin sans se faire "taxer" par la poste. Les tarifs étaient quand même prohibitifs, du style l'équivalent de deux euros la minute...
A présent, c'est 100 fois moins, sans même se déplacer ! (1)

 

Enfin, en 1972, je ne pouvais pas :

• consulter ma banque en direct, y faire des virements.
• savoir la météo exacte de mon patelin.
• envoyer du courrier et en recevoir, en quelques minutes, gratuitement, et sans passer par la Poste, même si à l'époque ça existait encore.
• consulter les horaires de train ou d'avion et acheter des billets.
• commander des marchandises.
• confier mes états d'âme au monde entier (ce que je fais là...)
• savoir où le carburant est le moins cher autour de ma commune.
• sur le même appareil soit écouter la radio, regarder la télé, écouter des chansons, regarder des films...

 

Bref, l'ordi et internet n'existaient pas.

Il fallait attendre encore 9 ans pour le second (2), et une bonne douzaine d'années pour voir arriver les premiers...

Alors, 72 ou 2012 ?

Je dirais 72, car j'avais 21 ans...;-))
C'est pour ça que la plupart des gens pensent que "c'était mieux avant". Tu m'étonnes...

je vous embrasse

 

(1) Sosh d'Orange.
(2) Le Minitel

09:27 Publié dans moi, Science | Lien permanent | Commentaires (3)

19/06/2012

J'aurai essayé !

Depuis quelques années, essentiellement à cause de mon travail (stress + horaires décalés) je prenais des tranquillisants.
Atarax et Témesta.
L'un (Atarax) Allergénique et tranquillisant. L'autre seulement tranquillisant.

Je m'étais fixé comme objectif de me sevrer peu à peu, jusqu'à, si possible, la dose zéro, en baissant d'un cran tous les mois.

Je partais de 200 mg d'Atarax et de 5 mg de Témesta.

Un après, cocorico j'avais réussi à éliminer totalement l'Atarax (au prix d'une piqûre de cortisone supplémentaire en juillet, la saison étant très pollinique).
J'étais également passé de 5 mg de Témesta à 3.

J'étais si content que j'en avais fait une note, avec une photo pour mieux illustrer mon propos :

médicaments.jpg

Dans ma candeur naïve, je me demandais pourquoi j'avais dû prendre ces trucs, vu que ça avait relativement facile de m'en sevrer.

Je continuai donc allègrement:

• début avril je passai à 2.5 mg de témesta
• début mai à 2 mg
• début juin à 1.5.

Toujours avec la même candeur, je me disais que le cadeau d'anniversaire de ma fille, en septembre prochain, serait de lui annoncer que, pour la première fois depuis 1973, j'étais arrivé à zéro médoc !!

Le toubib, à chaque renouvellement, me félicitait pour ma volonté. J'étais tout fier, mais honnêtement je ne sais pas si ce médecin a bien fait son travail.

Ca s'apprend à l'école, en CM2:
Si passer de 5 mg à 4.5 ne pose aucun problème, il en va autrement si l'on passe de 2 à 1.5.
D'un côté on baisse de 10% de l'autre de 33%....

J'aurais dû "étaler" ce sevrage...

Bref, ceux qui lisent mon blog, et surtout ce que j'écris dans Facebook ont pu facilement se rendre compte que depuis le mois de février j'allais de moins en moins bien.

Mon épouse a fait sa crise le 22 mai, et à ma grande surprise, j'ai supporté son hospitalisation beaucoup plus mal que les autres fois. J'ai mis ça sur le compte de la chaleur qui régnait à ce moment-là.

Le 29, elle sortait, très très abîmée...
D'abord elle parlait comme si elle avait 3 g d'alcool dans le sang.
Puis elle dormait tout le temps.
Elle trébuchait sans arrêt.
Elle avait mal partout.

Je ne suis pas médecin, j'avais vu qu'on lui avait rajouté une dose de gardénal à 150 mg, mais je ne faisais pas le rapport !
C'est Lucienne, notre copine, qui le fera, plus tard, bien plus tard, en nous montrant la notice. Elle avait tous les effets secondaires du gardénal !

Mais ça je ne le savais pas.... Et la voyant dans cet état-là, je fis la connerie de prendre sans attendre les vacances en Ardèche qui avaient été repoussées à cause de son hospitalisation.

Déjà là-bas, cagnard pas possible, chambre plein sud, avec 28 degrés quand même la nuit, même fenêtre grande ouverte.
En plus je voyais le regard des autres face à mon épouse qui pensaient (certains même à voix haute - et elle a dû l'entendre) qu'elle avait une bonne cuite.
Plus ce frein qui a lâché et qui a nécessité tout un trafic (attente dépanneuse- attente taxi - 1h30 de taxi aller plus 1h30 retour le lendemain matin) ce qui n'a pas arrangé mon épouse.
Et puis moi, la veille de cette panne, LA connerie :
On était le 1er du mois, je baissais ma dose de médocs ! Donc passage de 2 à 1.5...

Après un retour catastrophique, ne voyant aucun progrès chez mon épouse, pensant que ça serait définitif, j'étais complètement abattu.

Le lundi 4 on alla chercher notre chat en compagnie de Lucienne, et nous nous arrêtâmes pour faire des courses.
Comme à chaque fois, je "fis le tri du caddie". C'est à dire que j'enlevai du chariot les articles présentant un rapport qualité/prix mauvais. Par exemple du roquefort bas de gamme plus cher que le Société. C'est qu'il faut faire attention à présent que je suis en retraite !

Mais cette fois, je sentis les larmes me monter, et je me précipitai vers les toilettes de l'hypermarché pour les faire couler. Je me sentais coupable d'avoir fait ce geste...

Bon Dieu, mais qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Je n'avais pas versé de larme depuis des années ! En dehors des salles de cinéma bien sûr...

Le lendemain mardi 5 juin a bien failli être mon dernier jour.
J'étais complètement abattu... Avec des sentiments mélangés : Le premier, pensant à mon épouse qui n'avait pas mérité ça.  Le second, pensant à mon incapacité de devoir la "gérer" ainsi à vie. Le troisième, ce sentiment de culpabilité d'avoir désormais à devoir lui refuser les petits plaisirs qu"elle voulait s'offrir, et ce pendant 5 ans, le temps d'attendre qu'elle touche sa retraite.

Plus des calculs morbides : Je savais qu'elle était malheureuse, et je pensais dans ma détresse que s'il m'arrivait quelque chose, elle aurait droit à ma pension de réversion, plus sa pension d'invalidité.  La maison étant payée, elle l'aurait vendue et aurait pu s'offrir deux petits appartements, l'un près de sa famille en Normandie, l'autre près de notre fille. Je ne la laissais pas financièrement sans rien.
Donc je m'imaginais dans mon délire que j'étais un obstacle à son bonheur. Déjà que j'étais le méchant qui lui interdisais la moindre goutte d'alcool, que j'étais le méchant qui lui interdisais (non qui lui déconseillais) de conduire, j'étais également le méchant qui lui refusait finalement tout...

Cela je ne pouvais plus le supporter.
Je voyais la boîte de gardénal qui me faisait de l'oeil, et je pensais que cette fois, ça ne ferait pas de pli...
J'attendrais bien sûr qu'elle soit couchée.

Mais, quand même, je me devais de m'expliquer. On ne "part" pas comme ça....
Quoique... dirait (avec raison) mon amie Odile...

Aussi, j'écrivis une longue note intitulée "je crois que la bête revient", postée à 16h24.

Ce n'étais pas du tout, mais vraiment pas du tout un appel au-secours ! Car quand on lance un appel au-secours, on attend du secours, CQFD. Mais là qui pouvait me porter secours ? Personne ne pourrait rendre sa santé à mon épouse, personne ne lui permettrait de revivre comme avant....

Je n'eus donc pas de secours, mais en revanche j'eus des témoignages d'amitié. De fraternité.

Et surtout "LE" com. Je ne dirai pas de qui il était (elle se reconnaîtra) mais ce com disait en substance :
"c'est le stress, la fatigue accumulée ces jours derniers qui se font ressentir là pour toi. "

Et là je fis un lien entre mon sevrage et mon état. Bon sang, mais c'est bien sûr ! Je n'étais plus "protégé" suffisamment. Quand mon épouse prend la moitié de ses médocs, elle fait une crise c'est inévitable. Moi c'est de deux tiers que j'avais baissé ma dose ! Il était logique que je fasse aussi ma crise !

Et aussitôt, je repassai de 1.5 mg à 2.5, en voyant comment je réagissais. Si ce n'était pas suffisant, je monterais, jusqu'où il fallait monter.

En revanche, pour mon épouse, une fois le "diagnostic" établi, en accord avec le médecin, on allait la sevrer. Mon médecin - pas doué en calcul - avait prévu une semaine à 140 mg, puis une semaine à 130, etc etc...
Je pris sur mon bonnet de planifier 5 jours à 140mg, puis 6 à 130, puis 7 à 120, puis 8 à 110, etc...

Et là encore, on verrait comment elle réagirait. Et jusqu'où il fallait qu'elle descende.

Au jour d'aujourd'hui, je peux vous dire que tous les deux allons bien.

Je suis à 2.5 mg de témesta et j'y resterai.
Elle est à 110 mg de gardénal et je pense que 100 sera une très bonne dose.

Mais.... pour moi ce n'était pas fini !!!

Car voici 4 jours, une tempête de sud a ramené un pollen monstre dans la nature, et ne pouvant pas me faire "cortisoner" (Week-end), je me suis rabattu sur ce que j'avais à savoir.... l'Atarax.

Idem, j'ai commencé par 0.25, ce n'était pas encore ça, puis 0.50 un léger mieux, puis 0.75, ah, je touche au but, et la dose de 100 me semble finalement la bonne.

Si bien que j'ai quand même régressé jusqu'à octobre dernier en ce qui concerne l'Atarax et à avril en ce qui concerne le Témesta.

J'aurai essayé !

Je vous embrasse.



18:49 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (6)

11/06/2012

Pause

Je coupe l'ordinateur, pendant 24h, histoire de laisser se décanter certaines choses ici ou là, et d'autre part de me changer les idées...

A demain, je vous embrasse.

14:26 Publié dans Blog, moi, psy | Lien permanent | Commentaires (6)

10/06/2012

L'important c'est la dose !

Du mieux, en ce dimanche matin d'élections législatives (ne pas oublier, pour tous ceux qui ont voté François Hollande, de lui permettre d'avoir une majorité à l'Assemblée, car une cohabitation - surtout dans ce sens-là - rendrait la France ingouvernable) après une période noire de quand même - je parle de moi pas de la France lol - de quand même 19 jours...

Je n'oublie pas ceux qui m'ont encouragé pendant ces durs moments, même si quelques-uns ont dérapé par la suite, suite à une grande émotion (là je sens les coms indignés arriver..) mais je ne leur en veux pas.

Mieux donc, grâce aux doses de médicaments.

• de 150 à 130 mg de gardénal pour mon épouse, qui même si elle n'a pas retrouvé son état du 21 mai n'est plus le "légume" qui m'a laissé complètement désemparé ce maudit mardi 5..
Logiquement, encore une petite baisse, et elle reviendra non pas "à la normale", mais comme elle était lors des Présidentielles. Avec plus de protection pour sa maladie.

• 2.5 mg de témesta pour moi.
J'étais parti en mars 2011 de 100 mg d'Atarax et de 5 mg de Témesta.
J'avais réussi à supprimer entièrement l'Atarax - ce qui en revanche m'a rendu encore plus allergique aux pollens, mais pas grave - et pour le Témesta, arriver en mai à 2 mg. Début juin, alors que nous étions en Ardèche, j'ai essayé le 1.5. J'ai vu le résultat le mardi suivant :(

Donc, pour moi je reste sur ce palier de 2.5, en sachant bien que j'ai quand même réussi à diminuer de moitié ce fichu médicament. On verra d'ici un an, si je peux me permettre de "baisser mes protections".

Mieux aussi, grâce à l'amitié.

J'ai eu hier soir la visite de mon amie Odile et de son mari Pascal. Qui me connaissent depuis 2006, alors que j'étais encore (un peu) en maniaco.

On a pu discuter assez longuement hier soir, et m'a prodigué de précieux conseils. Dont celui de ne pas me prendre la tête pour des choses qui, finalement sont secondaires.
Elle m'a fait le compliment de me dire que j'étais à l'écoute des gens, mais bémollisé par le fait que j'étais... trop à l'écoute,  allant vers l'analyse, dernière étape avant le jugement.  Et que je prenais le risque de devenir une éponge (j'espère que je traduis bien ses propos, elle me fera rectifier sinon, je commence à avoir une certaine habitude de rectifier depuis quelque temps lol) ce qui risquait d'être dangereux pour moi, n'étant pas assez solide (je le crois) pour supporter tout à la fois.

Cela m'a fait énormément de bien de pouvoir parler, de pouvoir cracher tout ce que j'avais en-dedans. Certes mes voisins sont formidables, mais ce ne sont quand même que des voisins.

Mes trois autres seuls pôles sont d'un côté à Toulon avec mon cousin germain (mais qui devient trop bouffé par la politique, plus que moi, c'est dire), à Lorient avec mon cousin-frère, et à Quimper avec mon ami de 47 ans. C'est d'ailleurs lui, avec mon amie Odile, qui en sait le plus sur ma vie.

Bref voilà : comme je sais trouver mon blog pour lui dire quand ça va mal (mardi dernier je suis vraiment passé très très près....) il est normal que je passe par lui quand les nouvelles sont meilleures.

Du coup, cet après-midi vous aurez votre note des tubes de l'été 1969 :)

Je vous embrasse.

18/04/2012

A dimanche 30 !

Je pars pour 10 jours demain matin de bonne heure, mon parcours habituel depuis septembre dernier, à savoir :

• Chez ma fille dans les Côtes d'Armor (est !!!!!!!!) , jusqu'à samedi.
• Dans ma famille (celle de mon frère-cousin Jean-Yves et de mon filleul, son neveu) à Lorient et environs de samedi à lundi. (je vote - "utile" - par procuration).
• Chez mon ami Bernard de lundi à mercredi.
• A Paris de mercredi à dimanche, avec un immense point d'orgue vendredi.

Déjà, je manque de peu Gérard Palaprat et son épouse Guylaine, avec qui j'aurais pu passer un moment mercredi. Mais mon train arrivant à 19h11, pas possible. Ca sera pour une autre fois (septembre prochain je pense, vers la Bretagne).

Mais vendredi, ce seront de grandes et belles retrouvailles.

Je vous campe le décor (extrait d'une ancienne note) :

En octobre 1970, j'intègre la fac. Changement total d'ambiance avec Louis-Le-Grand, les robes courtes et colorées des jeunes filles tranchent avec les blouses blanches de LLG, la fac est toute neuve (même en construction) ce qui change du bâtiment XVIIème siècle d'où je venais.

Je m'inscrivis tout de suite en section "sport", nanti de mes 10'8'' aux cents mètres qui m'avaient mis "hors-barême" pour le 80m du bac.

C'est un monde nouveau que je découvrais, on pouvait étudier "à la carte" ! Et en dehors des TP et TD notre présence n'était pas obligatoire.
Il y avait, en haut de l'échelle, le cours magistral en amphi, 300 personnes avec un prof très éloigné de nous (dans tous les sens du terme). Puis, les Travaux Dirigés, l'équivalent d'une classe de lycée, avec une vingtaine de personnes. Et enfin, les "colles", dont le sens n'avait rien à voir avec celles du lycée ! C'était des cours presque particuliers à 2, 3 personnes que nous faisaient les étudiants de licence ou de maîtrise.

Il y avait aussi les TP, Travaux Pratiques de chimie, branche dans laquelle je m'étais engagé.

J'eus comme "binôme" une certaine Annie. Avec laquelle je sympathisai immédiatement. Rien de plus, car mon coeur était déjà pris . Du reste pas mal d'étudiantes venaient s'assoir à côté de moi en amphi, pour me faire la conversation !

Je restais sur un énorme échec sentimental, une jeune fille de Franche-Comté pour qui j'avais fait les vendanges et que ses parents avaient enfermée pour ne pas avoir la tentation de poursuivre cette idylle. Je ne pensais qu'au jour où je pourrais y retourner, monté sur un cheval blanc, pour enlever ma belle.

Et je me lançai à corps perdu dans mes études. Ne ratant aucun cours, aucun TD, aucune colle, aucun TP.

Et quand vint le jour du "partiel" de maths, je pensais bien m'être débrouillé, au lycée ce que j'avais fait méritait au moins un 13/20.

Hélas, quand, début novembre, arrivèrent les résultats, je fus très déçu même si j'étais parmi les 50 premiers de l'amphi, je n'avais que 7/20 ! Méthode efficace pour décourager les "première année", qui marche toujours aujourd'hui.

J'avais repris mon entraînement aux 100m, sur un stade près de la Porte de Clignancourt, mais je m'aperçus très vite qu'il fallait que je m'entretienne ! Mes 10'8"" était devenus 12'1"", et peu à peu je recommençai à grapiller les précieux dixièmes.

Puis arriva la mort de De Gaulle, qui me permit de tenter de revoir ma "promise" en Franche-Comté et qui se solda par un échec magistral.

http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2010/09/01/premier-baiser-premiere-rupture-1970.html


A mon retour, je n'avais plus goût à rien. Si je continuais à fréquenter les bancs de la fac, c'était pour faire plaisir à ma mère, mon père s'étant une fois de plus montré odieux à l'occasion de ce maudit retour.
Du reste pour moi cette année de fac était du "remplissage", avant l'Essentiel, le concours d'entrée  qui était la porte de l'Ecole Supérieure de la Météorologie, la profession dont je rêvais depuis mes 12 ans. Mon père m'avait dit "passe ton bac d'abord", c'est ce que j'avais fait. Me faisant ainsi rater 3 années de travail, lesquelles m'auraient bien servi actuellement, pour ma retraite.
Je gagnerais environ 30% de plus.... Merci papa !

Les cours n'étant pas obligatoires, je les séchai donc, mais restaient les TD et les TP qui eux l'étaient.
Je dois beaucoup à mon binôme Annie, qui, mise au courant de mes déboires, faisait ce qu'elle pouvait pour me dérider lors de ces fameux TP, n'hésitant pas à mettre n'importe quoi dans les éprouvettes. C'était, 8 ans avant, "les sous-doués"...

Annie avait une amie, sa meilleure amie, qui s'appelait Danielle.
Et je me liai vite d'amitié avec ces deux jeunes filles, à qui je racontai mes malheurs Jurassiens.

C'est après les vacances de Noël que les choses s'accélérèrent. Par, si j'ose dire, "cooptation".

Annie tomba amoureuse d'un grand garçon, hypersympa, prénommé Michel. Et j'avais deux sentiments contradictoires en les voyant, se donnant la main, toujours serrés l'un contre l'autre.

1) que c'est beau, deux êtres qui s'aiment à ce point, mais
2) et dire que pour moi c'était encore ça il y a quelques mois...

La bande des trois devenait la bande des 4. Mais pas pour longtemps, car Michel emmenait dans sa "musette" un grand copain à lui, Clément.
Et de 5.

Mais Clément était amoureux de la "vieille" du TD, Claire. On l'appelait "la vieille" car elle avait  24 ans, ayant essayé diverses voies avant de se retrouver parmi nous. Et Claire vint tout naturellement nous rejoindre, la "bande des six" était née".

Curieuse bande en vérité car constituée de deux couples et d'un duo, Danielle et moi. Danielle qui je crois, n'aurait pas demandé mieux de constituer avec ma pomme un troisième couple.
Danielle ne m'était pas du tout indifférente, mais elle ressemblait énormément à Brigitte, la jeune jurassienne. Et en plus chez moi, les chagrins d'amour durant très longtemps, je n'étais pas prêt pour une nouvelle rencontre.

A partir de ce moment-là, la fac ne nous verra quasiment plus.
Certes pour nos parents respectifs on fera semblant d'y aller, on se lèvera à 7h30 et on prendra le métro, mais pour... se retrouver tous les sur le quai du métro Châtelet, ligne 7 direction Ivry, devant les premières classes.

Et quatre mois se passeront comme ça, de janvier à avril. Nous nous baladerons de tous les côtés dans Paris, et même en dehors. C'est avec eux que j'irai pour la première fois "en boîte", en fait à Paris des caves.
C'est avec eux que je m'initierai au bowling.
C'est avec eux que je vais tâter du fast-food, qui à l'époque ne s'appelait pas MacDo mais Wimpy.

Nous aurons nos quartiers généraux : Le matin, ce sera la brasserie "l'Etoile" où en guise de repas nous mangerons des sandwiches.

L'après-midi c'était le Bar de l'Odéon, juste à côté du Théâtre du même nom, où nous refaisions le monde en buvant des cafés (ce qu'il y avait de moins cher) et écoutant des chansons au Juke-Box. Nos préférées étaient "la vente aux enchères" de Bécaud et "qui a tué grand-maman" de Polnareff.

Danielle et moi regardions les deux couples s'enlacer, se bécoter. Parfois, quand nous nous baladions, nos mains se frôlaient. Mais ça n'allait pas plus loin, je n'étais pas assez "mûr" pour ça. Dans tous les sens du terme.

Un des plus beaux cadeaux que je recevrai de ma vie, c'est à eux que je le devrai. Un simple 45 tours, mais sur lequel tous avaient mis un petit mot.

Puis arrivèrent les vacances de Pâques, le break nécessaire pour faire le point
. Ce furent 15 jours en Lozère, comme l'année d'avant. Quinze jours merveilleux que je passai avec mon père qui voulait se racheter de sa conduite immonde de l'automne. Ma mère nous rejoignit pour 8 jours, et nous étions cette fois motorisés. Que des Solex, certes, mais nous n'étions plus tributaires des horaires de car.

En plus il fera beau et doux quasiment tous les jours, ce fut une parenthèse bienvenue.

Au retour, ce n'était plus ça. Les couples en avaient marre de "la bande" et préféraient - je les comprends - se retrouver en tête à tête. J'irai alors très souvent chez Danielle, écoutant Iron Butterfly (une chanson de 18 minutes) , Elvis et quelques autres. Nous discuterons énormément elle et moi. J'essayais de lui faire comprendre avec mes mots, mes pauvres mots de mec, que pour moi ce n'était pas facile, que j'aimerais tellement tomber dans ses bras mais que "quelque chose" m'en empêchait. Mais je ne connaissais rien de la psychologie féminine...
A tel point que vers la fin Danielle aura des doutes sur mon hétérosexualité ! Et il faudra que je m'invente un coup de foudre bidon pour une autre fille du TD pour faire stopper la rumeur naissante...!

De temps en temps quand même nous nous retrouverons à 6, dans un quartier où - je l'ignorais complètement, mon père me l'ayant caché - habitait celui qui allait devenir le parrain de ma fille.

Puis mai vit l'éclatement du groupe. Annie et Michel tinrent à m'accompagner pour passer mon concours professionnel, d'où dépendait ma future carrière.
Je devais les revoir trois ans plus tard, avec ma toute jeune première épouse, où nous partagerons un repas dans un resto sympa de la gare Montparnasse ("le Grenier") disparu depuis. Ils étaient toujours ensemble.

Et plus de 35 ans ont passé...

C'est par le site "copains d'avant" que je remarquai une certaine Annie N... qui avait fréquenté un lycée du XXème entre 67 et 70. A tout hasard, style Dubosc dans Sophie Boustier, je lui envoyai un message dans lequel je lui demandais grosso-modo si c'était pas elle la Annie avec qui nous allions au bar de l'Odéon avec 4 autres étudiants.
Et le lendemain elle me répondit, me disant que oui, c'était bien elle, et qu'elle était mariée avec deux enfants.

Et là, le plus beau. Un truc qui me fait rêver, moi la midinette masculine des blogs.
Car elle s'est mariée... avec Michel, celui de la fac. Le couple que j'ai vu se former sous mes yeux en 1970 est toujours là, 40 ans après... !
Il y a des choses qui vous réconcilient avec la vie. Ces deux-là n'auront donc jamais connu d'autre "partenaire" (beuark ce mot, c'est un terme de belote, pas d'amour...) de toute leur vie.

Et donc, il est convenu que vendredi 27 à 19h45 on se retrouve devant la fontaine St Michel.
41 ans après, je reverrai 4 membres de la bande des 6.

On aura des choses à se dire, car ces 41 ans ont été très différents pour les uns et pour les autres !

Je vous raconterai...
Et je vous embrasse.

06/04/2012

Remède contre l'hystérie

Je l'ai mis en com à Teb, je sais que la crise d'hystérie de mon épouse hier n'est due qu'à sa maladie.

Soit.

Mais sans le vouloir, j'ai trouvé un excellent "remède". Bon. Savoir s'il y a relation de cause à effet !

La nuit dernière, j'avais du mal à m'endormir. C'est toujours comme ça au début du mois, à cause de mon "sevrage" de médicaments. Là je suis passé de 3 à 2.5, ça fait quand même une diminution de 17%. Pas rien...

A chaque fois que j'essayais de m'endormir, j'en étais empêché par mon épouse qui bougeait. C'était régulier, environ toutes les 20 minutes.

A un moment donné, j'ai déclaré forfait, et je suis allé me réfugier dans la chambre d'à côté (nous avons 3 chambres dotées de lits).

Et, enfin, j'ai réussi à m'endormir. Il devait être près de 1 heure du matin, quand même...

Ce matin, réveil à ..... 10h ! Première fois depuis ma retraite que je dors si tard...

Je le répète, j'ignore s'il y a un rapport, mais durant toute la journée elle a été tout miel. Elle a même évité de dire du mal de ses voisin(e)s, c'est tout dire !

Bref, à la prochaine crise, je retenterai le coup de la chambre à part. On verra bien si sa "bonne humeur" d'aujourd'hui venait de là :)

Je vous embrasse.

22:29 Publié dans moi, psy | Lien permanent | Commentaires (4)

05/04/2012

Retour aux réalités :(

J'a parlé trop tôt !!

C'est ça mon optimisme exacerbé, il me suffit de quelques semaines paisibles , et ça y est, je me dis que finalement, mon "réel" devient super, que finalement j'ai moins besoin du "virtuel" , et peut-être même ce que "virtuel", qui a toujours été là quand j'avais besoin de lui, pourrait, par certains côtés, me faire replonger !!

N'importe quoi...

Alors qu'"en vrai" je viens de passer 3 mois superbes, avec beaucoup de monde chez moi, de tous âges, avec des escapades Parisiennes ou Azuréennes, je fais de plus en plus de pauses ici.

J'ai écrit ça le 24 mars....

Je m'y voyais déjà...
Comme le chantait le Père Charles (Aznavour).

La dernière grosse crise d'hystérie de ma Chère et Dure remontait à l'année dernière. Au 14 juillet très exactement. Certes il y en a eu depuis quelques-unes, mais de moins sévères.

J'avais eu tendance à oublier comment ça faisait.

Aujourd'hui, elle a décidé de me faire ranger un à un des cartons sagement entreposés dans la cage d'escalier depuis bientôt deux ans.

Alors elle a pris un carton, où sont disséminés des trucs qui datent d'entre 2 et 20 ans, et m'a sommé de le dispatcher! Là, tout de suite... Minimum deux jours de boulot...

Je revois les scènes d'août 2003, qui peut-être se justifiaient un peu plus : nous étions en train de déménager, et le temps nous était compté.

Actuellement, nous emménageons, et nous avons tout le temps de le faire.
Je sais par quoi j'ai commencé et par quoi je vais continuer. Priorité pour l'instant à ma "cave", là où j'ai installé mon coin perso, aec Ordi, Chaîne Hi-fi, disques, Cd, cassettes de mes émissions, journaux à trier, DVD.

Quand je suis arrivé, c'était comme ça :

DSCN7125.JPG

aujourd'hui c'est comme ça :

DSCN1053.JPG

Certes il y a encore un boulot, mais tout ne s'est pas fait en un jour. D'autant que c'est "ce qui se voit" qui est pris en photo, dans les cartons, j'avais plein de trucs à ranger soigneusement, comme mes émissions de radio (quand même un millier de cassettes) qu'il m'a fallu en partie réécouter pour les dater, et les ranger dans un meuble ad hoc.

J'estime que, pour cette pièce, j'en ai encore pour environ 6 mois.

Après on s'attaquera au reste.

Mais "chère et dure" me connaît, elle sait que me suprendre pendant que je me sens bien est presque un traumatisme.

Et je sais pourquoi cette hystérie revenue (en attendant "mieux") : parce que notre fille se fait de plus en plus harceler dans son travail, et qu'elle a décidé de quitter l'entreprise où elle travaille, avant que ça ne prenne de trop grosses proportions.
Elle a raison.

Mais elle a eu tort d'en parler à sa mère, qui, depuis, a changé du tout au tout : pour chère et dure, tout le monde est "con", de la femme du cousin de Toulon à notre voisine en passant par un autre voisin grâce à qui notre tondeuse flambant neuve est encore en état de marche...

Bref elle ne supporte plus personne. Et moi, comme elle est obligée de me supporter, elle m'en fait voir de toutes les couleurs.

Finalement, je pense qu'avant de m'éloigner du Virtuel, il faudrait peut-être que j'analyse correctement ce qui se passe dans ma "vraie vie". C'est bien de "décortiquer" les pailles de mon virtuel, faut-il encore que j'arrive à ne pas oublier les poutres que je reçois de temps en temps dans ma "vraie" vie !

Merci à vous d'être là.

Je vous embrasse

14:31 Publié dans détresse, moi | Lien permanent | Commentaires (6)

04/04/2012

1979/1980 Journal croisé de Guy Bedos et moi

21 avril 1979.

GUY BEDOS (extrait de son livre "en attendant la bombe"
Nicolas. Il est né à midi pile. Il pèse 3kg550 et mesure 50 centimètres. Un beau bébé. Le premier qui parle devant moi d'accouchement sans douleur, je le gifle..
MOI
Ca me fait drôle de poser une mutation. J'étais bien à St Etienne de St Geoirs. Mais nos parents vieillissent, Millau est une occasion de nous rapprocher, il ne faut pas la rater ! On va passer de 4 heures de trajet mini à une heure/une heure dix. Ca compte...

1er juin 1979.

Reçu le livre de Sophie qui vient de paraître en librairie. Je l'ai parcouru plus que lu véritablement. C'est d'une telle médiocrité de fond et de forme qu'auprès de ce qu'elle écrit, les articles de Minute ou d'Ici-Paris qui la soutiennent semblent avoir été signés par Sartre dans Les temps modernes.

Je l'ai ! J'avais mis Embrun en premier, mais faut pas rêver quand même... J'irai donc à Millau, lol, comme dirait Fernandel ! A présent, opération "trouver un logement". Vu ce que je gagne, à tous les coups j'aurai droit à un HLM. Enfin j'espère ! Bon, je vais annoncer la nouvelle à nos deux familles.

9 août 1979.

Notre premier anniversaire de mariage. Mais comme amants, notre troisième été. Et toujours le même désir, la même curiosité, la même divine surprise.
Nicolas, ravi de la crèche, tu as raison de sourire aux anges, ça va bien pour nous trois...

Ca n'a pas été sans mal, mais après quand même 2 mois de recherches, on a fini par le dégotter ce logement. Une petite maison F3, au fond d'une impasse - donc calme - mais j'ai vu aux yeux de Mireille qu'elle va regretter notre beau F4 de l'Isère. Les toilettes à la turque, elle n'a jamais connu. Bah, l'essentiel soit qu'on se rapproche de nos parents...

9 septembre 1979.

Treize heures. Je viens d'apprendre à la radio le suicide de Jean Seberg. On l'a retrouvée, corps décomposé, sous une couverture, dans une voiture garée à quelques mètres de son appartement, au centre d'un quartier truffé d'ambassades et arpenté par des centaines de flics. Au moins 10 jours qu'on avait signalé sa disparition. Curieuse police...

Hou la la ! Dur dur les nouveaux horaires... Pour la journée c'est 5h30/19h, donc lever à 4h30, et pour la nuit c'est 19h/5h30, et pas question de roupiller entre deux tours d'horizon : il n'y a pas de lit à la station :( Sinon, Mireille va chercher du travail, vu qu'il y a une voiture de service, elle va pouvoir prendre la nôtre.

30 octobre 1979.

Suicide de Robert Boulin, ministre du travail. Après les dimants de Giscard, les acquisitions immobilières de Raymond Barre, c'était "l'affaire Boulin" - la troisième que "le canard" avait sortie en un mois. Barre hospitalisé pour dépression nerveuse, Boulin qui se flingue, Giscard muré dans un silence persistant, du côté du pouvoir ça sent le roussi...

Mireille vient de vendre son premier aspirateur. Elle a un talent fou pour vendre, c'est dingue ! A mon avis elle va arriver à gagner plus que moi, chez Electrolux ! Mais le revers de la médaille, c'est qu'on ne se voit pas beaucoup, avec mes horaires de fou : je dors sans arrêt pour essayer de récupérer. Le toubib, un mec super, m'a donné un truc pour m'aider à supporter ces horaires : Le Témesta.

21 décembre.

Huit mois de Nicolas. Il pèse maintenant huit kg 50 et mesure 69 cm. Pas de quoi pavoiser, moyen, très moyen ! Il paraît qu'il a dit "maman".
Papa, vexé, demande à vérifier.

Mireille a eu un accident. Pas de blessé mais la voiture au garage, lequel a brûlé avec la voiture... Ma femme a perdu son emploi, et du coup est très choquée. Hier je l'ai emmenée au Vigan se refaire une santé chez ses parents, je la rejoindrai à Noël. Côté santé, moi ça va, je pèse 80 kilos, j'en ai pris encore 6 cette année... Beau-papa ne va pas manquer de me le faire remarquer !

25 décembre.

Noter tout de même, à propos de Giscard, le sournois, cet aristocrate sans noblesse qui de reniement en reniement proclame son aversion pour la peine de mort et fait éxécuter un probable innocent...

Ma belle-soeur vient de m'apporter un petit mot tout à l'heure. " C'est fini, je ne veux plus te voir, excuse-moi ou ne m'excuse pas, mais je n'en peux plus. J'irai voir le psychiatre mercredi."
Mon monde s'écroule.

9 janvier 1980.

C'est vrai que Nicolas dit "maman". Mais c'est moi qu'il appelle "maman" !

Reçu ce matin une lettre recommandée du beau-père qui parle "du divorce", et m'envoie la liste détaillée des biens de la communauté. Au-secours :(( 
Ma mère arrive tout à l'heure par le train - 9 h de trajet via Nîmes et Béziers pour 60 km à vol d'oiseau - , inquiète du fait que je ne peux absolument plus rien avaler depuis Noël. Je vais pouvoir enfin parler à quelqu'un, car je ne connais personne dans cette ville où m'a femme m'a quitté. Moi qui voulais entamer un régime, j'ai perdu 5 kilos en deux semaines...

16 février 1980

Julos Beaucarne, chanteur et directeur (belge) du théâtre 140 s'écoute un peu parler, mais je ne lui donne pas tort, il est sûr au moins d'écouter des choses intéressantes.

Je reviens de Lorient où Jean-Yves m'a accueilli une semaine, malgré les réticences de sa nana, qui depuis que Mireille m'a quitté, pense que je homosexuel ! si ! Sur les conseils de mon chef (lui aussi un coeur d'or) j'ai pris un avocat. Enfin "mon père a pris un avocat", car je sais que ce sont nos deux parents qui se battent, par enfants interposés. Seule bonne nouvelle : Perte de 11 kilos depuis Noël, je suis revenu à mon poids d'il y a trois ans ! Car je ne peux toujours rien avaler, sinon un Mars le matin.

21 avril 1980.

11h40. Plus que vingt minutes et mon fils aura un an. Et du coup; moi j'arrêterai d'écrire ce journal.
Midi 10, voilà c'est fait. Happy Birthday ! Lui se demande, un peu effaré, ce qu'on a tous à lui sucer la pomme...

Je viens de voir le docteur Metge, du Vigan, mon médecin de famille. Pour lui, je ne pourrai pas tenir encore 2 mois si je continue à ne plus m'alimenter. Lui qui était obsédé par mon poids, avec 22 kilos de perdus en même pas 4 mois, le voilà servi ! Je sais que je vais mourir, mais je ne veux pas mourir. je n'ai que 29 ans... Mon corps capitule, mes cheveux tombent par poignées. Ma seule planche de salut serait une mutation, vers Embrun, ce pays que j'aime tant... Mais à peine arrivé à Millau, je sais que je n'ai aucune chance...

__________________________________________________________________________________________________

32 ans après, Nicolas Bedos est devenu aussi talentueux que son père, et encore plus vache. Mais je me régale à lire les deux...

Quand à moi, après être arrivé à peser 51 kilos fin juin, j'ai arraché ma mutation pour Embrun grâce à une assistante sociale et aux deux médecins : celui du Vigan, qui me connaît depuis 8 ans, et celui de Millau, qui a assisté à la "chute"....
Sauvé par le gong...

Je vous embrasse.

 

Le livre de Guy Bedos où j'ai puisé ces extraits - sans en changer une lettee - s'intitule en attendant la bombe, éditions Calmann-Lévy.

10:38 Publié dans détripage, moi | Lien permanent | Commentaires (4)

24/03/2012

Balancier

Il y a neuf ans, le Net m'a sauvé la vie.

J'avais un "réel" tellement horrible que je voulais en finir, et finalement c'est le "virtuel" qui m'a aidé à sortir de cette spirale mortelle.

Cela, je l'ai raconté maintes et maintes fois, notamment dans mes notes de l'automne 2011.

Puis, petit à petit, mon "réel" est devenu supportable.
Mon "virtuel" quand à lui continuait à me satisfaire, avec beaucoup de hauts et quelques bas.
Et du coup, j'ai lancé quelques passerelles entre les deux, j'ai pu mettre un visage sur des lignes lues sur un écran. Surtout en 2004, année de forte remise en question.

Voilà 6 ans, lorsque mon épouse a subi - en catastrophe - une terrible opération qui l'a rendue handicapée, là encore, mon "virtuel" a bien réagi, m'a encouragé, m'a aidé à passer cette terrible épreuve.

Quelques mois plus tard, mélange entre les deux : Certains malintentionnés du "réel" ont découvert mon jardin secret "virtuel", et m'ont mis à la porte du Paradis. Le Pays Basque, où je me plaisais tant.

Mais je n'ai pas perdu au change : En 2007 la Franche-Comté m'accueillait à bras ouverts.

Mon "réel" s'est alors amélioré de jour en jour. Avec un sommet à l'été 2007, alors que je commençais à avoir quelques déceptions côté "virtuel".

Puis ce fut statu-quo pendant quelques années. "Réel" et "virtuel" me convenaient parfaitement.

L'équilibre.

Mais, très récemment, alors que je vivais un "réel" de retraité très paisible, avec de belles retrouvailles Bretonnes à Lorient et à Quimper, une promesse de retrouvailles à Paris d'ici un mois (plus fort que Bruel, ce ne sera pas "rendez-vous dans 10 ans", mais dans 40...) mon "virtuel" a commencé à me lâcher sévère.

Espoirs transformés en déception.

D'abord purement "virtuels", avec la retrouvaille de personnes dont certaines ont fait une croix sur moi.
Je l'admets, à une certaine époque, je n'étais pas clair. Et j'avais de sales réactions envers des gens admirables, qui m'ont soutenu à bout de bras.
Oui j'étais encore malade, mais je ne le savais pas... Ce genre de maladie dont on ne peut dater la fin qu'après coup.
Puis de nouveau les mêmes reproches, des personnes - pas mal de personnes - dont il faudrait sans cesse lire leurs écrits en permanence (certains écrivent jusqu'à 18 h par jour...) pour savoir qu'ils vont mal. Ou bien. Et là bien sûr le couperet qui tombe "tu ne t'intéresses pas aux autres"... Je pense qu'il suffit de lire mon blog pour savoir ce qu'il en est à ce sujet. Je n'y parle pas que de moi....
Mais rien à dire, quand j'étais "Ordi-dépendant", j'étais comme ça aussi...

Et puis l'entrecroisement du "virtuel" et du "réel". Des personnes que je croyais inaccessibles, et qui vous donnent leur numéro de téléphone ! A moi, petite Cicatrice blogueuse...
Qui vous font participer à des moments conviviaux inoubliables. Mais hélas, ces stars s'envolent vers d'autres endroits où d'autres Cicatrice les attendent... J'ai du mal à atterrir dans ces moments-là !

Alors qu'"en vrai" je viens de passer 3 mois superbes, avec beaucoup de monde chez moi, de tous âges, avec des escapades Parisiennes ou Azuréennes, je fais de plus en plus de pauses ici.

Je me préserve.

Ne tenant pas à ce que ce qui m'a sauvé voici 9 ans me fasse à présent plonger.

Pensant de plus en plus que le Net, c'est comme le bon vin : à consommer avec modération, sinon, c'est l'ivresse. Et puis la gueule de bois.
Contrairement à certain(e)s ami(e)s dont c'est devenu une drogue, moi je suis, ce ce côté-là aussi en train de me désintoxyquer.
En plus, pas le choix, mon épouse exige une surveillance de tous les instants. Mais ça je ne le dirai qu'à vous, qui venez me lire ici :)

Je vous embrasse.

 

21:35 Publié dans détripage, moi | Lien permanent | Commentaires (8)